Coup de chapeau au « printemps de Roanne »

 

Après la colère de l’automne à la découverte du texte du projet de loi de Santé, après la rude mobilisation de l’hiver qui a culminé avec la grande marche parisienne du 15 mars, voici venir le temps du « printemps de Roanne »…

 

Les médecins généralistes de cette localité ont en effet lancé un mouvement de grève totale depuis déjà trois jours, qui semble maintenant s’étendre à d’autres foyers de contestation.

 

Leurs motivations sont faciles à comprendre dans le contexte actuel et sont partagées par l’ensemble des médecins généralistes : des « conditions d'exercice difficiles » et de « multiples obstacles locaux et nationaux pour rendre ce métier essentiel attractif ».

 

Des citoyens ont également initié un collectif et lancent eux aussi une alerte sur la disparition de la médecine générale. C’est un point très positif, à l’heure où un nouveau pacte de confiance entre les médecins et la société semble devenu indispensable.

 

Alerté par des membres de ce mouvement, le SNJMG a souhaité leur exprimer son soutien.

 

Alors que l’examen du projet de loi de Santé va commencer au Sénat et que la reprise de négociations conventionnelles devient plus qu’urgente, restons tous mobilisés pour que nos idéaux germent enfin dans le réel !

 

Contacts Presse :

 Théo COMBES - Président - 06 81 00 22 90 - president@snjmg.org

Emilie FRELAT -  Première Vice-Présidente - 06 19 90 26 57- frelat.emilie@gmail.com

 

Pour se renseigner sur :

Pages Facebook : "Le printemps Roannais " et " Roannais Collectifsante"

Blog : http://alternativesenmedecinegenerale.over-blog.fr/

Temps de travail des internes, le SNJMG organise la vigilance

 

Ce lundi 4 mai 2015, les internes en médecine ont débuté un nouveau semestre d’internat qui a la particularité d'inaugurer l'entrée en vigueur du décret réformant le temps de travail des internes

Le Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG) avait dénoncé les insuffisances notoires de ce texte bancal qui joue avec les demi-journées de formation comme variable d’ajustement et qui renonce à définir clairement le périmètre de la semaine de 10 demi-journées, ouvrant la voie à tous les débordements, notamment le samedi.

Toutefois, le SNJMG ne pouvait qu’être révolté par le courrier adressé au ministère de la Santé par la Fédération Hospitalière de France (FHF) associée aux directeurs des hôpitaux, aux présidents des commissions médicales d’établissements et aux doyens des facultés de médecine, appelant à repousser encore d’un semestre la réduction du temps de travail des internes !

La nouvelle législation sur le temps de travail des internes n'est pourtant qu’une tentative indispensable et déjà tardive de mise en conformité avec le droit européen. Le SNJMG s’était positionné aux côtés de la quasi-totalité des organisations nationales d'internes en santé sur un projet clair et cohérent pour répondre à la mise en demeure de la commission européenne. A l’époque tous ces les responsables hospitaliers avaient publiquement rejeté la solution des internes et soutenu le projet bancal et insuffisant de la ministre de la Santé qu’ils critiquent aujourd’hui…

C’est donc avec une certaine inquiétude que les internes attendent de voir l’application concrète de ce texte, surtout après avoir entendu le Président de la FHF s’exprimer sur les ondes de RTL le 4 mai 2015 : "Faire croire que du jour au lendemain, les hôpitaux se sont tous réorganisés pour prendre en compte la diminution du temps de travail des internes serait un leurre" …

Cet épisode rappelle au SNJMG la forte opposition hospitalo-universitaire à la mise en place du repos de sécurité pour les internes au tournant des années 2000. Déjà pionnier des revendications pour l'amélioration des conditions de travail des internes, le SNJMG s'était alors investi dans 4 grèves nationales pour afin d' obtenir tout le dispositif réglementaire nécessaire à l'application de cette mesure salutaire, tant pour la santé des internes patients que pour celle des patients. 15 ans après, le SNJMG fait le constat désolant que l'application de cette mesure souffre toujours d'exceptions.

 Face à des responsables  hospitaliers qui demandent plusieurs mois d'adaptation et un ministère de la Santé qui tarde à publier tous les textes d'accompagnement nécessaires, le SNJMG s'inquiète de l’habitude bien ancrée de prendre les internes pour la « chair à canon » des hôpitaux.

En conséquence, le SNJMG appelle les internes à lui signaler chaque situation de manquement à la législation censée protéger les internes, en utilisant le mail assistance@snjmg.org ou en laissant un message vocal ou écrit au 07 61 36 62 22.

 

Contacts Presse :

Théo COMBES - Président - 06 81 00 22 90 - president@snjmg.org

Emilie FRELAT -  Première Vice-Présidente - 06 19 90 26 57- frelat.emilie@gmail.com

 

ROSP : il faut revoir la copie

 

Ce lundi, la CNAM a fait grand cas de la « prime qualité » versée aux médecins (entretien de Nicolas Revel, Directeur Général de la CNAM, au « Quotidien du Médecin » le 27 avril 2015).

Le SNJMG tient à rappeler que la Rémunération sur Objectifs de Santé Publique (ROSP) n'est pas une « prime » mais une rémunération conventionnelle complémentaire. En diversifiant les modes de rémunérations de médecins conventionnés, elle a le mérite de tenter de limiter les effets pervers du paiement à l’acte, dont le principal défaut est de plus récompenser la quantité que la qualité.

 

Malheureusement, le dispositif actuel souffre de nombreux défauts de conception :

- Sur la forme, c'est une rémunération au statut réglementaire flou, n’étant ni une rémunération conventionnelle intégrée (comme la nomenclature générale des actes professionnels - NGAP - ou la Classification commune des actes médicaux - CCAM), ni un contrat optionnel signé entre médecin et sécurité sociale (comme c'était le cas pour l'Option Médecin Référent - OMR - et le Contrat d’Amélioration des Pratiques Individuelles - CAPI),

- Sur le fond, c'est une rémunération qui « mélange torchons et serviettes » puisqu'elle adjoint à une vraie rémunération sur Objectifs de Santé Publique des forfaits liés à l’organisation du cabinet médical ainsi qu’un dédommagement pour la télétransmission de Feuilles de Soins Electroniques (FSE), avec l’illogisme que la non-validation de l'objectif de télétransmission des FSE annule non seulement le dédommagement correspondant mais aussi celui concernant l'organisation du cabinet…

- Sur le choix des indicateurs « de santé publique » : ils peuvent être très discutables et font poser la question de l’indépendance des personnes en charge de leur élaboration, ce qui a d’ailleurs amené un certain nombre de médecins à refuser la prime de la ROSP afin d’éviter le risque d’un conflit d’intérêts vis-à-vis de leurs patients,

- Sur la pénalisation des jeunes médecins : la ROSP ne concernant pas les remplaçants et pénalisant les jeunes installés, puisqu’elle est calculée sur des indicateurs qui n’existent pas la première année d’installation et est indexée sur la taille de la patientèle.

 

Devant cette situation, le SNJMG propose plusieurs mesures simples :

- distinction entre la rémunération sur objectifs de santé publique (faisant l'objet d'un contrat optionnel annuel avec tacite reconduction) d’une part, et des dotations conventionnelles structurantes (organisation du cabinet, informatisation…) d’autre part,

- détermination des Objectifs de Santé Publique par un collège d'experts indépendants, avec validation par les parties signataires de la convention médicale,

- calcul de la ROSP sur une base minimale forfaitaire de 500 patients pour les 5 premières années d'installation si nécessaire.

 

Par rapport à l’année dernière, le SNJMG se réjouit que la CNAM ait déjà accédé à sa revendication d’un règlement simultané de la ROSP des jeunes installés avec celle des autres médecins.

 

En espérant qu’il y aura moins d’injustices et d’erreurs que les années précédentes, le SNJMG appelle les jeunes médecins à lui signaler tout problème concernant la ROSP.

 

Plus globalement, face à la crise actuellement traversée par la médecine générale, le SNJMG demande une réforme en profondeur de la convention médicale, avec un secteur unique revalorisé et l’instauration de véritables dotations conventionnelles structurantes, favorisant notamment l’emploi d’auxiliaires salariés (devenus indispensables pour la gestion du tiers-payant, l’accueil des patients, la tenue optimale des dossiers médicaux, le développement de nouvelles activités de prévention et d’éducation thérapeutique…), ces dotations étant bien sûr majorées lors des premières années d’exercice afin de sécuriser et de stimuler l’installation.  

 

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Article 18 sur le tiers-payant : Consternant

 

 

L'Assemblée Nationale a voté mardi dernier en première lecture la loi dite « de modernisation de notre système de santé ».

Le Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes a étudié avec une attention particulière la mouture retenue pour l’article portant sur le tiers-payant.

 

L’article 18 commence par enfoncer des portes ouvertes, en prévoyant la mise en place en 2016 du tiers-payant pour les consultations concernant les affections longue durée (ALD) ou la maternité… ce qui se pratique déjà sans difficulté, puisque ces consultations sont prises en charge à 100% par le régime obligatoire.

La vraie nouveauté (ou la vraie difficulté ?), c’est-à-dire le tiers-payant pour le reste des assurés portant à la fois sur la part des dépenses prise en charge par l’assurance maladie obligatoire et sur celle couverte par leur organisme d’assurance maladie complémentaire, est quant à elle repoussée à 2017.

 

Pour quelle raison ? Tout simplement parce qu’il est impossible de dire aujourd’hui comment cela sera techniquement réalisable. Le SNJMG avait bien identifié cette situation ubuesque lors des réunions du groupe de travail dédié au sujet, le texte de la loi le confirme !

En effet, l’article 18 prévoit que les solutions techniques seront précisées au plus tard le 31 octobre 2015, c’est-à-dire après le vote de la loi… N’est-ce pas ce que l’on appelle mettre la charrue avant les bœufs ? Pourquoi vouloir graver dans le marbre de la loi un dispositif dont les modalités pratiques demeurent dans un flou inquiétant ?

 

Quels sont les enjeux de ces choix techniques ? Ils concernent d’un côté le déroulé concret de la consultation médicale, d’autre part l’orientation et l’avenir de notre système de protection sociale.

En effet, la relation entre le médecin et le patient est déjà parasitée par de nombreuses tâches administratives. Faut-il alourdir encore ces aspects par la vérification des droits d’assurance maladie obligatoire, des droits d’assurance complémentaire, de la déclaration du médecin traitant, de l’autorisation de prélèvement des franchises sur le compte du patient ? Que va-t-il se passer si ces conditions ne sont pas remplies ? Les difficultés déjà expérimentées par les praticiens pour vérifier et récupérer les tiers-payants ne sont pas de nature à nous rassurer. Ainsi, au lieu de formuler une nouvelle obligation, il eut été plus sage de rechercher d’abord les solutions pratiques permettant de faciliter le recours au tiers-payant chaque fois que cela est utile et pertinent.  

 

Notre protection sociale se distingue actuellement par un panachage peu logique et peu compréhensible entre une assurance maladie publique et des organismes complémentaires. Suivant la volonté du Président de la République,  la loi du 14 juin 2013 a imposé la généralisation d’une complémentaire santé pour tous les salariés, achevant ainsi de vider de son sens le concept de ticket modérateur. Qu’est-ce qui empêchera ensuite les pouvoirs publics de déplacer le curseur, de manière discrète grâce au tiers-payant, de la sécurité sociale vers les assurances privées ? L’insistance des complémentaires en faveur d’une gestion du tiers-payant en deux flux, c’est-à-dire indépendamment de l’assurance maladie, est à mettre en parallèle avec leur volonté affichée de devenir non seulement des payeurs mais aussi des décideurs. Il faut se poser la question de la légitimité et de la pertinence de cette privation rampante de notre protection sociale.

 

S’il ne résout pas vraiment les difficultés pratiques des médecins, le texte voté par les députés a quand même le mérite de sembler résister au lobbying des complémentaires, puisque c’est à l’assurance maladie qu’il confie « la mission générale de pilotage du déploiement et de l’application du tiers payant ».

Reste à voir comment sera interprétée l’expression « flux unique de paiement », là où parler d’un flux unique de facturation et de paiement eut été plus clair. Le SNJMG continue à réclamer pour les professionnels de santé un interlocuteur et un payeur unique, c’est-à-dire l’assurance maladie, à charge pour elle de s’articuler avec les assurances complémentaires tant que perdurera ce système bancal de protection sociale.

Afin de simplifier les choses, le SNJMG préconise la suppression du ticket modérateur dans le champ des soins primaires et du parcours de soins coordonné par le médecin traitant, rendant ainsi le recours aux complémentaires inutile dans ce domaine.

 

Dans un système de protection sociale qui se veut « universel », quel est le sens de la vérification des droits ? Des milliers de personnes qui auraient droit à la CMU l’ignorent ou renoncent devant la complexité des démarches. Il faut passer un cap et simplifier radicalement l’ouverture des droits. Des économies importantes sont à attendre d’une fusion des différents régimes d’assurance maladie, inadaptés au monde du travail actuel.

 

Le SNJMG s’insurge contre l’imposture sociale du gouvernement. Bien loin de tenir la promesse du candidat Hollande de supprimer les franchises médicales, la « gauche » prévoit dans cet article 18 leur récupération sur les comptes bancaires des français…

A l’image du reste de la loi, cet article 18 brille donc par son manque d’ambition et de cohérence. Il est consternant de constater que les grands enjeux de la survie de notre système de protection sociale solidaire, ainsi que celle d’une médecine de proximité, n’ont pas été compris par les députés.

 

Continuant à dénoncer les insuffisances préoccupantes de cette loi, le SNJMG a d’ores et déjà pris rendez-vous avec plusieurs sénateurs afin de peser sur la suite du processus parlementaire.

 

 

Contacts Presse :

 Théo COMBES - Président - 06 81 00 22 90 - president@snjmg.org

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Mise en œuvre du décret relatif au temps de travail des internes

 

Fédération Nationale des Syndicats d'Internes en Pharmacie et Biologie Médicale  

Inter Syndicat National des Internes

Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes

Syndicat National des Internes en Odontologie 

 

Madame Marisol Touraine

Ministre des Affaires Sociales, de la Santé et des Droits des Femmes

14 avenue Duquesne 75007 Paris

 


Paris, le 13 avril 2015

 

Madame la Ministre,

 

Nous vous interpellons ce  jour suite au courrier appelant à repousser d'un semestre la mise en place du décret relatif au temps de travail des internes. Cette demande de report est inacceptable. 

Certes, ce décret nous semble inefficace pour améliorer les conditions de travail des internes. En effet, comment faire réellement tenir dix demi-­‐journées de temps de travail sur onze demi-journées ? Comment justifier le découpage du temps de formation hors stage tel qu'actuellement proposé ? Pourquoi les arrêtés satellites n'ont-ils toujours pas été examinés et publiés ? 

Nous avons fait part à vos services de nos propositions et certaines n'ont pas été retenues telle que le besoin d'un pool minimal de six internes pour constituer une ligne de garde. Parallèlement, vous vous êtes engagée à faire publier un arrêté visant à mettre en place l'expérimentation du samedi matin de garde et aucun document de travail ne nous est encore parvenu. De plus, la mise en application immédiate de ce texte sur le terrain révèle des incohérences et exige de trouver des éclaircissements rapidement, améliorant ainsi concrètement et véritablement les conditions de tr avail des internes. 

Dans l’attente d’une réponse rapide de votre part quant à l'impérieuse exigence de sa mise en oeuvre dès le mois de mai prochain et d’un signal de concrétisation des engagements pris en novembre dernier, nous vous prions, madame la Ministre, d'agréer l’expression de nos considérations les meilleures. 

 

 

Pour la FNSIP-­BM, ses coprésidents : Mickaël Fortun et Thomas Riquier

Pour l’ISNI, sa présidente : Mélanie Marquet

Pour le SNIO, sa présidente : AnnaKarimova  

Pour le SNJMG, son président : Dr Théo Combes

 

Le SNJMG appelle l’Assurance Maladie à faire sa révolution des soins primaires

 

Malgré le raz-de-marée de la grande manifestation du 15 mars, les pouvoirs publics ne semblent toujours pas comprendre l’urgence de signaux forts pour sauver la Médecine Générale du naufrage et construire un système de Santé plus efficient et plus solidaire.

 

Ainsi, alors que la ministre de la Santé a jugé inutile de se rendre au Congrès de la Médecine Générale, les propos tenus par Monsieur Nicolas Revel, Directeur Général de l’Assurance Maladie, ont malheureusement laissé transparaître une absence totale de compréhension de la problématique, pire l’absence manifeste de volonté de la traiter.

 

Or, au moment où débute l’examen de la loi de Santé à l’Assemblée Nationale, avec de nouveaux amendements censés renforcer le rôle du médecin traitant et la place des soins primaires, il est logique de se poser la question des moyens.

 

La loi de Santé et le budget de l’Assurance Maladie sont en effet les deux faces d’une même médaille : on ne peut pas réformer le système de soins sans redistribuer les moyens. Enormément d’argent est déjà dépensé en France pour la « Santé »…Malheureusement les scandales dévoilés récemment montrent bien que les arbitrages de ces dernières décennies ont trop souvent été rendus dans un sens contraire de l’intérêt général. Il est temps de redéfinir clairement les priorités de financement de notre système de soins.

 

Dans ce contexte, le Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG) comprend le passage à l’acte de certains médecins généralistes qui ont décidé de commencer à coter la Majoration Provisoire Clinique (2 euros) à l’instar de tous les autres cliniciens, ce qui appelle à une officialisation rapide du remboursement par l’Assurance Maladie. En effet, plus de 10 ans après la reconnaissance de la Médecine Générale comme une spécialité, il est devenu franchement insupportable qu’elle soit la seule ainsi discriminée, à cause d’un avenant conventionnel jugé illégal par le Conseil d’Etat mais toujours opposé par l’Assurance Maladie…

Devant la grave crise des installations en Médecine Générale, le SNJMG appelle depuis plusieurs mois à un véritable plan Marshall de la part de l’Assurance Maladie :

- dotations conventionnelles favorisant l’emploi de personnel administratif dans les cabinets, corolaire minimal indispensable à la mise en place d’un tiers-payant facilité,

- augmentation des rémunérations forfaitaires en rapport avec la prise en charge globale de la patientèle (sans pénaliser cette fois-ci les jeunes installés !),

- application de la majoration provisoire clinique (MPC) à la Médecine Générale au même titre que les autres spécialités cliniques, permettant ainsi le remboursement d’une consultation à 25 euros,

-  application de la majoration de coordination généraliste (MCG) dès lors que le médecin généraliste réalise un courrier (ou autre acte de coordination) à destination d’un correspondant au cours de la consultation, laquelle sera donc valorisée à 28 euros, à l’égal de ce que cotent les autres spécialités pour leurs consultations de base.

 

Il est donc indispensable que l’Assurance Maladie ouvre en urgence de nouvelles négociations conventionnelles, sans prendre prétexte de telle ou telle échéance électorale pour les repousser aux calendes grecques, et en y associant naturellement les structures de jeunes médecins, concernés en premier chef par l’avenir du système de soins.

 

Le préavis de grève totale et illimitée qui a été déposé le 23 mars par le SNJMG court toujours et concerne toutes les catégories de jeunes médecins généralistes (internes, remplaçants, jeunes salariés et installés) qui participent à des actions locales et nationales.

 

Le SNJMG s’est exprimé ce matin à la conférence de presse des syndicats grévistes en faveur de la poursuite du mouvement jusqu’à l’obtention de réelles avancées pour un système de Santé réorganisé, plus efficient et plus solidaire.

 

 

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Conflits d’intérêts en Santé : Stop au double jeu de l’Etat !

 

L’enquête publiée mardi dernier par le site d’information indépendant MEDIAPART montre de manière accablante l’existence de conflits d’intérêts massifs entre les pouvoirs publics et l’industrie pharmaceutique, situation dénoncée et combattue avec constance par le Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG).

L’important travail d’investigation mené par les deux journalistes révèle qu'un « petit groupe d'amis », constitué de présidents, vice-présidents et autres membres des principales commissions du système français de contrôle du médicament, a « secrètement conseillé les laboratoires sur la meilleure façon de présenter leurs dossiers » devant les commissions décidant de l’autorisation de mise sur le marché et du remboursement des médicaments.

Alors que certains laboratoires affirment avoir versé près de 60.000 euros à certains responsables de ces agences étatiques en échange d’une rencontre discrète, un des « experts » qui a accepté de témoigner avoue avoir touché « seulement » 1.000 à 1.500 euros par réunion : « C'était toujours en espèces. Je trouvais soit une enveloppe dans le dossier qu'on me transmettait, soit une enveloppe dans ma chambre d'hôtel, sur mon lit. »

Le SNJMG prend acte de la décision rapide des dirigeants actuels de la Haute Autorité de Santé (HAS) et de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) qui ont annoncé ce jeudi 26 mars 2015 avoir lancé des enquêtes internes et saisi le Procureur de la République.

Du côté du ministère de la Santé, comme lors des affaires précédentes (MEDIATOR, CAHUZAC, MORELLE…) on joue l’étonnement et l’indignation devant les micros, mais sans avoir jamais démontré une réelle volonté de réformer le système en profondeur. Pire, Madame Marisol TOURAINE est la signataire des décrets du 21 mai 2013 et porte donc la responsabilité de la dénaturation complète des ambitions de transparence et d’indépendance contenues dans la loi du 29 décembre 2011, votée dans les suites du scandale du MEDIATOR.

 

Le SNJMG avait exprimé sa consternation devant l‘hypocrisie de ces décrets :

  • organisant la publication des frais d’hôtellerie à partir de 10 euros, mais excluant la publication des importantes rémunérations perçues par certains médecins ayant des contrats avec l’industrie pharmaceutique… (décret 2013-413)
  • permettant aux agences (principalement HAS et ANSM) de définir elles-mêmes leur tolérance quant aux liens d’intérêts de leurs experts… (décret 2013-414)

 

Le SNJMG a soutenu pleinement les démarches menées par le Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM) et par l’association FORMINDEP auprès du Conseil d’Etat, lequel a finalement décidé le 24 février 2015 :

  • de maintenir tel quel le décret 2013-413 portant sur l’expertise sanitaire… ce qui semble très ironique et mal adapté au vu des révélations récentes.
  • d’annuler deux alinéas de la circulaire d’application du décret 2013-141, jugeant invalides les limitations prévues par le gouvernement à la déclaration des contrats d’achats de biens ou de services par les entreprises auprès des professionnels de santé, ce qui constitue un progrès.

 

Le SNJMG s’associe à la demande du Docteur Patrick BOUET, président du CNOM, d’une réécriture concertée de ces textes d’application. C’est le moment pour le gouvernement de montrer quelle est sa réelle volonté !

Afin d’appuyer cette démarche, le SNJMG encourage les professionnels de santé et les patients à signer la pétition en ligne soutenue par différentes organisations indépendantes pour exiger une opération « mains propres sur la Santé ».

 

Dans ce domaine comme dans d’autres, le SNJMG appelle solennellement Madame Marisol TOURAINE à aller plus loin que les discours et à enfin passer aux actes.

 

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Médecine générale : où est passé le rapport Druais ?

 

Demain, jeudi 26 mars s’ouvrira à Paris, dans une ambiance marquée par la mobilisation des médecins, le 9ème Congrès de la Médecine Générale. Marisol Touraine,ministre de la Santé,  devrait y prononcer une allocution durant la cérémonie d’ouverture. L’ISNAR-IMG, ReAGJIR, le SNEMG, le SNJMG et MG France demandent toujours des mesures concernant la discipline et sa filière universitaire, demandes auxquelles s’associe le CNGE.

 

Où est passé le rapport du Pr. Pierre-Louis Druais ? Que sont devenues ses propositions ?

La communauté de la médecine générale française s’interroge.

Le 9 mars, le Pr Pierre-Louis DRUAIS a remis à la ministre de la Santé le rapport du groupe de travail sur la place du médecin généraliste dans le système de santé.

Ce rapport contient 12 propositions :

-          Organiser la hiérarchisation du système de santé autour des soins de santé primaires et conforter la fonction traitante du médecin généraliste.

-          Impliquer l’hôpital et les établissements de soins et de santé dans le parcours de soins.

-          Inscrire le patient dans les dispositifs négociés de soins et d’accompagnement sous la pleine responsabilité, l’accord et l’implication du médecin traitant.

-          Missionner les ARS à accompagner de manière concrète et opératoire les professionnels au changement.

-          Faire de la convention nationale le lieu de la déclinaison opérationnelle des plans de santé publique, de la contractualisation, des modalités de la formation et de l’accompagnement des professionnels.

-          Garantir à la Médecine générale une équité de traitement avec les autres disciplines médicales, en termes d’avantages et d’engagements.

-          Définir au sein de l’ONDAM un fond d’investissement dans l’organisation des soins primaires.

-          Créer au sein du Ministère de la Santé une direction des soins de santé primaires.

-          Décider et budgétiser le plan de nomination sur 10 ans des enseignants universitaires associés et titulaires de médecine générale pour atteindre rapidement le seuil de 500 équivalents temps plein.

-          Refonder un système de développement Professionnel Continu (DPC) utile et simple, dont l’organisation sera confiée à la profession et aux instances paritaires.

-          Impliquer les patients dans le recentrage du système de santé vers les soins primaires et définir avec eux un mode d’emploi du système.

-          Créer dans la Loi un chapitre “médecine générale et soins primaires” regroupant les mesures existantes ou à venir.

 

Et maintenant ?

Le rapport Druais et ses propositions constituent la base des revendications de la discipline et de la profession. Il réaffirme la place du médecin généraliste au sein des soins primaires. A ce titre, la création d’une nouvelle spécialité de médecine ambulatoire avec des options de sous spécialisations de premier recours proposée par certains est absurde et anachronique. Les 12 propositions du rapport sont toutes indispensables pour permettre à notre système de santé de s’adapter aux enjeux du 21ème siècle et d’initier le virage ambulatoire que le gouvernement a appelé de ses vœux.

Nous appelons le gouvernement à répondre enfin aux revendications unanimes et parfaitement identifiées de notre profession.

 

 

Matthieu CALAFIORE, président du SNEMG

Théo COMBES, président du SNJMG

Jacques-Olivier DAUBERTON, président de ReAGJIR

Claude LEICHER, président de MG France

Pierre-Antoine MOINARD, président de l’ISNAR-IMG

Vincent RENARD, président du CNGE

 

Nouvelles grèves des internes pour réécrire la loi de santé

 

Après le succès de la manifestation unitaire du 15 mars, le Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG) regrette l’absence de changement de cap de la part du gouvernement.

Aussi le SNJMG reste-t-il pleinement mobilisé pour faire entendre la voix des futurs et jeunes médecins généralistes.

Ayant été la première organisation nationale d'internes à exprimer des critiques à l’encontre de cette loi, le SNJMG note avec satisfaction la mobilisation grandissante de tous les internes en médecine.

Après avoir appelé plusieurs fois à l'union de tous pour cette mobilisation, le SNJMG soutient logiquement les actions de grève des 25, 26 et 27 mars lancées par certaines structures locales des autres intersyndicats d'internes (ISNAR-IMG et ISNI).

Un préavis national de grève totale et illimitée a été déposé par le SNJMG. Il vise à couvrir tous les internes en médecine générale dans leurs initiatives locales, mais aussi à offrir un cadre à de prochaines mobilisations unitaires.  

Bien entendu, le SNJMG se déclare favorable à un élargissement du mouvement aux externes et aux chefs de clinique.

 

 

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Qu’est-ce que les jeunes médecins généralistes attendent pour s’installer ?

 

La démographie de la médecine générale révèle une profonde crise de confiance. Entre 2007 et 2014, le nombre de médecins généralistes installés a chuté de 6.5 %, alors que dans le même temps l’ensemble des autres spécialités continuait de croître. Comment expliquer cette situation préoccupante ? Essentiellement par le fait que l’installation en médecine générale s’accompagne aujourd’hui de l’insécurité sociale du « libéral », d’une discrimination persistante par rapport aux autres spécialités, et de l’absence des moyens nécessaires pour exercer dans de bonnes conditions une mission de Santé publique auprès de la population.

Le Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG) avait espéré que la Stratégie Nationale de Santé permettrait de renverser cette tendance grâce au « virage ambulatoire » et à la « révolution des soins primaires ». Malheureusement le projet de loi de Santé s’est éloigné de cette ambition et a même introduit des mesures allant tout à fait dans le sens opposé, à savoir un dépeçage du métier tout en oubliant d’organiser la coordination des soins.

 

Si l’on souhaite sauvegarder pour demain une médecine générale de proximité, il est urgent de redéfinir les conditions d’exercice sur 3 plans principaux :

Professionnel 

Le médecin généraliste traitant doit être clairement identifié comme le coordinateur des soins du patient. Il lui revient de déterminer la pertinence des démarches de soins, du recours à d’autres spécialités, des délégations de tâches, des missions d’appui. Ce rôle ne doit pas s’arrêter aux portes de l’hôpital, avec lequel la communication doit être facilitée. Toutes les missions de la médecine générale doivent être reconnues et valorisées, notamment dans le domaine préventif.

Economique 

Le modèle économique de l’exercice conventionné doit évoluer afin d’optimiser le temps médical tout en évitant le « burn out » des praticiens. Pour ce faire, la part relative du paiement à l’acte doit diminuer au profit de dotations conventionnelles structurantes (notamment pour favoriser l’embauche d’auxiliaires salariés) et des forfaits de prise en charge globale des patients. Sur le plan symbolique, il est devenu urgent que les majorations « clinique » (MPC) et de « coordination » (MCS) soient accordées aux médecins généralistes qui restent discriminés plus de 10 ans après la reconnaissance de leur spécialité !

Social 

Les praticiens conventionnés en secteur 1 devraient bénéficier d’une couverture sociale complète et sécurisante par l’Assurance Maladie, superposable à celle des salariés, que ce soit dans les domaines de la maladie, de la maternité ou des accidents du travail.

 

Les départs à la retraite ou les réorientations des médecins généralistes découragés les conditions de travail actuelles ne seront pas remplacés par la jeune génération si rien n’est fait de façon urgente pour valoriser la médecine générale à travers un modèle professionnel, économique et social revivifié.

Ce  jeudi 19 mars 2015, afin d’évoquer ces questions,

  • une délégation du SNJMG se rendra à l’hôtel Matignon à l’invitation du Premier Ministre,
  • le président du SNJMG se rendra à Mazamet (81) et Saint-Antonin-Nobleval (82), deux localités touchées par la crise démographique de la médecine générale. 

 

Contacts Presse :

Théo COMBES - Président - 06 81 00 22 90 - president@snjmg.org

Emilie FRELAT -  Première Vice-Présidente - 06 19 90 26 57- frelat.emilie@gmail.com