Piqures et morsures lors des beaux jours

 

Le ministère de la santé alerte sur les risques de piqures et de morsures lors de l'été :

 

Les hyménoptères :

Les hyménoptères, ordre d’insectes comprenant les guêpes, les abeilles, les frelons et les bourdons, sont caractérisés par:

2 paires d’ailes solidaires pendant le vol

un corps divisé en trois régions : la tête, le tronc et l’abdomen

un appareil venimeux situé à l’extrémité postérieure de l’abdomen qui comprend un aiguillon mobile connecté à une paire de glandes venimeuses

Le mâle hyménoptère ne possède pas d’appareil venimeux et ne pique donc pas

- La famille des apidés

Les Apidés ont un corps velu.

L’abeille (Apis),  possède un dard  barbelé relié aux muscles de l’abdomen. L’abeille ne pique que si elle est dérangée dans son travail. Elle ne pique qu’une seule fois car une partie de son abdomen est arraché avec le dard, entraînant sa mort.

Le bourdon (Bombus), plus volumineux et plus velu, reconnaissable à son bruit,  pique mais ne laisse pas de dard.

- La famille des vespidés

Les Vespidés ont un  abdomen jaune rayé ou taché de noir, fusiforme à l’arrière et séparé du thorax par un rétrécissement marqué ( d’où l’expression taille de guêpe).

La guêpe sociale (Vespula) mesure 15 mm vit dans des nids de quelques centaines à quelques milliers d’individus. Elle se nourrit de larves de mouche et d’autres insectes et joue de ce fait un rôle important dans l’écosystème. Les guêpes sont attirées par les fruits, le sucre et la viande. Les guêpes femelles possèdent  un dard et peuvent piquer plusieurs fois.

Le frelon (Vespa),  proche de la guêpe, mesure 35 mm et peut piquer plusieurs fois. Ses piqûres sont  très douloureuses et peuvent être dangereuses.

Danger des piqures d'hymenopteres :

Ces piqueres peuvent provoquer 3 types de réaction :

- Une réaction locale

La piqûre est douloureuse. Elle s’accompagne d’une rougeur locale, d’un oedème local de quelques cm, d’une légère induration. Cette réaction s’accompagne parfois de démangeaisons. Produite par des  amines vasoactives et par des  peptides, cette réaction disparaît en général en quelques heures.

Au niveau des muqueuses et de la conjonctive, la diffusion du venin est plus rapide qu'en intra dermique ce qui entraîne une réaction locale plus importante.

- Une réaction toxique  

Les symptômes seront plus intenses en cas de  piqûres multiples : la quantité de venin injectée est plus importante. À la réaction locale s’ajoutent alors des signes généraux: vomissements, diarrhée, maux de tête, chute de tension, plus rarement convulsions et perte de connaissance.
Chez un adulte, une surveillance en milieu hospitalier est conseillée si la victime présente plus de 20 piqûres.  

- Une réaction allergique (choc anaphylactique)

La réaction allergique ne dépend pas de la dose de venin injectée. Une seule piqûre suffit à la déclencher.

Soins sur place :

Lors d’une piqûre, la douleur est immédiate et un œdème local se développe rapidement.
Si possible, il faut identifier l’insecte qui a piqué :

Les abeilles laissent l’aiguillon et la glande à venin accrochés à la peau. L'appareil continue ainsi à injecter les réserves de venin. Dans ce cas, retirez rapidement le dard avec l’ongle ou avec le bord non tranchant d’un couteau (en glissant parallèlement à la surface de la peau) ou d’une carte de crédit.

Les guêpes piquent sans laisser de dard.

Le frelon a un dard plus long, sa piqûre est donc plus profonde.

Enlever les bagues en cas de piqûre à la main.
Bien désinfecter à l’eau et au savon, puis appliquer une solution antiseptique.
En cas de  douleur intense, prendre un antidouleur par voie orale. 
Vérifier la validité de la vaccination anti tétanique.

Et bien sûr, traitement du choc anaphylactique si besoin.

NB : Pour détruire un nid de guêpes et/ou de frelons, il faut faire appel aux pompiers ou à une entreprise spécialisée mais pour se débarasser d'un essaim d’abeilles, il faut prendre contact avec un apiculteur.

 

Les tiques :

Les tiques sont des acariens parasites vivant dans les zones boisées et humides (tapis de feuilles mortes, broussailles…), mais aussi présents dans les prairies (herbes hautes), les parcs...

Grâce à leur appareil buccal (le rostre), les tiques s’accrochent à la peau des animaux (c’est pourquoi on parle de morsure plutôt que de piqûre). Il s’agit le plus souvent d’animaux sauvages (gibier, oiseaux, rongeurs…) et plus rarement d’animaux d’élevage (vaches, chevaux…) Une fois fixées à la peau, les tiques se gorgent de leur sang. 

Les tiques peuvent mordre à chaque stade de leur développement : larve, nymphe et adulte. Chez les tiques adultes, seules les femelles mordent.

Les tiques peuvent transmettre de multiples agents pathogènes (des virus et bactéries) responsables de maladies telles que :

les borrélioses (la maladie de Lyme en Europe et en Amérique du Nord) ;
des encéphalites ;
des fièvres hémorragiques ;
certaines rickettsioses.

Rappel : Un vaccin existe contre la méningo- encéphalite à tiques.

Conduite à tenir pour le patient après avoir retiré une tique :

Désinfecter la morsure
Ne pas jeter pas la tique : Depuis l’été 2017, il est possible de participer à la recherche sur les tiques et les maladies qu’elles transmettent grâce au projet CiTique. Pour cela, il vous suffit de déclarer votre piqûre sur l’application Signalement tique (voir ci dessous) ou directement sur le site citique.fr et d’envoyer la tique qui vous a mordu au Centre de Nancy de l’Inra (Institut national de la recherche agronomique). Un réflexe à acquérir pour vous, mais aussi pour vos animaux domestiques !

Surveiller la zone de morsure : Si une plaque rouge (ou foncée sur peau noire) et ronde apparaît autour de la morsure dans les deux semaines suivant la morsure, c’est le signe d’une maladie de Lyme débutante. Sans traitement, cette lésion - qui apparaît chez 90% des personnes piquées par une tique infectée - continue de s’étendre progressivement en cercle, parfois pendant plusieurs semaines. C’est ce que l’on appelle un érythème migrant. Il faut le distinguer de la simple réaction inflammatoire due à la morsure, sans gravité, qui survient au bout de deux à quatre jours et qui disparaît spontanément en quelques jours.

 

Infos complémentaires :

Recommandation quebecoise de prophylaxie postexposition de la maladie de Lyme

Documentation de Santé Publique France sur les tiques et la maladie de Lyme :

Brochures d’information - Maladie de Lyme et prévention des piqûres de tiques (pdf 2,42 Mo)

Brochure à destination des enfants : Les conseils de prudence

A destination des professionnels de santé :

 

Les moustiques :

 

Les méduses :

Méduses européennes :

Méduses tropicales :

 

Les vipères :

Rappels sur les morsures de serpents dans le monde :

 

NB : CAT en cas de plaies ou morsures animales :

Si un médecin constate au cours d'une consultation une victime de morsure de chien, une déclaration doit être effectuée sous forme papier comme préconisé par le Conseil National de l'Ordre des Médecins

 

Pour terminer, un clin d'oeil du Gorafi :

Rémunération conventionnelle des MSP

Comme rappelé lors de la dernière Commission Paritaire Nationale entre signataires de la convention médicale de 2016, l'Assurance Maladie a versé leur rémunération conventionnelle aux 538 maisons de santé pluri-professionnelles (MSP) adhérentes à l’accord conventionnel interprofessionnel (ACI) signé le 20 avril 2017 par 16 organisations syndicales représentatives des professionnels de santé concernés par l’exercice pluri-professionnel (médecins, sages-femmes, infirmiers, orthoptistes, biologistes, pharmaciens, prestataires de dispositifs médicaux), les représentants des centres de santé et l’Uncam.

L'ACI permet de valoriser financièrement :
- l’accès aux soins proposé aux patients : amplitude des horaires d’ouverture, accès à des soins non programmés ;
- la diversité de l’offre de soins au sein de la structure ;
- la prise en charge cordonnée des patients : coordination, concertation et protocoles pluriprofessionnels de prise en charge et de suivi des patients ;
- le suivi de la relation patientèle ;
- les efforts faits pour répondre aux besoins des patients de la structure ;
- l’acquisition d’un système d’information partagé.
Cet accord entérine également la mise en place d’un dispositif spécifique qui garantit une rémunération annuelle minimale de 20 000 € pour les MSP nouvellement créées.

Le montant moyen versé aux 538 maisons de santé est de 66 000 euros par MSP, soit une hausse de près de 59 % par rapport au montant moyen versé aux 434 structures en 2016. 

Facteurs explicatifs :
- une hausse du nombre de structures adhérentes et rémunérées (538 en 2107 vs 434 en 2016, soit une augmentation de 24 %) ;
- une hausse de la patientèle de 27,2 % qui a un impact sur les rémunérations ;
- une augmentation du nombre de professionnels de santé exerçant en MSP de 31 % (9372 en 2017 vs 7157 en 2016) ;
- une progression du nombre de médecins généralistes installés en maisons de santé (2 100 à 2 600, soit une hausse de 23,5 %) ;
- la prise en compte de l’indicateur « système d’information », qui est désormais calculé en fonction du nombre de professionnels de santé au sein de la structure (et non plus de l’importance de la patientèle).

 

Pour en savoir plus : Communiqué de l'Assurance Maladie

 

Déremboursement des médicaments anti Alzheimer : une décision bienvenue (même si tardive et incomplète) !

Le ministère de la Santé a publié au JO ce vendredi 1er Juin 2018 un arrêté de dé remboursement des médicaments anti-Alzheimer. Jugés insuffisamment efficaces et potentiellement risqués, ils ne seront plus remboursés à compter du 1er août 2018. Cet arrêté concerne quatre médicaments : Aricept, Ebixa, Exelon, Reminxyl ainsi que leurs génériques. Jusque-là, ils étaient remboursés à hauteur de 15% par l'Assurance maladie.
 
En tant que syndicat médical indépendant, le Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG) s'était pleinement investi dans l'affaire du Médiator et la réforme du médicament qui s'en était suivi (1). Dans le prolongement de cette action, le SNJMG avait informé, début 2011, les (jeunes) médecins généralistes des preuves scientifiques sur le manque d'efficacité et les dangers potentiels des médicaments Anti Alzheimer. Il avait ensuite relayé les actions du Formindep contre les recommandations officielles émises alors par la Haute Autorité de Santé (2).
 
Aussi, après avoir apprécié le revirement de la Haute Autorité de Santé sur le sujet en octobre 2016 (3), le SNJMG apporte aujourd'hui son soutien à la décision de la ministre de la Santé, Mme Agnes Buzyn.
Si cette décision n'arrive pas aussi tardivement que dans le cas du Mediator, le SNJMG regrette qu'elle n'ait pas pu être prise plus tôt. De même, le SNJMG regrette que le processus ne soit pas mené au bout de sa logique avec un retrait du marché pur et simple des médicaments concernés.
 
Naturellement attentif (4) à la prise en charge humaine des pathologies démentielles liées à l'age, le SNJMG souhaite que l'engagement de la ministre de la santé de consacrer les économies générées par ce dé remboursement au déploiement de thérapeutiques non médicamenteuses et au soutien des aidants soit effectivement tenu ceci devrait constituer la première étape de la mise en application du Plan Maladie neuro-dégénératives (PMND) piloté par le Pr Michel Clanet.
 
Contact presse : Sayaka Oguchi
president@snjmg.org - 07 61 99 39 22
 
(1) : Ce qui lui avait notamment valu d'être auditionné par la commission d'enquête parlementaire sur le Mediator
(3) : En octobre 2016, la commission de transparence de la HAS, qui évalue les traitements en vue de leur remboursement, avait jugé que tous ces médicaments avaient "un intérêt médical insuffisant pour justifier leur prise en charge". Elle pointait aussi "l'existence d'effets indésirables potentiellement graves".  
(4) : Nous sommes un syndicat de Médecine Générale...
 
 

Avenant 3 de la convention médicale 2016 : le Conseil d'Etat confirme l'exclusion des remplaçant(e)s

Le Conseil d'Etat rejette ce jour la requête de Mme B... A... en vue d'annuler l'approbation ministérielle de l'avenant n° 3 à la convention médicale, signé le 8 février 2017, sur l'Avantage Supplémentaire Maternité (ASM) en tant qu'il restreint le bénéfice de la prestation qu'il prévoit à certaines catégories de médecins, excluant notamment les médecins remplaçants.

Cette décision est notamment motivée par le fait que "L'avenant en litige (...) vise à encourager l'installation de jeunes médecins" (Pour en savoir plus : décision CE N° 411785)

Le Conseil d'Etat vient ainsi conforté l'analyse qu'avait faite le SNJMG à l'occasion de cet avenant sur l'ASM : "Madame Touraine avait limité cette avancée aux seules médecins installées, laissant à penser que la ministre ne voyait dans cette mesure qu'un moyen de pousser à l'installation des jeunes médecins au détriment des remplaçant(e)s" (Pour en savoir plus : Communiqué de presse du SNJMG du 31.10.17)

 

Accès aux soins : l'inquiétant rapport du Dr Mesnier

Mr Thomas Mesnier a remis, mardi 22 mai 2018, à la Ministre des Solidarités et de la Santé, Mme Agnès Buzyn, un rapport intitulé « Assurer le Premier accès aux soins ».
 
A peine dévoilé, ce rapport a provoqué un vaste mouvement de rejet auprès des médecins sur les réseaux sociaux, à commencer par les médecins généralistes (1).
 
Ces médecins ont réagi à un empilement de propositions démagogiques (ex : développement du consumérisme médical), retrogrades (ex : encouragement des visites à domicile, demi journées réservées aux soins non programmés...) et contradictoires (ex : proposition d'education des patients sur l'accès au soins venant après les propositions de développement du consumérisme médical) ainsi qu'à la non reconnaissance de l'exercice (2) de la médecine générale (ex : rôle de médecin traitant confié aux médecins des organisations de soins non programmés ou aux médecins coordonnateurs d'EHPAD, régulation téléphonique consacrée maillon clé du parcours de soins...). Il faut aussi signaler que la virulence de ces réactions a été dopée par la langue technocratique utilisée pour rédiger ce rapport (3).
 
Mais ce qui interpelle en premier lieu le Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG), c'est que ces propositions, à la différence des propositions de la Cour des Comptes ou autres organismes administratifs, ne sont pas le fait de hauts fonctionnaires déconnectés de la réalité du terrain mais d'un jeune médecin (secondé d'une interne de santé publique), qui a fait son internat de Médecine Générale au début des années 2010, qui s'était investi auparavant dans l'ANEMF et qui a fait ensuite une spécialisation en médecine d'urgence. Au regard du SNJMG, c'est presque "l'un des nôtres" qui est responsable de tout ceci (4) !
 
Qui plus est, dans une actualité marquée par la récente médiatisation des conditions dramatiques du décès de Mme Naomi Musenga en décembre 2017 à Strasbourg...
 
Il y a deux raisons principales (et opposées) qui motivent la commande d'un rapport : la diversion voire l'enterrement d'un problème (à l'instar du mot de Clémenceau sur les commissions) ou la préparation d'une réforme.
 
Le fait que ce rapport soit signé d'un jeune médecin par ailleurs député du parti politique actuellement au pouvoir et qu'il soit cité en référence par la ministre de la Santé ce matin sur France Inter donne du poids à la seconde hypothèse. 
Dans ce cas, le rapport peut être vu comme l'ébauche d'un projet dual d'accès aux soins combinant dirigisme étatique et dérégulation libérale, obligeant les médecins généralistes à choisir entre un assujettissement aux ARS, dans un schema hospitalo centré (5), et une participation à des structures de soins non programmés portées par le secteur privé à but lucratif (6). 
Le SNJMG, défenseur de la Médecine Générale et de ses jeunes professionnels dans un système de santé solidaire garantissant un égal accès à des soins de qualité, se mobilisera pour éviter toute évolution dérogeant à ces principes.
 
 
Contact presse : Sayaka Oguchi
president@snjmg.org - 07 61 99 39 22
 
 
2 : Fil twitter de Christian Lehmann (MG et écrivain)
4 : Mr Thomas Mesnier a auditionné les structures de futurs et jeunes médecins (ANEMF, ISNAR-IMG, ISNI et SNJMG) le 28 février 2018
5 : Réaction de Mr Valletoux (président de la Fédération Hospitalière de France)