Vaccination anti grippale 2016-2017 en Métropole

Dernière mise à jour : 27 janvier 2017

 

1- Cadre national et international de la vaccination

 

Cadre international :

 

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) édite chaque année une recommandation sur la composition des vaccins, en février pour l’hémisphère Nord et en septembre pour l’hémisphère Sud. 

La composition du vaccin contre la grippe est actualisée chaque année en fonction des souches qui ont circulé majoritairement durant l’hiver précédent et qui sont les plus susceptibles d’être présentes lors de l’hiver suivant.

Le 25 février 2016, l'Organisation mondiale de la santé a annoncé la composition recommandée des vaccins trivalents contre la grippe pour la saison grippale 2016-2017 dans hémisphère nord. Les vaccins doivent contenir les virus suivants :

  • Une souche A apparentée au virus A / California / 7 / 2009 (H1N1)pdm09, responsable de la dernière pandémie grippale apparue en 2009.
  • Une souche A apparentée au virus A / Hong Kong / 4801 / 2014 (H3N2) ; cette souche vient en remplacement de la souche A / Switzerland / 9715293 / 2013 (H3N2) du vaccin saisonnier 2015-2016 (rappel : c'était l'invité surprise de l'épidémie 2014-2015) .
  • Une souche B apparentée au virus B / Brisbane / 60 / 2008 ; cette souche de la lignée Victoria vient en remplacement de la souche B / Phuket / 3073 / 2013 (lignée Yamagata) du vaccin saisonnier 2015-2016.

Il est recommandé que les vaccins quadrivalents, qui contiennent deux virus grippaux des deux lignées de type B (lignées Victoria et Yamagata) contiennent les trois virus ci-dessus et un virus B / Phuket / 3073 / 2013(souche contenue dans le vaccin trivalent de la saison 2015-2016).

Ces vaccins quadrivalents ne font pas l'objet en France de recommandation particulière. Sur le plan pratique, deux spécialités de vaccins quadrivalents sont disponibles en 2016-2017 en France : le vaccin inactivé injectable (Fluarix Tetra) et le vaccin vivant atténué intranasal (Fluenz Tetra).

 

Rappel : Dans la nomenclature utilisée pour définir ces souches, on trouve dans l'ordre la lettre (A ou B) désignant le type de virus grippal, le lieu d'isolement de la souche virale, le numéro de la souche, l'année d'isolement puis, pour les virus de type A uniquement, l'année d'isolement.

 

Il faut environ deux semaines après avoir été vacciné pour être protégé. Une seule injection annuelle suffit, mais pour les enfants de moins de neuf ans, jamais vaccinés contre la grippe, deux injections, à quatre semaines d’intervalle, sont nécessaires.

 

Cadre national :

 

Liste des indications thérapeutiques ouvrant droit à la prise en charge ou au remboursement par l'assurance maladie :
― les personnes âgées de soixante-cinq ans et plus ;
― les femmes enceintes quel que soit le trimestre de la grossesse ;
― les personnes, y compris les enfants à partir de l'âge de six mois, atteintes des pathologies suivantes :
― affections broncho-pulmonaires chroniques répondant aux critères de l'ALD 14 (asthme et BPCO) ;
― insuffisances respiratoires chroniques obstructives ou restrictives quelle que soit la cause, y compris les maladies neuromusculaires à risque de décompensation respiratoire, les malformations des voies aériennes supérieures ou inférieures, les malformations pulmonaires ou les malformations de la cage thoracique ;
― maladies respiratoires chroniques ne remplissant pas les critères de l'ALD mais susceptibles d'être aggravées ou décompensées par une affection grippale, dont asthme, bronchite chronique, bronchiectasies, hyperréactivité bronchique ;
― dysplasie broncho-pulmonaire traitée au cours des six mois précédents par ventilation mécanique et/ou oxygénothérapie prolongée et/ou traitement médicamenteux continu (corticoïdes, bronchodilatateurs, diurétiques). ;
― mucoviscidose ;
― cardiopathies congénitales cyanogènes ou avec une HTAP et/ou une insuffisance cardiaque ;
― insuffisances cardiaques graves ;
― valvulopathies graves ;
― troubles du rythme graves justifiant un traitement au long cours ;
― maladies des coronaires ;
― antécédents d'accident vasculaire cérébral ;
― maladie hépatique chronique avec ou sans cirrhose ;
― formes graves des affections neurologiques et musculaires (dont myopathie, poliomyélite, myasthénie, maladie de Charcot) ;
― paraplégie et tétraplégie avec atteinte diaphragmatique ;
― néphropathies chroniques graves ;
― syndromes néphrotiques ;
― drépanocytoses, homozygotes et doubles hétérozygotes S/C, thalasso-drépanocytose ;
― diabète de type 1 et de type 2 ;
― déficits immunitaires primitifs ou acquis (pathologies oncologiques et hématologiques, transplantation d'organe et de cellules souches hématopoïétiques, déficits immunitaires héréditaires, maladies inflammatoires et/ou auto-immunes recevant un traitement immunosuppresseur), excepté les personnes qui reçoivent un traitement régulier par immunoglobulines. Sujets infectés par le VIH quels que soient leur âge et leur statut immunovirologique ;
― l'entourage familial des nourrissons âgés de moins de six mois présentant des facteurs de risque de grippe grave ainsi définis : prématurés, notamment ceux porteurs de séquelles à type de broncho dysplasie et enfants atteints de cardiopathie congénitale, de déficit immunitaire congénital, de pathologie pulmonaire, neurologique ou neuromusculaire ou d'une affection de longue durée (cf. supra) ;
― les personnes obèses avec un indice de masse corporelle (IMC) égal ou supérieur à 40 kg/m² ;
― les personnes séjournant dans un établissement de soins de suite ainsi que dans un établissement médico-social d'hébergement quel que soit leur âge ;
― les professionnels de santé libéraux en contact régulier et prolongé avec des sujets à risque de grippe sévère : médecin généraliste, infirmier, sage-femme, pédiatre, pharmacien titulaire d'officine, masseur-kinésithérapeute.

 

Les vaccins sont pris en charge par l'Assurance Maladie uniquement pour les bénéficiaires de la campagne anti grippe et pendant la durée de celle ci (du 07 octobre 2016 au 31 janvier 2017).

Précision : le coup d'envoi de la campagne nationale de vaccination contre la grippe est donné le 07 octobre 2016 depuis les Entretiens de Bichat (congrès médical financé principalement par l'industrie pharamaceutique).

 

 

Liste des vaccins pris en charge (avec leur prix) :

- Immugrip (5,36 euro),

- Influvac (5,36 euro),

- Vaxigrip (5,36 euro).

Remarques :

- Tous les vaccins admis au remboursement par la Sécurité Sociale sont trivalents inactivés, sans virus vivant, et sans adjuvant lipidique,

- Les vaccins Agrippal et Fluarix ont reçu leur AMM pour 2016-2017 mais les laboratoires ne les ont pas commercialisé cette année,

-  Le vaccin Fluenz Tetra est mis à la disposition de certaines officines, ce vaccin n’est pas remboursable,

- Le vaccin grippal sur culture cellulaire Optaflu est disponible dans les hôpitaux et les structures privées qui en ont fait la demande.

 

Si un médecin souhaite prescrire le vaccin à un patient non ciblé par la campagne, il doit porter sur l'ordonnance la mention NR (non remboursable).

 

Depuis 2008, les patients de plus de 18 ans, déjà vaccinés antérieurement contre la grippe, peuvent être vaccinés par un(e) infirmier(e) libéral(e) sans prescription médicale, à l’exception des femmes enceintes et des moins de 18 ans qui doivent bénéficier d’une prescription médicale préalable.

 

En pratique, pour le patient, trois situations peuvent se présenter :
1. Il s'est déjà fait vacciner les années précédentes.
S'il a déjà bénéficié d'une prise en charge de l'Assurance Maladie pour la vaccination antigrippale au cours des années précédentes, ses démarches sont simplifiées : il peut retirer le vaccin directement à la pharmacie et se faire vacciner par une infirmière de son choix, sans prescription médicale préalable. Il lui suffit de présenter le bon de prise en charge intitulé « Vous avez déjà été vacciné contre la grippe ».
2. Il se fait vacciner pour la première fois.
Il doit d'abord consulter son médecin traitant en lui apportant son bon de prise en charge. Le médecin pourra lui prescrire le vaccin antigrippal en l'absence de contre-indication. Il passe alors chez son pharmacien qui lui remettra gratuitement le vaccin puis chez son infirmier (sur prescription), ou le médecin lui-même, qui injectera le vaccin. 
3. Il ne s'est pas fait vacciner avant mais il correspond à un cas particulier remarqué par le HCSP.

Depuis 2012, le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) recommande que soient vaccinés contre la grippe saisonnière :

- les femmes enceintes quel que soit le trimestre de la grossesse ;

- les personnes obèses avec un IMC ≥ 40 kg/m2 ;

- l’entourage familial des nourrissons âgés de moins de 6 mois et présentant des facteurs de risque de grippe grave

Tout patient correspondant à un de ces trois cas doit en parler à son médecin traitant qui pourra lui prescrire le vaccin antigrippal en l'absence de contre-indication et lui éditer un imprimé de vaccination gratuite vierge sur son compte "espacepro-cps.ameli.fr" (NB : voici un lien accessible aux médecins remplaçants : grippe.pdf). Le patient passe alors chez son pharmacien qui lui remettra gratuitement le vaccin puis chez son infirmier (sur prescription), ou le médecin lui-même, qui injectera le vaccin. 

 

À noter : la prescription médicale du vaccin antigrippal reste obligatoire pour les enfants et les femmes enceintes, même si ils ont déjà été vaccinés les années précédentes.

 

Vaccination des professionnels de santé libéraux : l'Assurance Maladie (CNAMTS + MSA + RSI) a adressé en septembre aux professionnels de santé libéraux en contact avec des sujets à risque sévère et des personnes infectées un courrier d’invitation à la vaccination anti grippale auquel est joint un bon nominatif de prise en charge du vaccin.

Déplorant, à nouveau, l'oubli par l'Assurance Maladie des professionnels de santé remplaçants, le SNJMG a continué de proposer aux remplaçants en Médecine Générale qui souhaitaient se faire vacciner de se faire prescrire le vaccin par un des médecins qu'ils remplacent ou par leur médecin traitant (eux même si c'est le cas), voire de récupérer, avec son accord, le vaccin d'un médecin qui a décidé de ne pas se faire vacciner... Plus officiellement, le SNJMG a publié le 06 octobre 2016 un communiqué de presse pour demander une égalité de traitement dans la prise en charge de la vaccination des professionnels de santé.

Suite à ce communiqué, des remplaçants ont contacté le SNJMG pour signaler qu'ils avaient obtenu la prise en charge de leur vaccination avec un imprimé de vaccination gratuite vierge (voir lien dans le paragraphe précédent). Différentes CPAM ont confirmé qu'elles acceptaient cette démarche (en accord avec la Caisse Nationale) et ce, depuis plusieurs années... Dont acte ! Le SNJMG a fait une petite erreur : il n'y avait pas de discrimination des remplaçants dans la politique de vaccination des professionnels de santé mais, seulement, une discrimination dans la communication de l'Assurance Maladie...

 

2- Utilité de la vaccination

 

Les autorités sanitaires françaises considérent la vaccination comme la principale mesure de prévention de la grippe. Leur politique vaccinale vise à protéger les personnes pour lesquelles la grippe peut être grave. Pour ces personnes, l’objectif est avant tout de réduire le risque de décès et de complications graves en cas de grippe.

Les autorités sanitaires françaises précisent que l’efficacité du vaccin est variable selon les années, selon les souches et selon les âges mais reste globalement modérée. (Ref.)

Le HCSP précise en 2014 : "La politique de vaccination contre la grippe des personnes âgées a été mise en place sans qu’il existe d’éléments scientifiques robustes démontrant l’efficacité des vaccins grippaux dans ce groupe de population. Les études de cohorte utilisées pour justifier a posteriori cette recommandation sont entachées de biais qui majorent l’efficacité du vaccin. La réduction de la mortalité toute cause confondue, observée dans tous les pays industrialisés ne peut pas,pour l’essentiel, être attribuée à la vaccination anti grippale. Par contre, les données demortalité attribuable à la grippe montrent une efficacité proche de 50 % (47 % dans l’étude de Fireman et al. [27]) (...) Cependant, même une efficacité vaccinale de l’ordre de 50 % sur l’excès de mortalité lié à la grippe, estimé entre 5 à 10 %, correspondrait à la prévention de plusieurs milliers de décès liés à la grippe chaque année en France. Au vu du profil de tolérance des vaccins, la balance bénéfice/risque apparaît donc largement en faveur du maintien de la stratégie de vaccination des sujets âgés."

Documentation complémentaire :

Affichette "Campagne de vaccination contre la grippe saisonnière"(PDF - 222.6 ko)

Cinq idées reçues sur la vaccination contre la grippe saisonnière (PDF - 186.6 ko)

Vaccination contre la grippe saisonnière. Questions/réponses Professionnels de santé (PDF - 227.8 ko)

Avis et rapport relatif à l’efficacité de la vaccination contre la grippe (PDF - 1.2 Mo)

Avis du Haut conseil de la Santé publique relatif à la vaccination contre la grippe saisonnière chez les personnes atteintes d'une hépatopathie chronique avec ou sans cirrhose (PDF - 138.6 ko)

Avis du Haut conseil de la Santé publique relatif à l'actualisation de la vaccination contre la grippe saisonnière dans certaines populations : femmes enceintes et personnes obèses (PDF - 113.8 ko)

NB : Au Quebec, l’efficacité très variable du vaccin contre la grippe au cours des dernières années (en 2014-2015, le taux d’immunisation contre l'épidémie a même été officiellement reconnu de 0 %) soulève des questions sur la pertinence du programme de vaccination, si bien qu’un comité scientifique a été mis en place en septembre 2016 pour faire le point (Ref.).

 

Toutes les sources indépendantes disponibles s'accordent sur la modeste efficacité du vaccin : au mieux 50% soit deux fois moins de grippe chez les sujets vaccinés.

Selon la Collaboration Cochrane (Synthèse de la Collaboration Cochrane collaboration éditée en 2010 et mise à jour en 2012), si la vaccination permet peut-être d’éviter une grippe sur deux, il n’existe aucune preuve que le vaccin soit efficace sur les complications de la grippe et notamment les décès. Dans le cas des nourrissons, la Collaboration Cochrane précise, toujours en 2012 : "In children under the age of two, the efficacy of inactivated vaccine was similar to placebo". Pour ce qui est spécifiquement des adultes, la dernière revue Cochrane publiée le 14 mars 2014 conclue : "Influenza vaccines have a very modest effect in reducing influenza symptoms and working days lost in the general population, including pregnant women. No evidence of association between influenza vaccination and serious adverse events was found in the comparative studies considered in the review". 

Si nous revenons aux USA, un rapport publié le 02 octobre 2012 par un organisme indépendant, le CIDRAP (Center for Infectious Disease Control and Policy) de l’Université du Minnesota, estime que la protection apportée par les vaccins contre la grippe saisonnière, est largement exagérée sinon erronée. Après avoir examiné les études d’efficacité de 1967 à 2012, les auteurs du rapport constatent que les vaccins anti grippaux trivalents inactivés injectables (VTI) :

• Protègent les adultes en bonne santé de 18 à 64 ans à un taux d’environ 59 pour cent,
• Manquent de preuves cohérentes de protection chez les enfants âgés de 2 à 17 ans,
• Ne possèdent que des preuves incohérentes vis-à-vis de la protection des adultes de 65 ans et plus.

Derniers résultats en date aux USA, l'étude publiée le 10 aôut 2017 dans le NEMJ - "Influenza Vaccine Effectiveness in the United States during the 2015–2016 Season" - conclue : "The effectiveness of the influenza vaccine against any influenza illness was 48%".

En Grande Bretagne, la médecin généraliste, Margaret McCartney, précise dans un article publié par le BMJ en 2014 : "The evidence is uncertain among people with asthma 9; however, flu vaccination does seem to usefully reduce exacerbations in people who have chronic obstructive pulmonary disease. 10"

En France, deux médecins généralistes, militants de l'indépendance médicale, se sont penchés sur la question de l'intérêt de la vaccination contre la grippe.

Dans l'article récapitulatif pour Atoute.org (fait en 2010 et mis à jour en 2012), Dominique Dupagne précise que "le vaccin permet de diminuer au mieux par deux la probabilité d’être alité et incapable de travailler plusieurs jours, tous les dix ou quinze ans". Et en octobre 2015, toujours sur atoute.org, il rappelle : "Se vacciner tous les ans contre la grippe induit une immunité modeste et éphémère. La maladie grippale apporte au contraire une immunité forte, durable, et étendue à des virus grippaux proches de celui ayant provoqué la maladie. Priver durablement des adultes d’une immunité naturelle pourrait avoir des conséquences graves lors de leur grand âge".

Dans son analyse de Décembre 2012, Recommandations vaccinales: Avis d'experts, Jean Claude Grange estime que ni l'obésité ni la profession de médecin généraliste ne sont des indications pour la vaccination. Dans un autre billet, publié le 20 novembre 2014, Jean Claude Grange rappelle que "les preuves d'efficacité manquent pour la vaccination des personnes âgées de 65 ans et plus et pour celle des personnels de santé dans le but de protéger les patients fragiles" et décortique le rapport 2014 du HCSP (évoqué plus haut) en réponse à la saisine de la DGS (en rappelant les - conséquentes - déclarations publiques d'interet - DPI - des membres du groupe de travail, auteur du rapport du HCSP)

Du coté des revues indépendantes francophones :

Selon la revue Prescrire :

- "la vaccination grippale des patients dont la fonction hépatique est altérée de manière chronique apparaît raisonnable". (Ref)

- "Se faire vacciner contre la grippe après 65 ans semble éviter des complications graves surtout chez les personnes les plus fragiles. La vaccination de l'entourage proche limite aussi la transmission du virus. Sans oublier les mesures d'hygiène simple". (Ref)

Selon la revue Minerva :

- "L’efficacité de la vaccination contre l’influenza du personnel de maison de repos avec comme objectif la prévention de complications de la grippe parmi les résidents telle une hospitalisation ou le décès par pneumonie n’est pas montrée". (Ref)

Dans le sens des conclusions de Minerva et des propos de Jean Claude Grange, il n'y a pas, selon une étude publiée par le CDC le 20.07.2012, de référence scientifique indépendante démontrant l'intérêt de vacciner les professionnels de santé pour protéger les patients qu'ils soignent. Depuis cette étude du CDC, une publication Cochrane en date du 02 juin 2016 s'est interessée à la "vaccination antigrippale des professionnels de santé qui s'occupent de personnes âgées de 60 ans ou plus vivant dans des établissements de soins de longue durée". Cette publication conclue : "Les résultats de notre revue n'ont pas identifié de preuves concluantes d'un bénéfice des programmes de vaccination des PS sur les critères de jugement spécifiques de la grippe confirmée en laboratoire, de ses complications (l'infection des voies respiratoires inférieures, l'hospitalisation ou le décès dû à une maladie des voies respiratoires inférieures), ou de la mortalité toutes causes confondues chez les personnes de plus de 60 ans qui vivent dans des établissements de soins. Cette revue n'a trouvé aucune information concernant d'autres interventions qui peuvent être coordonnées avec la vaccination des travailleurs de santé : le lavage des mains, le port de masques faciaux, la détection précoce de la grippe confirmée en laboratoire, la quarantaine, le report des admissions, les antiviraux et la recommandation aux professionnels de santé avec la grippe ou un syndrome d'allure grippale (SAG) de ne pas venir au travail. Cette revue ne fournit pas de preuves raisonnables pour soutenir la vaccination des professionnels de santé pour prévenir la grippe chez les personnes âgées de 60 ans ou plus résidant dans des ESLD. Des ECR de bonne qualité sont nécessaires pour éviter les risques de biais méthodologiques identifiés dans cette revue et pour tester ces interventions en combinaison". Enfin, une étude publiée le 27 janvier 2017 dans PLoS One (study) conclue : "Health worker flu vaccine data insufficient to show protection for patients", ce qui fait dire à Michael Osterholm, directeur du Center for Infectious Disease Research and Policy (CIDRAP) à l'University of Minnesota : "We have to make public health recommendations based on good science (...) but we do not have the justification to take punitive action against healthcare workers if they don't get vaccinated.” (Ref.)


Documentation complémentaire :

Article de la Revue Prescrire sur la vaccination 2016-2017 (réservé aux abonnés)

Revue de presse sur les vaccinations antigrippales depuis 2010 

 

Devant tous ces éléments mettant en doute l'interêt de la vaccination anti grippale, l'Assurance maladie engage en Octobre 2016 une bataille de chiffres :

 

3- Risques de la vaccination

 

- Vaccins contre la grippe saisonnière :

Selon l’agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), "Plus de cinquante années d’utilisation dans le monde de ces vaccins trivalents en confirment la sécurité d’emploi". Les effets indésirables les plus fréquents sont des effets bénins et transitoires comme des réactions au site d’injection (douleurs et rougeurs), voire des réactions systémiques telles que des douleurs musculaires, des malaises, des céphalées et/ou une fièvre légère. La survenue de réactions allergiques graves demeure quant à elle extrêmement rare (<1 cas/million de doses vaccinales). (Ref.)

- Vaccin USA contre la grippe porcine de 1976 :

Si une association entre la vaccination antigrippale et la survenue d’un syndrome de Guillain-Barré, affection auto-immune neurologique, a été évoquée en 1976 aux Etats-Unis lors d’une campagne de vaccination de 45 millions de personnes contre la grippe porcine, une revue de la littérature montre que ce risque est rare. Il ne concerne en effet qu’un cas de plus par million de personnes vaccinées par rapport à la fréquence attendue dans la population adulte. En revanche, la grippe est considérée comme un des facteurs de risque possible du syndrome de Guillain-Barré avec une incidence de l’ordre de 4 à 7 pour 100 000 sujets grippés. (Ref.)

- Vaccins contre la grippe A(H1,N1)2009 :

Voir la revue de presse : Quid du vaccin contre la grippe A ?

 

 

#ECNi2016 : Premier bilan chiffré

8 124 étudiants (4484 femmes - 55.2% - et 3640 hommes - 44.8%) ont été classés aux dernières épreuves classantes nationales, pour la première fois informatisées (#ECNi2016).

NB : Les sujets sont disponibles sur le site Medshake

 

À l’issue de l'amphi de garnison "virtuel", 7 680 candidats ont pris un poste (dont 200 signataires du contrat d'engagement de service public - CESP) alors que 444 s'en sont abstenu (ils sont plus de 300 à avoir demandé une dérogation pour repasser les ECN en 2017 en tant qu'auditeurs libres et ils sont une centaine à avoir abandonné leurs études médicales en France ou préféré achever leur cursus à l'étranger).

 

 

364 postes (CESP inclus) n'ont pas trouvé preneur dans les spécialités de : médecine générale (242 postes non pourvus sur les 3 749 proposés soit 6.4%), biologie médicale, psychiatrie, médecine du travail et santé publique/médecine sociale.

Rappel : Depuis la création des ECN en 2004, 5 spécialités ont dérogé à un taux d'adéquation de 100% : trois, de façon permanente (médecine générale, médecine du travail et santé publique/médecine sociale) et deux, ces dernières années (biologie médicale depuis 2013 et psychiatrie depuis 2014). Et, cette année comme les précédentes, le dernier poste pris est en médecine générale.

 

 

NB : Grâce à une campagne promotionnelle du CLISP, près des trois quarts des postes proposés en santé publique/médecine sociale sont partis en 2016 contre environ un tiers en 2015.

 

 

Si des spécialités non pas fait "le plein", c'est le cas également de différentes villes comme Dijon (38 postes vacants dont 32 en médecine générale et 6 en psychiatrie).

 

 

Désormais, les futurs internes doivent préparer leur internat dans la spécialité et la ville qu'ils ont choisi...

 

 

NB : Merci à @MrFDA69 pour ses infos stats sur les prises de postes

Précision : Ce billet a été publié après l'article de @SoMartos sur quotidiendumedecin.fr, qui a donc la primeur de l'analyse.

Polémique internet sur une pub "Meltingdoc"

Le réseau social médical "Meltingdoc" a publié hier soir sur Internet une publicité illustrée d'une video en camera subjective d'une patiente en position d'examen gynecologique classique (jambes écartées) devant la quelle défilaient différents médecins (hommes) discutant entre eux ou prenant des photos "anatomiques" avec leurs smartphones.

Cette video a été condamnée par de nombreux internautes et finalement supprimée :

Compléments d'info (Source : inter-med.net) :

- Touchers pelviens sur patients endormis

- Sexisme en médecine

Jeune-MG n°15

Diffusion (avec quelques jours de retard) du numero d'été du bulletin trimestriel des Jeunes Médecins Généralistes :

RAPPEL : Le bulletin "Jeune-MG" est envoyé gratuitement à tous les inscrits sur le site internet du SNJMG. Pour le recevoir chez vous, il suffit donc de s'incrire à ce site...

Nouvelle convention médicale : quelles ambitions pour la Médecine Générale ?

 
La semaine dernière, l'Assurance Maladie, le Bloc, la FMF et MG-France ont signé la convention médicale qui va s'appliquer pour les 5 ans à venir.

 

En tant que syndicat indépendant composé de jeunes et de futurs médecins généralistes (internes, remplaçants, collaborateurs, installés), le Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG) est particulièrement intéressé par cette nouvelle convention, bien qu'il ne soit pas directement concerné par la signature de ce texte, les structures représentant les nouvelles générations de médecins ne disposant pas de moyens légaux pour intervenir sur la prise de décisions.

Comme lors des 2 précédntes conventions, le SNJMG a tenu à suivre tout le processus de négociations : d'abord comme observateur officiel dans les séances ouvertes aux organisations de futurs et jeunes médecins puis comme invité dans la délégation de MG-France.
 
Sur la forme, le SNJMG salue l'évolution positive des modalités de négociation par rapport aux précédentes conventions. Même s'il existe toujours une "influence" gouvernementale sur le cours des discussions et si tous les syndicats médicaux n'ont pas rompu avec "les effets de manche" et autres postures démagogiques, le SNJMG se réjouit que ses critiques sur les précédentes négociations (réunions se terminant tard dans la nuit, dramaturgies d'operette, théatre d'ombres...) ne soient pas restées lettre morte. 
 
Sur le texte lui même, le SNJMG est satisfait du rattrapage d'équité (2€) entre la MPC accordée aux autres spécialistes en 2006 et la MMG qui s'ajoutera automatiquement à la C/CS des généralistes au 1er mai prochain (rattrapage répondant à une revendication commune de MG-France et du SNJMG). De même, le SNJMG relève avec plaisir la création d'un forfait structure (découplé de la ROSP) qui était l'une de ses revendications historiques dans le cadre de la diversification des modes de rémunération des médecins. 
 
Ceci étant dit, le texte conventionnel, long, dense et complexe, contient des mesures discutables et ne peut pas en l'état constituer une évolution marquante mais pourtant nécessaire pour la Médecine Générale et notre système de santé (cf : communiqué de presse commun des organisations de futurs et jeunes médecins). D'autant plus qu'il reste, en dehors du champ conventionnel, des chantiers majeurs à conduire pour que la Médecine Générale redevienne une spécialité attractive : politique de santé favorisant l'ambulatoire, amélioration de la protection sociale des médecins conventionnés, développement de la filière universitaire et professionnalisation de la recherche en Médecine Générale.
 
Comme à son habitude, le SNJMG soumettra au débat démocratique interne le texte de cette convention avant de prendre position de manière plus détaillé sur les mesures qui la composent.
 

Contacts Presse :

Emilie FRELAT - Présidente - 06 19 90 26 57- presidente@snjmg.org

#ECN2016 : Choix d'internat

L'amphithéatre de garnison (choix définitif d'internat - spécialité et ville) débute aujourd'hui pour les étudiants ayant passé les #ECN2016 (NB : suivi des choix sur Internet).

A cette occasion, le SNJMG accompagne l'arrivée des nouveaux internes de Médecine Générale avec un dossier d'information sur son site internet

Il organise aussi une véritable réunion d'accueil le 28 Septembre 2016 à Paris (présentation de l'internat de Médecine Générale et aide aux premiers choix de stages + discussions informelles autour d'un buffet).

Lors de cette réunion, le SNJMG distribuera des packs de bienvenue aux nouveaux adhérents (livret d'évaluations de postes hospitaliers + livret d'information de la "Troupe du rire" + kit de présentation de la revue Prescrire avec abonnement à tarif préférentiel + Caducée 2016 + autres cadeaux de bienvenue). 

Afin que nous préparions au mieux cette réunion et que nous ayons suffisamment de packs de bienvenue à distribuer, merci de signaler votre participation à la réunion d'accueil en vous inscrivant sur ce formulaire en ligne.

Info importante du 22.09.16 : vu le nombre important d'inscriptions, la réunion se tiendra à l'amphithéâtre Luton de la fac Descartes afin d'accueillir au mieux les nouveaux internes (NB : l'horaire de réunion reste inchangé à 19h30).

Au plaisir de faire connaissance !

Modifications réglementaires pour les certificats d'aptitude sportive

Dernière mise à jour : 17.10.16

 

Les activités physiques et sportives scolaires (obligatoires ou facultatives) sont régies par les Articles L552-1 à L552-4 du Code de l'Education.

 

Les licences sportives sont régies par les articles L231-2 à L231-4 du Code du Sport :

L’obtention d’une licence d’une fédération sportive est subordonnée à la présentation d’un certificat médical datant de moins d’un an et permettant d’établir l’absence de contre-indication à la pratique du sport ou, le cas échéant, de la discipline concernée. 
[…]L’inscription à une compétition sportive autorisée par une fédération délégataire ou organisée par une fédération agréée est subordonnée à la présentation d’une licence mentionnée au second alinéa du I de l’article L. 231-2 dans la discipline concernée. A défaut de présentation de cette licence, l’inscription est subordonnée à la présentation d’un certificat médical datant de moins d’un an établissant l’absence de contre-indication à la pratique du sport ou de la discipline concernés en compétition.

 

Les règles concernant le certificat médical changent à compter du 1er septembre 2016 en application d'un décret (n°2016-1157) du 24 août 2016 (NB : La seconde partie de la réforme s'appliquera à compter du 1er juillet 2017).

Cette réforme accompagne celle des activités physiques et sportives scolaires incluse dans la loi Santé du 26 janvier 2016.

 

Ce qui change :

 

- Au collège et lycée : aucun certificat d'aptitude
Les activités sportives facultatives proposées dans les collèges et lycées seront désormais dispensées de certificat médical, comme les activités d’EPS obligatoires pour lesquelles l’aptitude des jeunes à la pratique du sport est présumée.

NB : En cas d'inaptitude (totale ou partielle), un certificat médical indique obligatoirement la ou les disciplines scolaires dont la pratique est contre-indiquée par le médecin (et sa durée).

 

- Pour les licences des fédérations sportives : un certificat d'aptitude tous les trois ans

La première délivrance d'une licence sportive reste subordonnée à la production d'un certificat médical attestant que la personne ne présente pas de pathologie contraire à la pratique d'activité physique ou sportive.

Pour le renouvellement des licences, un certificat ne sera exigé qu’une fois tous les trois ans (au lieu d’une fois par an). Les autres années, le licencié remplira un questionnaire de santé lui permettant de déceler d’éventuels facteurs de risques, qui nécessitera, le cas échéant, une visite médicale annuelle. Sinon, il attestera auprès de la fédération que tel n’est pas le cas.

NB : Un renouvellement régulier du certificat médical peut être exigé par la fédération en fonction de l'âge du sportif et de la discipline, mais aussi en fonction du rythme des compétitions.

Dans tous les cas, et jusqu'au 1er juillet 2017, le document doit être daté de moins de 1 an (selon le nouvel article D231-1-1 du Code du sport, la durée d'un an s'apprécie au jour de la demande de la licence ou de l'inscription à la compétition par le sportif). Ce qui veut dire concrètement que :

  • pour la saison 2016/2017, il convient de procéder comme habituellement, à savoir que la demande de licence ou son renouvellement doit être accompagné d’un certificat médical de moins d’un an (comme indiqué dans la circulaire administrative 2016/2017) ;
  • ce certificat médical sera alors valable pour une durée de trois ans pour un renouvellement de licence sans discontinuité ;
  • ce n’est qu’à compter du 1er juillet 2017 que le licencié qui renouvellera sa licence devra remplir un auto-questionnaire (qui n’est pas encore disponible), sans avoir besoin de fournir un nouveau certificat médical, pour la saison 2017/2018 ; 
  • si l’auto-questionnaire permet de déceler une apparition de risques, alors un certificat médical sera exigé tous les ans.

 

- Un certificat, plusieurs sports

Le certificat médical vaudra pour la pratique du sport en général (que se soit en compétition ou non), à l’exception éventuellement d’une ou plusieurs disciplines, et non pour une seule discipline (comme c’était le cas jusqu’ici). 

 

Les exceptions :
 
- les événements sportifs ponctuels pour les non licenciés :
Le certificat médical de moins d'un an reste la règle pour les participatants non licenciés à des événements ponctuels. Si par exemple une personne veut participer à une course à pied alors qu'elle n'est pas licenciée à la FFA (via un club local), elle doit continuer à présenter aux organisateurs un certificat de "non contre-indication à la pratique du sport en compétition" daté de moins de 1 an.
 
- les sports à risques
Les seuls sports qui dérogent à cette nouvelle règle du certificat d'aptitude tous les trois ans sont ceux "qui présentent des risques particuliers pour la santé ou supposent une condition physique parfaite", au sens de l'article L231-2-3. Pour eux, le certificat médical reste annuel et requiert un "examen médical renforcé". Il s'agit :
  • des disciplines sportives qui s'exercent dans un environnement spécifique :
    - alpinisme ;
    - plongée subaquatique ;
    - spéléologie.
  • des disciplines sportives, pratiquées en compétition, pour lesquelles le combat peut prendre fin, notamment ou exclusivement lorsqu'à la suite d'un coup porté l'un des adversaires se trouve dans un état le rendant incapable de se défendre et pouvant aller jusqu'à l'inconscience (ex : karaté, boxe) ;
  • des disciplines sportives comportant l'utilisation d'armes à feu ou à air comprimé ;
  • des disciplines sportives, pratiquées en compétition, comportant l'utilisation de véhicules terrestres à moteur à l'exception du modélisme automobile radioguidé (ex : karting) ;
  • des disciplines sportives comportant l'utilisation d'un aéronef à l'exception de l'aéromodélisme ;
  • du rugby à XV, le rugby à XIII et le rugby à VII.

NB : En ce qui concerne les sportifs de "haut niveau", le médecin d'un sportif peut délivrer un certificat de non contre-indication à la compétition qui s'impose à sa fédération sportive.

 

Rappels :

 

La visite médicale qui précède la délivrance du certificat médical d'aptitude sportive est un acte de médecine préventive dont le coût n'est pas pris en charge par la sécurité sociale (article L321-1 du code de la sécurité sociale).

A défaut de présenter de certificat médical, en cas de blessure ou d'accident, le pratiquant sera privé du bénéfice de l'assurance obligatoirement contractée lors de la souscription de sa licence. 

- Par définition, toutes les dispositions présentées ici ne concernent pas les demandes de certificat pour la gym volontaire, la zumba, la danse de salon, l’aquagym, la relaxation... et toutes les activités physiques extra scolaires qui ne requièrent pas de licence d'une fédération sportive.

 

Texte modificatif publié le 16 octobre 2016 :

 

Le Décret n° 2016-1387 du 12 octobre 2016 modifie ainsi l’article D. 231-1-3 : 

Art. D. 231-1-3. - Sous réserve des dispositions des articles D. 231-1-4 et D. 231-1-5, la présentation d’un certificat médical d’absence de contre-indication datant de moins d’un an est exigée :
1° Tous les trois ans lorsqu’elle permet la participation aux compétitions organisées par la fédération sportive qui la délivre
2° Selon une fréquence déterminée par les fédérations après avis de leur commission médicale prévue au 2.4.2 de l’annexe I-5, qui ne peut être inférieure à une fréquence d’une fois tous les trois ans, lorsque la licence ne permet pas la participation aux compétitions

Cette modification a fait beaucoup parler sur Internet :

Au final, la bonne lecture est :

 

USA : polemique sur l'augmentation du prix de l'Epipen

Dernière mise à jour : 11.01.17

L'Association médicale américaine (AMA) a appelé mercredi 24 aout 2016 le laboratoire fabriquant le médicament antihistaminique EpiPen (un auto injecteur d'épinephrine) à baisser ses tarifs : "Même si le produit n'a pas changé depuis 2009, les prix se sont envolés de plus de 400% durant cette période (...) L'AMA demande depuis longtemps à l'industrie pharmaceutique de rester raisonnable concernant le prix des médicaments, et, avec des vies en jeu, nous appelons le fabricant à faire tout ce qu'il peut pour limiter ces coûts exorbitants", souligne le communiqué du président de l'AMA, Andrew Gurman. Pour sa défense, le laboratoire Mylan a répondu par communiqué qu'il avait mis un programme de coupons de réduction qui permettait à 80% des personnes devant utiliser ce médicament de ne rien avoir à débourser pour l'acheter ainsi qu'un autre programme de distribution dans les écoles portant sur 700.000 auto-injecteurs depuis 2012. Mais la polémique n'en est pas resté là :

Le fossé inter générationnel se creuse

Si l’accord des médecins libéraux sur le projet de nouvelle convention médicale est désormais acquis, il emporte avec lui les espoirs de renouveau portés par les jeunes médecins. Derrière cette signature en demi-teinte se cache un fossé de plus en plus béant entre des médecins bientôt retraités et une nouvelle génération qui ne se reconnaît plus dans ces modes d’exercices dépassés.

L’UNCAM propose une convention qui prolonge, pour quelques années encore, un modèle d’exercice médical obsolète et qui ne séduit plus, basé sur le paiement à l’acte, l’exercice solitaire, l’absence de pluri-professionnalité et l’absence de coordination ville – hôpital.

La jeunesse médicale tient cependant à reconnaître l’obtention de quelques rares avancées comme l’équité tarifaire entre généralistes et spécialistes, réclamée depuis de nombreuses années, ainsi que l’insertion de la reconnaissance de la maîtrise de stage et du forfait structure. La rareté de ces dernières demeures est cependant la preuve que le dialogue conventionnel est aujourd’hui largement dépassé. Les structures représentatives des jeunes médecins ne se reconnaissent plus dans un système conventionnel qui n’aura que très timidement su prendre en compte leurs attentes et leur vision de la médecine de demain.

Le texte finalement adopté ne suscitera pas plus d’envie d’installation au sein de la jeune génération, alors que l’enjeu de cette négociation était de préparer l’avenir pour assurer des soins de proximité de qualité à nos patients et des modes d’exercices en accord avec les aspirations des médecins de demain.

Une prime à l’installation dénaturée ainsi qu’une part de rémunération forfaitaire nouvelle mais anecdotique, sont autant d’exemples qui illustrent à quel point cette convention, conçue pour ne jamais donner la parole aux jeunes, participera un peu plus à la déroute de la médecine ambulatoire française, faute d’attirer de nouveaux installés.

Les jeunes médecins, ignorés par leurs aînés, appellent madame la Ministre des affaires sociales et de la santé à prendre en compte leurs propositions dans le cadre d’expérimentations proposées aux parlementaires lors du projet de loi de financement de la sécurité sociale. Ils dénoncent un accord conventionnel négocié par des anciens qui, pour certains, seront arrivés à l’âge de la retraite avant même son échéance, alors que près de 8000 jeunes médecins sont chaque année diplômés et directement concernés.

 

Pour l’ANEMF, Antoine OUDIN, Président.

Pour l’ISNAR-IMG, Yves-Marie VINCENT, Président.

Pour l’ISNCCA, Dr. Julien LENGLET, Président.

Pour l’ISNI, Baptiste BOUKEBOUS, Président.

Pour ReAGJIR, Jacques Olivier DAUBERTON, Président.

Pour le SNJMG, Dr. Émilie FRELAT, Présidente.

 

Contacts presse :

  • Antoine OUDIN, Président de l’ANEMF – president@anemf.org
  • 06 45 87 97 02
  • Yves-Marie VINCENT, Président de l’ISNAR-IMG – president@isnar-img.com
  • 06 73 07 53 01
  • Dr. Julien LENGLET, Président de l’ISNCCA  –  president@isncca.org
  • 06 43 21 17 29
  • Baptiste BOUKEBOUS, Président de l’ISNI – president@isni.fr
  • 06 87 97 70 01
  • Dr. Émilie FRELAT, Présidente du SNJMG – presidente@snjmg.org
  • 06 19 90 26 57
  • Dr. Jacques Olivier DAUBERTON, Président de ReAGJIR – president@reagjir.com
  • 06 42 18 40 14