Hôpital de Mulhouse : la crise aux urgences met les internes et les patients en danger

 

Depuis lundi 30 septembre 2019, les 17 internes en médecine officiant au service des urgences de l’hôpital de Mulhouse sont tou-te-s en arrêt de travail (de une semaine à un mois) pour épuisement professionnel (1).

Cette situation exceptionnelle n’est pas étonnante, ce services souffre depuis de long mois de conditions de travail difficiles. Au point que, suite à des démissions en série, il ne reste plus que 7 médecins titulaires sur un effectif théorique de 34 praticiens (En une année, le service est passé de 26 postes de médecin équivalent temps plein, à 9).

Cette raréfaction de la présence de médecins titulaires entraine automatiquement une carence dans la réponse médicale aux patients se présentant aux urgences et laisse les internes trop souvent seuls, en première ligne.

Le Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG) pionnier de la revendication du repos de sécurité et de la diminution du temps de travail des internes (2) tient à exprimer son soutien à ses collègues en souffrance à Mulhouse.

Le SNJMG rappelle que selon la loi, les services hospitaliers qui accueillent des internes, praticiens en formation, doivent pouvoir fonctionner indépendamment de la présence des internes.

Le SNJMG qui a déjà obtenu par voie judiciaire le retrait d’agrément d’un service d’urgences hospitalières qui ne respectait pas le statut de l’interne (3) se tient à la disposition des internes de Mulhouse pour les aider à faire respecter la législation en vigueur.

Le SNJMG rappelle aux hôpitaux, aux facultés de médecine, aux Agences Régionales de Santé (ARS) et à l’Etat que les internes ne doivent pas constituer une variable d’ajustement, corvéable à merci, vis-à-vis des difficultés démographiques du système de santé.

 

  1. : Mulhouse : épuisés, tous les internes en médecine affectés aux urgences sont en arrêt de travail (FranceInfo)
  2.  : Dernier communiqué du SNJMG sur le temps de travail des internes
  3.  : Hôpital Libourne (fin des années 1990)

Conflit à la Maison Médicale de Garde de Béthune

Bien évidemment :

- nous maintenons notre position de Juin 2019 à propos des remplacements en MMG en général et à Béthune en particulier !

- nous sommes prêts à intervenir auprès des médecins de la MMG de Béthune pour résoudre ce conflit si les remplaçants habituels nous le demandent... (NB : ils/elles peuvent nous contacter auprès de notre secrétariat)

 

Nouvelles modalités pour le suivi de l’enfant et de l’adolescent

Suite à la publication d'un arrêté en date du 26 février 2019, un nouveau calendrier des examens de suivi de l’enfant et de l’adolescent et de leur prise en charge est entré en vigueur à compter du 1er mars 2019.

Jusqu'à présent, les examens systématiques de l'enfant (au nombre de 20) étaient tous planifiés avant l’âge de 6 ans. Depuis le 1er mars 2019, ils s’échelonnent jusqu’à 16 ans mais restent au nombre de 20 :

Première semaine, Deuxième semaine, Troisième ou Quatrième semaine, 1 mois, 2 mois, 3 mois, 4 mois, 5 mois, Entre 8 et 9 mois, 11 mois, 12 mois, 18 mois, Entre 23 et 24 mois, 3 ans, 4 ans, 5 ans, 6 ans, entre 8 et 9 ans, entre 11 et 13 ans et entre 15 et 16 ans (Seuls 3 examens conduisent à la délivrance d'un certificat CERFA :  Première semaine, Entre 8 et 9 mois et Entre 23 et 24 mois).

Mais, l'histoire ne s'arrête pas là...

En application de la loi de financement de Sécurité Sociale pour 2019 (LFSS2019) et afin d'organiser la prise en charge Sécu à 100% de ces examens, l'Assurance Maladie a mis en place le 1er septembre 2019, deux modifications concernant la cotation et les modalités de prise en charge de ces examens (Références : fiche d'évolution réglementaire n°171 et Circulaire CNAMTS 32/2019) :

- la prise en charge financière se fait sur le risque « maladie », et non plus sur le risque « maternité » sauf pour les deux premiers examens (qui relevent toujours du risque  « maternité »)... Enfin, pas tout à fait, si le deuxième examen se fait avant le 13e jour, il reste sur le risque « maternité » et il doit être coté comme une consultation majorée (G+MEG, 30 euros) par le médecin généraliste. Mais s'il est effectué le 13e ou le 14e jour, il bascule sur le risque "maladie" et hérite d'une nouvelle cotation (COD) sans changer de tarification (30 euros)...

- 2 nouvelles lettres clés sont créées pour le médecin généraliste : COD à 30 euros pour les examens jusqu'à 5 ans inclus et COB à 25 euros pour les trois nouveaux examens des 8/9 ans, 11/13 ans et 15/16 ans (NB : il y en a 3 pour les pédiatres : COD, COB et COG).

NB : les 3 examens aboutissant à la délivrance d'un certificat cerfa gardent la cotation COE et la tarification de 46 euros mais passent du risque risque « maternité » au risque  « maladie »... sauf le premier qui reste sur le risque « maternité ».

Vous suivez ? Car ce n'est pas fini...

Ces modifications, l'Assurance Maladie les a mis en place sans prévenir ses partenaires conventionnels et pire, en n'informant les médecins que dans sa newsletter en date du 20 septembre 2019 (merci au passage à la FMF d'avoir repéré ce problème). Ce qui explique pourquoi, depuis le 1er septembre 2019, les prises en charge de ces examens, cotés en toute bonne foi par les médecins généralistes selon les règles en vigueur jusqu'au 31 aout 2019, sont automatiquement rejetées par l'Assurance Maladie !

Et ce n'est pas tout, comme personne n'était au courant avant le 20 septembre 2019, aucun éditeur de logiciel métier n’a prévu la mise en place de ces nouvelles lettres-clés et le fait que les consultations COE soient prises en charge à 100% par le risque maladie : la cotation FSE de tous ces examens est donc actuellement impossible et va nécessiter une mise à jour (très possiblement payante) des logiciels métier !

Aussi, en attendant ces mises à jours, le SNJMG recommande  aux médecins généralistes (installés ou remplaçants) d'abandonner les FSE au profit de FSP pour ces examens de suivi de l'enfant et de l'adolescent.

Si l'Assurance Maladie vous pose des problèmes dans la prise en charge des examens effectués depuis le 1er septembre 2019, vous pouvez faire appel à notre secrétariat.

 

Documentation :

Vous pouvez téléchargez le nouveau calendrier des 20 examens de suivi médical de l'enfant et de l'adolescent (Source : Assurance Maladie).

Pour la cotation et la prise en charge de ces examens, nous vous renvoyons à l'actualisation de notre aide pratique sur la nomenclature NGAP du Médecin Généraliste.

 

Addendum du 08 octobre 2019 :

Plusieurs retours nous confirment que les nouvelles cotations COD et COB "passent" !

Choix d’internat de médecine 2019 : les spécialités et les villes préférées des nouveaux internes (et celles qu’ils/elles boudent)

 

Depuis 2004 (mise en place des Epreuves Classantes Nationales - ECN - comme mode d'entrée unique en troisième cycle), les étudiants ayant validé leurs 6 premières années de médecine choisissent en septembre leur spécialité et leur lieu d'internat.


Les choix 2019 se sont achevés le 24 septembre 2019 (cf : bilan des choix 2019) ; ils donnent un aperçu des aspirations professionnelles des internes de la promotion 2019.


Il faut d’abord constater la grande stabilité, d’année en année, des spécialités les plus prisées et de celles les plus boudées. Si, pour la première fois, c’est la chirurgie plastique qui occupe la tête du classement, il ne faut pas oublier qu’elle truste avec 5 autres spécialités (ophtalmologie, maladies infectieuses et tropicales, dermatologie, néphrologie, cardiovasculaire) les 6 premières place depuis la réforme de 2017. De même, mis à part l’incursion ponctuelle de la génétique médicale l’année dernière, le « grupetto » de fin de classement comporte toujours les même spécialités : celles habituées à la queue de classement depuis plusieurs années (Médecine Générale, Psy, Biologie médicale, Sante au travail et Santé publique) et deux des nouvelles spécialités de 2017 qui peinent à recruter : Médecine d’Urgence et Gériatrie (NB : la pertinence de la création de ces 2 internats sera inéluctablement discutée en cas de confirmation de ces résultats dans les années à venir).

 

NB : Urgences, Psychiatrie et Biologie sont des spécialités au centre de conflits sociaux depuis plusieurs mois.

 

La stabilité globale est également de mise pour la répartition homme/femme et les régions d’internat.

 

Si la part des femmes continue de croitre (58.8% des étudiants affectés), celles-ci sont très sur représentées en gyneco médicale (97,6%), en gyneco obstétrique et, à un degré moindre, en endocrino, dermato, pédiatrie et chirurgie pédiatrique. A l’inverse, elles sont largement sous représentées dans la majorité des spécialités chirurgicales.

 

Pour les régions, les choix 2019 confirment d’une part, l’attractivité de Paris et, surtout, des « duos » Nantes/Rennes et Lyon/Grenoble et, d’autre part, les mauvais résultats des « duos » Limoges/Poitiers, Dijon/Besançon, Saint Etienne/Clermont, Caen/Rouen et Reims/Amiens (des pires aux moins pires). A noter toutefois 3 particularités cette année :

  • Le chassé croisé entre Bordeaux (habituellement sur le podium) et Montpellier (qui accède au podium),
  • L’apparition surprise de la région Antilles/Guyane parmi les régions mal classées (est ce en lien avec l’incendie du CHU de Guadeloupe ou la polémique sur l’internat de Martinique ?),
  • Pour les futurs généralistes (si nous tenons compte des postes CESP) : l’amélioration de l’attractivité de Caen et de Paris mais la confirmation de difficultés à Dijon.

 

Mais le fait notable de ces choix concerne la spécialité de Médecine Générale : 3213 internes seront affectés-e-s en Médecine Générale, ce qui correspond exactement au nombre de postes (hors CESP) proposés, une première depuis la création des ECN en 2004 ! De plus, la première à choisir Médecine Générale était Aurélie Mégnien, 28; ils étaient 384 à avoir fait ce choix dans les 3000 premiers (contre 353 en 2018 et 331 en 2017) et le dernier poste proposé est parti bien avant les derniers étudiants à choisir !

 

Le Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG) qui depuis 2 ans fait une promotion active de la Médecine Générale auprès des futurs internes ne peut que se réjouir de ce résultat. Toutefois, le SNJMG tient à faire la mise en garde suivante : il est pour le moins précipité si ce n’est exagéré d'interpréter ce résultat comme la preuve d'une amélioration de l’attractivité de la Médecine Générale.

 

En effet, ce résultat s’explique d’abord par une réduction du nombre de postes (hors CESP) proposés : 3213 en 2019 contre 3268 en 2018 (malgré l’augmentation du nombre d’étudiants passant les ECN). Ainsi, il y aura moins d’internes affectés en Médecine Générale en 2019 qu’en 2018 (3213 contre 3254) ! De plus, la Médecine Générale fait toujours partie du « grupetto » des spécialités délaissées et les seuls postes CESP non pourvus sont tous des postes de Médecine Générale...

 

C’est pourquoi, le SNJMG maintien sa mobilisation pour l’amélioration  du statut et de l’encadrement universitaire des internes de Médecine Générale et pour l’amélioration des conditions d’installation et d’exercice des médecins généralistes.

 

Contact presse : Dr Sayaka Oguchi presidente@snjmg.org – 07.61.99.39.22

 

ECN 2019 : Bilan des choix

Le SNJMG publie ce jour un fil twitter sur le bilan des choix suite aux ECN 2019 :

 

8308 étudiants (dont 271 étudiants européens) ont finalisé leur procédure de choix 2019 le 24 septembre. Ils ont été affectés dans les 44 spécialités médicales ouvertes et les 28 subdivisions universitaires. Les 209 étudiants ayant souscrit un contrat d’engagement de service public (CESP) ont également été affectés (NB : Sur les 224 postes de CESP proposés, seuls 15 n'ont pas été pourvus ; ce sont tous des postes de médecine générale).

 

En retenant le rang de classement aux ECN pour lequel 50% des postes proposés sont pourvus (hors postes réservés aux étudiants ayant signé un CESP), il est possible de faire les palmarès d'attractivité suivants  :

Pour les spécialités :

1 : chirurgie plastique, 2 : ophtalmologie, 3 : maladies infectieuses, 4 : dermato, 5 : néphrologie, 6 : cardiovasculaire

Pour les régions : 

1 : Nantes, 2 : Lyon, 3 : Montpellier, 4 : Rennes, 5 : Grenoble, 6 : Paris

 

NB 1 : nous préférons raisonner sur les postes hors CESP car ceux-ci constituent une réserve accessibles aux seuls étudiants ayant signé un CESP.

NB 2 : nous préférons parler de la région d'affectation plutôt que du CHU de rattachement car tout l'internat ne se fait pas dans le CHU, et notamment pour les internes de médecine générale qui ont, depuis 2017, la possibilité de faire tout leur internat sans passer une seule fois par le CHU.

 

En fin de classement, se trouvent :

Pour les spécialités :

38 : Médecine d’urgence, 39 : Médecine Générale, 40 : Psy, 41 : Gériatrie, 42 : Biologie Médicale, 43 : Sante au travail, 44 : Santé publique

Pour les régions :

24 : Antilles/Guyane, 25 : Dijon, 26 : Limoges, 27 : Poitiers, 28 : Saint Etienne

 

NB pour les spécialités "délaissées" : Mis à part la Médecine Générale, aucune de ces spécialités n'a rempli le quota de postes qui lui été attribué avant les choix. Ce qui donne : médecine d’urgence 7/469 (1,5%), biologie médicale 8/105 (7,6%), gériatrie 22/192 (11,5%), médecine du travail 20/122 (16,4%), psychiatrie 93/529 (17,6%), et santé publique 31/87 (35,6%).

NB pour les régions "délaissées" : Si nous choisissons de classer les régions en fonction des postes restés vacants, nous avons "en tête" de ce classement,  Limoges > Clermont-Ferrand > Caen > Poitiers > Rouen > Dijon

 

NB : Nous remercions @MrFDA69 @medshake @ObvieApps @Lea_Des pour la qualité de leurs publications qui nous ont été bien utiles pour ce billet.

 

ECN 2019 : Réunion d'accueil des nouveaux IMG

Le SNJMG, avec la revue Prescrire, organise demain une réunion d'accueil des futurs internes de Médecine Générale.

Horaire et lieu :

Cette réunion d'accueil se tiendra à partir de 18h dans les locaux de la revue PRESCRIRE 68-70 Boulevard Richard Lenoir 75011 PARIS

Intervenants :

- Dr Sayaka Oguchi (présidente du SNJMG)
- Dr Bruno Toussaint (Rédacteur Revue Prescrire)
- Pr Philippe Zerr (Coordination du DES de MG en Ile de France)
- Martin Hirsch (Directeur AP-HP)

Remarques :

Mr Martin Hirsch ayant déjà donné son accord pour l'autre réunion d'accueil des internes (voir ci dessous) sera peut être représenté par la responsable de la gestion des internes à l'AP-HP

L'année dernière, le SNJMG avait invité l'URPS Médecins libéraux d'Ile de France à sa réunion d'accueil. Le président (CSMF) de l'URPS a répondu qu'il travaillait avec toutes les organisations de futurs et jeunes médecins... sauf le SNJMG (Rappel : le SNJMG est le seul syndicat de futurs et jeunes médecins à ne présenter aucun lien direct ou indirect, présent ou passé avec l'industrie du médicament ou des produits de santé ; ce n'est pas le cas ni de l'URPS, ni de son président, ni du syndicat du président). Devant ce "veto" politique, nous n'avons pas renouvelé l'invitation...

Présentation :

Cette réunion a pour objectif de présenter l'internat de Médecine Générale et ses particularités à Paris/Ile de France, de prodiguer des conseils pour les premiers choix de stages et de permettre des discussions informelles autour d'un buffet garni.

Lors de cette réunion, le SNJMG distribuera des packs de bienvenue aux nouveaux adhérents : Livret d'évaluations de postes hospitaliers + Assurance RCP offerte par notre partenaire "La Médicale" + Revue Jeune MG + Livret d'information de la "Troupe du rire" (Pourquoi garder son indépendance vis à vis des laboratoires pharmaceutiques) + Kit de présentation de la revue Prescrire (partenaire institutionnel du SNJMG) avec abonnement à tarif préférentiel + Caducée 2019 et Caducée 2020 + autres cadeaux de bienvenue.

Comme chaque année, un buffet convivial sera à la disposition des participants. Cette année, le thème du buffet sera la cuisine libanaise (plats avec viande hallal ou salades végétariennes + desserts levantins).

Pour quoi les deux réunions d'accueil des nouveaux IMG ont lieu le même jour et à la même heure ?

Sur Paris, il y a 2 syndicats représentatifs localement des internes de MG : le SRPIMG (membre de l'ISNI, tout comme le SIHP, syndicat représentatif localement des internes de spécialités) et le SNJMG (syndicat indépendant). Chaque année, chacun des deux syndicats organise sa propre réunion d'accueil pour les nouveaux IMG à Paris (jusqu' à présent à des dates différentes).

Le 9 juin 2019, le Bureau du SNJMG a arrêté la date du 26 septembre 2019 pour organiser sa réunion d'accueil des nouveaux IMG de Paris. Mais, dans un soucis de sortir de la concurrence des réunions syndicales d'accueil (fin juin le SRP annoncait que sa réunion aurait lieu le 25 septembre), le Bureau a convenu de proposer aux autres syndicats d'internes une réunion commune d'accueil avec toutes les acteurs institutionnels. Du fait de la période des congés, ce n'est que dans le courant du mois d'aout que le SNJMG a appris que le SRP déclinait cette proposition. Le SNJMG a donc commencé à annoncer officiellement sa réunion d'accueil organisée le 26 septembre 2019. Or le 04 septembre 2019, le SNJMG a été informé que la date de la réunion du SRP et du SIHP était déplacée au 26 septembre à 18h, en même temps que la sienne.

Il était alors trop tard pour modifier nos invitations déjà parties et la réservation de salle déjà actée auprès de notre partenaire, la revue Prescrire. C'est donc à regrets que nous avons confirmé notre date du 26, sachant que ceci ne permettait pas aux futurs internes désireux d'assister au 2 réunions de le faire...

 

Aides à l’installation de médecins : le bilan globalement négatif des contrats de praticiens territoriaux

 

Le Dr Sophie Augros, déléguée nationale à l'accès aux soins, a remis, lundi 16 septembre 2019, à Mme Agnès Buzyn, ministre de la Santé, un état des lieux des aides à l'installation des jeunes médecins dans les territoires sous dotés.

Bien qu’ayant participé aux réunions préparatoires en tant que premier syndicat dans l’histoire à représenter spécifiquement, outre les internes, les médecins remplaçants et les jeunes installés en Médecine Générale, le Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG) s’étonne de ne pas avoir reçu ce rapport et que ce rapport ne soit pas disponible sur le site Internet du ministère de la Santé.

C’est donc sur la base d’articles de presse et des éléments que nous avons recueillis lors de notre participation aux réunions de travail, que nous livrons une première analyse sur les contrats de praticiens territoriaux dont notre syndicat avait dénoncé, dès leur création, leur caractère de « gadget » (1).

Premier contrat créé en 2013, le contrat de Praticien Territorial de Médecine Générale (PTMG) affiche des résultats peu convaincants. Selon les estimations citées dans le rapport, il y aurait eu 1208 contrats cumulés entre janvier 2013 et avril 2019. Le premier enseignement de ce résultat est que le nombre de contrats signés est resté à un bas étiage : il est passé de 123 contrats signés en 2013 (NB : Marisol Touraine annonçait 180 contrats signés pour l’année 2013) à 225 en 2015 avant de refluer à 207 en 2018 (alors qu’à titre de comparaison, les promotions d’internes de Médecine Générale ont dépassé les 3400 personnes par an, entre 2012 et 2018). De plus, ce contrat peine à rivaliser avec l’aide conventionnelle à l’installation (moins de 8% de recours au PTMG contre 68% de recours au CAIM - Contrat d’Aide à l’Installation Médecin), alors que celle-ci est plus récente (2017 contre 2013) et qu’elle ne bénéficie pas du même engagement de l’Etat (campagnes promotionnelles au niveau du ministère et des ARS).

Au-delà de ces réalités comptables, il faut étudier le profil des signataires du PTMG. Sur un échantillon de 150 signataires, seuls 2/3 des bénéficiaires étaient remplaçant-e-s (et non installé-e-s) lors de la signature. Et sur ce même échantillon, il y avait 8% de signataires du CESP (2), c’est-à-dire d’étudiant-e-s qui s’étaient déjà engagé-e-s à s’installer en territoire sous doté via leur CESP.  Ansi, le nombre de jeunes médecins qui, entre janvier 2013 et avril 2019, se sont installés en territoire sous doté du seul fait du contrat PTMG est sensiblement plus faible que les 1208 revendiqués. Enfin, ce contrat a surtout constitué pour les signataires une sécurité financière leur permettant de s’installer plus tôt que prévu (3). Tout ceci faisant plus penser à un effet d’aubaine qu’à un véritable effet incitatif.

Concernant les autres contrats de praticiens territoriaux, l’énoncé des résultats se passe de commentaire : PTMA (praticien territorial de médecine ambulatoire), 71 signataires et PIAS (praticien isolé à activité saisonnière), 9 signataires.

Un mot toutefois sur le PTMR (Praticien Territorial Médical de Remplacement) : 19 contrats signés sur 200 contrats par an proposés entre 2017 et 2018, soit 4.75 % de contrats ayant trouvés preneurs. Dire que Mme Marisol Touraine avait présenté à l’Assemblée Nationale cette mesure comme étant une réponse à une demande des médecins remplaçants : ces chiffres, après les critiques du SNJMG, prouve qu’il n’en était rien…

En toute logique, le Dr Sophie Augros propose à la ministre de ne pas renouveler ces contrats ; c’est bien sûr une proposition que soutient le SNJMG.

Quant à la proposition de les remplacer par un contrat unique revisité, c’est peut être une délicate attention à l’égard de tous les responsables qui s’étaient impliqués dans cette politique de contrats territoriaux mais le SNJMG rappelle sa préférence pour une amélioration d’ensemble des conditions d’installation et d’exercice des Médecins Généralistes avec des modulations positives en fonction du lieu d’exercice.

 

Dr Sayaka Oguchi presidente@snjmg.org – 07.61.99.39.22

 

  1.  : Communiqué du SNJMG sur la création du PTMG
  2.  : Le CESP est bourse d’étude offerte aux étudiants et internes en médecine ou en dentaire en contre partie d’une installation en zone sous dotée (3 185 étudiants ou internes signataires depuis 2010, soit environ 398 par an alors que les promos en médecine dépassent 8000 personnes par an)
  3.  : « Le PTMG n'a pas influencé mon lieu d'installation car je savais que je voulais m'installer dans ce village. J'ai d'abord choisi où je voulais m'installer, puis ensuite s'il y avait des aides ou non. Sans cette aide je pense que je ne me serais pas installée directement : j'aurais fait des remplacements multiples avant pour avoir une sécurité financière. » Une signataire du contrat PTMG citée dans le rapport

Journée mondiale de la maladie d'Alzheimer

ECN 2019 : Fin des choix, direction internat !

 Il ne reste que 2 jours de choix d'internat mais tous les postes d'internes de MG sont déjà pris à Strasbourg, Rennes, Nantes, Lyon et Grenoble, Toulouse et Montpellier.

Le SNJMG rappelle qu'il propose aux futurs internes de MG des présentations de leur futures subdivisions d'internat, avec les infos concernant l'accueil sur place de la nouvelle promotion et de leur premier choix de stages :

Autres subdivisions :
 
 
Le SNJMG invite tous les futurs IMG sur Paris ou ailleurs en France (metropole et outre mer) à sa réunion d'accueil le 26 septembre 2019 à partir de 18 h dans les locaux parisiens de la revue Prescrire (68 Boulevard Richard Lenoir, 75011 Paris, Métro Ligne 5, Station Richard Lenoir).
 
Intervenants :
- Dr Sayaka Oguchi (présidente du SNJMG)
- Dr Bruno Toussaint * (Rédacteur Revue Prescrire)
- Pr Philippe Zerr (Coordination du DES de MG en Ile de France)
- Martin Hirsch * (Directeur AP-HP)
* : ou son/sa représentant-e
 
Lors de cette réunion, des packs de bienvenue seront distribués aux participants. Les participants pourront égalemnt se restaurer autour d'un buffet convivial ; cette année, le thème du buffet sera la cuisine libanaise (plats avec viande hallal ou salades végétariennes + desserts levantins).
 
NB : Même si cette réunion s'adresse principalement aux nouveaux IMG en Ile de France, elle est bien sûr ouverte aux parisiens et aux personnes présentes sur Paris qui feront leur internat de Médecine Générale ailleurs qu'en Ile de France, puisque outre les spécificités de l'internat de MG en Ile de France, nous parlerons inévitablement de tout ce qui sera commun à tou-te-s les internes de Médecine Générale de France.
 
Afin de pouvoir vous adresser personnellement les codes d'accès aux locaux de Prescrire mais aussi afin de prévoir au mieux le buffet convivial et les packs de bienvenue qui vous seront offerts lors de la réunion, nous vous remercions de vous inscrire sur notre formulaire en ligne.

NB : Si pour quelque raison que se soit (indisponibilité, éloignement...), vous ne pouvez pas assister à cette réunion mais que vous voulez disposer des principales informations que nous donnerons sur l'internat de Médecine Générale et/ou recevoir vos packs de bienvenue, merci de vous signaler auprès de notre secrétariat.

 

Temps de travail des internes : la mauvaise volonté permanente des gouvernements (au mépris des étudiants et des patients)

 

Voici plus de 20 ans, le Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG) a été pionnier dans le combat pour l’amélioration du statut des internes de médecine en appelant, avec la FNSIP et l'ISNI, à la grève pour obtenir un encadrement du temps de travail et un repos de sécurité après une garde.

 

Après 4 grèves nationales (1998, 1999, 2000 et 2001) dans les quelles le SNJMG s’était pleinement investi (1), le repos de sécurité et la limitation du temps de travail à 48 heures par semaine avaient été finalement mis en place, en accord avec une directive européenne de 1993, réactualisée en 2003 (2).

 

Début des années 2010, le SNJMG faisait le constat, avec la FNSIP, l’ISNI et le SNIO, que le repos de sécurité n’était pas respecté en tout temps ni en tout lieu et qu’en moyenne, le temps de travail des internes dépassait largement la limite théorique des 48h hebdomadaires. Ce constat avait naturellement débouché sur deux nouveaux mouvements de grève des internes en 2012 et 2014 (3).

 

Avec ces deux grèves et sous la pression de la commission européenne (4), la ministre de la Santé de l’époque, Mme Marisol Touraine, mettait en place le 04 mai 2015 une réforme du temps de travail des internes ; réforme loin de satisfaire le SNJMG (5).

 

A l’occasion de cette rentrée universitaire 2019, l’ISNI a publié un enquête (6) démontrant que, malgré la réforme de 2015, le temps de travail des internes dépassait les 55h hebdomadaires et que près de 1 interne sur 3 ne bénéficiait pas de repos de sécurité.

 

En réponse, l’actuelle ministre de la Santé, Mme Buzyn, a annoncé le 15 septembre 2019 la création d’un temps de travail additionnel (TTA) pour les internes dépassant les 48 heures.

 

Même si la ministre peut faire valoir une mesure d’exception contenue dans le droit européen, cette annonce est inacceptable pour le SNJMG : elle revient à acheter, dans tous les sens du terme, l’acceptation du non respect d’un texte de loi, au mépris de la santé des internes et de celle des patients qu’ils prennent en charge, du fait de leur propre état de fatigue physique et/ou psychologique (7).

 

Le SNJMG appelle donc à un sursaut de la ministre de la Santé. Nous attendons qu’elle suspende cette mesure et qu’elle impose aux hôpitaux une organisation sacralisant le repos de sécurité et permettant le respect effectif de la limite de 48h de travail hebdomadaire.

 

Nous sommes disponibles pour lui communiquer (seul ou avec d’autres organisations de futurs et jeunes médecins) un ensemble de propositions lui permettant d’arriver à tel résultat.

 

 

Contact presse : Dr Sayaka Oguchi

 

 

  1.  : Les internes des hôpitaux font la grève des gardes (La croix, 1999)
  2.  : Directive européenne 2003
  3.  : Grève des internes de Médecine Générale le 17 novembre 2014 (SNJMG, 2014)
  4.  : Le temps de travail des internes en médecine français n’est pas conforme au droit de l’Union (Dalloz, 2014)
  5.  : Temps de travail des internes : le SNJMG organise la vigilance (SNJMG, 2015)
  6.  : Les internes français travaillent plus de 55 heures par semaine (France info, 2019)
  7.  : Enquête 2017