Journée de mobilisation des internes : les jeunes médecins généralistes rappellent leurs revendications

 

Depuis le 10 décembre 2019, les internes de médecine et de pharmacie ont entamé, à l’appel de trois organisations nationales (FNSIP, ISNI et SNJMG), un mouvement de mobilisation et de grèves concernant leur statut et leurs conditions d’exercice.

Comme les autres organisations, le Syndicat National des jeunes Médecins Généralistes (SNJMG) demande en premier lieu le respect par tous les lieux de stage du droit du travail (temps de travail, repos de sécurité, astreintes, etc…) et l'utilisation effective de sanctions par les tutelles pour ceux ne respectant pas ce cadre légal. En revanche, Le SNJMG ne souhaite pas la rémunération d'heures effectuées au-delà de la limite du temps de travail réglementaire puisque cela consisterait à acheter une dérogation à la limite légale au détriment de la santé des internes et de la qualité des soins.

Le SNJMG demande pour les FFI les mêmes droits que ceux garantis aux internes et une rémunération à la hauteur des responsabilités réelles des uns et des autres avec un cadre de réévaluation programmée dans le temps.

Le SNJMG souhaite une action concrète contre les comportements sexistes, racistes, abusifs, etc. dont sont victimes ou témoins les internes en créant un dispositif de collecte et d'accompagnement des internes exposés, avec l’assurance de la mise en œuvre d'actions correctrices (médiations, avertissements, formations, retraits d'agréments) par les responsables pédagogiques ou hiérarchiques.

De façon plus large, et en lien avec les mobilisations des personnels hospitaliers, nous souhaitons un cadre de soin sécurisant pour les internes et les patient-e-s (effectifs, personnels d'encadrement, formation pédagogique, etc...) et une formation des internes de qualité, indemne de toute influence de l’industrie pharmaceutique.

Si le SNJMG accueille favorablement les précisions que le ministère lui a confirmé (*) la semaine dernière (ex : pas d'appel de cotisation retraite/prevoyance en 2020 pour les internes et remplaçants non thésés, extension des indemnisations des internes en stages ambulatoires, travail de la DGOS pour l’application de la limitation du temps de travail des internes), il attend de savoir comment le ministère organisera les suites pratiques à donner à ces annonces et comment l’ensemble des organisations d’internes pourront y participer. Enfin, le SNJMG se désole que les autres revendications du syndicat n’aient absolument pas été prises en compte par le gouvernement.

 

Contact Presse : Benoit Blaes - webmaster@snjmg.org – 06.26.25.54.57

 

(*) : Discussion entre le SNJMG et le ministère de la Santé (Janvier 2020)

 

Grève des internes : Discussion entre le ministère et le SNJMG

Ce jour, discussion entre Benoit Blaes (SNJMG) et Mickael Benzaqui (Ministère de la Santé) à propos de la grève des internes :

Le SNJMG a rappelé qu'il intégrait la grève des internes et des jeunes généralistes hospitaliers dans la mobilisation pour l’hôpital et le système de santé.

Revendications défendues par le SNJMG :

- Pour le respect du temps de travail et du repos de sécurité :
Samedi matin compté comme garde
Vérification mensuelle du temps de travail effectué permettant d’organiser le planning à venir de façon à respecter la limitation du temps de travail en fin de chaque trimestre
Interdiction d’accoler une (demi) garde à une garde de nuit + respect absolu du repos de sécurité après 24heures d’affilée de travail
Dispense d’astreintes à partir du 3e mois de grossesse pour les internes/FFI enceintes
Mise en place d’un tableau de sanctions pour le service/hôpital ne respectant pas le droit du travail
Réévaluation nationale indépendante des agréments des stages hospitaliers et ambulatoires, incluant le respect du temps de travail comme critère incontournable
Annulation du projet de rémunération des heures effectuées au-delà de la limite légale (revenant à une acceptation officielle du non respect du cadre légal)

- Pour l’amélioration des statuts et des rémunérations
Rémunération des FFI alignée sur la rémunération des internes 1ere année pour les FFI non thésé-e-s et sur celle des internes 3e année pour les FFI thésé-e-s
Revalorisation des rémunérations de base et des gardes des internes/FFI avec perspectives de revalorisation régulière
Révision des grilles salariales des médecins hospitaliers sans pénalisation de spécialités (pas de différentiel de rémunération entre spécialités)

- Lutte contre les discriminations et pour un cadre d'exercice sécurisant aussi bien pour les internes que pour les patients
Mise en place d’un dispositif de collecte des incidents et d’accompagnement des patients ou des internes/médecins victimes de ces incidents (avec notamment la création de stages de réserve pour les internes qui devraient être retirés de leur terrain de stage générateur de problème)
Respect du droit du travail aussi bien pour les activités en stage que pour les activités universitaires (ex : un arrêt de travail s'applique aussi bien à l'hôpital que pour les cours)
Inclusion de ce parametre dans les critères d’agrément de stage d’interne (comme pour le respect du droit du travail)
Amélioration des procédures de choix de stages par la mise en place dans chaque subdivision d'un système informatisé couplant préchoix et choix de stages sur la base d’un logiciel libre géré par ARS, facultés et DMG, CHU et hôpitaux + tous les syndicats d’internes présents sur place
Refus de la procédure de matching pour la phase de consolidation de l’internat
Participation des internes aux congrès de toute organisation d’internes ou d’enseignants comptant pour les demi journées de formation, à condition qu’il n’y ait pas de participation de l’industrie pharmaceutique à ce congrès
Respect de la liberté syndicale des internes (pas d'obligation à adhérer à un syndicat pour bénéficier d'avantages que lui auraient délégués l'ARS ou les hôpitaux : calendrier des choix et liste des postes, chambre d'internat, badge d'interne, accès au parking médecins...) et non discrimination entre organisations syndicales (toutes les organisations syndicales d’internes traitées de la même façon par les autorités de tutelle (ARS, facs et hôpitaux de rattachement)


- Lutte contre les entraves à la pratique des remplacements des internes non thésés
Confirmation du principe permettant aux internes ayant validé la moitié de leur stages d'internat (dont certains spécifiques à la pratique de la spécialité) d’avoir accès à la licence de remplacement
Pas de modification de la liste de stages indispensables pour l'obtention de la licence sans négociation préalable entre ministeres, ordre, organisations nationales d'enseignants et organisations nationales d'internes + Pas d'application de cette modification pour les internes déjà engagés dans l'internat
Droit garanti aux internes - remplaçants non thésés de choisir entre 3 possibilités : affiliation à la CARMF (caisse de retraite/prévoyance des médecins libéraux), affiliation au RSPM (régime simplifié des professions médicales, créé par la LFSS2019), aucune affiliation (comme c’était le cas avant 2018)

 

Réponses du ministère de la Santé :

- Mesures pour faire respecter le temps de travail des internes : la ministre prévoit des sanctions financières en cas de non respect de la législation (comme elle l'avait annoncé le 15 décembre 2019). Les tableaux de service et le temps de travail des internes sera présenté en CME ainsi que dans les facultés de subdivision des internes. C’est la DGOS qui va négocier les détails avec les différents acteurs. Le projet devrait aboutir pour le semestre de Novembre 2020.

- Retraite/prévoyance des non thésés : En cohérence avec le projet de réforme des retraites, l’objectif du gouvernement est de rapprocher le régime de retraite des médecins du régime général avec, à terme, la disparition de la CARMF telle quelle existe actuellement. Ceci s'appliquera aux internes et médecins non thésés qui seront donc soumis à l'obligation de cotisation via le RSPM. Pour 2020, comme en 2018 et en 2019, il n'y aura pas d’appel à cotisation pour les remplaçants non thésés mais ce sera la dernière année : pour leurs revenus tirés de remplacements, les internes et remplaçants non thésés devront cotiser au RSPM à compter de 2021.

- Revalorisation des rémunérations des internes : Indemnité d’hébergement pour les stages ambulatoires en zones sous denses de l’ordre de 250-300€, sans critère kilométrique. Discussion autour de la prime vie chère si la grève s’arrête après ce lundi 20 janvier 2020. La DGOS négociera les détails pour 2020 (mai ou novembre ?).

- Choix de stages des IMG : Le ministère est intéressé pour y travailler (avec le SNJMG) mais ne juge pas ce dossier prioritaire...

- Sexisme et discriminations dont les internes seraient témoins ou victimes : Le ministère rappelle que tous ces faits relèvent de la Loi et remarque qu'il n’y a pas tant de rapports d’incident que cela. Le ministère incite les syndicats d'internes à faire remonter les comportements inadaptés qui peuvent survenir localement, et mieux que les internes signalent ces problèmes en « évènements indésirables » comme sur OSIRIS. Le ministère ne prévoit pas de ressources humaines ou de plateforme dédiée pour recueillir spécifiquement ces données.

- Autres revendications portées par le SNJMG : Pas de réponse du ministère...

 

Infections à nouveau Coronavirus en Chine

Mis à jour le Samedi, 25 janvier 2020

 

Après le SRAS en 2002/2003 et le MERS-Cov en 2012/2015, voici une nouvelle alerte au coronavirus !

Débuts de la nouvelle épidémie :

Une flambée de cas d'infections à coronavirus s'est développée en Chine à la fin de l'année 2019.
Cette flambée est associée à des expositions sur un marché d’animaux vivants dans la ville de Wuhan, en Chine, le Huanan South China Seafood Market. Ce marché a été fermé le 1er janvier 2020.

La grappe de cas a été signalée pour la première fois le 31 décembre 2019. Les autorités chinoises ont identifié un nouveau type de coronavirus (nouveau coronavirus, 2019-nCoV), qui a été isolé le 7 janvier 2020. La majorité des cas sont âgés de 40 à 69 ans. 

Les signes et symptômes cliniques rapportés sont principalement la fièvre, avec quelques cas de dyspnée, et des infiltrats pulmonaires invasifs bilatéraux, visibles sur les clichés radiographiques. 

La Commission nationale chinoise de la Santé a confirmé, lundi 20 janvier, que le nouveau virus se transmet bien d’homme à homme.

Bilan au jour le jour de l'épidémie :

Comme Marc Gozlan, nous conseillons l'excellente infographie du South China Morning Post :

Signalons également l'impressionnante carte interactive établie par des chercheurs étatsuniens du Johns Hopkins University’s Center for Systems Science and Engineering.

Recommandations pour les voyages (notamment en Asie) :

Pour l'instant, l’OMS ne préconise pas de restrictions de voyages ni la mise en place de procédures de dépistage pour les pays concernés.

Pendant un séjour en Asie, il est recommandé :
- de suivre les recommandations de prévention des autorités locales ;
- d’éviter tout contact avec des animaux morts ;
- d’éviter tout contact rapproché avec des personnes ayant de la fièvre et qui toussent ;
- d’éviter de manger de la viande crue ou peu cuite ;
- de se laver les mains avec du savon ou avec des solutions hydro-alcooliques.
En cas de symptômes d’infection respiratoire (fièvre, toux, difficultés respiratoires), il est recommandé de consulter rapidement un médecin localement, de porter un masque chirurgical si l’on est en contact avec d’autres personnes, d’utiliser des mouchoirs jetables et de se laver les mains régulièrement.

Gestion d'un cas possible de pathologie liée au 2019-nCoV en Médecine Générale :

Principe de base pour les patients :

En cas de retour d'un séjour dans des zones à risque ou potentiellement à risque de coronavirus et de symptômes d’infection respiratoire (fièvre, toux, difficultés respiratoires), il est recommandé de rester chez soi et d’appeler le SAMU – Centre 15 rapidement, avant toute consultation chez un médecin généraliste ou dans un service d’urgence.

CAT pour le MG devant un cas suspect de 2019-nCoV :

Patient suspect = tableau clinique (<14 jours après exposition) ET exposition compatible, avec :
Tableau clinique : syndrome infectieux respiratoire
Exposition compatible : séjour dans la ville de Wuhan ou contact étroit ou co-exposition avec cas confirmé ou travail/séjour dans un hôpital avec cas confirmés

Patient : solutions hydro-alcooliques (SHA) puis port de masque chirurgical.
MG : précautions standard renforcées REB « air » et « contact » => SHA, masque de type FFP2, surblouse à usage unique, gants non stériles à usage unique, lunettes de protection (en cas de soins susceptibles de générer des aérosols) + recherche de signes de gravité + appel SAMU – Centre 15 en vue de l'isolement du patient en chambre individuelle pré-identifiée.

Références officielles :

Stratégie définie le 17 janvier 2020 :

Synthèse des CAT établie le 22 janvier 2020 :

NB 1 : Il existe bien d'autres causes, bien plus fréquentes que le 2019-nCoV, d’infection respiratoire et/ou fièvre au retour d’Asie :
- grippe ou autre virose respiratoire (adénovirus, VRS et coronavirus "classique") ;
- pneumopathie bactérienne (légionnelle, mycoplasme, Chlamydia, voire pneumocoque) ;
- autres infections : arboviroses (dengue, encéphalite japonaise), hantavirus, salmonellose, paludisme

NB 2 : Thread twitter sur l'implication des biologistes hospitaliers :

Documentation :

Nouveau suicide d’interne en médecine

 

C’est avec une profonde tristesse que le SNJMG a appris le suicide dans la nuit de lundi à mardi d’une interne en stage au CHU de Lille. 

Nous pensons à sa famille et à ses proches et nous leur apportons notre soutien dans cette épreuve.

Nous rappelons l’urgence d’engager des actions concrètes afin de mettre en place des conditions de travail décentes pour les internes qui ne mettront pas en danger ni leur santé ni celle des patient.e.s.

Le SNJMG est disponible pour travailler en ce sens avec les tutelles responsables.

 

Contact Presse : Benoit Blaes - webmaster@snjmg.org – 06.26.25.54.57

 

Epidémie de grippe 2019-2020 : infos et CAT

 

 

1 - Conduites à tenir en ambulatoire

 

 

 

NB : Les CAT ci dessous ont été constituées à partir des textes proposés par les autorités sanitaires françaises (ministères et agences sanitaires) et la revue Prescrire

 

Comment reconnaître et prendre en charge un cas possible de grippe chez un adulte ou un enfant de plus de 1 an ?

 

Pendant la période épidémique, tout syndrome respiratoire aigu à début brutal associant :

- signes généraux : fièvre > 38° ou courbature ou asthénie ;

- et signes respiratoires : toux ou dyspnée.

doit être considérée comme un cas possible de grippe.

 

NB : En ambulatoire, le TROD Grippe (Test rapide d'orientation diagnostique - Grippe) ne présente pas d'intérêt.

 

Si l’examen médical ne révèle pas de signe de gravité, ni de facteur de risque (FDR) de complications (FDRcomplications1708.doc), ni de forme clinique jugée sévère par le médecin (toutes ces situations faisant discuter une hospitalisation), le patient se voit prescrire :

- un traitement symptomatique d'infection respiratoire aigue : réhydratation + prise d’antipyrétiques (de préférence : paracetamol) en cas de fièvre

(NB : les principales régles de prise en charge des nourrissons de moins de 30 mois se trouvent sur cette fiche dédiée : IRA nourrisson.docPour les enfants et adultes sans antécédent particulier, la revue Prescrire rappelle dans ses numeros 312 et 325 que les médicaments destinés à soulager la toux et/ou le rhume ont une efficacité purement symptomatique peu ou pas supérieure à celle du placebo mais qu'ils peuvent exposer, notamment les enfants, à des effets indésirables disproportionnés. En revanche, chez l’enfant et l’adulte, des boissons chaudes ou sucrées, le miel, des confiseries ou du citron aident parfois à soulager la toux, avec peu ou pas d’effets indésirables),

- et un repos à domicile (+/- arrêt de travail) pendant 3 à 7 jours (durée indicative) après l'apparition des premiers signes cliniques.

Une personne de l'entourage du patient va chercher le traitement dans une pharmacie d’officine ou, à défaut, le patient s’y présente lui-même, avec de préférence un masque anti-projections (de type chirurgical) que pourra lui avoir remis le médecin.

 

NB 1 : Le médecin ne doit pas perdre de vue le risque de surinfection et se doit de réévaluer si besoin la situation après quelques jours pour discuter la mise en place d'un traitement ATB.

 

NB 2 : Depuis l'épidemie de l'hiver 2017-2018, la DGS propose la prescription rapide (dans les 48 premières heures) d'antiviraux, notamment pour les personnes fragiles : "L’utilisation précoce des traitements antiviraux pour les personnes fragiles symptomatiques a mis en évidence chez ces patients une réduction de la durée d’hospitalisation, de la durée de la maladie ainsi que des formes sévères. La décision de mettre en place un traitement curatif pour un patient à risque élevé ne doit pas attendre la confirmation virologique du diagnostic". Or, 

- Depuis 2017, l'Assurance Maladie précise que : "Le recours à un médicament antiviral (Oseltamivir ou Zanamivir) est le plus souvent inutile".

- En 2013, une synthèse méthodique, produite par la revue Minerva, d’études publiées et non publiées montre que si "l’oséltamivir réduit la durée des symptômes de la grippe de moins d’un jour (...) dans la population en intention de traiter (chez laquelle une grippe est suspectée), il n’y avait pas d’effet favorable sur l’incidence des pneumonies, des hospitalisations, des bronchites, des sinusites et des otites". 

- En 2018, la revue Prescrire (Ref :38 (411) : 21-2) juge la balance bénéfices-risques de l’oséltamivir défavorable chez les personnes sans facteur de risque de complications graves de la grippe et que son utilisation est donc à décider « au cas par cas », chez les personnes les plus à risque.

Enfin, l’oséltamivir, aux effets secondaires non négligeables (rappelés par la revue Prescrire), est au centre d'un scandale mondial de retention d'informations scientifiques :

et les autres anti viraux ne valent guère mieux :

 

NB 3 : L'homéopathie n'a aucune efficacité scientifiquement démontrée contre la grippe (ni contre une quelconque pathologie)

 

Il est important de rappeler aux patients et/ou à leurs entourages les règles d'hygiènes pour limiter les risques de contagion :

  • Lavez-vous les mains, si possible avec du savon liquide, en les frottant pendant 30 secondes. Rincez-les ensuite sous l’eau courante et séchez-les avec une serviette propre ou à l’air libre. Le lavage des mains doit devenir un réflexe : au minimum, avant de préparer le repas ou de manger, après s’être mouché, avoir éternué ou toussé en mettant sa main devant la bouche, être passé aux toilettes, s’être occupé d’un animal et après chaque sortie.
  • Servez-vous d’un mouchoir jetable pour vous moucher, tousser, éternuer ou cracher, et jetez-le aussitôt.
  • Portez un masque si vous êtes grippé, surtout pour rendre visite à une personne fragile.
  • Évitez d’emmener un nourrisson dans les lieux publics où il pourrait entrer en contact avec des personnes infectées (transports en commun, centres commerciaux, hôpitaux…) en période d’épidémie.
  • Ouvrez les fenêtres régulièrement pour aérer et diminuer la concentration en microbes.
  • Évitez de serrer les mains ou d’embrasser pour dire bonjour.
  • Ne touchez pas directement vos yeux, votre bouche ou votre nez, sans vous être lavé les mains au préalable.

 

Comment reconnaître et prendre en charge un cas possible de grippe chez un nourrisson de moins d’un an ?

 

Chez les nourrissons de moins de 1 an, les formes cliniques sont souvent atypiques et, en période d'épidémie, il faut suspecter un syndrome grippal en cas d’apparition d’une fièvre supérieure ou égale à 38,5°C associée ou non à des :

- symptômes respiratoires signant une atteinte des voies aériennes supérieures ou inférieures ;

- troubles digestifs ;

- convulsions.

 

Les médecins généralistes peuvent assurer la prise en charge selon les modalités ci dessous :

- Le diagnostic différentiel des autres causes de fièvre aigue chez le nourrisson doit être systématiquement considéré, en particulier avant trois mois pour ce qui concerne les infections bactériennes sévères

- il est recommandé aux parents de garder l'enfant au repos à domicile, accompagné des recommandations d'isolement jusqu'à 48 heures d'apyrexie sous traitement. En outre, il est expliqué aux personnes responsables qu'il importe de rappeler le médecin ou le centre 15 en cas d'aggravation de son état.

 

La présence de FDR de complications ou d’un seul des signes de gravité suivants doit faire envisager l’hospitalisation :

Difficultés alimentaires chez un nourrisson de moins de six mois (moins de la moitié des biberons sur 12 h) ;

Tolérance clinique médiocre de la fièvre, malgré les mesures adaptées ;

Signes de déshydratation aiguë ;

Existence de troubles de la vigilance ;

Signes de détresse respiratoire, apnées ;

Contexte particulier : très jeune âge (inférieur à 3 mois), ou facteurs de risque de grippe grave ou considérations liées à l’administration du traitement.

 

2 - Conduites à tenir dans les collectivités de personnes âgées et en milieu hospitalier

 

Ici, il est important de diagnostiquer rapidement la grippe avec le recours au TROD afin de :
- mettre en œuvre les mesures de contrôle spécifiques,
- limiter l’usage inadapté d’antibiotiques. 

 

Références officielles :

Prévention et gestion des infections respiratoires aiguës dans une collectivité des personnes agées (PDF - 1.6 Mo)

 

Rapport du HCSP du 03/07/2012

 

 

 

Deux pastilles pour conclure cette fiche d'infos pratiques sur une note plus légère :

Le divan des médecins et "l'humour carabin"

 

- Exemples de messages diffusés sur le groupe Facebook "Le divan des médecins"

 

- Fils Twitter sur la publication des articles de presse et les réactions engendrées :

CAT devant une gastroenterite

(Source : Ministères de la Santé d'Australie et du Quebec, Hôpitaux Universitaire de Geneve, La revue Prescrire, Site ameli.fr)

 

Les infections aiguës intestinales peuvent être à l'origine de diarrhées, de nausées et de vomissements. Le plus souvent d'origine virale (en premier lieu : norovirus), elles sont particulièrement contagieuses sans mise place de mesures d'hygiène de base (voir notre fiche pratique sur les pathologies - automno - hivernales). Dans la plupart des cas, une "gastroentérite" est bénigne et ne nécessite aucun médicament (en dehors du paracetamol en cas de fièvre).

Rappel : Une diarrhée peut être définie comme la survenue d'au moins 3 selles molles ou liquides par jour ou par la modification du transit avec au moins 2 selles par jour en plus du transit habituel.

La deshydratation est le risque principal en cas de "gastroenterite" (du fait de la diarrhée et/ou des vomissements). Ses conséquences sont parfois graves, voire mortelles, surtout quand elle concerne les jeunes enfants (moins de 2 ans), les personnes âgées de 65 ans et plus, les femmes enceintes et les personnes atteintes d’une maladie chronique comme le diabète.

Une  hydratation orale, répétée, par petits volumes (1,5 ml toutes les 2 minutes environ chez les enfants jusqu'à 2 ans, et environ 3 ml chez les autres), avec des pauses de 10 mn si vomissements, est habituellement bien tolérée et suffisante la plupart du temps.

Chez le jeune enfant, quand la diarrhée s'accompagne de déshydratation et que la perte de poids est comprise entre 5 et 10 % du poids initial, la réhydratation par voie orale avec des solutions de réhydratation orale est le traitement de premier choix.

La revue Prescrire cite en alternative du jus de pomme dilué de moitié avec de l'eau, alors que le ministère de la Santé du Quebec propose une "solution de dépannage" avec :
360 ml de jus d’orange pur, non sucré
600 ml d’eau bouillie refroidie
2,5 ml de sel

En matière d'alimentation, il est recommandé, en l'absence de deshydratation, de manger suffisamment en faisant plusieurs petits repas et en suivant les recommandations suivantes données par le ministère de la Santé du Quebec :
Aliments à privilégier : les pâtes alimentaires; le riz; les viandes maigres préparées avec peu de matières grasses; le poisson cuit avec peu de matières grasses; les œufs; les fruits frais ou en conserve dans leur jus; les légumes cuits; les céréales non sucrées; le pain (A la rigueur : yogourt maigre et fromage à teneur réduite en gras).
Aliments et boissons à éviter : les jus de fruits qui contiennent beaucoup de sucre et les boissons aux fruits; les boissons pour sportifs de type Gatorade; les boissons gazeuses, même dégazéifiées; les boissons contenant de la caféine; les bouillons et soupes en sachet ou en conserve; les aliments frits ou très gras (croustilles, pommes de terre frites, charcuteries, pâtisseries); la crème glacée, les sorbets, les sucettes glacées et les gelées (comme le Jell-O); les fruits séchés, les fruits en conserve dans un sirop; les céréales sucrées; les bonbons et le chocolat; les aliments très épicés.

NB : en cas de déshydratation, il est recommandé de cesser temporairement l'alimentation (pendant environ 3 à 4 heures) puis, lorsque les vomissements et/ou la diarrhée diminuent, de recommencer graduellement à s'alimenter.

Signes imposant l'hospitalisation pour une "gastroenterite" de l'enfant : 

- signes de choc,

- déshydratation grave (perte de poids qui atteint 10 %),

- refus de solution de réhydratation orale par un enfant léthargique,

- aggravation clinique de la déshydratation,

- apparition de signes neuropsychiques,

- vomissements incoercibles ou bilieux,

- suspicion d'une infection sous-jacente,

- impossibilité d'un traitement et d'un suivi adapté à domicile.

Exclusion de collectivité :

En dehors de l'impact physique de la pathologie sur le patient, le retour au travail, à l’école ou à la crèche est déterminé par la disparition du risque de contamination. Du fait de l'épidémiologie, la durée d'exclusion se base sur les gastro-entérites virales les plus communes (même si l’origine réelle de la maladie n’est que très rarement connue en pratique quotidienne). Ainsi, pour le norovirus, le taux le plus élevé d’excrétion dans les selles survient 24 à 48 heures après que tous les symptômes aient disparu. 

NB : Le ministère de la santé australien recommande de rester à la maison au minimum 24 heures après les derniers vomissements ou la dernière diarrhée alors qu'en France, l’assurance maladie recommande pour les gastro-entérites virales un arrêt de travail de trois jours, à adapter selon la sévérité des symptômes. 

Médicaments traditionnellement utilisés dans les cas de gastro enterite :

- Notion Préliminaire :

Aucun médicament utilisé dans les diarrhées aiguës n'a d'effet démontré dans la prévention de la déshydratation.

- Médicaments neuroleptiques

Les médicaments neuroleptiques, tels la dompéridone (Motilium° ou autre), le métoclopramide (Primpéran° ou autre), la métopimazine (Vogalène°, Vogalib° ou autre), sont peu ou pas efficaces au-delà d'un effet placebo sur les nausées et vomissements passagers des gastroentérites (Référence : revue Prescrire).

- Diosmectite

Précision de la revue Prescrire : "Les argiles telles que l’attapulgite (Actapulgite°) ou la diosmectite (Smecta° ou autre) ne changent pas le risque de complications liées à une diarrhée aiguë. En modifiant la consistance des selles, sans agir sur les pertes d’eau et d’électrolytes, l’utilisation d’argiles rassure à tort..."

- Probiotiques

- Nifuroxazide

Derniere remarque : "diarrhée aigue" ne signifie pas automatiquement "gastroenterite" et/ou peut relever d'un diagnostic nécessitant un traitement spécifique (Par exemple : les toxi-infections alimentaires collective, correspondent à deux cas au moins présentant les mêmes symptômes suite à un même repas et sont à déclaration obligatoire en France). Pour tous ces diagnostics, nous vous conseillons la fiche pratique sur la diarrhée aigue (même si elle n'est pas exempte de critiques, comme le recours aux probiotiques) publiée en 2017 par les hôpitaux universitaires de Geneve.

 

Deux infos pour terminer :

Nouvelles mentions "Non substituable"

 

Comme nous vous l'avions annoncé le 19 Novembre 2019, la réglementation sur l'utilisation par le médecin prescripteur de la mention "Non Substituable" a changé à compter du 1er janvier 2020.

Désormais, elle ne doit plus être obligatoirement manuscrite mais elle se limite à trois situations parfaitement précisées par l'arrété de novembre 2019 (présenté dans notre billet).

Afin d'informer au mieux médecins généralistes et patientes, le SNJMG propose en téléchargement l'affiche ci dessous :

 

Médecins remplaçants non thésés : les revendications du SNJMG à l’occasion de la grève des internes

 

Comme deux autres organisations d’internes (la FNSIP et l’ISNI), le Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG) participe depuis le 10 décembre 2019 à la grève des internes.

Parmi nos revendications, certaines concernent l’exercice des remplacements par les internes.

Cette année, de nombreux internes ont vu leurs démarches pour obtenir leur licence de remplacement entravée par des difficultés administratives non justifiées (1). Par ailleurs, des rumeurs bruissent sur de nouvelles contraintes pour pouvoir faire des remplacements avant d’avoir passé sa thèse. Enfin, l’article L642-4-2 du code de la sécurité sociale créé par la LOI n°2018-1203 du 22 décembre 2018 - art. 47 (VD) oblige les remplaçants non thésés à s’affilier soit à la CARMF soit au RSPM à compter du 01 janvier 2020 (2).

Face à ces menaces qui planent pour les internes et remplaçants non thésés, le SNJMG demande :

  • Confirmation des conditions actuelles de remplacement pour les médecins et internes non thésés
  • Evaluation de l'encadrement, de la supervision et de l'acquisition de compétence en SASPAS pour la filière de MG (pour les autres spécialité, le SNJMG prône des évaluations nationales de stages spécifiques par spécialité)
  • Concertation entre organisations nationales d’internes et organisations nationales d’enseignants, sur la base de cette évaluation, pour d’éventuelles modifications des conditions d’accès à la licence de remplacement qui s’appliqueront aux internes à venir,
  • La possibilité laissée aux médecins remplaçants non thésés de s’affilier ou non à un régime de retraite/prévoyance (CARMF ou RSPM)

Du fait du calendrier, le SNJMG entend médiatiser le détail de ses revendications sur le sujet précis des remplacements avant les fetes de fin d’année.

Le choix de la ministre de ne pas mettre en place toutes les garanties évitant aux internes de dépasser la limite légale de leur temps de travail (3) et la désinvolture de sa réponse aux interrogations sur la qualité de la formation (4) nous poussent à maintenir notre préavis de grève des internes de Médecine Générale, effectif depuis le 10 décembre 2019. Et son absence totale de réponse à nos revendications spécifiques, nous font préparer activement la journée nationale de mobilisation des internes, le 20 janvier 2020.

 

Contact Presse : Benoit Blaes - webmaster@snjmg.org – 06.26.25.54.57

 

  1. : Interne de MG et licence de remplacement (Fil d’info SNJMG)
  2. : Menaces sur les remplaçants non thésés (Communiqué SNJMG)
  3. : Des discussions pourraient prochainement s'ouvrir pour «valoriser leur temps de travail additionnel» (Le Figaro)
  4. : « A la question sur la formation des internes et le glissement de tâche permanent, la ministre a rappelé que cela avait toujours été le cas, s’appuyant sur des souvenir d’interne » (Communiqué ICollectif Inter Hopitaux)