Accès aux soins : les jeunes médecins généralistes attentifs aux difficultés des patients

 

Comme le rappelle depuis longtemps le Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG), les difficultés d'accès aux soins relèvent principalement de deux problématiques : financière et géographique.

La première et principale difficulté est d'odre financier et générée par :
- une forte augmentation de la pratique des dépassements d'honoraires
- l'inégalité de couverture complémentaire au détriment des plus faibles revenus
- et la multiplication des forfaits et franchises, censés responsabiliser les patients, et qui ont fait baisser la part remboursée par l'assurance-maladie sur les soins.
Il va sans dire, que le dernier baromètre AG2R-La Mondiale confirme les changements de comportement des assurés : près d'une personne sur cinq reconnaît avoir modifié sa consommation de soins depuis la mise en place des franchises médicales, en 2008 : la part de ces personnes  est de 31 % parmi les bas revenus, alors qu'elle n'est que de 9 % parmi les hauts revenus.

La deuxième difficulté est démographique résulte de :
- La perte d'attractivité (en terme d'activité socioéconomique et de présence de services publics et para publics) de zones géographiques de plus en plus nombreuses
- La dramatique décision visant à restreindre drastiquement le nombre d'étudiants en médecine dans les années 1990
- Le manque de revalorisation de la médecine générale et les entraves à l'installation des médecins généralistes.

Le Bureau National du SNJMG constate que le gouvernement ne prend que très peu en considération les difficultés financières et les causes extra médicales des difficultés géographiques.

Le Bureau National du SNJMG se félicite que le projet initial de la loi HPST s'engage dans une revalorisation de la Médecine Générale, mais condamne les modifications apportées par les députés avec une mesure coercitive à l'installation des médecins généralistes (caractère obligatoire et taxé du contrat santé solidarité) et une obligation de signalement préalable des absences des médecins "libéraux" auprès de leur ARS.

Ces mesures contraignantes adoptées par les députés constituent un alourdissement des conditions d'exercice et une entrave supplémentaire à l'installation des médecins généralistes (alors que les difficultés induites par le système du médecin traitant ne sont toujours pas résolues).

Aussi, le Bureau National du SNJMG va communiquer aux sénateurs amenés à discuter de la loi HPST des propositions de modifications de la loi tenant compte de l'ensemble des problèmes d'accès aux soins.

Lettre d'information du SNJMG # 106

Bonjour

C'est fait ! Depuis aujourd'hui, 18 avril 2009, la liberté totale d'installation n'existe plus pour... les infirmières. C'est en effet aujourd'hui qu'entre en vigueur l'accord signé en septembre 2008 entre les quatre syndicats de la profession, Convergence infirmière, FNI, Onsil, Sniil, et l'assurance-maladie. Selon cet accord, une infirmière ne peut s'installer dans zone considérée comme « sur-dotée » que si une professionnelle cesse son activité. A l'inverse, une infirmière qui souhaitera travailler dans une zone « sous-dotée » recevra des aides financières pendant trois ans.
Cet accord suscite déjà des critiques parmi certains de ces signataires. Ainsi, Annick Touba, la présidente de la SNIIL conteste les critères de sélection : « On a retenu, par exemple, le nombre de personnes de plus de 75 ans mais avec des données de l'Insee… datant de 1999. De même on n'a pas forcement pris en compte les propriétaires de résidences secondaires qui peuvent se faire soigner dans leur zone «de vacances» en plus de la population d'origine ». Ainsi, elle déplore que compte tenu du flou des critères « certaines zones de Corse soient définies comme surdotées alors qu'il y manque des infirmières »...
http://www.lefigaro.fr/sante/2009/04/17/01004-20090417ARTFIG00446-la-liberte-d-installation-des-infirmieres-desormais-limitee-.php

Hasard du calendrier, cet accord entre en application alors que montent en puissance les mouvements de contestation sur la loi HPST, en cours de discussion au Parlement.
Médiatiquement, c'est surtout le monde hospitalier qui se fait entendre. Aux mouvements de contestation des fermetures d' hôpitaux et de maternités de proximité et de contestation de la tarification à l'activité (mouvements pré existants au projet de loi HPST, ndlr) se sont rajoutés le mécontentement des CME sur les modifications de gouvernance hospitaliere induites par la loi HPST et le mécontentement des jeunes spécialistes (initié par de jeunes chirurgiens parisiens, ndlr) sur l'amendement encadrant les dépassements d'honoraires en secteur 2. Et cette semaine, ce sont 25 chefs de services de l'AP-HP qui dénoncent dans une lettre ouverte le projet de loi dont « le maître mot » selon eux, « n'est plus la santé mais la rentabilité ».
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/societe/20090415.OBS3384/contre_la_mort_de_lhopital_public__lappel_des_25.html

Au milieu de cette agitation, le SNJMG garde le cap qu'il s'est fixé en conformité avec les engagements régulièrement renouvelés lors de ses Assemblées Générales :
- revalorisation de la Médecine Générale
- amélioration des conditions d'exercice des médecins généralistes
- défense des jeunes médecins généralistes quelque soit leur statut ou leur exercice
- défense de l'accès à des soins de qualité pour tous
En fonction de ses engagements et tenant compte de la mobilisation des jeunes médecins contre la remise en question de la liberté d'installation et du refus des médecins installés du principe d'opposabilité des contrats santé solidarité, le SNJMG va communiquer aux sénateurs qui discuteront de la loi HPST à compter du 11 mai 2009, un ensemble de modifications qu'il souhaite voir apportées au texte voté par les députés en mars 2009.
http://blog-snjmg.over-blog.com/article-30230172.html

Ces modifications que le SNJMG soumettra aux sénateurs font l'objet d'un débat que le SNJMG organise sur Internet avec tous les jeunes médecins généralistes interessés par la question (des FFI et internes jusqu'à 10 ans d'installation). Si vous voulez y participer, merci de vous manifester par retour de courriel.

Un dernier et important mot, pour signaler que, comme convenu à l'issue de l'Assemblée Générale du syndicat en janvier 2009, Fabien Quedeville a quitté le 23 mars 2009 la présidence et le Bureau National du SNJMG.
Le président du SNJMG est désormais Youcha Hassan, Interne de Médecine Générale à Paris.
Merci à Fabien Quedeville et tous nos voeux à Youcha Hassan !
http://www.snjmg.org/syndicat/trombi.html

A bientôt
http://www.snjmg.org

Loi Hôpital, Patient, Santé, Territoire (HPST) : les actes doivent confirmer les ambitions affichées pour la Médecine Générale

 

Avant la discussion de la loi HPST à l'Assemblée Nationale, le Bureau National du Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG) avait exprimé sa satisfaction de voir dans le projet de
loi une volonté de revalorisation de la Médecine Générale.

Le Bureau National du SNJMG appréciait ainsi la reprise de plusieurs propositions consensuelles des Etats Généraux de l'Organisation de la Santé qui s'étaient tenus l'année dernière suite au mouvement des jeunes médecins de l'automne 2007 (auquel avait pris part le SNJMG).

Malheureusement, les députés ont completement brouillé ce message de revalorisation de la Médecine Générale affiché par le ministère de la Santé, en introduisant dans la légisaltion, d'une part, la perspective proche d’une mesure coercitive à l'installation, touchant au premier chef la Médecine Générale, et d'autre part, des mesures immediates alourdissant de manière inadmissible les conditions d'exercice des médecins généralistes (processus d'opposabilité des SROS ambulatoires, doute sur le principe de volontariat pour la participation à la permanence des soins -PDS-, déclaration obligatoire des absences des médecins ambulatoires auprès des ARS, taxation des feuilles de soins papier).

Le Bureau National du SNJMG rappelle que la France est le pays d'Europe occidentale où les médecins généralistes travaillent le plus, où ils sont les moins bien rémunérés et où la spécialité Médecine Générale est la moins bien reconnue tant à l'Université que dans le système de soins. Ce n'est pas en aggravant cette situation que le pays résoudra les problèmes de démographie médicale et d'accès aux soins.

A l'occasion de la discussion de la loi HPST au Sénat, le Bureau National du SNJMG va soumettre aux sénateurs plusieurs propositions concrètes de modifications du texte actuel pour retrouver l'esprit des Etats Généraux.

 

Le SNJMG soutient les médecins généralistes victimes d'agressions

 

Le Bureau National du SNJMG condamne la serie d'agressions perpetrées ces dernières semaines à l'encontre de médecins généralistes, et notamment la dernière dont fut victime le Dr Alain STUDER, à l'occasion d'une garde.

Dans sa tradition humaniste, le Bureau National du SNJMG dénonce toutes formes de violences.

Plus spécifiquement, le Bureau National du SNJMG appelle les pouvoirs publics à :
- développer les incitations matérielles aux regroupements des professionnels de santé (groupes médicaux, maisons de santé)
- donner une concrétisation rapide et complete de la mission de service public aux médecins généralistes participant volontairement à la permanence des soins.

 

Nouveau President et nouveau Bureau National pour le SNJMG !

Comme convenu a l'issue de l'Assemblée Générale du syndicat en janvier 2009, fabien quedeville a quitté le 23 mars 2009 la présidence et le Bureau National du Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG).
 
Le Bureau National issu de l'AG de Janvier 2009 a donc procédé à l'élection d'un nouveau président. 
Ce bureau est désormais constitué de la manière suivante :
 
Président : Youcha Hassan (Interne de Médecine Générale, Ile de France)

Trésorière : Anne Saint martin (Médecin Généraliste installée, Midi Pyrénées)

Secrétaire Général: Yassine Bouakaz (Médecin Généraliste remplaçant, Centre)

Chargés de mission :

Helene Cesbron (Médecin Généraliste installée Picardie)

Isabelle Coffin (Médecin Généraliste remplaçante, Normandie)

Emmanuelle Dupont (Médecin Généraliste en année de thèse, Ile de france)
 
Procope Panagoulias (Médecin Généraliste installé, Ile de France)

Sophie Rachou (Médecin Généraliste installée, Ile de France)

SNJMG : Un engagement permanent au coté des jeunes médecins généralistes et des patients

 

Lors de sa création, le Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG) avait notamment pour ambition de :
- Promouvoir une médecine générale de qualité, accessible à chacun, quelque soit son statut socioculturel, dans un système de santé cohérent,
- Affirmer que la qualité de l'exercice médical est incompatible avec un statut matériel précaire et un trop grand déséquilibre entre vie
professionnelle et vie privée des médecins, et ce dès les premières prises de fonction des jeunes médecins généralistes lors de l'internat.

C'est en respect de ces engagements qu'une délégation du SNJMG participera à Paris à la manifestation du 19 mars 2009.
 
Cette délégation y défendra :
- sa revendication d'une véritable politique d'incitation à l'installation de médecins généraliste au sein d'un large plan d'aménagement du
territoire, via une véritable reconnaissance de la discipline Médecine Générale et d'une amélioration des conditions d'exercice des médecins généralistes
- son opposition aux mesures coercitives à l'installation (qui ont fait preuve à leur inefficacité voire leur contre productivité dans tous les autres systèmes de soins comparables au système français)
- son opposition à tout statut précaire pour les médecins généralistes hospitaliers et salariés
- son opposition aux franchises médicales

Ce sont les mots d'ordre retenus par le Bureau National du SNJMG pour rassembler les jeunes médecins généralistes qui souhaiteront se joindre à notre délégation.
 

Lettre d’information du SNJMG # 105

Bonjour

Vendredi 13, le Président de la République, en visite à l'hôpital de Rambouillet, est intervenu sur 2 sujets concernant la médecine ambulatoire :
La permanence des soins : « Les médecins de ville devront aussi faire des gardes (pour désengorger les services d'urgence des hôpitaux, ndlr) On a pris l'habitude, comme on ne trouve pas de médecin de garde, d'aller à l'hôpital à n'importe quelle heure pour n'importe quoi (...) La garde fait partie des contraintes, des vicissitudes du métier ».
Les déserts médicaux : « Il y a un problème de carte sanitaire (...) Est-ce que l’État, qui solvabilise par l’intermédiaire de l’assurance-maladie, doit laisser faire ? Certains demandent des incitations puissantes. D’autres pourraient dire « sanction » ! (sourire du président, ndlr) Allez, je retire le mot (mais pas l'idée, ndlr) Nous devons repenser tout le système ».

Ces propos donnent un éclairage particulier aux amendements votés à la loi HPST (avec l'assentiment du gouvernement et donc du Président de la République).
Rappelons que ces amendements introduisent :
- une mesure coercitive à l'installation
- un doute sur le volontariat pour la participation à la permanence des soins
- un système de signalement des absences des médecins
- une taxation des feuilles de soins "papier" emises
Après avoir combattu les mesures coercitives de l'avenant 20 et les projets de conventionnement sélectif à l'installation du PLFSS 2008, le SNJMG a bien évidemment condamné l'introduction pour la premiere fois dans des textes législatifs d'une mesure coercitive à l'installation (même si elle est différée dans le temps et même si elle est partagée entre médecins déjà installés et médecins nouveaux installés).
http://blog-snjmg.over-blog.com/article-28680389.html

Devant l'importance des modifications au texte initial du titre 2 de la loi HPST, le SNJMG a ouvert un débat sur Internet avec les jeunes médecins généralistes (des FFI et internes jusqu'à 10 ans d'installation). Si vous voulez y participer, merci de vous manifester par retour de courriel.

Jeudi 12 mars, la cour d'appel de Grenoble a donné raison à 11 médecins généralistes dromois reconnus spécialistes en Médecine Générale et soutenus par MG-France, qui avaient été déboutés neuf mois plus tôt par le tribunal des affaires de sécurité sociale (TASS) de Valence pour une demande d’accès à la nomenclature spécialisée. Le Bureau National du SNJMG se réjouit que la justice accorde ainsi la juste reconnaissance de spécialité médicale à la Médecine Générale (reconnaissance que s'obstine à lui refuser la sécurité sociale qui se plaint en même temps qu'il y ait de moins en moins de médecins généralistes qui s'installent, ndlr). Pour ce qui est du volet tarifaire de la question, le Bureau National du SNJMG attend des partenaires conventionnels :
- la validation de l'accès désormais légal des spécialistes de Médecine Générale à la nomenclature des médecins spécialistes
- la mise en place de rémunérations complémentaires à la rémunération à l'acte, à l'exemple du "forfait installation" proposé par le SNJMG
http://www.snjmg.org/infos/EGeOS_2008.html#propositions_snjmg

En attendant et dans le but de mettre à l'abri de pénalités financières tant les patients que les médecins généralistes (notamment les nouveaux installés), le Bureau National du SNJMG conseille une nouvelle fois à tous les médecins généralistes (installés et remplaçants) de coder en "médecin traitant remplaçé" (MTR) tous les actes effectués à des patients ayant désigné un médecin traitant quel qu'il soit, et à tous les médecins généralistes installés (notamment les jeunes installés) de proposer une déclaration de Médecin Traitant à tout patient sans médecin traitant.
http://blog-snjmg.over-blog.com/article-27515825.html

Enfin, à l'occasion des choix de stages d'été 2009, nous invitons les internes de médecine générale (IMG) à effectuer leurs évaluations de stages hospitaliers sur le module d'évaluation en ligne du site snjmg.org : déjà, plus de 7500 évaluations disponibles en accès gratuit à tous les internes !
http://www.snjmg.org/stages/index.php

NB pour les IMG : Le SNJMG a mis en ligne une nouvelle version (actualisée et améliorée) du module d'évaluation des stages hospitaliers. Cette mise en ligne a malheureusement pu entraîner des blocages à l'occasion du renouvellement semestriel des mots de passe. Si vous avez un problème avec votre mot de passe, vous pouvez le redemander à l'adresse :
http://www.snjmg.org/stages/index.php?page=oubli_pass

A bientôt
http://www.snjmg.org

Démographie médicale : un marché de dupes ?

 

Le Bureau National du SNJMG (Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes) a entendu l'argumentaire de Jean-Marie Rolland (député UMP de l'Yonne) rapporteur du projet de loi HPST pour justifier l'introduction de mesures coercitives à l'installation dans un délai de 3 ans : " Cette disposition laisse leur chance aux mesures incitatives (votées dans la loi)".

Le Bureau National du SNJMG remarque que les principales mesures votées concernant la formation médicale initiale (redéploiement des postes aux ECN, bourse d'études pour étudiants) ne pourront pas produire le moindre effet avant 4 ans pour les unes et 10 ans pour les autres.

Concernant les structures pluridisplinaires (que le SNJMG défend), le Bureau National du SNJMG constate la modicité des financements alloués (moins d'un millième des dépenses de médecine ambulatoire). De plus, le Bureau National du SNJMG rappelle que le lancement d'une centaine d'entre elles avait été annoncé lors des Etats Généraux pour la fin 2008 ; nous sommes très loin du compte à ce jour...

Concernant l'évolution d'exercice, le Bureau apprécie la definition de la médecine générale dans le système de soins et l'amélioration de sa filiere universitaire mais constate que dans les mesures pratiques, la loi institue de nouvelles contraintes pour les médecins généralistes...

Enfin, le Bureau National du SNJMG rappelle que la sécurité sociale n'avait pas attendu la mise en application de l'avenant 20 de la convention médicale (avenant combattu par le SNJMG) pour conclure à l'echec de son timide volet incitatif et demander la rapide application du volet coercitif.

Aussi, le Bureau National du SNJMG s'interroge sur la validité de l'argument utilisé par Mr Rolland : le delai de 3 ans n'est il pas en fait un moyen habile pour faire passer "sans douleur" le prinicipe d'une politique coercitive ?
 

Femmes médecins généralistes : un avenir à défendre

 

Déjà majoritaires chez les étudiants en médecine et chez les médecins de moins de 35 ans, les femmes devraient représenter plus de 56% des MG en 2030.

A l'occasion de la journée internationale de la femme, le Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG) considère la féminisation de la profession non comme un problème mais comme un salutaire révélateur des changements sociologiques chez les médecins.

Les mentalités évoluent mais l'exercice en ambulatoire n'a pas beaucoup bougé ! Le risque est donc d'autant plus grand d'une fuite croissante de l'exercice ambulatoire de la Médecine Générale par les jeunes générations de médecins généralistes...
Aussi, le SNJMG continue d'agir pour que l'exercice médical en ambulatoire évolue de façon à ne pas rebuter les jeunes médecins et notamment les femmes.

En cette période de discussion de la loi HPST, le SNJMG rappele les propositions qu'il a formulées pour faire évoluer positivement les conditions d'exercice des médecins généralistes et notamment des femmes :
- redéfinition du métier de médecin généraliste
- valorisation de la carrière des médecins ayant choisi cette discipline et officialisation de passerelles (ouvertes dans les 2 sens) vers d'autres disciplines
- amélioration du statut de médecin collaborateur libéral et la mise en application du statut salarié
- organisation d'une permanence des soins attractive sur la base d'un réel volontariat
- diversification des modes de rémunération et d'exercice des médecins des médecins généralistes
- possibilité de faire de la Formation Médicale Continue (FMC) sur son temps de travail sans être pénalisé par une perte de revenus
- création de mesures incitatives pour l'exercice en commun (exercice en groupe, travail en réseaux...)
- suppression de la précarité des jeunes médecins en centre de santé par l'embauche en CDI (et non en CDD de 6 ans) et revalorisation de la grille salariale de la fonction publique territoriale

Plus spécifiquement, le Bureau National du SNJMG se félicite de la décision de l'Assurance maladie d'indemniser une femme médecin libérale dès le 1° jour de son arrêt maladie pour congé pathologique de grossesse (pathologie due au Distilbene en application du décret 2006-773) et demande que toutes les mesures qui concernent la durée des congés maternité et l'allaitement, et qui ont été votées pour les salariées soient automatiquement appliquées aux professions libérales de santé.

Enfin, le Bureau National du SNJMG rappelle les revendications qu'il soutient avec MGFrance et l'ISNAR-IMG :
- revalorisation des indemnités adoption et paternité et la prise en considération de ces situations (maternité, paternité, adoption) pour les choix de stages des internes en médecine générale
- prorogation de la durée de validité des licences de remplacement en cas de maternité/paternité/adoption ou maladie/accident de travail.

 

Démographie médicale : la coercition rendue possible dès 2012

 

Le Bureau National du Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG) a pris connaissance du vote par l'Assemblée Nationale d'un amendement à l'article 15 du titre 2 du projet de loi Hôpital, Patients, Santé, Territoires (HPST).

Comme demandé par les futurs et jeunes médecins, l'article 15 du projet de loi ne comportait que des mesures incitatives à l'installation et respectait de fait la liberté d'installation.

Or, l'amendement en question stipule qu'"à l'échéance d'un délai de trois ans à compter de l'entrée en vigueur du schéma régional d'organisation des soins, le directeur général de l'agence régionale de santé (ARS) évalue la satisfaction des besoins en implantations pour l'exercice des soins de premier recours (...) Si cette évaluation fait apparaître que les besoins en implantations précités ne sont pas satisfaits et que, de ce fait, l'offre de soins de premier recours ne suffit pas à répondre aux besoins de santé de la population dans certains territoires de santé, le directeur général de l'ARS peut (...) proposer aux médecins exerçant dans les zones visées au premier alinéa du présent article d'adhérer à un contrat santé solidarité par lequel ils s'engagent à contribuer à répondre aux besoins de santé de la population (...) Les médecins qui refusent de signer un tel contrat, ou qui ne respectent pas les obligations qu'il comporte pour eux, s'acquittent d'une contribution forfaitaire annuelle, au plus égale au plafond mensuel de la sécurité sociale".

Si les mesures incitatives à la réorganisation de l'exercice ambulatoire, ainsi que les mesures pour la filière universitaire de médecine générale sont des signes positifs pour la spécialité de médecine générale, cette possibilité de coercition clairement actée (mais sans qu'il soit précisé comment seront définies les zones sur et sous dotées) est un signe négatif qui risque fort de décourager les trop peu nombreuses vocations à s'installer en médecine générale ambulatoire (un millier d'installations l'an dernier selon la CNAMTS contre plus de 3000 départs)

Le SNJMG qui a combattu, aux côtés des autres structures nationales de jeunes médecins, les mesures coercitives du PLFSS 2008, ne peut accepter une telle proposition qui au final handicapera toute véritable politique de mesures incitatives.

Le Bureau National du SNJMG ne peut accepter que des contrats santé solidarité fondés sur le volontariat dans un ensemble de mesures incitatives, avec une définition précise des zones fragiles où les besoins en professionnels de santé sont clairement identifiés et où seraient alloués les moyens financiers adaptés pour leurs missions.

Par ailleurs, le Bureau National du SNJMG constate que cet amendement institue un début d'opposablilité des Schemas Régionaux d'Organisation Sanitaire du secteur ambulatoire (SROS ambulatoires) alors que les Etats Généraux de 2008 avait consensuellement accepté les SROS ambulatoires sous réserve de leur caractère non opposable (ce que prévoyait le
projet de loi initial)...

Le Bureau National du SNJMG va diffuser cette information auprès de la communauté des jeunes médecins généralistes (internes, remplaçants et jeunes installés) et étudier avec eux les suites à donner à cette nouvelle situation rompant le consensus des Etats Généraux.