Pourquoi le SNJMG s’engage dans le “Front Généraliste” ?

 

Depuis plusieurs mois, le Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes signale au Gouvernement qu'il fait fausse route, autant sur la forme (carences de la démocratie sanitaire, conflits d'intérêts...) que sur le fond (les différentes mesurettes mises en oeuvre ne résolvent en rien la crise grave du système de Santé et de protection sociale).

Aujourd'hui, nous constatons avec plaisir qu'un diagnostic commun est en train d'émerger parmi ceux qui réfléchissent à cette crise : ce système désorganisé a besoin d’urgence d'un vrai coordonnateur.

Le médecin généraliste est par nature ce coordonnateur : consulté pour les multiples motifs transdisciplinaires du premier recours, il supervise les interventions des professionnels paramédicaux de proximité, et, si nécessaire, oriente utilement les patients vers les autres spécialités médicales et l’hôpital, en leur construisant ainsi un véritable parcours de soin personnalisé.

Encore faut-il que le Gouvernement ne s'en tienne pas aux belles paroles et que le spécialiste en Médecine Générale dispose enfin des moyens et de l'autorité nécessaires pour exercer cette mission.

Dans l’intérêt des patients et de la Santé publique, il est essentiel que cette porte d’entrée du système de Santé soit d’un accès le plus facile possible et soit clairement IDENTIFIEE.

 

Auteurs : Conseil National et Bureau du SNJMG

 

Contact Presse : Docteur Théo COMBES

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Praticiens territoriaux de Médecine Générale : Le gadget de l'été

 

Nous connaissons tous ces jouets bas de gamme, produits à coût dérisoire, qui visent à orienter la consommation des jeunes générations. Voici le dernier né de la série, LE gadget de l’étémade in Ministère de la Santé : les contrats de praticiens territoriaux en Médecine Générale...

En ce 15 août, la parution au JO des arrêtés précisant la mise en oeuvre de cette mesure, annoncée en décembre dernier par Mme Marisol Touraine, confirme toutes les appréhensions initiales du Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG).

Le principe serait de faire venir 200 jeunes médecins dans certains territoires souffrant de désertification médicale en leur assurant “un revenu brut mensuel [...] de 6900 €”. Bien sûr, ce montant important frappe l’imagination du public... et en cas d’échec, on va s’empresser de nous dire qu’il faut passer à des mesures plus coercitives... Or s’il est bien conçu pour communiquer dans les médias et amadouer les élus locaux, le dispositif est en fait un miroir aux alouettes.

En effet, plusieurs mécanismes interviennent de telle sorte que l’engagement public reste objectivement a minima :

● Un quota de recettes à produire par le médecin (3795 € minimum par mois), ce qui correspond à une moyenne de 8 actes par jour. Notre expérience de remplaçants et des jeunes installés montre que ce seuil peut se révéler difficile à atteindre. Finalement ce dispositif exclura précisément ceux qui en auraient le plus besoin ! Ou alors inciterait on ces jeunes docteurs à faire du porte à porte ?

● Une rémunération complémentaire exprimée en honoraires bruts. Or on sait bien que les charges d’un médecin représentent en moyenne 50 % des recettes brutes. Nous pouvons donc ramener le revenu minimal garanti, net avant impôts, à environ 3450 € (le site du Ministère des Affaires Sociales et de la Santé avance le chiffre de “3460 €”).

● Une durée maximale de 2 ans. Ce qui correspond précisément au décalage dans le paiement des charges ! Sur les recettes brutes, qu’elles soient produites par lui même ou complétées par l’ARS, le jeune médecin devra bien entendu payer des charges sociales (allocations familiales, CSGCRDS, cotisation retraite...). Or la plupart des organismes préleveurs (URSSAF, CARMF...) opèrent leurs régularisations, parfois massives, en année n+2. Avec la disparition du complément de recettes et l’envolée des charges, la houle risque d’être forte pour le jeune praticien et son cabinet...

Notons que si en décembre dernier Madame Tourraine affirmait que 55.000 € annuels nets lui semblaient la rémunération “normale” pour un jeune docteur en médecine, neuf mois plus tard le calcul n’aboutit plus qu’à 41.400 €, en supposant bien sûr que le praticien territorial travaille douze mois de l’année, sans prendre de vacances !

On nous objectera peut être que l’intérêt résiduel de ce contrat serait une protection sociale un peu moins mauvaise que celles des autres médecins non salariés...

Franchement, n’est ce pas un minimum ? Surtout quand on met ça en balance avec la prise de risque de ces jeunes au service de la collectivité. Quoi qu’il en soit, quelle catégorie de travailleurs trouverait mirifique une prise en charge des arrêts de travail à partir du 7ième jour seulement ? Peut être les médecins, habitués à leurs 90 jours de carence ! Quant à la couverture des accidents du travail, on attendra encore. Ce sont ces conditions de travail insécurisantes qui doivent être modifiées prioritairement si on ne veut plus voir les jeunes médecins fuir l'installation et les plus anciens cesser prématurément leur activité.

Le praticien territorial serat il l’arbre qui cache la forêt du démembrement de la médecine de proximité ? Ou bien le gouvernement va t il enfin opérer la révolution copernicienne indispensable pour remettre notre système de Santé sur ses pieds ? Le SNJMG souhaite de réelles mesures et fera entendre ses propositions à l’automne.

Auteurs : Conseil National et Bureau du SNJMG

Contact Presse : Docteur Théo COMBES,

president@snjmg.org

Les aspirations des jeunes médecins généralistes au coeur de l'action du SNJMG

 

Suite à la publication de l'atlas de la démographie médicale du Conseil de l'Ordre (1) et d'une étude sur les jeunes médecins d'Ile de France (2) où les jeunes médecins généralistes étaient sous représentés, le Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG) rappelle les aspirations de la jeune génération de sa discipline.

 

En 2011, la thèse de Valériane Komly et Antoine Le Tourneur effectuée auprès de 4050 internes de médecine générale a montré que près de la moitié d'entre eux étaient en situation ou sous la menace de burn-out. Cette thèse a aussi révélé que 16,5 % des internes en médecine générale pensaient souvent à une réorientation et que 37 % admettaient que si c'était à refaire, ils ne repasseraient pas leur première année de médecine. L'Internat de Médecine Générale constitue donc une épreuve dont le traumatisme explique, au moins pour partie, le manque d'empressement des jeunes médecins à s'installer ; d'autant plus que l'exercice "libéral" actuel agit trop souvent comme un repoussoir pour des personnes plus ou moins avancées dans une vie familiale (3)...

En 2012, la thèse d'Alexandre Husson, alors président du SNJMG, effectuée auprès de 1 610 médecins généralistes remplaçants de moins de 40 ans, a montré que près de 80% étaient en couple (et plus de 42% avaient au moins un enfant) et que près de la moitié de ces jeunes médecins envisageait pour les 5 ans à venir, l'installation en exercice "libéral" exclusif, un quart l’exercice mixte, et pour le dernier quart l’installation était alors exclue. C’est essentiellement la charge du travail contraint associée à l’exercice libéra qui était évoquée pour motiver la non installation. Interrogés sur le temps de travail acceptable, ils étaient globalement partagés entre 39 (37,7%) et 45 heures (48,9%) hebdomadaires en moyenne.

 

C'est pleinement conscient de ces réalités que le SNJMG construit depuis toujours ses propositions pour la formation initiale et l'exercice professionnel des médecins généralistes.

 

Si certaines de ses revendications ont trouvé une traduction concrète (retour de l'internat de médecine générale et création de stages ambulatoires, repos de sécurité hospitalier, modernisation de la permanence des soins ambulatoires, couverture maternité des installées et des remplaçantes, diversification des modes de rémunération des médecins conventionnés, soutien de l'exercice en groupe...), il reste encore beaucoup de réformes à faire, concernant notamment :

- les conditions d'exercice des internes (que ce soit en stages ou à l'université)

- la création de postes salariés de la fonction publique en médecine ambulatoire

- les modalités d'installation en "libéral" et notamment dans les zones en difficultés démographiques de santé

- la convention médicale (couverture sociale, rémunération…)

 

Le SNJMG a ainsi rappelé ses revendications lors de l'élection présidentielle de 2012 (4) et à l'occasion de la présentation du pacte santé territoires de Mme Marisol Touraine (5) et il continuera à agir pour les faire appliquer.

 

 

 

Auteurs : Conseil National et Bureau du SNJMG

Contact Presse : Docteur Théo COMBES, Président du SNJMG

president@snjmg.org - 05 63 58 34 71

 

 

(1) : Atlas de la démographie médicale au 01.01.13 (CNOM)

(2) : Etude du SIHP réalisée par la Sofres sur Internet entre le 10 avril et le 5 mai, en partenariat avec l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), l'Agence régionale de santé d'Ile-de-France, Générale de santé et l'Union régionale des professionnels de santé d'Ile-de-France

(3) : Billet "le marteau et l'enclume" du 22.06.13 sur le blog de Armance, jeune installée en Médecine Générale

(4) : Election présidentielle 2012 : Le syndicat des jeunes médecins généralistes interpelle les candidats du second tour

(5) : Démographie médicale : les 10 principales mesures défendues par le SNJMG

La santé publique victime des conflits d'intérêt

 

Après les révélations de Médiapart sur une possible corruption concernant Mr Jerome Cahuzac lors de son passage au ministère de la Santé (1), le Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG) approuve la condamnation par Mme Marisol Touraine des "invitations" de parlementaires et de hauts fonctionnaires par des industriels du tabac (2). Toutefois, le SNJMG s'interroge sur la valeur de cette condamnation à l'aune de récentes décisons gouvernementales.

 

Le 9 avril 2013, le SNJMG avait alerté le Premier Ministre par voie de presse au sujet de l'étonnant pilotage de la Stratégie Nationale de Santé par un petit groupe de personnalités sans grande diversité sociologique (issues pour la plupart du milieu hospitalo universitaire) ni légitimité démocratique(aucun représentant de patients par exemple). De plus, le SNJMG avait signalé les liens d'intérêt de certains "sages" avec l'industrie pharmaceutique. Mais, ces révélations n'ont ému ni le gouvernement ni les "sages".

Ainsi, le Pr Emmanuel Hirsch a répondu au SNJMG en déniant tout impact concernant ses liens avec différents laboratoires ; que se soit Novartis (dans le dossier de la "proximologie") ou GSK (à l'occasion d'un forum sur la santé auquel il participait aux cotés de la future ministre, Marisol Touraine). Quant au Pr Perrotin, doyen de la faculté de Tours, "bien" connu pour s'être affronté aux militants de l'indépendance médicale et pour avoir imposé à ses internes de médecine une formation organisée par Novartis (3), la ministre de la Santé s'est déplacée en personne le 17 mai 2013 pour lui remettre la Légion d'Honneur (4) !

 

Dernier exemple en date, la question de la cigarette "electronique". Alors que l'agence sanitaire britannique MHRA vient officiellement de la considérer comme un moyen thérapeutique contre le tabagisme (5), Mme Marisol Touraine a repris à son compte les propositions "d'encadrement assez strict" émises par un groupe d'experts missionnés sur le sujet. Or tous les experts qui ont soutenu ces propositions présentent des liens d'interet (6) avec l'industrie pharmaceutique (notamment les laboratoires commercialisant des produits pour le sevrage tabagique) ; le seul expert ayant refusé d'y souscrire (7), Pr Jean François Etter, présente, lui, des liens avec des fabriquants d'e-cigarettes ! Mieux (ou pire ?) : le responsable du groupe d'expert, le Pr Dautzenberg, nommé personnellement par la ministre de la Santé, s'est illustré de mauvaise manière sur les ondes de France Inter. Invité le 7 Mars 2013 à débattre sur le sujet, le Pr Dautzenberg s'est emporté contre le journaliste Eric Valmir qui a osé lui demander de déclarer ses liens d’intérêts (8). Il en a profité pour dire tout le mal qu'il pensait des réglementations sur la transparence des liens d'intérêt. Il faut dire que le Pr Dautzenberg a toujours été rétif à déclarer ses liens (9) et en particulier sa proximité avec le laboratoire Pfizer qui avait placé des pages de publicité dans un magazine publié par une société créée par ce même professeur (10)...

 

Amiante, chlordecone, vioxx, mediator, diesel... les affaires de santé publique se succèdent alors que persiste la connivence des pouvoirs publics avec les divers lobbies industriels.

 

 

Auteurs : Conseil National et Bureau du SNJMG

Contact Presse : Docteur Théo COMBES, Président du SNJMG

president@snjmg.org - 05 63 58 34 71

 

 

(1) : http://www.mediapart.fr/journal/france/130613/affaire-cahuzac-la-piste-de-la-corruption

(2) : http://www.lemonde.fr/sante/article/2013/06/04/marisol-touraine-condamne-les-invitations-des-industriels-du-tabac_3423663_1651302.html

(3) : http://blog-snjmg.over-blog.com/article-la-faculte-de-medecine-de-tours-confie-ses-internes-au-laboratoire-novartis-103588724.html

(4) : http://www.lanouvellerepublique.fr/Toute-zone/Actualite/Sante/n/Contenus/Articles/2013/05/20/Dominique-Perrotin-recoit-la-Legion-d-honneur-1471940

(5) : www.­slate.­fr/­life/­73969/­cigarette-­electronique-­britannique-­medicament

(6) : http://www.ofta-asso.fr/docatel/Rapport_e-cigarette_VF_1.pdf

(7) : http://www.newsring.fr/societe/3555-pour-ou-contre-la-cigarette-electronique/55925-cigarette-electronique-la-menace-vient-des-experts-de-sante-publique-et-du-ministere-de-la-sante

(8) : http://www.unairneuf.org/2013/03/declaration-liens-interet-dautzenberg-oft-ansm-pfizer-ecig-cigarette.html

(9) : http://www.unairneuf.org/2012/02/dautzenberg-lien-conflit-interets-tabacologie-industrie-pharmaceutique-big-pharma.html

(10) : http://www.unairneuf.org/2011/06/dautzenberg-lcp-tabac.html

Conflits d'intérêts : ce gouvernement veut il vraiment sortir de l'opacité ?

 

Le 22 mai 2013, soit 18 mois après l'adoption par le Parlement de la Loi de réforme du médicament (1), le gouvernement a enfin publié le décret d'application (2) sur la transparence des avantages accordés par les laboratoires pharmaceutiques (et cosmétiques) ainsi que la charte sur l'expertise sanitaire (3).

La charte sur l'expertise sanitaire établit le principe d'indépendance comme règle de fonctionnement.

Le décret impose la publication dès octobre 2013 (et de façon rétroactive sur 2013 et 2012) des avantages "en nature ou en espèces" reçus par les professionnels de santé et étudiants, ainsi que par les associations les représentant, les associations d'usagers du système de santé, les établissements de santé, les fondations, les sociétés savantes, les entreprises éditrices de presse, les éditeurs de logiciels d'aide à la prescription et à la délivrance ainsi que les personnes morales assurant la formation des professionnels de santé. Ces informations seront à terme accessibles sur un site Internet public unique.

 

Le Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG), comme les autres organisations militant pour l'indépendance médicale, réclamait depuis longtemps un "Sunshine Act" à la française (en référence à la loi étatsunienne correspondante) et nous aurions dû logiquement féliciter le gouvernement pour la publication de ces textes.

Malheureusement, tout comme un certain nombre d'observateurs avisés, nous relevons des carences préoccupantes dans ces textes :

- la charte sur l'expertise reconnait (et justifie) des exceptions à la règle d'indépendance ;

- pour les avantages reçus, les avantages d'une valeur inférieure à 10 euros ne sont pas concernés par le décret, alors que le rôle des "petits cadeaux" a été clairement établi (4) ;

- rien n'est prévu concernant les informations des années antérieures à 2012 ;

- aucune date n'est arrêtée pour la mise en ligne du fameux site internet public (en attendant, les informations seront publiées sur les sites des entreprises du médicament et des ordres professionnels) ;

- aucune de ces informations ne sera indexable par les moteurs de recherche (un comble pour une mesure de transparence !) ;

- ces informations ne seront consultables que sur une durée de 5 ans et archivées que sur 5 années de plus (à titre d'exemple, le Médiator a été retiré du marché après avoir été disponible en pharmacies pendant 30 ans...) ;

- pour les conventions passées entre industriels et acteurs de santé, le site n'informera que de l'existence des conventions "sans contrepartie" (et guère plus !)

- les conventions "avec contrepartie" resteront confidentielles et n'apparaitront pas sur le site.

 

Bref, avec un tel dispositif, les arrangements les plus sophistiqués et les plus rémunérateurs avec l'industrie pharmaceutique (et cosmétique) ont encore de beaux jours devant eux !

Ainsi, comme le remarquent le Conseil National de l'Ordre des Médecins (5) et le collectif "Europe et Médicament" (6), ces textes ne permettront pas au public "de connaître les montants des contrats passés entre les firmes et les acteurs de la santé, ni même l'existence de tous les contrats".

Et, comme le signale le Syndicat de la Médecine générale (SMG), le montage "d’associations écran" risque d’être une façon de contourner la loi en dissimulant les personnes physiques réellement bénéficiaires (7).

 

Le caractère timoré de ces textes pourrait surprendre de la part d'un gouvernement affichant une volonté de lutter contre tout conflit d'intérêt. En fait, il est en totale cohérence avec les actes de ce gouvernement qui n'a toujours pas remis en question l'influence de l'industrie pharmaceutique dans le système de santé.

Tout le problème est là : Quand ce gouvernement finira-t-il par comprendre qu'il accepte l'influence d'un lobbying particulièrement pernicieux en accordant sa confiance à des personnalités dont la notoriété peut servir de cheval de Troie à des intérêts contraires à la Santé publique ?

Le SNJMG appelle donc le gouvernement à changer de cap et à amorcer un vrai débat démocratique avec les organisations indépendantes de patients et de soignants de terrain.

La question reste donc en suspens : les lumières du "Sunshine Act" amèneront-elles nos politiques à questionner leurs relations avec le monde de la Santé et à élargir leur vision de l'avenir au bénéfice de nos concitoyens ?

 

Auteurs : Conseil National et Bureau du SNJMG

Contact Presse : Docteur Théo COMBES, Président du SNJMG

president@snjmg.org - 05 63 58 34 71

 

1- Loi n° 2011-2012 du 29 décembre 2011 relative au renforcement de la sécurité sanitaire du médicament et des produits de santé

2- Décret n° 2013-414 du 21 mai 2013 relatif à la transparence des avantages accordés par les entreprises produisant ou commercialisant des produits à finalité sanitaire et cosmétique destinés à l'homme

3Décret n° 2013-413 du 21 mai 2013 portant approbation de la charte de l'expertise sanitaire prévue à l'article L. 1452-2 du code de la santé publique

4- Collectif Europe et Médicament " Cadeaux des firmes aux soignants : la transparence ne se marchande pas" (août 2012)

5- Décret sur la publication des liens d’intérêt et la transparence : nous sommes très loin du compte(CNOM)

6- Décret sur la transparence en santé : opacité inacceptable sur les contrats des soignants avec les firmes (Europe et médicament)

7- Décret « sunshine » : une fausse transparence (SMG)

Médecine Générale : la catastrophe est-elle inévitable ?

 

Le Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG) a pris connaissance du billet du Dr Borée, ce jeune médecin  généraliste de campagne, blogueur et auteur du livre « Loin des villes, proche des gens », qui annonce sa prochaine désinstallation (billet publié ce lundi sur son blog et repris par Rue89).

 

Le SNJMG est attristé par la nouvelle, mais pas tout à fait surpris…

 

Au cœur de notre réflexion sur la Médecine Générale se retrouvent en effet les écueils évoqués par le Dr Borée :

- insuffisances de l’aménagement du territoire dans certaines zones géographiques (Internet haut débit, couverture téléphonique, services publics de proximité…) rendant difficile un exercice professionnel moderne et de qualité,

- absence de prise en compte de la situation professionnelle et sociale du conjoint du médecin,

- modes et niveaux de rémunération inadaptés à des prises en charge de plus en plus complexes et demandeuses de temps en Médecine Générale, à partir du moment où l’on choisit de se consacrer aux populations qui en ont le plus besoin (enfants, personnes âgées, défavorisées, ayant besoin d’aide psychologique…),

- pénalisation des revenus des médecins qui veulent pratiquer cette Médecine Générale de qualité et qui refusent de tomber dans le cercle vicieux qui consisterait à tenter de compenser cette sous-cotation par une course à l’acte sans grande valeur médicale ajoutée et sans grand intérêt intellectuel, en multipliant les journées à rallonge, en sacrifiant les temps de ressourcement personnel et de formation professionnelle, en renonçant à des investissements utiles à une pratique de qualité, toutes choses qui mènent finalement au burn-out…

 

On ajoutera volontiers, entre autres :

- d’importantes contraintes administratives et de gestion qui justifieraient d’une assistance par des professionnels dédiés, rémunérés grâce des forfaits de fonctionnement ad hoc,

- un régime de protection sociale aux déficiences incompréhensibles pour des praticiens conventionnés avec l’Assurance Maladie ! (pas d’IJ avant 90 jours en maladie, pas de couverture des soins liés à un Accident du Travail…),

- un régime de retraite aux fragilités inquiétantes,

- le déni symbolique et financier de la qualité universitaire et professionnelle de la spécialité Médecine Générale au sein d’un système conventionnel qui discrimine de façon injustifiable entre médecins (le SNJMG demande la suppression du secteur 2 et son remplacement par un secteur unique revalorisé),

- sans oublier le florilège des « fausses bonnes idées » coercitives, censées résoudre la crise démographique et qui achèvent de faire fuir les plus motivés !

 

Depuis des années, le Syndicat National des Jeunes Généralistes (SNJMG) alerte les pouvoirs publics sur cette crise grave de la Médecine Générale et avance des propositions, notamment en publiant l'hiver dernier ses 10 principales mesures face aux défis de la démographie médicale.

 

A travers la médiatisation de ce cas personnel qui nous touche*, nous souhaitons que les responsables publics prennent enfin la mesure exacte de la crise de la Médecine Générale. Il ne suffira pas de quelques gadgets pour sauver la médecine de proximité, c’est tout le modèle économique et professionnel de la Médecine Générale qu’il faut repenser d’urgence.

 

Cette métamorphose devenue indispensable nécessite bien sûr une redistribution de moyens : c’est au Président de la République, au Premier Ministre et à Madame la Ministre des Affaires Sociales et de la Santé de prendre leurs responsabilités en prouvant que la Santé des Français leur tient réellement à cœur.

 

Vous pouvez éviter la catastrophe ! Il faut agir, maintenant !

 

(* : Bon vent à Borée, que nous saluons)

 

                                                                                                    

Contact : Théo COMBES - president@snjmg.org - 06 81 00 22 90

Passage de relai au Bureau du SNJMG

 

L’Assemblée Générale du SNJMG qui s’est tenue à Paris le samedi 2 mars dernier a été un moment fort de la vie du syndicat des jeunes médecins généralistes.

 

Alexandre HUSSON, qui a présidé le SNJMG pendant 4 ans, a présenté aux membres le bilan moral et financier de l’année 2012, voté à l’unanimité.

 

Conformément aux statuts, le Bureau National a été renouvelé par moitié et son organigramme fonctionnel vient d'être modifié comme suit :

   

Président :
Theo Combes (médecin généraliste installé - Midi Pyrénées)

Vice présidente :

Emilie Frelat (Interne de Médecine Générale, en année de thèse - Ile de France)



Secrétaire Général :
Alexandre Husson (médecin généraliste remplaçant - Ile de France)

 

Secrétaire Général adjoint :

Yassine Bouakaz (médecin généraliste installé - Centre)

 

Trésorier :
Procope Panagoulias (médecin généraliste installé - Paris) 

 

Autres membres du bureau :

Marine Crest-Guilluy (médecin généraliste remplaçante - Ile de France) 

Hélène Cesbron (médecin généraliste remplaçante - Aquitaine)

Maurice Gueran (médecin généraliste remplaçant - Ile de France)

Marina Lanzi (Interne de Médecine Générale - Bretagne)

Patricia Martel (médecin généraliste remplaçante - Aquitaine) 
Marc Bruel (médecin généraliste remplaçant - Ile de France)

David Martin (interne de Médecine Générale - Ile de France)

Anne Saint Martin (médecin généraliste installée - Midi Pyrénées) 

 

Le nouveau Bureau s’est déjà mis au travail afin de promouvoir de façon toujours plus efficace les valeurs portées depuis sa création par le Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes :

 

- reconnaissance du rôle fondamental de la Médecine Générale au sein du système de Santé et au service de chaque patient, 

- valorisation de la Médecine Générale en tant que spécialité clinique, scientifique et universitaire,

- exigence d’une formation initiale et continue d’excellence en Médecine Générale, autonome (enseignants, sociétés savantes et organismes de formation issus de la discipline elle-même) et indépendante (en particulier de l’industrie pharmaceutique), 

- réforme des conditions d’exercice de la Médecine Générale avec des modes et niveaux de rémunération suffisants pour permettre aux praticiens de participer pleinement à la formation médicale continue et initiale (développement professionnel continu, maîtrise de stage, enseignement…), de trouver un équilibre entre leur vie professionnelle et personnelle (prévention du burn-out), de développer la coordination entre professionnels de santé, d’assurer des missions de santé publique (information, prévention, alerte sanitaire, pharmacovigilance…), d’accorder plus de temps à l’écoute et à la prise en charge qualitative de chaque patient…

 

 

Quant à la méthode choisie, elle repose sur deux axes principaux :

 

- confiance renouvelée en la démocratie directe et développement du syndicalisme participatif s’appuyant sur les nouvelles technologies de communication,    

- dialogue et synergie avec l’ensemble des forces qui œuvrent pour la reconnaissance, la valorisation et la qualité de la Médecine Générale.   

 

 

Contact presse : Théo Combes (05 63 58 34 71)

Indépendance de la formation et transparence des liens d'intérêt: encore des mots, toujours des mots !?

 

Le Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG) prend acte de la volonté exprimée par Madame la Ministre des Affaires Sociales et de la Santé de faire la clarté sur les conflits d'intérêts en Médecine.
Mme Touraine a annoncé la parution prochaine d'un décret instaurant une  « transparence totale »  et la création d'un site Internet facilement accessible répertoriant les liens entre les professionnels de santé et les laboratoires pharmaceutiques.
Ce serait enfin une bonne nouvelle, dans la mesure où le gouvernement avait donné jusqu'à présent des signaux contraires : passivité devant l'entrisme de l'industrie pharmaceutique dans les facultés de médecine et dans les agences sanitaires, volonté de l'administration de limiter la portée des décrets à venir sur les conflits d'intérêts (cf compte rendu du Formindep des réunions de travail au ministère) et nomination au comité des sages sur la Stratégie Nationale de Santé, de deux personnalités (sur 6 !) notoirement liées à l'industrie pharmaceutique : le Pr Emmanuel Hirsch a été impliqué dans la "proximologie" soutenue par le laboratoire Norvartis et le Pr Perrotin, doyen de la faculté de Tours, a imposé à ses internes de médecine une journée de formation organisée par ce même laboratoire Novartis.
Dernier exemple relevé par le Formindep, la parution au JO le 03.03.13 des orientations nationales du DPC (formation continue des professionnels de santé) qui ne prennent aucunement en compte les conflits d'intérêts "ni au chapitre de la gestion des risques ni au chapitre de l'amélioration de la prise en charge des patients ni dans aucun chapitre".
 
Pour le SNJMG, syndicat indépendant regroupant internes, remplaçants et jeunes installés ou salariés en Médecine Générale, tout se passe pour l'instant comme si le discours de la ministre n'était qu'un écran de fumée destiné à masquer des accommodements avec l'industrie du médicament et des produits de santé
 

Contact Presse : Alexandre Husson (06.43.00.37.82) 

Lettre d'information du Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG) # 142

 

Bonjour

 

Pilules contraceptives, Diane 35, statines et, maintenant, Cytotec : les polémiques autour de médicaments s'enchaînent en ce début 2013…

Dans ces débats publics, la voix des jeunes médecins généralistes épris d'indépendance a été portée par le SNJMG et ses analyses ont été reprises dans l'un des éditos du journal "Le Monde" sur les pilules.

 

Au quotidien, le SNJMG poursuit son action d'information auprès des médecins généralistes en leur fournissant des aides utiles à leur pratique. Ainsi depuis deux ans, le syndicat met à leur disposition des informations concernant des médicaments utilisés en Médecine Générale faisant l'objet d'alertes de la part des agences sanitaires (françaises, européennes ou US) et/ou de revues de qualité (PLOS, Cochrane Collaboration, Revue Prescrire).

Ces informations, ainsi référencées, sont régulièrement mises à jour. Depuis le 1er février 2013, nous avons procédé aux actualisations concernant le diclofenac, l'allopurinol et bien sûr le Cytotec et les statines (avec la énième défausse de l'ANSM sur les médecins concernant les nouvelles règles de prescription des "pilules de 3e et 4e génération"). Libre ensuite à chacun(e) de les confronter à l'enseignement de sa formation (initiale et continue) et d'en tirer les conséquences qu'il juge utiles et/ou nécessaires dans sa pratique quotidienne. Les retours positifs des médecins généralistes nous encouragent à poursuivre dans cette voie.

 

Une mission d'autant plus importante que les doutes sont nombreux sur une véritable évolution du système de santé français vers plus d'indépendance et de transparence... Ainsi, l'ANSM vient de nommer une ancienne responsable de Sanofi (16 ans de carrière), directrice de l'évaluation au sein de l'Agence et le ministère de la Santé limite la portée des futurs décrets sur les conflits d'interets(transposition en France du "sunshine act" US). Même le sommet de l'Etat ne s'embarasse plus de cette question pour placer des hommes ou des femmes à des postes clés. Ainsi, parmi les six personnalités nommées par le Premier Ministre au comité des sages chargé de réfléchir à une stratégie nationale de Santé, deux au moins (soit un tiers du comité) présentent des liens d'intérêt avec l’industrie pharmaceutique : Mr Emmanuel Hirsch a été impliqué dans la "proximologie" soutenue par le laboratoire Norvartis et le Pr Perrotin, doyen de la faculté de Tours, a imposé à ses internes de médecine une journée de formation organisée par ce même laboratoire Novartis !  

 

L' action du SNJMG en faveur d'une formation médicale indépendante et de qualité mais aussi les actions du syndicat pour de meilleures conditions d'exercice des internes, des remplaçants et des installés en Médecine Générale seront débattues lors de l'AG du syndicat qui se tiendra ce samedi après midi (02 mars 2013) dans les locaux de la revue Prescrire à Paris.

Tous les membres du syndicat et tous les jeunes médecins généralistes intéressés sont invités à y participer !

 

Parmi les petites annonces de notre site Internet (où sont inscrits gratuitement plus de 40% des remplaçants de Médecine Générale), nous tenons à vous informer des propositions suivantes :

- Une MSP est en projet à Limay (78), si vous êtes interessé(e) par ce projet, merci de vous manifester à l'adresse : info@snjmg.org

LE DEPARTEMENT DE MEDECINE GENERALE du CENTRE HOSPITALIER SPECIALISE DE LA SARTHE (72) recrute UN MEDECIN GENERALISTE (Statut: P.H. temps plein ou temps partiel, Attaché, Contractuel ou Assistant) pour compléter UNE EQUIPE DE NEUF MEDECINS GENERALISTES.

Pour tous renseignements, veuillez contacter:

Dr. CABUS, Chef du Pôle Transversal Interne (poste 5635; mail: b.cabus@chs-sarthe.fr)

Dr. VERITE, Chef du Département de Médecine Générale (poste 3756; mail: f.verite@chs-sarthe.fr)

CENTRE HOSPITALIER SPECIALISE DE LA SARTHE

20 Avenue du 19 mars 1962

BP 50004

72703 ALLONNES Cedex

Tél: 02.43.43.51.51

www.chs-sarthe.fr

 

Par ailleurs, nous vous proposons d'apporter votre contribution à deux thèses de Médecine Générale :

- Une remplaçante généraliste s'intéresse à l'exercice d'activités médicales hors cabinet par les médecins généralistes des Hauts-De-Seine. Elle souhaite étudier le recours à cette pratique souvent inconnue des étudiants en médecine, les avantages à avoir une activité médicale extérieure au cabinet et les inconvénients. Tous les médecins généralistes sont invités à y répondre car ceux qui n'en exercent pas peuvent donner leurs raisons. Son questionnaire est en ligne, sur Google.

- Un Interne de Médecine Générale prépare sa thèse sur le rôle du Médecin Généraliste vis à vis de l'aptitude au permis de conduire en Europe. Dans l'optique de l'arrivée du nouveau permis de conduire unique en 2013, la Directive Européenne a prôné pour une uniformisation des contrôles médicaux en Europe. Le but de sa thèse est de faire une synthèse de comment s'organise les examens médicaux pour la conduite dans l'ensemble des pays de l'Europe. Merci de renvoyer le questionnaire joint à ce message, dûment rempli, à l'adresse : xavierddl@yahoo.fr

Stratégie Nationale de Santé ou erreur stratégique de santé ?

 

Un professeur de médecine ouvrant sa faculté à l'industrie pharmaceutique est nommé au comité des sages! 

 

Accompagné des ministres de la Santé et de la Recherche, le Premier Ministre, Jean-Marc Ayrault, a présenté, vendredi à Grenoble, les bases "d'une réforme structurelle du système de santé".

 

Le Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG) qui s'est toujours battu pour un accès de tous à des soins de qualité ne peut qu'approuver la volonté du chef du gouvernement de remettre de l'égalité dans un système de santé consolidé.

 

Toutefois, en pleine crise autour des pilules de 3/4e génération, le Premier Ministre nomme dans "le comité des sages", chargé de conseiller le gouvernement dans cette réforme, le Pr Perrotin, un doyen de faculté de médecine qui sous traite la formation de ses internes à l'industrie pharmaceutique !

 

Alors que depuis l'affaire du Mediator, on sait à quel point la formation des médecins est sous l'influence de l'industrie pharmaceutique, est ce la volonté du gouvernement d'officialiser et de pérenniser cette situation ?

Par ailleurs, si le Premier Ministre annonce qu'au travers de cette réforme, il veut promouvoir "une médecine de proximité", le SNJMG constate que paradoxalement, dans le comité des sages, 4 des 6 membres sont issus du milieu hospitalo universitaire ; il n'y a qu'un seul médecin généraliste et aucun représentant de paramédicaux ni de patients.

 

Le SNJMG, syndicat indépendant de l'industrie pharmaceutique, se félicite que notre gouvernement projette une stratégie nationale pour notre système de santé, mais regrette qu'elle soit ainsi confié à un groupe de personnalités majoritairement éloignées de la réalité du quotidien des patients et des professionnels de la santé.

 

Le SNJMG souhaite une réaction du gouvernement avec une révision de la composition du comité des sages actuellement inadaptée et discréditée par la présence d'une personnalité compromise avec l'industrie pharmaceutique.

 

Contact Presse : Alexandre Husson (06.43.00.37.82)