Février 2020 : Première manifestation de censure syndicale exercée par le Conseil de l’Ordre des Médecins

 

Le 5 février 2020, les représentants du Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG) se sont rendus à l’invitation du Conseil de l’Ordre des Médecins à une réunion de la Commission jeunes médecins dont ils sont statutairement membres (1).

Une fois entrés dans le hall, ils ont été accueillis par la présidente de la Commission qui a demandé des excuses pour la manifestation de désaveu de l’Ordre à laquelle avait participé le SNJMG aux côtés du SMG (2) et du MIOP (3) à l’occasion de la cérémonie de vœux du président de l’Ordre. Les trois organisations entendaient s’élever contre les dénégations de l’Ordre vis-à-vis des observations portées par la Cour des Comptes (4).

Refusant de renier les convictions de leur syndicat, les représentants du SNJMG n’ont présenté aucune excuse : ils ont été immédiatement « invités » à quitter les lieux. Plus tard, le Conseil de l’Ordre mettait à jour la page "commission jeunes médecins" de son site internet en supprimant le SNJMG des membres statutaires. Puis, le Conseil de l’Ordre expliquait sur Twitter que le SNJMG « en choisissant d'adopter une posture de confrontation virulente, a lui-même fait le choix de s'exclure du dialogue au service des jeunes médecins » (5).

En excluant, de son seul fait, un syndicat d’une commission paritaire sous prétexte que ce syndicat contestait trop bruyamment sa gouvernance, le Conseil de l’Ordre s’est illustré par un geste historique de censure syndicale.

Le Conseil de l’Ordre aurait voulu confirmer au grand jour les observations de la Cour des Comptes à propos d’une organisation « peu représentative des médecins en activité » avec « une gouvernance fermée », qu’il ne s’en serait pas pris autrement… En tous cas, les réels efforts d’évolution de l’institution de ces dernières années se sont évanouis en quelques instants avec cette manifestation d’autorité !

Malgré tout, le SNJMG, fidèle à sa tradition de co construction d’un système de santé solidaire et efficient, renouvelle sa proposition de travail (6) avec toutes les personnes et organisations de bonne volonté, à commencer par les usager.es du système de soins et l’Ordre des médecins lui-même, pour transformer radicalement cette institution.

 

Contact Presse : Benoit Blaes – presidence@snjmg.org – 07.61.99.39.22

 

  1. : Réunion démographie médicale au CNOM
  2. : Syndicat de la Médecine Générale
  3. : Mouvement d’Insoumission aux Ordres Professionnels
  4. : Comme le relève Le Figaro, la Cour des Comptes reproche au Conseil de l’Ordre « d’être trop masculin et vieillissant, mais aussi d’avoir une gestion approximative, d’être inefficace et d’employer des proches ». Comme le relève le Formindep, la Cour des Comptes reproche au Conseil de l’Ordre « le (manque de) contrôle des relations médecins-industrie ». Enfin, comme le rappelle le Parisien, la Cour des comptes dénonce « la complaisance de l’Ordre à l’égard de praticiens soupçonnés d’agressions sexuelles ».
  5. : Tweet du Conseil de l’Ordre des Médecins du 05 février 2020
  6. : Communiqué du SNJMG du 04 février 2020 

Incident au Conseil de l'Ordre des Médecins

Créée dans les années 2000, la commission « Jeunes Médecins » du CNOM a pour objectifs d’échanger et de débattre d’idées nouvelles, d’améliorer la connaissance mutuelle entre l’Ordre et les structures représentant les jeunes et futurs médecins et de mieux communiquer avec eux. Comme l’évoque le tweet du Conseil de l’Ordre du 5 février 2020, c’est une commission paritaire composée d’un président et huit membres élus par le conseil national de l'Ordre ainsi que huit autres membres : un représentant pour chaque structure de jeunes et futurs médecins. Les structures invitées sont des structures nationales ou locales, reconnues représentatives ou non : ANEMF, ISNAR-IMG, ISNI, Jeunes Médecins, REAGJIR, SIHP, SNJAR et SNJMG

NB : Le jour même de l'incident entre CNOM et SNJMG, le site du CNOM a été mis à jour et la commission ne comprend plus désormais que 7 représentants de futurs et jeunes médecins

 

Chronologie :

 

09 décembre 2019 :

Publication du rapport de la Cour des Comptes sur l’Ordre des Médecins

 

09 janvier 202 :

Cérémonie des vœux de l’Ordre et contre manifestation de desaveu menée conjointement par SMG/SNJMG/MIOP

 

13 janvier 2020 :

Le SNJMG recoit une invitation du Conseil de l'Ordre pour une réunion consacrée à la Démographie Médicale le 05 février 2020 entre 8h30 et 9h30. 

 

03 fevrier 2020 :

A l'occasion d'une confirmation téléphonique de la présence du SNJMG à la réunion du 5 février 2020, le secrétariat du Dr Gormand, présidente de la commssion jeunes médecins, annonce au SNJMG qu’elle souhaiterait rencontrer le president du SNJMG dans le hall du CNOM pour un entretien privé à 8h15, avant les réunions de la journée.

 

04 février 2020 :

Bouclage apres 10 jours de reflexion avec l’ensemble des adhérents du communiqué de presse du SNJMG faisant le point de ses interventions sur le CNOM et le divan des médecins

 

05 fevrier 2020 :

A 8h20, le Dr Gormand met à la porte du CNOM, Benoit Blaes et Sayaka Oguchi (respectivement actuel et précédente président-e du SNJMG), après qu'ils aient refusé de s'excuser pour la participation du SNJMG à la cérémonie de désaveu du 09 janvier 2020.

 

Respect des patient.es et Indépendance médicale au cœur des actions du SNJMG

 

Impliqué depuis le 14 novembre 2019 dans la mobilisation pour l’hôpital et le système de santé (1) et depuis le 10 décembre dans la mobilisation des internes en médecine et pharmacie (2), le Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG) reste attentif à d’autres dossiers professionnels comme la promotion de la transparence et de l’indépendance médicale ainsi que la lutte contre les discriminations en médecine.

C’est ainsi que le SNJMG est intervenu sur deux sujets hautement polémiques : le rapport de la Cour des Comptes sur l’Ordre des Médecins et les articles de presse concernant le groupe Facebook « le divan des médecins ».

Quand le rapport de la Cour des Comptes sur l’Ordre des Médecins a été publié, le Bureau National du SNJMG a été choqué par les faits rapportés et désagréablement surpris par la réaction de l’Ordre qui s’est mobilisé pour contester ce rapport (« sur le fond comme dans la forme ») sans la moindre considération pour les faits dénoncés (3).

Quand un premier article du Nouvel Observateur attestant de la diffusion de messages non déontologiques sur le groupe « divan des médecins » a été publié, le Bureau National du SNJMG est intervenu, conformément à la philosophie du syndicat et aux discussions de sa dernière Assemblée Générale concernant les discriminations en médecine, pour dire sa réprobation vis-à-vis des messages incriminés et pour rappeler que « Racisme, homophobie, sexisme ou jugements de valeur sur les patient.es n'ont aucune place dans une discussion entre soignant.es » (4).

Alors que cette affaire ne provoquait que des promesses orales d’action de la part du Conseil de l’Ordre mais que celui-ci publiait en quelques heures un communiqué de presse pour annoncer une action en référé contre le site internet arretmaladie.fr (5), le Bureau National du SNJMG a décidé de participer, à l’occasion de la cérémonie de vœux du CNOM le 09 janvier 2020, à une action commune avec le SMG et le MIOP, demandant une réforme profonde ou un démantèlement complet de cette institution (6).

Après avoir réouvert (depuis la dernière AG) la discussion à ce sujet avec ses adhérents, le SNJMG réitère sa condamnation des propos non déontologiques qui peuvent être tenus par des soignants sur les réseaux sociaux. Par ailleurs, le SNJMG est attentif aux suites pratiques, notamment judiciaires, qui seront données aux faits recensés dans le rapport de la Cour des Comptes et propose, dès à présent, à toutes les personnes et structures intéressées, à commencer par les membres du Conseil de l’Ordre, de travailler conjointement à une profonde réforme de l’institution ordinale, en alternative à un démantèlement complet.

 

1. : Mobilisation pour l’hopital et le système de santé 

2. : Mobilisation et grève des internes de médecine et de pharmacie 

3. : Rapport de la Cour des Comptes sur l’Ordre des Médecins 

4. : Le divan des médecins et « l’humour carabin »

5. : Communiqué de presse de l’Ordre des Médecins  

6. : Intervention conjointe SNJMG/SMG/MIOP à la cérémonie des vœux du CNOM

 

Le virus du racisme est bien plus répandu que le virus 2019-nCoV

 

En adhérant au Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG), les internes, remplaçants et jeunes installé.es ou salarié.es en Médecine Générale, s’engagent dans une organisation qui soutient une médecine par les preuves (Evidence Based Medicine - EBM) et combat toutes formes de discrimination en médecine.

C’est donc en toute logique que le SNJMG condamne fermement tous les actes et propos scientifiquement infondés et éthiquement inacceptables qui se répandent ces derniers jours, à l’occasion d’une menace épidémique originaire de Chine.

En 1347, la grande peste débarque en Europe et décime, en 5 ans, un tiers de la population. Dans l’ignorance des bases biologiques du phénomène (1), ce que nous appelons aujourd’hui des « théories du complot » prospèrent, en précédant le plus souvent l’arrivée de l’épidémie. Elles sont génératrices de biens des drames comme différents pogroms dans certains territoires situés actuellement en Savoie, Suisse, Alsace et Allemagne (2).

Fin 2019, une maladie apparait dans la ville chinoise de Wuhan. En quelques jours, il a été possible d’établir le séquençage de l’agent infectieux responsable, un nouveau variant de la famille des coronavirus, dénommé 2019-nCoV. En cette fin janvier 2020, il est encore trop tôt pour évaluer la dangerosité exacte de cette maladie qui ne concernerait pour l’instant que moins de 10 000 personnes sur une population de 1,386 milliard et qui, à quatre exceptions près, ne présente, en dehors de la Chine, que des cas importés de Chine. Autant dire que le risque de contamination des populations en France (hors personnel soignant) est quasiment nul à ce jour…

Pourtant, depuis la médiatisation de la maladie, des discours et des comportements de défiance voire stigmatisants à l’égard des personnes d’origine asiatique ou perçues comme telles se répandent dangereusement (3). Et souvent, ils accompagnent des discours pseudo scientifiques… qui n’ont rien de scientifique !

Au-delà d’une condamnation ferme de ces faits, le SNJMG agit concrètement en actualisant régulièrement depuis le 15 janvier 2020 une fiche d’information (4) à l’attention des (jeunes) médecins généralistes : le SNJMG souhaite leur fournir tous les éléments utiles disponibles pour savoir réagir face à un éventuel cas suspect, répondre aux légitimes interrogations des patients et réfuter les fausses allégations, des plus farfelues aux plus horribles.

 

Contact Presse : Benoit Blaes - webmaster@snjmg.org – 06.26.25.54.57

 

  1.  : La peste était due à un bacille (identifié au XIX siecle par Alexandre Yersin) véhiculé par la puce du rat.
  2.  : Comme, par exemple, le Progrom de Strasbourg (Wikipedia)
  3.  :  « Garde ton virus, sale Chinoise ! » (Le Monde, 29.01.20)
  4.  : Infection à nouveau Coronavirus (Blog SNJMG)

Organisation des prochains choix de stages hospitaliers à Paris

L'ARS IdF a prévenu ce jour les syndicats d'internes (dont le SNJMG) de son calendrier provisoire des prochains choix de stage hospitaliers.

Ce qu'il faut retenir pour les IMG :

Phase socle [P1] : choix le 1er et 2 avril EN DEMATERIALISÉ (en ligne)
Phase d'approfondissement [P2] et Ancien Régime [AR] : choix le 3, 6 et 7 avril EN PRESENTIEL (à l'ARS, comme d'habitude)

Rappel :

Depuis des années l'ARS souhaite passer à une procédure entièrement dématérialisée pour les choix de stages.
En réponse, le SNJMG formule des propositions, qui ont été reprises dans nos revendications pour le mouvement national des internes de médecine et de pharmacie.

Nous vous tiendrons informés en cas de changement de calendrier.

Soirée exercice collectif en Médecine Generale (Université Paris 13)

Le Département Universitaire de Médecine Générale de Paris 13 organise, à destination des internes en fin de cursus de DES Médecine Generale d'Ile de France, et tous les jeunes médecins généralistes thésés récemment une réunion avec les structures d'exercice collectif (Maisons de Santé Pluriprofessionnelles, Centres Médicaux de Santé...)

Cette réunion aura lieu le 5 février 2020 de 19 heures à 21 heures à la faculté de médecine du campus Bobigny (UFR SMBH, 74 rue Marcel Cachin 93017 Bobigny Cedex)

 

Journée de mobilisation des internes : les jeunes médecins généralistes rappellent leurs revendications

 

Depuis le 10 décembre 2019, les internes de médecine et de pharmacie ont entamé, à l’appel de trois organisations nationales (FNSIP, ISNI et SNJMG), un mouvement de mobilisation et de grèves concernant leur statut et leurs conditions d’exercice.

Comme les autres organisations, le Syndicat National des jeunes Médecins Généralistes (SNJMG) demande en premier lieu le respect par tous les lieux de stage du droit du travail (temps de travail, repos de sécurité, astreintes, etc…) et l'utilisation effective de sanctions par les tutelles pour ceux ne respectant pas ce cadre légal. En revanche, Le SNJMG ne souhaite pas la rémunération d'heures effectuées au-delà de la limite du temps de travail réglementaire puisque cela consisterait à acheter une dérogation à la limite légale au détriment de la santé des internes et de la qualité des soins.

Le SNJMG demande pour les FFI les mêmes droits que ceux garantis aux internes et une rémunération à la hauteur des responsabilités réelles des uns et des autres avec un cadre de réévaluation programmée dans le temps.

Le SNJMG souhaite une action concrète contre les comportements sexistes, racistes, abusifs, etc. dont sont victimes ou témoins les internes en créant un dispositif de collecte et d'accompagnement des internes exposés, avec l’assurance de la mise en œuvre d'actions correctrices (médiations, avertissements, formations, retraits d'agréments) par les responsables pédagogiques ou hiérarchiques.

De façon plus large, et en lien avec les mobilisations des personnels hospitaliers, nous souhaitons un cadre de soin sécurisant pour les internes et les patient-e-s (effectifs, personnels d'encadrement, formation pédagogique, etc...) et une formation des internes de qualité, indemne de toute influence de l’industrie pharmaceutique.

Si le SNJMG accueille favorablement les précisions que le ministère lui a confirmé (*) la semaine dernière (ex : pas d'appel de cotisation retraite/prevoyance en 2020 pour les internes et remplaçants non thésés, extension et amélioration des indemnisations des internes en stages ambulatoires, travail de la DGOS pour l’application de la limitation du temps de travail des internes), il attend de savoir comment le ministère organisera les suites pratiques à donner à ces annonces et comment l’ensemble des organisations d’internes pourront y participer. Enfin, le SNJMG se désole que les autres revendications du syndicat n’aient absolument pas été prises en compte par le gouvernement.

 

Contact Presse : Benoit Blaes - webmaster@snjmg.org – 06.26.25.54.57

 

(*) : Discussion entre le SNJMG et le ministère de la Santé (Janvier 2020)

 

Information sur les cotisations retraite/prevoyance pour les remplacements avant la thèse

Depuis 2018, les internes et médecins non thésés effectuant des remplacements sont théoriquement soumis à une obligation de cotisation à la CARMF.

Mais suite à la mobilisation des syndicats de futurs et jeunes médecins, le gouvernement a demandé à la CARMF de surseoir à l'appel de cotisation pour les années 2018 et 2019.

Cette question a été l'objet d'une revendication du SNJMG dans le cadre du mouvement des internes et c'est dans le cadre de ses discussions avec le ministere que le SNJMG peut faire le point d'information suivant :

En cohérence avec son projet de réforme des retraites, l’objectif du gouvernement est de rapprocher le régime de retraite des médecins du régime général avec, à terme, la disparition de la CARMF telle quelle existe actuellement. Ceci s'appliquera aux internes et médecins non thésés qui seront donc soumis à l'obligation de cotisation via le RSPM. Pour 2020, comme en 2018 et en 2019, il n'y aura pas d’appel à cotisation pour les remplaçants non thésés mais ce sera la dernière année : pour leurs revenus tirés de remplacements, les internes et remplaçants non thésés devront cotiser au RSPM à compter de 2021.

Grève des internes : Discussion entre le ministère et le SNJMG

Ce jour, discussion entre Benoit Blaes (SNJMG) et Mickael Benzaqui (Ministère de la Santé) à propos de la grève des internes :

Le SNJMG a rappelé qu'il intégrait la grève des internes et des jeunes généralistes hospitaliers dans la mobilisation pour l’hôpital et le système de santé.

Revendications défendues par le SNJMG :

- Pour le respect du temps de travail et du repos de sécurité :
Samedi matin compté comme garde
Vérification mensuelle du temps de travail effectué permettant d’organiser le planning à venir de façon à respecter la limitation du temps de travail en fin de chaque trimestre
Interdiction d’accoler une (demi) garde à une garde de nuit + respect absolu du repos de sécurité après 24heures d’affilée de travail
Dispense d’astreintes à partir du 3e mois de grossesse pour les internes/FFI enceintes
Mise en place d’un tableau de sanctions pour le service/hôpital ne respectant pas le droit du travail
Réévaluation nationale indépendante des agréments des stages hospitaliers et ambulatoires, incluant le respect du temps de travail comme critère incontournable
Annulation du projet de rémunération des heures effectuées au-delà de la limite légale (revenant à une acceptation officielle du non respect du cadre légal)

- Pour l’amélioration des statuts et des rémunérations
Rémunération des FFI alignée sur la rémunération des internes 1ere année pour les FFI non thésé-e-s et sur celle des internes 3e année pour les FFI thésé-e-s
Revalorisation des rémunérations de base et des gardes des internes/FFI avec perspectives de revalorisation régulière et amélioration des indemnisations en stages ambulatoires
Révision des grilles salariales des médecins hospitaliers sans pénalisation de spécialités (pas de différentiel de rémunération entre spécialités)

- Lutte contre les discriminations et pour un cadre d'exercice sécurisant aussi bien pour les internes que pour les patients
Mise en place d’un dispositif de collecte des incidents et d’accompagnement des patients ou des internes/médecins victimes de ces incidents (avec notamment la création de stages de réserve pour les internes qui devraient être retirés de leur terrain de stage générateur de problème)
Respect du droit du travail aussi bien pour les activités en stage que pour les activités universitaires (ex : un arrêt de travail s'applique aussi bien à l'hôpital que pour les cours)
Inclusion de ce parametre dans les critères d’agrément de stage d’interne (comme pour le respect du droit du travail)
Amélioration des procédures de choix de stages par la mise en place dans chaque subdivision d'un système informatisé couplant préchoix et choix de stages sur la base d’un logiciel libre géré par ARS, facultés et DMG, CHU et hôpitaux + tous les syndicats d’internes présents sur place
Refus de la procédure de matching pour la phase de consolidation de l’internat
Participation des internes aux congrès de toute organisation d’internes ou d’enseignants comptant pour les demi journées de formation, à condition qu’il n’y ait pas de participation de l’industrie pharmaceutique à ce congrès
Respect de la liberté syndicale des internes (pas d'obligation à adhérer à un syndicat pour bénéficier d'avantages que lui auraient délégués l'ARS ou les hôpitaux : calendrier des choix et liste des postes, chambre d'internat, badge d'interne, accès au parking médecins...) et non discrimination entre organisations syndicales (toutes les organisations syndicales d’internes traitées de la même façon par les autorités de tutelle (ARS, facs et hôpitaux de rattachement)


- Lutte contre les entraves à la pratique des remplacements des internes non thésés
Confirmation du principe permettant aux internes ayant validé la moitié de leur stages d'internat (dont certains spécifiques à la pratique de la spécialité) d’avoir accès à la licence de remplacement
Pas de modification de la liste de stages indispensables pour l'obtention de la licence sans négociation préalable entre ministeres, ordre, organisations nationales d'enseignants et organisations nationales d'internes + Pas d'application de cette modification pour les internes déjà engagés dans l'internat
Droit garanti aux internes - remplaçants non thésés de choisir entre 3 possibilités : affiliation à la CARMF (caisse de retraite/prévoyance des médecins libéraux), affiliation au RSPM (régime simplifié des professions médicales, créé par la LFSS2019), aucune affiliation (comme c’était le cas avant 2018)

 

Réponses du ministère de la Santé :

- Mesures pour faire respecter le temps de travail des internes : la ministre prévoit des sanctions financières en cas de non respect de la législation (comme elle l'avait annoncé le 15 décembre 2019). Les tableaux de service et le temps de travail des internes sera présenté en CME ainsi que dans les facultés de subdivision des internes. C’est la DGOS qui va négocier les détails avec les différents acteurs. Le projet devrait aboutir pour le semestre de Novembre 2020.

- Retraite/prévoyance des non thésés : En cohérence avec le projet de réforme des retraites, l’objectif du gouvernement est de rapprocher le régime de retraite des médecins du régime général avec, à terme, la disparition de la CARMF telle quelle existe actuellement. Ceci s'appliquera aux internes et médecins non thésés qui seront donc soumis à l'obligation de cotisation via le RSPM. Pour 2020, comme en 2018 et en 2019, il n'y aura pas d’appel à cotisation pour les remplaçants non thésés mais ce sera la dernière année : pour leurs revenus tirés de remplacements, les internes et remplaçants non thésés devront cotiser au RSPM à compter de 2021.

- Revalorisation des rémunérations des internes : Indemnité d’hébergement pour les stages ambulatoires en zones sous denses de l’ordre de 250-300€, sans critère kilométrique. Discussion autour de la prime vie chère si la grève s’arrête après ce lundi 20 janvier 2020. La DGOS négociera les détails pour 2020 (mai ou novembre ?).

- Choix de stages des IMG : Le ministère est intéressé pour y travailler (avec le SNJMG) mais ne juge pas ce dossier prioritaire...

- Sexisme et discriminations dont les internes seraient témoins ou victimes : Le ministère rappelle que tous ces faits relèvent de la Loi et remarque qu'il n’y a pas tant de rapports d’incident que cela. Le ministère incite les syndicats d'internes à faire remonter les comportements inadaptés qui peuvent survenir localement, et mieux que les internes signalent ces problèmes en « évènements indésirables » comme sur OSIRIS. Le ministère ne prévoit pas de ressources humaines ou de plateforme dédiée pour recueillir spécifiquement ces données.

- Autres revendications portées par le SNJMG : Pas de réponse du ministère...

 

CoViD-19 : infos générales sur le virus et la pandémie

Mis à jour le Jeudi, 07 Mai 2020

 

NB du 28 février 2020 : Devant le développement de la maladie, nous n'avons gardé sur cette page que les informations générales sur le SARS-CoV-2 et le développement planétaire de la maladie CoViD-19. Toutes les informations pratiques pour (jeunes) médecins généralistes se trouvent désormais sur une page dédiée.

NB du 30 mars 2020 : Nous avons centralisé toutes les informations qui se sont multipliées depuis le 28 février (notamment les infos pratiques pour la France) dans un unique Dossier CoViD-19 sous forme de mini site.

 

Sommaire de ce billet d'informations générales :

Epidémies/Pandémies à nouveaux coronavirus

Présentation clinique, diagnostic et traitements

Chronologie de la pandémie

Suivi évolutif de la pandémie

Documentation internationale

Reportages video sur l'impact de la pandémie à travers le monde

 

Epidémies/Pandémies à nouveaux coronavirus :

 

Après le SARS en 2002/2003 et le MERS en 2012/2015, voici une autre épidémie dûe à un nouveau coronavirus (dénommée CoViD-19 le 11 février 2020) !

Rappel : Les coronavirus sont des  virus à ARN enveloppé appartenant à la famille des Coronaviridae, genre betacoronavirus. Chez l'homme, 4 espèces de coronavirus étaient habituellement connues (229E, NL63, OC43, et HKU1) : elles circulent habituellement chez l'homme de façon saisonnière, mais elles sont essentiellement responsables de rhumes (10 à 15% des cas dans le monde) et de pathologies respiratoires bénignes.

NB : Une superbe infographie dynamique (site Nextstrain) permet de suivre quasiment en temps réel les évolutions du genome du SARS-CoV-2 au cours de sa propagation planétaire.

 

Le taux de mortalité du nouveau virus fluctue en moyenne autour de 1%, supérieur à celui d'une grippe saisonnière (entre 0,1% et 0,3%) mais loin des 9,6 % du coronavirus du syndrome respiratoire aigu sévère (SARS-CoV-1), qui a tué 774 personnes en 2002-2003, et très loin des plus de 30% du coronavirus du Mers (selon le Journal of Medical Virology).

Ce nouveau virus (SARS-CoV-2) est en revanche plus contagieux que ce que les premières données indiquaient début janvier. La contagiosité du virus (ou taux de reproduction de base - R0) est estimée en moyenne entre 2,2 et 2,68 (NB : ce taux est variable en fonction de facteurs spatio temporels), ce qui signifie qu’en moyenne, chaque personne malade va infecter entre 2.2 et 2.68 nouvelles personnes. Pour comparaison, le SARS-CoV-1 avait une contagiosité estimée entre 2 et 5 (NB : la grippe est à 1,3, la varicelle est à 8,5 et la rougeole à 9). Mais surtout, ce qui fait la différence entre les deux SARS-CoV, c'est que le 1 ne donnait que des formes cliniques sévères (et donc repérables) et que les patients infectés n'étaient contagieux que 3 jours après l'apparition des signes cliniques (laissant donc le temps de mettre en place des mesures d'isolement), ce qui n'est pas du tout le cas pour le 2 (voir ci après).

La période d’incubation pour le SARS-CoV-2, c’est-à-dire le délai entre l’infection et l’apparition des symptômes, n’est pas précisément connue mais varierait de 2 à 14 jours avec une durée moyenne de 5.2 jours et un 95e percentile à 12.5 jours (NB : Selon une étude chinoise sur les mille premiers malades hospitalisés à Wuhan, la durée d’incubation se situerait entre 0 et 24 jours avec une médiane de 3 jours et selon une étude réalisée sur 181 cas d'infection confirmée par le SRAS-CoV-2 détectés à l'extérieur de la province du Hubei avant le 24 février 2020, elle serait de 4 à 4,9 jours, semblable à celle du SRAS : 5 jours). Le  temps de doublement de l'épidémie serait de 6,4 à 7,5 jours (Sources : ProMED-Mail, ECDC, CDC, OMS).

La période de contagiosité n'est pas encore bien définie et il est possible qu'une personne puisse être contagieuse au moins 24h avant l'apparition des symptômes.

 

Présentation clinique, diagnostic et traitements

 

Présentation clinique :

La symptomatologie clinique est variable, avec la survenue de formes non graves (comme la présence de conjonctivites, d'infections des voies aériennes supérieures ou de syndrome pseudo-grippal avec céphalées, myalgies, asthénie et parfois diarrhées) ou d'infections respiratoires basses pauci symptomatiques (fièvre, toux, absence de dyspnée mais présence d'images compatibles avec une pneumonie radiologique) voire des formes pulmonaires graves : pneumonie hypoxémiante, SDRA.

Selon l'étude publiée dans le JAMA du 24 février 2020, 81% des formes cliniques modérées, 14% sévères (dyspnée, fréquence respiratoire ≥30/mn, SaO2≤ 93%, PiO2 <300, et/ou infiltrat pulmonaire > 50% en 24-48h), et 5% critiques (SDRA, choc septique, et/ou défaillance MV)

Les observations décrivent ainsi deux grands types de formes cliniques de l’infection à SARS-CoV-2 :

• des formes asymptomatiques, pauci-symptomatiques et des pneumonies sans signe de gravité.

• des formes graves, d’emblée ou secondairement : les aggravations observées à la fin de la première ou pendant la deuxième semaine sont décrites comme d’évolution très rapide vers des syndromes de détresse respiratoire aiguë (SDRA) et des tableaux nécessitant une prise en charge en réanimation.

NB : D’après une autre étude publiée dans le JAMA Internal Medicine, le risque de développer un SDRA chez les malades infectés par le SARS-CoV-2 dépendrait de leur capacité à développer une activation adaptée du système immunitaire. Or, un âge avancé est associé à la fois au développement du SDRA et au décès, probablement en raison de réponses immunitaires incapable d’éliminer le virus. Cette insuffisance immunitaire adaptative conduirait à un relargage massif de protéines de recrutement des cellules immunitaires, les « cytokines ». C’est cet « orage cytokinique » qui conduirait au SDRA, à la défaillance des organes cibles et à une coagulation intravasculaire disséminée, puis au décès.

 

Diagnostic :

* Test RT PCR

Technique de prélèvement en théorie :

Technique de prélèvement en pratique :

Méthode d'analyse :

NB sur la valeur des tests virologiques et serologiques :

* Tests serologiques :

Immunologie : Indications :

* Scanner thoracique

Résultat typique : images en verre dépoli, bilatérales, périphériques

 

Traitement curatif :

 

Traitement préventif :

 

Documentation et références internationales (en accès libre et gratuit)

 

Dossier de l'OMS (ONU)

Dossier de ECDC (Union Européenne)

Documentation du BMJ (UK)

Documentation de la revue Stat News (USA)

 

Chronologie de la pandémie

 

17 novembre 2019. Premier cas détecté en Chine, à Wuhan (prononciation : wou-ran), dans la région du Hubei, d’une personne de 55 ans infectée par un virus inconnu.

30 décembre 2020. Li Wenliang, ORL à Wuhan, prévient ses collègues des dangers de ce nouveau virus. Le lendemain, il est arrêté par la police et sommé de s’excuser.

31 décembre 2019. La Chine informe de cas groupés (officiellement : 59 cas entre le 12 et le 29 décembre 2019 mais selon des sources indépendantes : plus de 250 cas entre mi novembre et fin décembre) d’une infection respiratoire inconnue, en relation avec le Seafood Wholesale Market, le marché aux poissons de la ville de Wuhan (où sont aussi vendues diverses espèces d'animaux vivants). Aussitôt, Taiwan prend des mesures de quarantaine vis-à-vis des personnes arrivant sur son sol en provenance de la province chinoise du Hubei.

1er Janvier 2020. Fermeture du Seafood Wholesale Market de Wuhan.

02 Janvier 2020. Ouverture d’une veille sanitaire en France par le CORRUSS (Centre opérationnel de réception et de régulation des urgences sanitaires et sociales)

09 janvier 2020. Premier mort officiellement confirmé à Wuhan. Identification du virus responsable : un nouveau variant de coronavirus.

12 janvier 2020. La Chine partage la séquence génétique du virus.

13 janvier 2020. Premier cas officiel (importé) hors de Chine (Thailande)

15 janvier 2020. Le SNJMG ouvre sur son site Internet une veille informative sur le nouveau coronavirus

17 janvier 2020. Protocole de test diagnostique publié par l’OMS et réalisé en Allemagne.

20 janvier 2020. La Chine confirme la transmission inter humaine de la pathologie.

21 janvier 2020. Premier cas officiel aux USA (Seattle). En France, la ministre de la santé Agnès Buzyn, lors d’un point de presse, juge que « le risque d’introduction en France est faible mais ne peut pas être exclu, d’autant qu’il y a des lignes aériennes directes avec Wuhan ». Elle ajoute : « Notre système de santé est bien préparé, professionnels et établissements de santé ont été informés. »

22 janvier 2020. Le comité d’urgence de l’OMS reconnait « l’urgence de la situation ». Obligation du port du masque à Wuhan.

23 janvier 2020. Début du confinement à Wuhan. Suspension des liaisons aériennes Paris-Wuhan.

24 janvier 2020. Trois premiers cas (importés de Chine) sont recensés en France, les premiers en Europe. La ministre de la santé Agnès Buzyn déclare : « Le risque d’importation depuis Wuhan était modéré. Il est maintenant pratiquement nul, puisque la ville, vous le savez, est isolée. Les risques de propagation dans la population [française] sont très faibles. » (NB : l'analyse des mutations génétiques du virus démontrera plus tard que le coronavirus circulait sur le territoire français déjà à bas bruit en janvier 2020 parmi des personnes asymptomatiques ou pauci symptomatiques)

25 janvier 2020. La région entière de Hubei, soit près de 60 millions d’habitants, est placée en quarantaine. Premier cas officiel en Océanie (Australie).

26 janvier 2020. La Chine annonce que des malades asymptomatiques peuvent transmettre le virus. En France, la ministre de la santé Agnès Buzyn rassure sur le stock de masques : « Nous avons des dizaines de millions de masques en stock en cas d’épidémie, ce sont des choses qui sont d’ores et déjà programmées. Si un jour nous devions proposer à telle ou telle population ou personne à risque de porter des masques, les autorités sanitaires distribueraient ces masques aux personnes qui en auront besoin. »

28 janvier 2020. Premier cas officiel de contamination entre individus en Europe (Allemagne). L’Union européenne active son dispositif de crise, qui vise principalement à partager les informations entre États membres.

29 janvier 2020.  Louis Gautier, ancien secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale (SGDN), confie à L’Obs : « Je ne comprends pas : pourquoi n’ont-ils pas encore déclenché le plan pandémie ? On perd un temps précieux ! » 

30 janvier 2020. L’OMS déclare « l’urgence de santé publique de portée internationale » (USPPI). « Cette déclaration n’est pas due à ce qui se passe en Chine, mais à ce qui se passe dans les autres pays, commente le directeur général de l’OMS. Notre plus grande préoccupation est la possibilité que le virus se propage dans des pays dont les systèmes de santé sont plus faibles. »  Si L’OMS « s’oppose à toute restriction aux voyages », l’Italie suspend ses vols avec la Chine. En France, la Direction générale de la santé (DGS) demande à l’agence Santé publique France d’acquérir « dès que possible » 1,1 million de masques FFP2.

31 janvier 2020. Premier rapatriement par avion de Français présents à Wuhan, avec organisation de mises en quatorzaine dans le sud de la France (région PACA). Marie Fontanel quitte son poste à l’Élysée de conseillère solidarités et santé d’Emmanuel Macron pour s’installer à Strasbourg, où son époux est le candidat LREM à l’élection municipale. Elle ne sera remplacée que le 1er mars 2020.

1er février 2020. Tous les pays de l’espace Schengen, sauf la France, suspendent les visas avec la Chine.

05 février 2020. Un article de Science évoque le risque de pandémie et de surcharge des réanimations devant le nombre de cas graves

03 février 2020. Dans le document « Préparation stratégique et plan de réponse », l’OMS écrit : « Tous les pays sont exposés au risque et doivent se préparer. » L’OMS rappelle la nécessité de gérer l’approvisionnement et les chaînes logistiques, entre autres, de matériels médicaux. 

06 février 2020. Li Wenliang, infecté par le coronavirus, meurt dans un hôpital de Wuhan.

07 février 2020. Nouvelle demande de la DGS à SPF. Il s’agit cette fois d’acquérir 28,4 millions de FFP2, à travers « une procédure accélérée d’achat ». 

08 février 2020. Cinq nouveaux cas d’infection sont détectés en France dans un chalet des Contamines-Montjoie (Haute-Savoie). « Le cas initial nous a été signalé hier soir. Il s’agit d’un ressortissant britannique de retour de Singapour où il avait séjourné du 20 au 23 janvier », explique Agnès Buzyn. « L’ensemble des cas positifs et les contacts de ce ressortissant britannique, tous de nationalité britannique, ont été hospitalisés cette nuit dans trois hôpitaux à Lyon, Saint-Étienne et Grenoble », a précisé la ministre. Les autorités retracent les contacts étroits de ces personnes.

10 février 2020. Le Président des USA, Donald Trump, annonce la fin de l'épidémie d'ici 2 mois : “Bon, ce virus, il y a plein de gens qui pensent qu’il disparaîtra en avril avec la chaleur, avec le retour de la belle saison. D’habitude, ça s’en va en avril. En attendant, on gère très bien. On n’a que douze cas. Onze, et la plupart se sont rétablis.”

12 février 2020. Sur les 28,4 millions de masques commandés, SPF n’en a reçu que 500 000 et en a commandé 250 000 autres, pas encore livrés.

14 fevrier 2020. Premier cas officiel en Afrique (Egypte). Premier mort en France (un touriste chinois, agé de 80 ans), le premier hors d’Asie.

16 février 2020. Agnès Buzyn démissionne du ministère de la santé pour prendre la tête de liste de la campagne municipale LREM à Paris. Elle est remplacée par Olivier Véran.

17 février 2020. Début du rassemblement évangélique de l’Église Porte ouverte chrétienne à Mulhouse, qui a réuni de 2 000 à 2 500 personnes jusqu’au 21 février.

18 février 2020. Olivier Véran sur France Inter : « La France est prête car nous avons un système de santé extrêmement solide. »

21 février 2020. Premières mesures de confinements en Italie, dans la région de Codogno, en Lombardie.

22 février 2020. Le directeur général de l’OMS avertit que « la fenêtre d’opportunité pour contenir l’épidémie se rétrécit ».

25 février 2020. Premier décès officiel "non importé" en France : c’est un enseignant de Crépy-en-Valois et conseiller municipal de Vaumoise, dans l’Oise.

28 février 2020. L’OMS appelle les États à agir vite: il faut « adopter une approche englobant ‎l’ensemble du gouvernement et l’ensemble de la société. Ce n’est pas ‎un travail pour le seul ministère de la santé ». En France, le SNJMG publie une version développée de ses informations sur la gestion du CoViD-19 en Médecine Générale.

29 février 2020. Réunion en France d’un conseil des ministres exceptionnel consacré à la crise du Covid-19… mais qui autorise également le recours au 49-3 pour faire passer sans vote le projet de loi de réforme des retraites en examen à l’Assemblée nationale. A la sortie du conseil, le ministre de la Santé annonce le passage au stade 2 de l’épidémie et l'annulation des manifestations de plus de 5.000 personnes dans des lieux fermés.

2 mars 2020. Le directeur de l’OMS avertit : « Avec des mesures précoces et agressives, les pays peuvent arrêter la transmission et sauver des vies. »

3 mars 2020. En Grande Bretagne, lors d'une conférence de presse, le Premier ministre conservateur de 55 ans, Boris Johnson, fanfaronne : il a "serré la main à tout le monde" en visitant un hôpital où se trouvaient des malades du Covid-19. En France, sur proposition du président de la République, le Premier ministre réquisitionne par décret l’ensemble des stocks et productions de masques sur le territoire national "afin de préserver les ressources en masques de protection dans le cadre de la lutte contre le COVID-19"

4 mars 2020. L’Italie compte 3 100 cas officiels d’infections et décide de la fermeture des écoles. Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement, sur France Inter : « On ne fermera pas toutes les écoles de France. » 

6 mars 2020. Emmanuel Macron et son épouse se montrent au théâtre. « Si on prend des mesures qui sont très contraignantes, ce n’est pas tenable dans la durée. » Les pharmacies reçoivent l’autorisation de fabriquer du gel hydroalcoolique, la pénurie se généralisant.

8 mars 2020. Le président du Conseil italien Giuseppe Conte place en quarantaine les régions italiennes les plus touchées, avant d’étendre le lendemain le confinement à l’ensemble du pays.

9 mars 2020. Rassemblements de plus de 1 000 personnes interdits en France.

10 mars 2020. En France, création d’un conseil scientifique chargé de conseiller le président de la République sur la gestion de la pandémie (NB : quelques jours plus tard, le HCSP fait un communiqué rappelant que c’est sa mission). Tous les pays de l’Union européenne sont désormais officiellement touchés par le Covid-19.

11 mars 2020. L’OMS déclare officiellement l’état de pandémie : « Nous sommes très inquiets par les niveaux de diffusion et de dangerosité, ainsi que par les niveaux alarmants de l’inaction de la communauté internationale », indique son directeur général. En France, le ministre de la Santé, Olivier Véran, annonce : « Les enfants ne constituent pas un public fragile, il ne faut donc pas avoir peur de les envoyer à l’école. » En revanche, il annonce l’interdiction de toutes les visites dans les Ehpad.

12 mars 2020. Le matin, Jean-Michel Blanquer, ministre de l’éducation, déclare : « Nous n’avons jamais envisagé la fermeture totale des écoles. » Le soir, le président de la République annonce la fermeture des écoles, collèges, lycées et universités. Emmanuel Macron annonce également le maintien du premier tour de l’élection municipale : les scientifiques « considèrent que rien ne s’oppose à ce que les Français, même les plus vulnérables, se rendent aux urnes », assure-t-il, ce qui n’est pas ce que dit l’avis du conseil scientifique du 12 mars, qui précise que « cette décision éminemment politique ne pouvait lui incomber » (NB : il semblerait que le Président était personnellement favorable à l’annulation du premier tour mais qu’il a finalement cédé à la pression du Premier ministre, du président du Sénat et de responsables des différentes oppositions).

14 mars 2020. Intervention en France du premier ministre Édouard Philippe pour annoncer le passage au stade 3 de l’épidémie et la fermeture à minuit de tous les lieux de regroupements non indispensables (cafés, restaurants, cinémas, discothèques…). Les magasins alimentaires, pharmacies, banques, bureaux de tabac, stations-essence restent ouverts.

15 mars 2020. Premier tour des élections municipales en France. L’Espagne décide d’un confinement général.

16 mars 2020. L’OMS insiste sur « un message simple : testez, testez, testez ! Isolez les personnes positives et remontez leurs chaînes de contacts ». L’Europe annonce la fermeture de ses frontières extérieures pour un mois minimum. En France, le président de la République, annonce pour le lendemain midi un confinement pour au moins 15 jours : « Nous sommes en guerre ». Il annonce également le report du second tour des élections municipales.

17 mars 2020. Avant l’entrée en vigueur du confinement en France, plus d’un million de personnes ont quitté l’Île-de-France. Quant à la pénurie de masques, Olivier Véran se veut catégorique : « Nous avons assez de masques aujourd’hui pour permettre aux soignants d’être armés. Nous avons suffisamment de masques FFP2 pour faire face aux besoins hospitaliers et pour équiper les infirmières ou les médecins libéraux. ». De son coté, la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, précise : « Les Français ne pourront pas acheter de masque dans les pharmacies, car ce n'est pas nécessaire si l'on n'est pas malade. »

18 mars 2020. Jean-François Delfraissy, président du conseil scientifique, reconnaît dans un entretien à France 2 que la stratégie adoptée par le pouvoir est une stratégie par défaut, adaptée à la pénurie de moyens (masques, tests) : le manque de tests est « un vrai problème ».

21 mars 2020. L’Italie décide d’interrompre toutes les activités économiques non essentielles. L’Espagne fait de même une semaine après, le 28 mars. En France, le SNJMG publie une fiche synthétique sur la prise en charge des patients suspects de CoViD-19, reprenant ses informations précédentes et les recommandations du HCSP et du College de MG.

22 mars 2020. En France, adoption de la loi sur l’état d’urgence sanitaire qui autorise le gouvernement à gouverner par ordonnances jusqu'au 24 mai 2020.

23 mars 2020. Le confinement est décrété pour trois semaines en Grande Bretagne. En France, un décret remplace celui du 3 mars sur la réquisition des masques : Si les masques produits sur le territoire national restent réquisitionnés jusqu’au 31 mai, il n’en n’est pas de même pour les masques importés. Au-delà d’une importation de 5 millions de masques par trimestre, une demande d’importation doit être adressée au ministère de la Santé, qui a alors 72 heures pour dire s’il réquisitionne partiellement ou totalement la commande. En l’absence de réponse dans ce délai, les masques ne pourront être réquisitionnés.

25 mars 2020. En France, Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement déclare : « Il n’y a pas besoin d’un masque quand on respecte la distance de protection vis-à-vis des autres. » Le soir même, Emmanuel Macron visite l’hôpital de campagne de Mulhouse avec un masque FFP2 sur le visage.

27 mars 2020. Dans un entretien à la revue Science, Georges Gao, qui dirige la plus haute autorité de santé en Chine, le Chinese Center for Disease, met en garde : « La grande erreur aux États-Unis et en Europe est, à mon avis, que la population ne porte pas de masque. » « Il faut porter un masque. » Quatre pays d’Europe centrale (République tchèque, Slovaquie, Autriche et Slovénie) ont rendu le port du masque obligatoire dans l’espace public.En France, le premier ministre prolonge le confinement national au moins jusqu'au 15 avril.

30 mars 2020. En France, le SNJMG rassemble toutes ses informations sur CoViD-19 dans un mini site dédié.

1er avril 2020. En France, le premier ministre, Édouard Philippe, affirme qu'il n'y a « pas de preuve que le port du masque dans la population apporterait un bénéfice. Ce serait même plutôt le contraire, à cause d’une mauvaise utilisation. »

3 avril 2020. En France, le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, déclare : « Si nous avons accès à des masques, nous encourageons effectivement le grand public, s’il le souhaite, à en porter. »

05 avril 2020. En Grande Bretagne, le Premier ministre, Boris Johnson, infecté par le coronavirus est hospitalisé "à titre de précaution" : il passera 3 jours en soins intensifs et sortira d'hospitalisation le 12 avril 2020

8 avril 2020. En France, le ministre de la Santé, Olivier Véran, déclare dans un entretien au journal Le Monde : « Depuis le premier jour de la crise épidémique, nous avons décidé d’être dans l’anticipation, c’est-à-dire de disposer au moment opportun de tous les moyens possibles pour lutter contre la diffusion du virus. »

13 avril 2020. En France, le Président de la République, annonce, si les conditions le permettent, la réouverture progressive des crèches, écoles, collèges et lycées et le début du déconfinement à compter du 11 mai 2020.

23 avril 2020. Le Président des USA, Donald Trump, formule des hypothèses thérapeutiques : « Je vois le désinfectant qui le neutralise en une minute. Est-ce qu'on pourrait faire quelque chose comme ça, avec une injection à l'intérieur ou… ? (...) Ça serait intéressant de tester ça ».

26 avril 2020. En France, un arrêté autorise la vente de masques dits « grand public » ou « alternatifs » dans les pharmacies.

28 avril 2020.  Le matin, le SNJMG publie un communiqué avec la Quadrature du Net pour s’opposer au projet d’application StopCoviD. L’après midi, le premier ministre Édouard Philippe présente le plan du gouvernement pour le 11 mai 2020 et le début du dé confinement. Mais il reporte le vote sur l’application StopCovid : « Je serais bien en peine de vous dire comment [l’application] fonctionne, et comment elle fonctionnera précisément. Les ingénieurs travaillent d’arrache-pied pour faire fonctionner ce projet, mais tant que ce n’est pas le cas, le débat est prématuré ».

30 avril 2020.  En France, le Pr Salomon, DGS, et Olivier Véran, ministre de la Santé, présentent la première carte indicative des départements en vue du dé confinement. Il apparaît qu’au moins trois départements soient l’objet d’erreurs de calculs…

 

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