Grève des IMG d'Ile de France : J-2

Suite au résultat du vote des IMG concernés par l'annulation des choix, le SNJMG a publié un communiqué de presse annonçant le vote de la greve et son appel officiel à y participer.

Depuis le dépôt de son préavis de presse, le SNJMG se conforme à l'avis majoritaire des internes concernés et, suite à cette officialisation de la grève, participe à l'organisation d'une gestion collaborative de la grève par et pour les internes (via un groupe Whatsapp) qu'ils soient syndiqués (quelque soit le syndicat) ou non. NB : merci de contacter notre secrétariat pour y prendre part.

Dans le même temps, et toujours dans l'objectif d'une action solidaire de tous les internes, le SNJMG essaie, de nouveau, de contacter l'autre syndicat d'IMG, le SRP-IMG, pour au minimum se coordonner sur les actions pratiques (grève, boycott et blocus des choix...) et au mieux définir une gestion commune de la crise.

Restant sans réponse, le Dr Sayaka Oguchi, présidente du SNJMG, prend la décision d'assister à l'AGE du SRP-IMG hier soir. Cette AGE décide de ne plus soutenir la liste issue de la deuxième réunion de répartition et vote le boycott et le blocus des choix des 28 et 29 octobre 2019 en l'absence de la réouverture de 20 postes de gynécologie et de la suppression de 2 stages de pédiatrie présentant de mauvaises évaluations. En revanche, aucune réponse n'est faite aux propositions du SNJMG et il n'y a pas d'appel à la grève à compter du 28 octobre 2019 (contrairement à l'ambiance générale pro grève de la première réunion organisée par le SRP-IMG et au résultat clair du vote hors syndicats des IMG)...

 

Choix de stages d'Ile de France : la grève est votée !

 

Comme il s’y était engagé mardi 22 octobre 2019 auprès de tous les IMG d’Ile de France (qu’ils/elles soient membres ou non du SNJMG), le Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG) a organisé suite à l’échec de sa rencontre avec l’ARS un vote sur Internet sur l’organisation d’une grève des internes à compter du 28 octobre 2019.

Au terme de 36h de votes, les résultats sont sans appel : sur les 490 internes concernés, une écrasante majorité demande le maintien global des choix des 8 et 9 octobre et plébiscite la grève à compter du 28 octobre 2019.

Aussi, en accord avec la grande majorité des internes concernés et sous couvert d’un préavis qu’il a déposé auprès de l’Agence Régionale de Santé et du ministere de la Santé, le SNJMG appelle officiellement les internes de Médecine Générale à la grève totale et illimitée à compter du 28 octobre 2019.

Le SNJMG proposera aux internes l’arrêt du mouvement quand il aura obtenu de l’ARS des résultats correspondant à la volonté des internes et à ses revendications.

D’ici lundi, le SNJMG va définir avec tou-te-s les internes concerné-e-s les modalités pratiques concernant la grève et la contestation des nouveaux choix de stages (boycott/blocus).

 

NB pour les internes de MG qui ne seraient pas encore en contact avec le SNJMG, merci de vous manifester aupres de notre secrétariat !

 

Choix de stages d'Ile de France : Résultats du vote

 

Résultat des votes :

 

Internes de MG concernés : 490,

 

Abstention : 25,

 

Votes nuls (non validés par votants) : 160,

 

Votes pour le maintien des premiers choix : 265 pour (86.9%) et 40 contre (13.1%), 

 

Votes pour la grève : 286 pour (93.8%) et 19 contre (6.2%).

Choix de stages d'Ile de France : questions juridiques

Quand le SNJMG a appris l'annonce d'une annulation des choix de stages pour les IMG Ancien Régime et Phase approfondissement, l'une des questions qu'il s'est immédiatement posé, c'est : quel est la validité juridique de cette décision ?

Dès le lendemain matin, le syndicat s'est mis en contact avec son avocat et au fil des échanges qui se sont égrénés tout le long de la journée, il est ressorti les faits suivants 

- Validité de l'annulation des choix

Quelque soit la caractere abracadabrantesque de l'incident causal, à partir du moment où celui ci est réel, les choix se doivent d'être annulés.

- Validité d'une nouvelle procédure de choix

A partir du moment où les choix sont annulés, l'ARS se doit d'en reconvoquer de nouveaux.

Elle peut le faire sur les bases de la réunion de répartition de fin septembre (qui reste valable même si les choix ont été annulés) ou repartir à zero en reconvoquant une nouvelle réunion de répartition.

En décidant de repartir à zero avec l'objectif de tenir compte des besoins de fonctionnement des hôpitaux et non de formation des internes et dans le cadre d'un calendrier extremement contraint vis à vis du changement de semestre, la décison de l'ARS peut etre attaquée sur la forme mais sur le fond, rien ne dit que le juge estimera le besoin de fonctionnement des hôpitaux inférieur à celui de formation des internes.

Dans ces conditions, le SNJMG a abandonné en fin de journée l'option judiciaire et a proposé directement aux internes le vote de la grève en l'absence d'accord avec l'ARS sur le maintien "aménagé" des choix des 8 et 9 octobre 2019 (nouveaux choix mais en gardant la liste de postes issue de la réunion de répartition de fin septembre).

Au moment où nous mettons en ligne ce billet, une nouvelle possibilité d'action en justice est envisagée. Nous vous en dirons plus prochainement...

 

Choix de stages d'Ile de France : Vote POUR ou CONTRE la grève

Exposé des motifs du vote :

Suite à un mauvaise préparation, les choix de stages hospitaliers des 8, 9 et 10 octobre 2019 ont abouti à une faible présence d’internes dans certains services de pédiatrie. Sans surprise, ces services étaient en grande partie soit des services présentant de mauvaises évaluations des précédents internes soit des services posant de gros problèmes de transport.

Devant cette situation déjà perceptible alors qu’il assistait aux choix, le SNJMG organisait un suivi des internes ayant pris un poste dans un de ces services délaissés et explorait les possibilités de changement de poste pour ces internes.

Dans un communiqué de presse du mercredi 16 octobre 2019, l’ARS d’Ile de France lançait l’alerte suivante :

« Les résultats de la procédure de choix des internes de médecine générale pour le semestre d’hiver 2019 ont conduit à une légère réduction du nombre d’internes ayant choisi d’effectuer leur stage dans un service de pédiatrie, mais surtout à une répartition de ces 159 internes qui n’est pas en adéquation avec les besoins de fonctionnement des services de pédiatrie et d'urgences pédiatriques. Ces résultats vont conduire à des tensions fortes dans certains services déjà largement sollicités, car ils s’inscrivent dans un contexte global de tension sur la démographie des pédiatres dans la région Île-de-France, qui ne sont pas suffisamment nombreux pour faire face aux besoins ».

Ne faisant aucune référence à la valeur formatrice des stages, l’ARS voulait trouver des solutions permettant d’assurer « la meilleure couverture de soins pédiatriques dans la région Île-de-France au cours de l’hiver prochain ».

Suite à un article publié la veille dans le Parisien où plusieurs chefs de service de pédiatrie s’alarmaient pour le semestre à venir, l’ARS lançait, le vendredi 18 octobre 2019, un appel au volontariat auprès des internes ayant choisi un poste dans un service de pédiatrie en « sur effectif » pour changer d’affectation au profit d’un service en « sous effectif » ; elle leur promettait de les dédommager d’une prime pouvant aller jusqu’à 500 euros par mois pendant tout le semestre. De même, elle incitait les IMG ayant déjà validé un stage en pédiatrie de prendre pendant ce semestre d'hiver des gardes de nuit ou de week end en leur promettant de doubler leur rémunération de garde.

Alors que, en référence avec l'affaire des urgences de Mulhouse, le SNJMG préparait un communiqué de presse pour demander à l’ARS IdF de ne pas utiliser les internes comme variable d’ajustement des problèmes d’effectifs médicaux dans les services hospitaliers, l’ARS annoncait dans la soirée de lundi 21 octobre 2019 l’annulation des choix de stages hospitaliers des internes de MG phase approfondissement et phase socle :

« Il est apparu ce jour, à l’occasion d’un nouveau contrôle de conformité de la procédure engagée depuis début octobre, qu’un interne avait pu choisir un poste alors qu’il avait d’ores et déjà validé ses 6 semestres d’internat de médecine générale. Le choix de ce poste, intervenu au tout début de la procédure et ayant mécaniquement privé un autre interne de cette possibilité, est constitutif d’une atteinte au principe d’égalité, justifiant la relance de la procédure de choix des 490 internes de médecine générale dits « ancien régime » et en phase d’approfondissement pour le semestre d’hiver 2019. À cette occasion, le directeur général de l’Agence régionale de santé Île-de-France a décidé que la commission de répartition de médecine générale serait à nouveau convoquée dès ce mardi 22 octobre afin de proposer une nouvelle répartition des postes permettant que les hôpitaux de petite et grande couronne disposent d’un plus grand nombre d’internes de médecine générale en pédiatrie et qu’il soit remédié à la situation particulièrement dégradée issue de la première procédure. Cela passera par un ajustement du nombre de postes proposé au choix des internes qui, lors de la précédente commission, avait été calibré à un niveau trop élevé. Ainsi, la répartition non pertinente des postes dans les services de pédiatrie accueillant des internes de médecine générale d’Île-de-France, pourra être largement corrigée ».

Le SNJMG lançait immédiatement l’alerte sur les réseaux sociaux et préparait une défense pour les internes qui pouvaient se sentir méprisés par le comportement de l’ARS. Très vite, le SNJMG articulait son plan de défense des internes sur 4 axes :

  • vérifier la validité juridique de la décision de l’ARS (nous reviendrons plus tard sur ce dossier),
  • organiser une consultation de tous les internes pour déterminer la meilleure réponse à faire à l’ARS,
  • donner les moyens aux internes de s’opposer efficacement à la décision de l’ARS (la grève étant le moyen le plus puissant, la décision était prise de déposer un préavis à compter du 28 octobre),
  • proposer une solution alternative (elle sera définie le lendemain) pour les choix de stages hospitaliers.

Mardi 22 octobre 2019, et depuis la veille au soir, les réseaux sociaux médicaux sont agités par de nombreuses discussions sur cette situation extra ordinaire. Une pétition est lancée pour le boycott des nouveaux choix et la grève est également évoquée. Le SNJMG publie un communiqué de presse pour condamner le comportement de l’ARS.

Pendant ce temps, l’APHP et l’ARS IdF prennent acte du dépôt d’un préavis de grève (à compter du 28 octobre) par le SNJMG. L’ARS prend même contact avec le SNJMG pour proposer une rencontre le vendredi 25 octobre 2019 dans l’apres midi (rendez vous bien trop tardif pour le SNJMG).

A 18h se tient la nouvelle réunion de répartition à l’ARS. Lors de cette réunion, et comme il l'avait annoncé dans un entretien à WUD, le directeur général de l’ARS propose pour les nouveaux choix de faciliter la procédure des procurations, d’améliorer l’offre en pédiatrie (en l’équilibrant de la diminution de postes en médecine adulte polyvalente et/ou en gynécologie) et d’assurer un suivi personnalisé pour les internes contraints à un changement de poste.

Alors que prend fin la réunion de répartition, Sayaka Oguchi, présidente du SNJMG, annonce aux internes concernés, qu’elle propose de demander à l’ARS de revenir sur sa décision d’organiser de nouveaux choix et de proposer à la place aux internes de choisir entre garder le poste qu’ils avaient pris ou de changer pour un nouveau poste disponible suite à l’annulation du choix de l’interne ayant choisi, malgré ses 6 semestres validés.

Après cette annonce, le SNJMG finit, apres plusieurs tentatives, par discuter informellement avec l'autre syndicat d'IMG en IdF, le SRP-IMG, pour un échange de vue sur la situation.

Mercredi matin, 23 octobre 2019, l’ARS propose au SNJMG d’avancer leur réunion à 13h30 le jour même. Lors de cette réunion, Sayaka Oguchi, présidente du SNJMG, tient le discours suivant :

  • condamnation de la gestion « managériale » des internes par l’ARS
  • rappel du préjudice d’angoisse subi par les internes suite aux décisions de l’ARS
  • proposition alternative à l’annulation/reconvocation des choix
  • organisation d’un vote pour ou contre la grève si non acceptation de la solution alternative

Mrs Peju et Jaffre pour l’ARS ne sont pas sensibles à la menace de la grève et se contentent de ré exposer la position officielle de l’administration au lendemain de la réunion de répartition (comme si elle n'avait été qu'une chambre d'enregistrement des décisions de l'ARS) :

  • nouveaux choix les 28 et 29 octobre 2019 avec facilitation des procédures de procuration,
  • une liste des postes comportant l’amélioration souhaitée par l'ARS des postes en pédiatrie, la suppression des postes de MAP/urgences/gynéco non pourvus lors des choix de début octobre ainsi que d’une centaine de postes de pédiatrie et d’une vingtaine de postes en MAP et gynéco (la liste officielle est disponible en téléchargement)
  • un suivi personnalisé des internes contraints de changer de poste avec compensation financière de 400 euros bruts par mois pendant les 6 mois de stage et accompagnement pour les problèmes d’hébergement, de garde d’enfants, etc..  

Comme dans les communiqués de presse, à aucun moment dans l’entretien, il n’a été question pour l’ARS de s’excuser auprès des internes.

Au vu de ce refus de l’ARS de changer de décision, le SNJMG ouvre ce soir la procédure de vote POUR ou CONTRE la grève et propose un boycott/blocus des choix des 28 et 29 octobre 2019.

Internes de médecine Générale, que vous soyez syndiqué ici ou ailleurs ou que vous ne soyez pas syndiqués, c’est ici l’occasion de faire entendre votre avis : Votez !

Vous trouverez le formulaire de vote en ligne à cette adresse.

 

Post scriptum à propos du SNJMG :

Comme vous le savez, le SNJMG est le seul syndicat d’internes a n’avoir jamais bénéficié de financement de l’industrie pharmaceutique ou d’entreprises en relation avec l’industrie pharmaceutique. Depuis près de 30 ans, le SNJMG réussi l’exploit de fonctionner avec des bénévoles et un financement provenant essentiellement des cotisations de ses membres. Depuis le 16 octobre 2019, des bénévoles se succèdent au moins 12 heures par jour pour coordonner nos actions de défense des internes de médecine générale. Tout ceci serait plus facile et surement encore plus efficace que ce que nous avons fait si nous disposions de plus de moyens financiers et de volontaires pour s’investir selon leurs disponibilité dans l’action syndicale.

Merci d’avance de (ré) adhérer !

Merci pour nous mais au final merci pour vous !

 

Choix de stages des internes de Médecine Générale en Ile de France : le comportement inacceptable de l’ARS !

 

Depuis la semaine dernière, l’Agence Régionale de santé (ARS) d’Ile de France cherche un moyen de revenir sur le résultat des choix de stages hospitaliers des internes de Médecine Générale. Sous la pression exercée dans les médias par les chefs de service de 25 hôpitaux d’Île-de-France (cf : tribune publiée dans Le Parisien du 17 octobre 2019), l’ARS a tenté de lancer un appel au volontariat auprès des internes pour venir renforcer l’effectif médical des services concernés.

 

Manifestement inquiet du résultat de cet appel, l’ARS a cherché un vice de forme pour pouvoir décider l’annulation des choix de stage. Dans un communiqué publié hier soir, l’ARS annonce avoir trouvé la solution : arguant de l’histoire abracadabrantesque d’un interne ayant validé tous ces stages que l’ARS elle-même aurait convoqué par erreur pour qu’il choisisse un stage supplémentaire (ce qu’il aurait fait !), l’ARS annule les choix des internes de 2e et 3e année et les reconvoque pour de nouveaux choix de stages à moins d’une semaine de leurs prises de fonction dans leurs nouveaux stages.

 

Au délà de la grossière « ficelle » justifiant l’annulation tant désirée des choix, l’ARS n’hésite pas à afficher son dédain envers les internes en avouant ouvertement avoir cherché le vice de forme pour obtenir l’annulation et en exposant clairement son intention de profiter de l’occasion pour corriger « largement » les erreurs de répartition des internes dans les stages de pédiatrie !

 

En tant que syndicat d’internes de Médecine Générale (IMG) parisien-ne-s (entre autres), le Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG) dénonce les agissements de l’ARS et organise dès ce jour un débat avec tou-te-s les IMG de Paris/Ile de France, syndiqués ou non, pour élaborer ensemble une réponse au mépris ressenti par les futurs professionnels devant le comportement de l'ARS (NB : dans son communiqué, l'ARS ne présente pas ses excuses auprès des internes).

 

Contact presse : Sayaka Oguchi
president@snjmg.org - 07 61 99 39 22

 

Choix de stages hospitaliers des IMG d'Ile de France : la crise d'octobre 2019 !

Le SNJMG ouvre un dossier consacré à la crise provoquée par la mauvaise préparation des choix de stages hospitaliers en IdF :

- Annonce des choix de stages hospitaliers

- Chronologie des événements du 10 octobre au 23 octobre 2019 (de la fin des choix à la tenue d'une nouvelle réunion de répartition)

- Analyse juridique

- Infos Greve : J-2

- Infos Grève : J-1 (Avec fiche pratique pour se mettre en grève)

- Infos Grève : J0

- Soutien des syndicats FMF, Jeunes Médecins, MG-France, SMG et SML à la grève des internes

- Vote de la levée du bocus

- Fin officielle de la grève

 

Internes aux Urgences de l'Hôpital de Mulhouse : sortie de crise ?

 

C’est finalement ce vendredi 18 octobre 2019 que les internes de Strasbourg vont choisir leur stages hospitaliers pour le semestre d’hiver… avec 11 postes proposés aux urgences de Mulhouse.

 

Suite à la tentative de passage en force de l’ARS Grand Est, les choix du 7 octobre 2019 avaient été reportés (1).

 

Le 8 octobre 2019, une réunion entre les syndicats locaux d’internes, l’ARS, la direction du GHRMSA et le département de médecine générale de la Faculté avait débouché sur un protocole de sécurisation de l’accueil des internes aux urgences de Mulhouse, protocole validé le lendemain 9 octobre 2019 par les internes de médecine générale de Strasbourg, réunis en assemblée générale extraordinaire (2).

 

Suite à ce vote, l‘ARS s’est engagée dans un mail en date du samedi 12 octobre 2019 adressé aux représentants des internes et à la Faculté de Médecine, à fournir ce lundi 14 octobre 2019 au soir la signature du protocole de sécurisation et un planning nominatif prouvant notamment la présence chaque jour de sept médecins séniors dédiés à l’accueil des patients dans les différents secteurs du service des urgences de Mulhouse. 

 

Finalement, l’ARS Grand Est a communiqué tous ces documents le 15 octobre 2019, avec quelques « trous » dans le planning des seniors mais avec l’engagement, partagé par le nouveau chef de service (3), de les combler d’ici l’arrivée des nouveaux internes le 4 novembre 2019.

 

Même si la meilleure solution reste qu’il n’y ait eu aucun poste d’internes proposés aux choix pour le semestre d’hiver 2019, le Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG) estime que les syndicats locaux d’internes (Syndicat autonome des internes des hospices civils de Strasbourg et Syndicat autonome des résidents de la région Alsace - internes en médecine générale) ont bien négocié les impératives mesures de sauvegarde : pas de garde le premier mois, répartition dans les 7 jours de tous les internes sur d’autres services d’urgences si problème… De plus, grâce au principe d’inadéquation obtenu suite à la grève nationale de 2014 (4), beaucoup d’internes gardent la possibilité de ne pas choisir ce stage pour ce semestre d’hiver…

 

En tout état de cause, le SNJMG reste à la disposition des interne de Médecine Générale de Strasbourg pour toute demande d’aide.

 

Contact presse : Sayaka Oguchi
president@snjmg.org - 07 61 99 39 22

 

  1.  : Internes aux urgences de l’Hôpital de Mulhouse : Non au coup de force de l’ARS !
  2.  : Protocole de sécurisation de l’accueil des internes aux urgences de Mulhouse
  3.  : Le Docteur Noizet qui occupe actuellement la fonction de Chef de service des Urgences au Centre Hospitalier de Châlons-en-Champagne prendra ses fonctions à Mulhouse en Novembre 2019.
  4.  : Grève nationale du 17 novembre 2014 conduite par la FNSIP, l’ISNI, le SNIO et le SNJMG

Vaccins contre la grippe : la polémique de 2018 rebondit en 2019

 

L’année dernière, et pour la première fois en France, des vaccins quadrivalents contre la grippe saisonnière bénéficiaient d’une AMM et d’une prise en charge par l’Assurance maladie. Mais le Syndicat National des Jeunes médecins Généralistes (SNJMG) avait révélé que cette nouveauté était entachée de plusieurs problèmes (1).

Outre l’incongruité de trouver, parmi les vaccins proposés, un vaccin non autorisé pour les mineurs, le SNJMG dénonçait le recours forcé aux vaccins quadrivalents :

D’une part, ni le Haut Conseil de la Santé Publique (2) ni la Haute Autorité de Santé (3) ne trouvaient de raison scientifique justifiant de privilégier les quadrivalents par rapport au trivalents.

D’autre part, le seul vaccin trivalent théoriquement disponible en France ne l’était pas en pratique. Or, les vaccins quadrivalents coutaient près de deux fois plus chers pour la collectivité !

Interpellée par le SNJMG, la ministre de la Santé, Mme Agnes Buzyn, ne s’est jamais exprimée sur la question… sauf une fois sur France Inter en faisant un pari sur l’avenir : « je pense que les recommandations vont évoluer ».

Mais, l’épidémie de grippes et syndromes grippaux de l’année dernière n’a pas apporté d’éléments nouveaux. Ensuite, la Haute Autorité de Santé a confirmé à l’été 2019 (4) qu’en « l’absence de données d’efficacité clinique, (le vaccin quadrivalent) INFLUVAC TETRA n’apporte pas d’amélioration du service médical rendu (ASMR V), chez les enfants âgés de 3 à 17 ans pour lesquels la vaccination est recommandée, par rapport aux autres vaccins inactivés disponibles indiqués dans cette population » et elle n’est pas revenu sur ses avis de l’année dernière.

C’est dans ce contexte, que la campagne de vaccination 2019 s’ouvre ce jour en France avec 2 vaccins quadrivalents et 1 vaccin trivalent.

Or selon nos retours auprès de l’Assurance Maladie et de différents pharmaciens, le vaccin trivalent ne sera pas plus disponible cette année que l’année dernière et les vaccins quadrivalents coutent toujours près du double que les trivalents (5) !

Le SNJMG renouvelle donc son interpellation de la ministre de la Santé :

  • Pourquoi faire croire, encore une fois, à la fable d’un vaccin trivalent disponible ?
  • Pourquoi imposer de facto des vaccins deux fois plus chers sans, pour l’instant, la moindre justification scientifique (6) ?

Alors que dans le PLFSS2020, la ministre de la Santé promet de « favoriser la pertinence et l'efficience des actes, prestations et prescriptions », il serait étonnant qu’elle reste muette sur ce manque de pertinence concernant les vaccins contre la grippe.

 

NB : le SNJMG a publié sur son site Internet une fiche pratique sur la vaccination contre la grippe à destination des (jeunes) médecins généralistes



Contact presse : Sayaka Oguchi
president@snjmg.org - 07 61 99 39 22

 

  1.  : Polémique sur les vaccins (SNJMG, Automne 2018)
  2.  : Avis du 9 septembre 2016 du Haut Conseil de la Santé Publique
  3.  : Avis des 07 mars et 11 juillet 2018 de l’HAS
  4.  : Avis du 10 juillet 2019 de l’HAS
  5.  : 9,59 euros contre 4,99 euros (une fois déduits les 1,02 euros d’honoraires de dispensation s’appliquant à tous les vaccins)
  6. : « According to the B.C. Centre for Disease Control (BCCDC), the trivalent vaccine will offer a "similar level of protection" (than quadrivalent vaccines) for the types of flu expected to circulate this year » (Canadian Broadcasting Corporation, 19.09.19)

 

Vaccination contre la grippe 2019-2020 en Metropole et Antilles-Guyane

 

1- Cadre national et international de la vaccination

 

Cadre international :

 

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) édite chaque année une recommandation sur la composition des vaccins, en février pour l’hémisphère Nord et en septembre pour l’hémisphère Sud. 

La composition du vaccin contre la grippe est actualisée chaque année en fonction des souches qui ont circulé majoritairement durant l’hiver précédent et qui sont les plus susceptibles d’être présentes lors de l’hiver suivant.

Le 21 mars 2019, l'Organisation mondiale de la santé a finalisé la composition recommandée des vaccins trivalents contre la grippe pour la saison grippale 2018-2019 dans hémisphère nord. Les vaccins doivent contenir les virus suivants :

  • Souche A/Brisbane/02/2018 (H1N1)pdm09-like virus : nouvelle souche en remplacement de la souche A/Michigan/45/2015 (H1N1)pdm09 utilisée lors de la saison précédente ;
  • Souche A/Kansas/14/2017 (H3N2)-like virus : nouvelle souche en remplacement de la souche A/Singapore/INFIMH-16-0019/2016 (H3N2) utilisée lors de la saison précédente ;
  • Souche B/Colorado/06/2017 (lignée B/Victoria/2/87)-like virus : nouvelle souche en remplacement de la souche B/Brisbane/60/2008 utilisée lors de la saison précédente) ;

Il est recommandé que les vaccins quadrivalents, qui contiennent deux virus grippaux des deux lignées de type B (lignées Victoria et Yamagata) contiennent les trois virus ci-dessus et un virus B / Phuket / 3073 / 2013 (lignée Yamagata/16/88). Cette souche était contenue dans le vaccin trivalent de la saison 2015-2016 et dans le vaccin tetravalent de la saison 2018-2019.

 

Rappel : Dans la nomenclature utilisée pour définir ces souches, on trouve dans l'ordre la lettre (A ou B) désignant le type de virus grippal, le lieu d'isolement de la souche virale, le numéro de la souche, l'année d'isolement puis, pour les virus de type A uniquement, l'année d'isolement.

 

Cadre national :

 

Liste des indications ouvrant droit à la prise en charge ou au remboursement par l'assurance maladie :

• les personnes âgées de 65 ans et plus.

• les femmes enceintes, quel que soit le trimestre de la grossesse ;

• les personnes, y compris les enfants à partir de l’âge de 6 mois, atteintes des pathologies suivantes :
- affections broncho-pulmonaires chroniques répondant aux critères de l’ALD 14 (asthme et BPCO) ;
- insuffisances respiratoires chroniques obstructives ou restrictives quelle que soit la cause, y compris les maladies neuromusculaires à risque de décompensation respiratoire, les malformations des voies aériennes supérieures ou inférieures, les malformations pulmonaires ou les malformations de la cage thoracique ;
- maladies respiratoires chroniques ne remplissant pas les critères de l’ALD mais susceptibles d’être aggravées ou décompensées par une affection grippale, dont asthme, bronchite chronique, bronchiectasies, hyper-réactivité bronchique ;
- dysplasies broncho-pulmonaires ;
- mucoviscidose ;
- cardiopathies congénitales cyanogènes ou avec une HTAP et/ou une insuffisance cardiaque ;
- insuffisances cardiaques graves ;
- valvulopathies graves ;
- troubles du rythme graves justifiant un traitement au long cours ;
- maladies des coronaires ;
- antécédents d’accident vasculaire cérébral ;
- formes graves des affections neurologiques et musculaires (dont myopathie, poliomyélite, myasthénie, maladie de Charcot) ;
- paraplégies et tétraplégies avec atteinte diaphragmatique ;
- néphropathies chroniques graves ;
- syndromes néphrotiques ;
- drépanocytoses, homozygotes et doubles hétérozygotes S/C, thalasso-drépanocytose ;
- diabètes de type 1 et de type 2 ;
- déficits immunitaires primitifs ou acquis (pathologies oncologiques et hématologiques, transplantations d’organe et de cellules souches
hématopoïétiques, déficits immunitaires héréditaires, maladies inflammatoires et/ou auto-immunes recevant un traitement
immunosuppresseur), excepté les personnes qui reçoivent un traitement régulier par immunoglobulines ; personnes infectées par le
VIH quels que soient leur âge et leur statut immunovirologique ; 
- maladie hépatique chronique avec ou sans cirrhose ;

• les personnes obèses avec un indice de masse corporelle (IMC) égal ou supérieur à 40 kg/m2, sans pathologie associée ou atteintes d’une pathologie autre que celles citées ci-dessus ;

• les personnes séjournant dans un établissement de soins de suite ainsi que dans un établissement médico-social d’hébergement quel que soit leur âge ;

• l’entourage des nourrissons de moins de 6 mois présentant des facteurs de risque de grippe grave ainsi définis : prématurés, notamment ceux porteurs de séquelles à type de broncho-dysplasie, et enfants atteints de cardiopathie congénitale, de déficit immunitaire congénital, de pathologie pulmonaire, neurologique ou neuromusculaire ou d’une affection de longue durée (cf. supra).

• les professionnels de santé et tout professionnel en contact régulier et prolongé avec des personnes à risque de grippe sévère.

• les personnels navigant des bateaux de croisière et des avions et personnel de l’industrie des voyages accompagnant les groupes de voyageurs (guides). 

 

Les vaccins sont pris en charge par l'Assurance Maladie uniquement pour les bénéficiaires de la campagne anti grippe et pendant la durée de celle ci (du 15 octobre 2019 au 31 janvier 2020).

 

Liste des vaccins officiellement pris en charge (avec leur prix et leur indication au début de la campagne de vaccination) :

- Influvac (4,99 euros / prévention de la grippe chez les personnes agées de 6 mois et plus),

- InfluvacTetra (9,59 euros / prévention de la grippe chez les personnes agées de 3 ans et plus),

- VaxigripTetra (9,59 euros / prévention de la grippe chez les personnes agées de 6 mois et plus).

NB : l'Influvac n'est pratiquement pas disponible en pharmacie et l'influvac Tetra n’a pas d’AMM chez les moins de 3 ans. Ce qui veut dire que la polémique sur les vaccins contre la grippe révélée par le SNJMG en 2018 rebondit en 2019 !

 

Il faut environ deux semaines après avoir été vacciné pour être protégé.

 

NB : Comme l'a précisé en 2015 le ministère de la Santé en France, des études ont montré que la persistance des anticorps induits par la vaccination peut aller de 6 mois à 8-9 mois pour les personnes âgées de 65 ans et plus, les anticorps persistant plus longtemps chez les personnes plus jeunes. Ce qui veut dire que des personnes vaccinées en octobre devraient être protogée pendant toute la période à risque (le risque de défaut de couverture n'apparaissant qu'en cas d'épidémie extrémement tardive, en avril par exemple)...

 

Scheme vaccinal :

Pour les personnes agées de 9 ans ou plus :

Une seule injection de dose pleine (0.5ml) par an

Pour les moins de 9 ans :

- Vaccin trivalent : Influvac® 
 de 6 mois à 3 ans : 1 ou 2 demi-doses (2 s’il s’agit d’une primovaccination) à 1 mois d’intervalle et 1 dose annuelle ensuite.
 de 3 à 8 ans : 1 ou 2 doses (2 s’il s’agit d’une primovaccination) à 1 mois d’intervalle et 1 dose annuelle ensuite.

- Vaccin tétravalent :  Vaxigrip Tetra®
 de 6 mois à 3 ans : 1 ou 2 doses (2 s’il s’agit d’une primovaccination) à 1 mois d’intervalle et 1 dose annuelle ensuite. 
 de 3 à 8 ans : 1 ou 2 doses (2 s’il s’agit d’une primovaccination) à 1 mois d’intervalle et 1 dose annuelle ensuite. 

- Vaccin tétravalent : Influvac Tetra®
 à partir de 3 ans : 1 ou 2 doses (2 s'il s'agit d'une primovaccination) à 1 mois d'intervalle et 1 dose annuelle ensuite.

 

Remarques :

- Tous les vaccins admis au remboursement par la Sécurité Sociale sont inactivés, sans virus vivant, et sans adjuvant lipidique.

- Tous ces vaccins sont utilisables chez la femme enceinte à tout stade de la grossesse.

- Le vaccin grippal tetravalant vivant atténué administré par voie nasale FLUENZ TETRA peut être utilisé chez les enfants âgés de 2 ans à 17 ans. Le schéma vaccinal comporte l’instillation de 0,1 ml de vaccin dans chaque narine. Comme tout vaccin vivant, le vaccin FLUENZ TETRA ne doit pas être administré aux enfants ou adolescents qui sont immunodéprimés ou qui ont dans leur entourage une personne immunodéprimée. Ce vaccin est disponible dans les pharmacies d'officine sur prescription médicale.

 

Contre-indications :

Hypersensibilité aux substances actives, à l’un des excipients mentionnés à la rubrique 6.1 ou à tout constituant pouvant être présent à l’état de traces comme les œufs (ovalbumine, protéines de poulet), la néomycine, le formaldéhyde et l’octoxinol-9.

Précautions d'emploi :

La vaccination doit être différée en cas de maladie fébrile modérée ou sévère ou de maladie aiguë.

 

La vaccination en pratique :

- Le patient est majeur(e) et plus et éligible à la vaccination contre la grippe :

Il recoit de sa caisse d’Assurance Maladie un bon de prise en charge du vaccin.
Il va directement chez son pharmacien qui lui remet le vaccin grippal sur présentation du bon.
Rendez-vous ensuite chez son infirmier, son médecin, sa sage-femme ou un pharmacien volontaire pour se faire vacciner.
Exception : les personnes qui ont déjà fait une réaction allergique sévère à l'ovalbumine ou à une vaccination antérieure doivent s'adresser à leur médecin pour la vaccination.

- Le patient est mineur et éligible à la vaccination contre la grippe :

La famille recoit le bon de prise en charge du vaccin grippal de la caisse d’Assurance Maladie.
Lors d'une consultation, le document est présenté à un médecin. S’il le juge nécessaire, il vous prescrira le vaccin contre la grippe.
Le vaccin est remis gratuitement par le pharmacien sur présentation de ce bon.
Rendez-vous ensuite chez un infirmier si le médecin a prescrit l'injection sur le bon. Sinon, le médecin injectera lui-même le vaccin (Rappel : Le pharmacien ne peut pas vacciner les personnes mineures).

- La vaccination contre la grippe est recommandée mais le patient n'a pas reçu de bon de prise en charge :

Certaines personnes pour lesquelles la vaccination contre la grippe est recommandée (femmes enceintes, entourage d'une personne immunodéprimée ou d'un nourrisson de moins de 6 mois à risque de grippe grave, personne obèses ayant un IMC supérieur ou égal à 40) ne reçoivent pas de bon de prise en charge de l’Assurance Maladie du fait de la difficulté de les identifier.
Tout patient correspondant à un de ces  cas (ou tout patient éligible à la vaccination pour d'autres raisons) et qui n'a pas reçu de bon de prise en charge doit en parler à son médecin traitant qui pourra lui prescrire le vaccin antigrippal en l'absence de contre-indication et lui éditer un imprimé de vaccination gratuite vierge sur son compte "espacepro-cps.ameli.fr" (NB : voici un lien accessible aux médecins remplaçants : grippe.pdf). Le patient passe alors chez son pharmacien qui lui remet gratuitement le vaccin puis se fait vacciner par le professionnel de son choix : infirmier, médecin, sage-femme (pour les femmes enceintes et l'entourage du nourrisson).

- Le patient n'est pas éligible à la vaccination contre la grippe mais souhaite se faire vacciner :

Si un médecin souhaite prescrire le vaccin à un patient non ciblé par la campagne, il doit porter sur l'ordonnance la mention NR (non remboursable).

 

 

Rappels : Depuis 2008, les patients de plus de 18 ans, déjà vaccinés antérieurement contre la grippe, peuvent être vaccinés par un(e) infirmier(e) libéral(e) sans prescription médicale (la prescription préalable du médecin reste nécessaire pour les patients de moins de 18 ans). Depuis cette année, tou-te-s les pharmacien-ne-s volontaires peuvent vacciner des adultes contre la grippe.

 

 

La cotation de l'acte de vaccination est : K1= 1,92€, non cumulable avec G(S) pour les médecins généralistes.

NB : la plupart du temps, la vaccination est inclue gratuitement à une consultation standard de médecin généraliste.

Nb bis : Les infirmiers et pharmaciens sont rémunérés, par acte d’injection, 4,50 euros si le patient présente une prescription médicale pour le vaccin antigrippal et 6,30 euros pour le public présentant un «bon de prise en charge» (6,60 € dans les départements et régions d'outre-mer - DROM).

 

Rappel pour les médecins généralistes : La vaccination contre la grippe saisonnière est retenue comme l'un des indicateurs de la rémunération sur objectif de santé publique (Rosp). L'objectif à atteindre est la vaccination de 75 % des patients de 65 ans ou plus et des patients de 16 à 64 ans en ALD vous ayant déclaré comme médecin traitant. Le calcul est réalisé à partir des vaccins remboursés sans tenir compte de l’effecteur de l’injection. 

 

Cas particulier ; vaccination des médecins généralistes

L'Assurance Maladie (CNAMTS + MSA + RSI) a adressé fin septembre aux professionnels de santé libéraux en contact avec des sujets à risque sévère et des personnes infectées un courrier d’invitation à la vaccination anti grippale auquel est joint un bon nominatif de prise en charge du vaccin.

Ce bon est également disponible en téléchargement depuis le compte ameli du professionnel de santé.

Comme les années précédentes, nous rappelons que les médecins remplaçants (qui ne recoivent pas le courrier de l'Assurance Maladie et ne disposent pas de compte ameli) peuvent toutefois :

- récupérer, avec son accord, le vaccin d'un médecin remplacé qui a décidé de ne pas se faire vacciner, 

- utiliser un imprimé de vaccination gratuite vierge que nous mettons à leur disposition : grippe.pdf (Précision : nous procédons à cette mise à disposition en accord avec l'Assurance Maladie).

 

 

2- Utilité de la vaccination

 

Les autorités sanitaires françaises considérent la vaccination comme la principale mesure de prévention de la grippe. Leur politique vaccinale vise à protéger les personnes pour lesquelles la grippe peut être grave. Pour ces personnes, l’objectif est avant tout de réduire le risque de décès et de complications graves en cas de grippe.

Les autorités sanitaires françaises précisent que l’efficacité du vaccin est variable selon les années, selon les souches et selon les âges mais reste globalement modérée. (Ref.)

Le HCSP précise en 2014 : "La politique de vaccination contre la grippe des personnes âgées a été mise en place sans qu’il existe d’éléments scientifiques robustes démontrant l’efficacité des vaccins grippaux dans ce groupe de population. Les études de cohorte utilisées pour justifier a posteriori cette recommandation sont entachées de biais qui majorent l’efficacité du vaccin. La réduction de la mortalité toute cause confondue, observée dans tous les pays industrialisés ne peut pas,pour l’essentiel, être attribuée à la vaccination anti grippale. Par contre, les données demortalité attribuable à la grippe montrent une efficacité proche de 50 % (47 % dans l’étude de Fireman et al. [27]) (...) Cependant, même une efficacité vaccinale de l’ordre de 50 % sur l’excès de mortalité lié à la grippe, estimé entre 5 à 10 %, correspondrait à la prévention de plusieurs milliers de décès liés à la grippe chaque année en France. Au vu du profil de tolérance des vaccins, la balance bénéfice/risque apparaît donc largement en faveur du maintien de la stratégie de vaccination des sujets âgés."

Documentation complémentaire :

Affichette "Campagne de vaccination contre la grippe saisonnière"(PDF - 222.6 ko)

Cinq idées reçues sur la vaccination contre la grippe saisonnière (PDF - 186.6 ko)

Vaccination contre la grippe saisonnière. Questions/réponses Professionnels de santé (PDF - 227.8 ko)

Avis et rapport relatif à l’efficacité de la vaccination contre la grippe (PDF - 1.2 Mo)

Avis du Haut conseil de la Santé publique relatif à la vaccination contre la grippe saisonnière chez les personnes atteintes d'une hépatopathie chronique avec ou sans cirrhose (PDF - 138.6 ko)

Avis du Haut conseil de la Santé publique relatif à l'actualisation de la vaccination contre la grippe saisonnière dans certaines populations : femmes enceintes et personnes obèses (PDF - 113.8 ko)

 

 

Evaluation par les autorités sanitaires de l'efficacité du vaccin :

 

Toutes les sources indépendantes disponibles s'accordent sur la modeste efficacité du vaccin : au mieux, un peu plus de 50% soit deux fois moins de grippe chez les sujets vaccinés.

Selon la Collaboration Cochrane (Synthèse de la Cochrane collaboration éditée en 2010 et mise à jour en 2012), si la vaccination permet peut-être d’éviter une grippe sur deux, il n’existe aucune preuve que le vaccin soit efficace sur les complications de la grippe et notamment les décès. Dans le cas des nourrissons, la Collaboration Cochrane précise en 2012 : "In children under the age of two, the efficacy of inactivated vaccine was similar to placebo". Pour ce qui est spécifiquement des adultes, la synthese Cochrane publiée le 17 février 2010 juge que "les preuves disponibles sont de mauvaise qualité et ne donnent aucune indication quant à l'innocuité, l'efficacité potentielle et réelle des vaccins anti grippaux pour les personnes de 65 ans et plus". La revue Cochrane publiée le 14 mars 2014 conclue : "Influenza vaccines have a very modest effect in reducing influenza symptoms and working days lost in the general population, including pregnant women. No evidence of association between influenza vaccination and serious adverse events was found in the comparative studies considered in the review". Et dans ses mises à jour du 1er février 2018, les synthèses Cochrane restent constantes pour les vaccins actuels :

- Les vaccins inactivés peuvent réduire la proportion d'adultes en bonne santé développant la grippe ou un syndrome grippal, mais leur impact est modeste (...) La protection contre la grippe et le syndrome grippal par l'administration du vaccin antigrippal inactivé chez les femmes enceintes est incertaine, ou du moins très limitée,

- Chez les enfants âgés de 3 à 16 ans, les vaccins inactivés réduisent probablement le risque de contracter la grippe (preuves de certitude modérée) et peuvent réduire le risque de contracter un syndrome grippal (preuves de faible certitude). Le risque d'otite moyenne semble similaire entre les enfants vaccinés et les enfants non vaccinés,

- L'impact des vaccins contre la grippe chez les personnes âgées est modeste.

Aux USA, un rapport publié le 02 octobre 2012 par un organisme indépendant, le CIDRAP (Center for Infectious Disease Control and Policy) de l’Université du Minnesota, estime que la protection apportée par les vaccins contre la grippe saisonnière, est largement exagérée sinon erronée. Après avoir examiné les études d’efficacité de 1967 à 2012, les auteurs du rapport constatent que les vaccins anti grippaux trivalents inactivés injectables (VTI) :

• Protègent les adultes en bonne santé de 18 à 64 ans à un taux d’environ 59 pour cent,
• Manquent de preuves cohérentes de protection chez les enfants âgés de 2 à 17 ans,
• Ne possèdent que des preuves incohérentes vis-à-vis de la protection des adultes de 65 ans et plus.

En Grande Bretagne, un article du BMJ publié en 2013 conclue : "The level of evidence to support risk factors for influenza related  complications is low and some well accepted risk factors, including  pregnancy and ethnicity, could not be confirmed as risks". Et, la médecin généraliste, Margaret McCartney, précise dans un article publié encore une fois par le BMJ en 2014 : "The evidence is uncertain among people with asthma 9; however, flu vaccination does seem to usefully reduce exacerbations in people who have chronic obstructive pulmonary disease 10"

En France, trois médecins généralistes, militants de l'indépendance médicale, se sont penchés sur la question de l'intérêt de la vaccination contre la grippe.

Dans l'article récapitulatif pour Atoute.org (fait en 2010 et mis à jour en 2012), Dominique Dupagne précise que "le vaccin permet de diminuer au mieux par deux la probabilité d’être alité et incapable de travailler plusieurs jours, tous les dix ou quinze ans". Et en octobre 2015, toujours sur atoute.org, il rappelle : "Se vacciner tous les ans contre la grippe induit une immunité modeste et éphémère. La maladie grippale apporte au contraire une immunité forte, durable, et étendue à des virus grippaux proches de celui ayant provoqué la maladie. Priver durablement des adultes d’une immunité naturelle pourrait avoir des conséquences graves lors de leur grand âge". Et, dans la version actualisée publiée le 05 octobre 2017, il précise : "La vaccination annuelle chez des sujets de moins de 80 ans en bonne santé et/ou souffrant d’une affection chronique peu menaçante (comme le diabète de type 2) pourrait exposer à des risques graves qui ne sont pas pris en compte (...) Un autre argument plaide pour l’utilisation volontairement limitée du vaccin grippal : le meilleur moyen de sélectionner un virus mutant est d’opposer un obstacle au virus "standard". Cela s’appelle de la "pression sélective". Si un grand nombre de français sont vaccinés, cette pression sélective favorisera obligatoirement l’émergence de virus grippaux mutants, résistants aux anticorps induits par le vaccin, suivant un mécanisme comparable dans son principe aux résistances bactériennes induites par les antibiotiques. Étendre la vaccination, c’est menacer l’efficacité du vaccin pour ceux qui en ont vraiment besoin."

Dans son analyse de Décembre 2012, Recommandations vaccinales: Avis d'experts, Jean Claude Grange estime que ni l'obésité ni la profession de médecin généraliste ne sont des indications pour la vaccination. Dans un autre billet, publié le 20 novembre 2014, Jean Claude Grange rappelle que "les preuves d'efficacité manquent pour la vaccination des personnes âgées de 65 ans et plus et pour celle des personnels de santé dans le but de protéger les patients fragiles" et décortique le rapport 2014 du HCSP (évoqué plus haut) en réponse à la saisine de la DGS (en rappelant les - conséquentes - déclarations publiques d'interet - DPI - des membres du groupe de travail, auteur du rapport du HCSP).

Enfin, le Dr le Flohic, dans un billet de blog publié le 17 janvier 2017, estime : "Les études a postériori (INVS/BEH) en réanimation nous montrent la dangerosité des virus grippaux, et doivent inciter à la vaccination des personnes à risque, même si la protection est relative [Mais,] dans l'attente de vaccins plus polyvalents (ciblant des sites non sujets à mutations annuelles), il faut s'interroger sur la pertinence de la vaccination grippe dans les populations non à risque". Et le 06 janvier 2018, il précise pour la vaccination des résidents en EHPAD : 

Du coté des revues indépendantes francophones :

 

Selon la revue Prescrire :

- "La vaccination grippale des patients dont la fonction hépatique est altérée de manière chronique apparaît raisonnable". (Ref)

- "Vaccination des personnes âgées contre la grippe saisonnière. Peu d'efficacité, peu d'effets indésirables : une balance bénéfices-risques qui reste plutôt favorable" (n° 329 pages 205-208)". (Ref)

 

Selon la revue Minerva :

- "L’efficacité de la vaccination contre l’influenza du personnel de maison de repos avec comme objectif la prévention de complications de la grippe parmi les résidents telle une hospitalisation ou le décès par pneumonie n’est pas montrée". (Ref)

 

Cas particulier : Vaccination des personnels de santé

Dans le sens des conclusions de Minerva et des propos de Jean Claude Grange, il n'y a pas, selon une étude publiée par le CDC le 20 juillet 2012, de référence scientifique indépendante démontrant l'intérêt de vacciner les professionnels de santé pour protéger les patients qu'ils soignent. Depuis cette étude du CDC, une publication Cochrane en date du 02 juin 2016 s'est interessée à la "vaccination antigrippale des professionnels de santé qui s'occupent de personnes âgées de 60 ans ou plus vivant dans des établissements de soins de longue durée". Cette publication conclue : "Les résultats de notre revue n'ont pas identifié de preuves concluantes d'un bénéfice des programmes de vaccination des PS sur les critères de jugement spécifiques de la grippe confirmée en laboratoire, de ses complications (l'infection des voies respiratoires inférieures, l'hospitalisation ou le décès dû à une maladie des voies respiratoires inférieures), ou de la mortalité toutes causes confondues chez les personnes de plus de 60 ans qui vivent dans des établissements de soins. Cette revue n'a trouvé aucune information concernant d'autres interventions qui peuvent être coordonnées avec la vaccination des travailleurs de santé : le lavage des mains, le port de masques faciaux, la détection précoce de la grippe confirmée en laboratoire, la quarantaine, le report des admissions, les antiviraux et la recommandation aux professionnels de santé avec la grippe ou un syndrome d'allure grippale (SAG) de ne pas venir au travail. Cette revue ne fournit pas de preuves raisonnables pour soutenir la vaccination des professionnels de santé pour prévenir la grippe chez les personnes âgées de 60 ans ou plus résidant dans des ESLD. Des ECR de bonne qualité sont nécessaires pour éviter les risques de biais méthodologiques identifiés dans cette revue et pour tester ces interventions en combinaison". De plus, une étude publiée le 27 janvier 2017 dans PLoS One (study) conclue : "Health worker flu vaccine data insufficient to show protection for patients", ce qui fait dire à Michael Osterholm, directeur du Center for Infectious Disease Research and Policy (CIDRAP) à l'University of Minnesota : "We have to make public health recommendations based on good science (...) but we do not have the justification to take punitive action against healthcare workers if they don't get vaccinated” (Ref.). Enfin, la revue Prescrire rappelle, en novembre 2018 : "Pour protéger les personnes âgées vivant en institution, la vaccination antigrippale des soignants est d'efficacité incertaine et expose à peu de risques (...) Il est important de mettre en œuvre de toute façon d'autres mesures de prévention de transmission de la grippe saisonnière aux personnes les plus fragiles : se laver les mains à chaque fois qu'elles ont pu être contaminées avant de les porter à la bouche, au nez ou aux yeux ; porter un masque en cas de signe d'infection ; éviter de travailler quand on est contagieux, s'isoler et se couvrir la bouche en cas d'éternuement ou de quinte de toux ; nettoyer les objets et surfaces souillés" (Ref.).

 

Cette question de la vaccination des médecins est un nouveau sujet de débat en France depuis 2017 :

 

NB : A signaler également ce rappel historique fait par Christian Lehmann sur la gestion de la grippe et de la vaccination en France :

 

Documentation complémentaire :

Article de la Revue Prescrire sur la vaccination 2019-2020 (réservé aux abonnés)

Revue de presse sur les vaccinations antigrippales depuis 2010 

 

3- Risques de la vaccination

 

- Vaccins contre la grippe saisonnière :

Selon l’agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), "Plus de cinquante années d’utilisation dans le monde de ces vaccins trivalents en confirment la sécurité d’emploi". Les effets indésirables les plus fréquents sont des effets bénins et transitoires comme des réactions au site d’injection (douleurs et rougeurs), voire des réactions systémiques telles que des douleurs musculaires, des malaises, des céphalées et/ou une fièvre légère. La survenue de réactions allergiques graves demeure quant à elle extrêmement rare (<1 cas/million de doses vaccinales). (Ref.)

- Vaccin USA contre la grippe porcine de 1976 :

Si une association entre la vaccination antigrippale et la survenue d’un syndrome de Guillain-Barré, affection auto-immune neurologique, a été évoquée en 1976 aux Etats-Unis lors d’une campagne de vaccination de 45 millions de personnes contre la grippe porcine, une revue de la littérature montre que ce risque est rare. Il ne concerne en effet qu’un cas de plus par million de personnes vaccinées par rapport à la fréquence attendue dans la population adulte. En revanche, la grippe est considérée comme un des facteurs de risque possible du syndrome de Guillain-Barré avec une incidence de l’ordre de 4 à 7 pour 100 000 sujets grippés. (Ref.)

- Vaccins contre la grippe A(H1,N1)2009 :

Voir la revue de presse : Quid du vaccin contre la grippe A ?

 

 

Signalons pour terminer cette étude US de 2017 :