Remplacements en Maison Médicale de Garde : attention aux entourloupes !

 

En ce début d'été, grande période de remplacements saisonniers, le Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG) rappelle aux médecins remplaçants, comme aux médecins remplacés, les règles concernant les rétrocessions d’honoraires à l’occasion de remplacements de gardes.

 

Comme pour tout type de remplacement, il est important de préciser les reversements d’honoraires dans les contrats de remplacement. il est ainsi habituel que pour un remplacement de garde, la rétrocession corresponde à 100% des honoraires perçus et à 100% de l’indemnité d’astreinte correspondante (1).

 

Dans la maison médicale de garde (MMG) de Béthune (qui couvre deux anciens secteurs de garde), le non respect de ces principes (2) induirait ainsi pour les médecins remplaçants un manque à gagner de 100 € pour une garde de nuit et de 300 € pour les dimanche et jours fériés.

 

Une nouvelle fois, le SNJMG insiste sur l’importance (pour les deux parties) de signer avant tout remplacement un contrat de remplacement clair et précis. Le SNJMG reste bien sur à la disposition des médecins remplaçants qui seraient floués lors de la rétrocession d’honoraires. Enfin, le SNJMG continue d'assurer la publicité de situations comme celle de la MMG de Bethune afin d’alerter les médecins remplaçants.

 

(1) : ces indemnités d’astreintes ont été obtenues suite à la grève des gardes de 2002 où le SNJMG assurait la représentation nationale des médecins remplaçants
(2) : au motif de difficultés économiques de la structure, des médecins de la MMG auraient décidé de suspendre le reversement de l'indemnité d'astreinte dans le cadre de remplacements
 

ECN 2019 : Présentation de la Médecine Générale

Mis à jour le 06 juillet 2019, ce billet d'information fait partie de notre dossier consacré aux #ECN2019.

 

Depuis fort longtemps et malgré de nombreux progres ces 20 dernières années, la Médecine Générale souffre d'un mauvaise visibilité auprès des étudiants voire d'une mauvaise image (ex : les erreurs des MG qui faut corriger dans les DP).

Ci dessous, le SNJMG propose aux étudiants qui viennent de passer les ECN, un mini dossier sur la Médecine Générale. Ce mini dossier, offrant une vision d'ensemble de la discipline, est complété par des focus sur différentes facettes/particularités d'exercice. Si cette vision d'ensemble est proposée en accès libre en format 1.0 sous une forme de billet de blog, le SNJMG propose les compléments d'info sous une forme interactive 2.0 aux étudiants qui se sont inscrits sur notre formulaire en ligne.

 

LA SPECIALITE DE MG

 

 

Le médecin généraliste est classiquement présenté comme le médecin de premier recours, assurant la permanence et la continuité des soins. Il est bien souvent le médecin traitant des patients dans le cadre du parcours de soins défini par l'Assurance Maladie car il est, par nature, le référent santé de toute personne, quelle que soit son âge, son sexe, sa/ses pathologie(s) ou son absence de pathologie. C'est le médecin qui prend en compte son patient dans sa globalité et qui est en interaction avec l'ensemble des autres professionnels médicaux, para médicaux et médico sociaux intervenant auprès du patient.

 

Après cette introduction, nous pourrions enchainer avec une présentation académique de la discipline, mais nous préférons vous renvoyer à la documentation donnée en fin de paragraphe et surtout vous proposer, avec leur autorisation, des témoignages forcéments personnels (écrits ou videos) de quelques médecins généralistes et d'internes de Médecine Générale (il s'agit d'Aviscene, IMG de la promo 2017, et de Dr Mus, IMG de la promo 2018, dont les videos sont présentées sur la page d'accueil de notre site) :

 

 

Extrait d'une tribune de Marc Zaffran/Martin Winckler (2009) :

"Il y a quelques années, une amie – médecin généraliste – et moi-même avons souhaité écrire un petit ouvrage qui s’intitulerait Qu’est-ce qu’un médecin généraliste ? Ce livre n’a pas encore été écrit, mais il le sera un jour. Si je me souviens bien, nous avions adopté la définition suivante du médecin généraliste : c’est un individu, homme ou femme, formé pour exercer la médecine, et qui choisit volontairement, par affinité élective de longue date ou acquise durant ses études, d’exercer la médecine générale. Devenir médecin généraliste est donc, en principe, un choix.  L’exercice de la médecine générale implique de vivre au milieu de la population pour y assurer les soins de premier recours. Le médecin généraliste est un professionnel de santé qui a reçu une formation scientifique. Cette dernière lui permet d’appréhender la demande de soins dans sa globalité, biomédicale, psychoaffective, socioéconomique et symbolique. Si le médecin généraliste connaît et peut identifier les maladies, c’est parce qu’il connaît la diversité infinie des situations qui ne sont pas des maladies. Pour lui, le patient constitue la seule norme. En effet, le patient lui indique le caractère normal, anormal, pénible ou inhabituel de ce qu’il ressent.  Un médecin généraliste n’est pas un donneur de leçons. C’est un soignant. Ses devises sont « ne pas nuire », « partager le savoir » et « accompagner sans juger ». Le seul objectif d’un médecin généraliste est de faciliter la vie de la population et de s’efforcer d’alléger le poids inhérent aux problèmes de santé collectifs et individuels. L’idéal d’un médecin généraliste n’est pas de diagnostiquer des maladies, mais de faire en sorte que la santé générale d’une population soit la meilleure possible. Ainsi, l’information, l’éducation et la lutte contre les préjugés permettent d’atteindre cet idéal. Autrement dit, il s’agit moins de dépister et de diagnostiquer les maladies que de s’assurer que les individus bien-portants le restent le plus longtemps possible."

 

 

Extrait du blog de Jean Claude Grange (08.04.2010) : 

"QU'EST-CE QUE LA MEDECINE GENERALE ? C'est tout ce que l'on ne trouve pas dans les consultations de spécialité. C'est tout ce que l'on ne trouve pas dans les consultations de ville de spécialistes. C'est tout ce que l'on ne trouve pas dans les consultations institutionnelles de spécialité. Et, malheureusement, c'est tout ce que l'on ne trouve pas dans les publications médicales à de rares exceptions près. La médecine générale, c'est la vie : avec une pointe de médecine ; avec une pointe de santé publique ; avec une pointe de connaissance du milieu ; avec une pointe de familiarité avec les patients ; avec une pointe d'empathie ; avec une pointe de sympathie ; avec une pointe d'antipathie. Et merdre pour les discours convenus sur l'attitude que doit observer le médecin dans sa relation avec son patient. Les gens qui disent cela ne voient pas de vrais malades, non au sens diagnostique mais au sens humain du terme. Nos consultations de médecine générale sont, effectivement et parfois, peu structurées, sont, effectivement et parfois, peu techniques ; sont, effectivement et parfois, bon enfant... Et alors ? (...) Je reçois des individus, des patients, des malades, des faux patients, de vrais malades, ou l'inverse, mais je ne suis pas un faiseur d'ECG, un faiseur de frottis, un faiseur de biopsies cutanées, un faiseur de radiologies, et ad libitum. Je laisse cela aux techniciens. Je suis un intellectuel, je réfléchis non seulement à la valeur des choses mais à la valeur qu'il faut leur donner en fonction du patient que j'ai devant moi, dont, généralement, je connais la femme, les enfants ou les parents ou les cousins ou les belles-soeurs et dont, souvent, je connais l'intérieur de la maison. Je fais de la médecine totale sans avoir besoin de faire MOI-MEME des actes que je pourrai coter pour faire du chiffre. Je suis un intellectuel, je fais de la médecine intellectuelle sans faire trop de médecine manuelle et ainsi je sais lire une radiographie, je sais lire un ECG, je sais lire une prise de sang (tiens, ne sont-ce pas des médecins spécialisés en biologie qui les font ?). Je fais de la médecine intellectuelle car je connais un peu la littérature médicale et que je sais combien il est difficile de l'appliquer à des vrais patients qui n'ont pas participé à un essai clinique. Mais je sais aussi que sans ces essais cliniques il n'y a pas de médecine générale. Je sais que la médecine générale c'est l'école de l'humilité, c'est la pratique de l'humilité, pas de triomphalisme, seulement de la distance, non de la distance à l'égard des patients, car, comme le dit mon ami DB qui se reconnaîtra, cette distance elle se prend inconsciemment, non, de la distance à l'égard de soi-même, c'est cela, de l'humilité, nous ne sommes qu'un chaînon, le chaînon manquant dans cette société de fous, le chaînon manquant entre les patients et la complexité de la médecine. Car notre métier, mais pas seulement celui de médecin généraliste, est un métier de chien, un métier éprouvant, la médecine est comme cela, compliquée, difficile, pleine de hasards, de faux semblants, de pièges et nous devons lutter contre notre propre arrogance, la fameuse arrogance médicale décrite dans la littérature, la vraie, par les grands auteurs, depuis Molière jusqu'à Bernard Shaw en passant par Susan Sontag... C'est cela, la médecine générale, c'est cela aussi : prendre en compte les patients, nous poser des questions en demandant l'avis, non pas l'avis médical, mais l'avis des patients sur leur santé et sur leur vie. Ne pas décider pour eux." 

 

 

Billets de blog abordant indirectement la définition de la Médecine Générale et le rôle du médecin généraliste :

Demandez vous de Jaddo (21.09.15)

Hibernatus de Jean Baptiste Blanc (24.01.16)

#TeamBisounourse : la MG c’est la vie de Farfadoc (30.08.18)

 

 

Documentation sur la discipline :

 

La médecine générale vue par les médecins généralistes libéraux (Revue francaise des affaires sociales 2011 - France)

La place et le rôle de la médecine générale dans le système de santé (Rapport Druais de Mars 2015 - France)

So, you want to be a GP ? (RCGP — UK)

Me, i’m just a GP… ( Huffpost — UK)

The Path To Primary Care : Who Will Be The Next Generation Of Frontline Doctors ? (New England Public Radio — USA)

Why i’m becoming a primary care doctor (The Atlantic — USA)

They call it “primary” care because it comes first — and it should (Health populi — USA)

 

 

 

Je suis David Saint-Jacques, je suis médecin de famille. from FMEQ on Vimeo.

 

Assistants médicaux et CPTS : de bonnes idées, de mauvais accords

Après la décision de MG France, début Juin 2019, d'accompagner la signature d'autres syndicats médicaux sur les projets d'accord conventionnels concernant les Communautés Professionnelles Territoriales de Santé (CPTS) et les assistants médicaux, les syndicats CSMF et SML ont accepté le week-end dernier de parapher ces deux textes (1).

Vu le poids de ces syndicats, les accords conventionnels signés ce matin, pourront entrer en vigueur à compter de cet été, malgré le vote négatif des adhérents de la FMF mardi.

Outre l'UFML qui avait pris position contre les CPTS et les assistants médicaux dès leur annonce par le Président de la République en septembre 2018, le Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG) s'est positionné en deux temps, Janvier (2) et Mai (3) 2019 : tout en rappelant qu’il était favorable aux assistants médicaux et aux CPTS (ça faisait même partie de ses revendications !), le SNJMG a rejeté sans ambiguité les projets d’accord censés les mettre en place. Cette décision avait aisément fait consensus en interne et n'avait pas provoqué de critique en externe (NB : Du fait de son profil singulier, le SNJMG est habitué à des réactions parfois violentes contre ses prises de position).

Conscient depuis le départ de la faiblesse des marges de négociation pour les syndicats médicaux, le SNJMG prend acte de la volonté des syndicats signataires de faire évoluer les accords "de l'intérieur" et renouvelle la proposition faite à tous les syndicats de travailler ensemble à des projets alternatifs à ceux du gouvernement et de l’Assurance Maladie.

Car, le SNJMG ne veut pas se résoudre à abandonner les médecins généralistes qui au quotidien agissent au mieux de leurs moyens et en bonne intelligence avec les autres professionnels de santé pour assurer une médecine de qualité, malgré des conditions démographiques défavorables, auprès de populations trop souvent soumises à la double peine de problèmes de santé liés à des difficultés socio-économiques.

Comme bon nombre de ces médecins, le SNJMG demande une évolution des conditions d'exercice leur permettant de travailler mieux et dans le cadre d'une inter professionnalité améliorée, soutenue par l'Assurance Maladie, sur la base du volontariat (sans pénalisation des non volontaires). Malheureusement, les accords conventionnels ne nous apparaissent pas en mesure de répondre à ces attentes.

Avec ces accords, les assistants médicaux seront bien souvent de petites mains (sans compétence professionnelle définie ni profil de formation évident) permettant aux médecins de répondre à la demande administrative d'augmentation des actes, avec comme principal critère d'attribution la participation à une organisation administrative des soignants et non l'aide aux médecins en zones démographiquement fragiles.

Avec ses accords, les CPTS se présentent comme des structures d'une complexité administrative très peu engageante. De plus, leur création s'accompagne de la mise en place - une première depuis le projet mort-né de contrats solidarité-santé de la loi HPST (4) - d'un mécanisme évoquant le « bonus / malus » envisagé par le gouvernement et l’Assurance Maladie pour « inciter fortement » les médecins à participer à une organisation territoriale (5) : d’un côté, amélioration, à compter de 2022, de la rémunération « forfait structure » pour les médecins participant à une démarche de soins coordonnée (dont les CPTS) mais, d’un autre côté, diminution dès 2020 puis suppression totale en 2022 de la rémunération « forfait structure » des médecins n'y participant pas. En dehors de la disparition de facto d'une rémunération forfaitaire de certains médecins, cette mesure fait logiquement craindre l'extension de ce mécanisme aux autres rémunérations forfaitaires.

Le SNJMG, opposé aux mesures coercitives et qui milite depuis sa création contre la course à l'acte et pour la diversification des modes de rémunération des médecins (6) ne peut que s'opposer à de telles perspectives !

En présentant les projets d'accord en Mai 2019, le directeur de l'Asssurance Maladie, Nicolas Revel, avait déclaré (7) : « Quand on regarde les objectifs fixés en termes d’augmentation d'activité, on est en moyenne autour de deux consultations supplémentaires par jour ». Ces derniers jours, la ministre de la Santé, Agnes Buzyn , a annoncé sur différentes stations radios (8) : « (les accords conventionnels vont) permettre aux citoyens d’accéder à des consultations sans rendez-vous (afin de désengorger les services d'urgences) ». Entre ces deux déclarations, il est prévisible que si, au départ, les contraintes imposées aux médecins volontaires ne sont pas hors de portée, notamment d’un point de vue matériel, elles pourront très rapidement s'accroître alors que toute voie de sortie sera rendue de plus en plus malaisée.

 

Contact Presse : Dr Sayaka Oguchi presidente@snjmg.org – 07.61.99.39.22

 

  1. : La réorganisation térritoriale des soins est lançée (Les Echos)
  2. : Communiqué du 16 janvier 2019 et Communiqué du 23 janvier 2019(SNJMG)
  3. : Communiqué de Mai 2019 (SNJMG)
  4. : La loi HPST (hôpital, patients, santé, territoires) de 2009 prévoyait la création de contrats solidarité-santé pour répondre aux difficultés de démographie médicale. ces contrats stipulaient que les médecins des zones sur dotées auraient obligation, à compter de 2012, d’assister leurs collègues des zones sous-dotées. A défaut d’une telle assistance, ils auraient été astreints au versement d’une contribution de solidarité pouvant aller jusqu’au montant du plafond de la Sécurité sociale, destinée à financer des mesures d’incitation à l’installation dans les zones sous-dotées. La suppression de ces contrats étaient l'une des revendications du mouvement de contestation des médecins généraliste en 2010 (NB : le SNJMG représentait, seul, les futurs et jeunes médecins dans ce mouvement). Suite au succès de ce mouvement, Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la Santé et des Sports, annonçait le 25 juin 2010 l'abandon de ces contrats.
  5. : Le délicat regroupement des professionnels de santé (Les Echos)
  6. : Intervention de Benoit Blaes (Le quotidien du médecin)
  7. : Entretien avec Nicolas Revel (Le quotidien du médecin)
  8. : Entretien avec Agnes Buzyn (Cnews)

Loi de Santé : pas d’amélioration pour l’accès à l’IVG !

 

Mardi 11 juin 2019,  le Sénat a été le théâtre d’un arrangement entre la majorité LR (les Républicains) et le gouvernement.

 

Vendredi dernier, en toute fin d’examen du texte de loi « Ma Santé 2022 », le Sénat avait adopté, en présence d’une vingtaine d’élus, un amendement de l’ex ministre socialiste Laurence Rossignol rallongeant de 2 semaines le délai légal pour une IVG, comme le réclamaient de nombreuse associations et ONG.

 

Or, mardi, avant le vote solennel sur l'ensemble du texte, la commission des Affaires sociales, présidée par Alain Milon (LR), a demandé une seconde délibération sur cet amendement. Cette nouvelle délibération a été acceptée par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, ouvrant ainsi la voie à la suppression de cet amendement (finalement votée par 205 voix contre 102).

 

La ministre s’est justifiée de sa participation active au rejet de cette avancée par les conditions du vote de celle-ci : «J'estime en conscience et en responsabilité que les conditions dans lesquelles le Sénat s'est prononcé vendredi dernier (...) n'étaient pas satisfaisantes». Pourtant, la ministre ne s’est pas plainte du même scrutin public par le quel tous les autres amendements visant à améliorer l’accès à l’IVG ont été rejetés lors de la discussion de son projet de loi au Sénat.

 

Dans la mesure où la ministre avait donné un avis défavorable du gouvernement à toutes ces propositions d’amendements, il est même légitime de se demander si en permettant au Sénat de supprimer le seul amendement d’amélioration de l’accès à l’IVG, la ministre n’est pas allée jusqu’au bout d’une certaine logique.

 

Le SNJMG, militant pour l’accès à l’IVG dans de bonnes conditions, déplore qu’une nouvelle fois, les femmes en difficulté feront les frais de ces retards législatifs.

 

 

Etudes de médecine et offre de soins : Le Sénat entre démagogie et réflexion

 

Ce mardi 11 juin 2019, le Sénat a adopté une version amendée du projet de loi "Ma santé 2022" proposé par la ministre, Mme Agnes Buzyn.

 

La discussion de ce projet de loi la semaine dernière a été l'occasion de débats sur lesquels le Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG) entend prendre position (1).

 

La première réaction du syndicat indépendant des Jeunes MG, au vu du travail préparatoire des sénateurs en commission des affaires sociales, a été de se mobiliser contre des projets coercitifs visant les jeunes médecins comme l'imposition au dernier tiers du numerus clausus d'un exercice dans les zones sous-denses, ou la limitation à trois ans de la durée de remplacement médical (2).

 

Ce dernier projet qui portait un redoutable coup au fragile mais indispensable système de remplacement des médecins "libéraux" a fait l'unanimité de la profession médicale contre lui (3) et a été fort heureusement écarté en discussion plénière, comme d'ailleurs le projet d'imposition au dernier tiers du numerus clausus d'un exercice dans les zones sous-denses. Il a toutefois généré un florilège d'interventions démagogiques de sénateurs caricaturant les jeunes médecins en feignants voire en nantis dénués de tous sens civique... tout en reconnaissant plus ou moins explicitement les difficultés d'exercice des médecins installés.

 

A la différence de ces deux projets écartés, un autre amendement objet de polémique a été approuvé par le Sénat : il s'agit de la proposition visant à faire de la dernière année d'internat de Médecine Générale et d'autres spécialités en difficulté démographique (ex : ophtalmo) "une année de pratique ambulatoire en autonomie, en priorité dans les zones (déficitaires)".

 

La polémique s'explique d'abord par le fait que l'amendement ne précise pas explicitement qu'il ne s'applique que dans le cadre d'un internat de Médecine Générale rallongé de 1 an pour être organisé comme les autres spécialités en 3 phases.

 

Sans cette précision, l'amendement supprime de facto l'une des trois actuelles années de formation en Médecine Générale sans préciser les 2 stages qui seraient retirés de la maquette de formation : le SNJMG comme, sans trop le préjuger, la grande majorité des internes et enseignants de MG, n'acceptera jamais de remplacer des stages de formation avec encadrement pédagogique par une pratique intérimaire sans encadrement pédagogique.

 

La polémique s'explique aussi par le caractère autoritaire de cette mesure : il est facile de comprendre le rejet par les étudiants d'une année sans base pédagogique ainsi imposée à tou-te-s.

 

Devant cette polémique, le SNJMG rappelle donc ses propositions en matière d'internat de Médecine Générale :

  • Mise en place d'une phase de consolidation via l'allongement de l'internat à 4 ans sous réserve des conditions impératives suivantes :  réduction préalable des deux premiers cycles d'études de médecine d'au moins une année et encadrement pédagogique suffisant pour 4 ans d'internat ;
  • Phase de consolidation constituée soit par un SASPAS et un stage libre soit par un projet professionnel sur 1 an (ex : FST, année de recherche) ;
  • Phase d'approfondissement constituée par un stage mere/enfant (de préférence en ambulatoire), un stage en santé de la personne agée ou en santé mentale (de préférence en ambulatoire) et un stage libre ou un SASPAS (si projet professionnel sur l'année de consolidation) ;
  • Maintien en l'état de la phase socle
  • Soutien à l'organisation et à la pérennisation de terrains de stages en zones démographiquement fragiles.

 

Toutes ces discussions parlementaires illustrent une nouvelle fois la prégnance chez les politiques et les administratifs de la vision utilisatrice des externes et internes (main d'oeuvre corvéable et pas chere) et le SNJMG se doit une nouvelle fois de rappeler que les études de médecine sont faites pour former des médecins et non pour suppléer des problèmes de démographie médicale.

 

 

  1.  : Fil d’infos sur les discussion au Sénat
  2.  : Campagne SNJMG de défense des remplacements
  3.  : Fin annoncée du remplacement : tous concernés, tous mobilisés

 

 

"Ma santé 2022" au Sénat et en CMP

La séance se termine par la discussion sur la limitation des remplacements :

Malgré la suppression de l'amendement Milon, le SNJMG n'entend pas arrêter la mobilisation :

Bilan de la deuxième journée de discussion :

Fin annoncée du remplacement : tous concernés, tous mobilisés !

 

Ce lundi débute l’examen par le Sénat du projet de loi relatif à l’organisation et à la transformation du système de santé. Ce texte comprend un amendement adopté en Commission qui vise à limiter la durée du remplacement des médecins.

Porté par le président de la Commission des Affaires sociales, Alain Milon, « cet amendement vise à limiter à trois années la durée totale des remplacements de médecins installés et salariés »1.

Cette fausse bonne idée part du principe que les jeunes médecins ne veulent pas s’installer et qu’il y aurait des remplaçants professionnels. Ces deux hypothèses sont fausses comme le prouvent les travaux sur le sujet. En effet, les résultats de la récente enquête du CNOM2 sur les déterminants à l’installation montrent que 75 % des internes envisagent une installation libérale. Le nombre de remplaçants en médecine générale quant à lui ne progresse que très peu (+ 16 % entre 2010 et 2017), moins vite que l’ensemble des remplaçants (+ 20 %) et surtout beaucoup moins que le nombre de médecins formés qui s’inscrivent pour la première fois à l’Ordre (+ 53 %), ce qui démontre que le remplacement n’est ni attractif ni en explosion.

Au-delà des jeunes médecins, cette mesure aurait également un impact sur les médecins installés, qui auraient plus de difficultés à trouver un remplaçant pour assurer une présence durant leurs congés ou formations, et sur l’accès aux soins des patients qui auront plus de difficultés à accéder à un médecin, en particulier durant les vacances scolaires.

C’est pourquoi les syndicats médicaux demandent unanimement le retrait de cette disposition législative dans l’intérêt de tous, patients, médecins installés et remplaçants.

La profession réitère par ailleurs son opposition à toute mesure coercitive.

 

1 http://www.senat.fr/amendements/commissions/2018-2019/404/Amdt_COM-292.html

2 https://www.conseil-national.medecin.fr/sites/default/files/cnom_enquete_installation.pdf

 

Retrouvez la campagne de mobilisation sur les réseaux sociaux :

#TouchePasAMonRemplaçant

#TouchePasAMaRemplaçante

 

Contacts presse :

 

Syndicats de jeunes et futurs médecins :

Clara BONNAVION – Présidente de l’ANEMF – 06.50.38.64.94

Lucie GARCIN – Présidente de l’ISNAR-IMG – 06.73.07.53.01

Antoine REYDELLET – Président de l’ISNI – 06.50.67.39.32

Emmanuel LOEB – Président de Jeunes médecins – 06.50.93.64.60

Yannick SCHMITT – Président de ReAGJIR – 06.81.66.46.93

Sayaka OGUCHI – Président du SNJMG – 07.61.99.39.22

 

Syndicats de médecins installés :

Jean-Paul ORTIZ – Président de la CSMF – 06.07.86.08.83

Jean-Paul HAMON – Président de la FMF – 06.60.62.00.67

Jacques BATISTONI – Président de MG France – 06.62.61.09.99