CoViD-19 : Message aux Jeunes MG (Confinement - Semaine#2)

Bonjour

Depuis le passage au stade 3, le 14 mars 2020, les recommandations sur le CoViD-19 n’ont pas cessé d’évoluer dans les 10 jours qui ont suivi. Malgré un plantage informatique (en partie rattrapé), le SNJMG a mis en ligne le 21 mars 2020 une nouvelle synthèse pratique des recommandations officielles.

Cette synthèse est disponible sur cette page.

Voici les autres informations à propos des conséquences universitaires, professionnelles et pratiques du CoViD-19 pour les jeunes MG :

  • Gardes d’enfant

Malgré une amélioration de la situation par rapport à la semaine précédente, il existe encore des situations problématiques. Nous conseillons à tous/toutes ceux/celles qui sont dans ce cas de nous le signaler via notre secrétaire afin que nous puissions faire un recensement des lieux à problème et ensuite le communiquer aux instances responsables.

  • Actuels stages d’internat (et prochains choix)

Une instruction ministérielle conjointe Santé et Enseignement Supérieur précise la prise en compte de conséquences de l’épidémie sur la gestion de l’internat de médecine . Voici les principaux points à retenir :

Les internes doivent avoir accès aux mesures de protection.

Les internes en éviction suite au CoViD-19 doivent participer à la régulation la coordination.

Les internes en situation de stress doivent pouvoir alerter la CUMP (Cellule d’urgence médico-psychologique).

Pour participer à une réponse adaptée au CoViD-19 , les internes peuvent être réaffectés dans d’autre service, sans autorisation spéciale, dans le même établissement et dans les autres établissements de la subdivision.

Ils doivent être couverts par une convention de stage et une assurance responsabilité civile professionnelle.

Ils seront rémunérés à l’identique, comme collaborateur occasionnel dans un autre établissement.

De préférence ils seront doublés en binôme.

Les internes disponibles doivent se manifester auprès de leurs ARS / CHU de rattachement / UFR.

L’affectation de stage pour l’été 2020 sera reportée d’un mois renouvelable 1 fois, sans impacter le changement ultérieur en Novembre 2020, sauf pour les internes en fin de semestre qui doivent prendre un poste hospitalier « senior » en Mai 2020.

Les stages à l’étranger pour le prochain semestre sont annulés.

Les stages inter CHU de cet été, un temps annulés, sont finalement maintenus

Le droit au remplacement pour les internes à risque d’épuisement doit être invoqué.

NB : le SNJMG n’intervient pas dans les procédures de ré affection d’internes mais, comme dans tout stage « en temps normal », les internes de MG peuvent contacter notre secrétaire en cas de problème à l’occasion de cette réaffectation.

  • Licence de remplacement

Depuis l’année dernière, il existe un flou réglementaire sur la licence de remplacement. La réforme du 3e cycle intervenue à la rentrée 2017 pose quelques problèmes d’adaptation du cadre réglementaire existant. Le Conseil de l’Ordre a été missionné par le gouvernement en vue d’une évolution réglementaire.

Bien qu’il ait déjà remis son rapport au gouvernement, le Conseil national de l’Ordre des médecins, compte tenu des circonstances actuelles exceptionnelles, a décidé de proroger les critères existants pour une durée de six mois. Il a ainsi adressé à tous les Conseils départementaux de l’Ordre des médecins, une circulaire (N° 2020 – 010 en date du 18 mars 2020) afin que les licences de remplacement puissent être délivrées dès la validation des semestres nécessaires aux internes relevant de la réforme du 3ème cycle des études de médecine.

  • Appels à MG remplaçants volontaires

L’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris a lancé le 20 mars 2020 un appel, renouvelé ce jour, à des soignants qualifiés pour renforcer ses équipes face à l’épidémie de COVID-19. Les soignants volontaires peuvent manifester leur intérêt en appelant le numéro vert : 0805 280 270, de 08h00 à 20h00. Ils seront recrutés et rémunérés pour ces missions exceptionnelles à temps complet ou partiel selon leur souhait.

Par ailleurs, les établissements de l’AP-HP sont présents sur #Renforts-Covid, l’interface digitale que viennent de lancer l’Agence Régionale de Santé Île-de-France (avec la participation des ARS des Hauts de France, Centre/Val de Loire, Bretagne et Occitanie) et la start-up en santé MedGo. #Renforts-Covid permet à des étudiants, professionnels actifs ou retraités de venir en renfort des établissements de santé et médicaux-sociaux.

D’autres établissements de santé et centres médicaux sociaux lancent également des appels à volontaires. Il existe aussi une multiplication d’initiatives locales pour constituer des centres ambulatoires de prise en charge de patients suspects de CoViD-19. Sans compter les appels de différentes associations médicales… Afin de faciliter la mise en relation entre ses initiatives et les MG remplaçants, le SNJMG a lancé la semaine dernière une « bourse aux bonnes volontés » !

Si vous êtes disponibles pour prêter main forte à la régulation des appels, à la gestion de l’épidémie en ambulatoire ou en établissements, aux soins auprès des personnes précaires… merci de contacter notre secrétaire pour participer à notre groupe WhatsApp, mis en place le Week end dernier.

  • Facilité de transports pour les personnels de santé

RATP : Depuis le 23 mars 2020, ce sont 20 navettes de bus qui partent des gares parisiennes ou autres points névralgiques de transports de la petite couronne pour desservir directement un ou plusieurs hôpitaux. Réservées exclusivement aux personnels hospitaliers, elles circulent aux horaires correspondant aux prises de service et fins de service des agents : 6 heures - 8h30 ou 9 heures ; 12 heures - 15 heures ; 19 heures - 22 heures. Sur chaque tranche horaire, les bus fonctionneront avec un intervalle de passage d'un bus toutes les 30 minutes sur chaque ligne. Toutes les fiches horaires des lignes sont disponibles sur la page dédiée du site de la RATP.

SNCF : Lundi 23 mars 2020, la SNCF a annoncé la gratuité des trains TGV et Intercités pour les personnels médicaux et paramédicaux – médecins, infirmiers et aides-soignants – qui ont répondu à l’appel de solidarité des hôpitaux pour lutter contre l'épidémie de Covid-19. Plus d’informations sur la page dédiée du site de la SNCF.

Total : Lundi 23 mars 2020, le groupe pétrolier a annoncé qu'il va distribuer gratuitement jusqu’à 50 millions d'euros de carburant aux personnels soignants mobilisés. Ceux-ci recevront des bons pour faire le plein par le biais de leurs directeurs d'établissement. Plus d’informations sur la page dédiée du site de Total.

  • Soutien du SNJMG aux soignants

Lundi 23 mars 2020, après l’annonce du décès de plusieurs médecins (dont des médecins généralistes), le SNJMG a publié un communiqué de presse pour soutenir tous les soignants et pour les encourager à garder un regard critique sur la situation : l’épidémie de CoViDー19 et ses mesures de contrôle nous impactent inégalement !

A bientôt…

Restons solidaires et responsables !

Le SNJMG

 

Restons soignant·es : l'épidémie et ses mesures de contrôle nous impactent inégalement !

 

La situation en France et en Europe est préoccupante : le COVID-19 n'est pas une simple grippe et les soignant.es comme les épidémiologistes appellent à la plus grande prudence et au respect strict du confinement.

Cela est légitime et bienvenu. Pour autant les moyens pour y parvenir ne relèvent pas de la seule autorité médicale : la restriction des libertés individuelles, la mobilisation policière, la pénalisation des infractions, la culpabilisation des citoyen.nes ne sont pas des outils de santé publique. Ces mesures doivent être débattues, expliquées, encadrées et leur effets secondaires doivent être anticipés.

Si le confinement général apparaît désormais comme une évidence, il est important de rappeler qu'il s'inscrit dans un contexte de pénurie de masques et de solutions hydro-alcooliques ainsi que de tests PCR et avec un retard dans la mise en place d'autres mesures de distanciation sociale (télé-travail, distances de sécurité, etc...) qui, instituées plus tôt, auraient pu contribuer à ralentir la propagation du virus (cf : Taïwan, pourtant à moins de 200 km de la Chine). 

Culpabiliser et criminaliser des citoyens et des citoyennes qui commencent seulement à comprendre la gravité de la situation après des semaines de flou nous semble donc inadapté et contreproductif. Et en tant que médecins, nous refusons de tenir un tel discours qui ne relève pas de notre rôle de soignant·es.

Les mesures prises par les autorités publiques pour permettre de ralentir la progression pèsent plus particulièrement sur certaines populations : augmentation des contrôles et du risque de violence avec la police dans les quartiers populaires (1), risques encourus dans la rue pour les SDF (2) et les migrants (3), dans les logements insalubres pour les plus précaires (4), en prison ou en centre de rétention administratif (5), limitation dans l'accès aux soins hors-COVID (en particulier en santé mentale) ou dans l'accès aux IVG, sur-exposition des femmes et des enfants victimes de violences familiales (6), etc...

Le Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG) renouvelle son soutien à tous les soignant.es dans leur implication professionnelle et, sans amoindrir l'urgence de la situation, les encourage à garder un regard critique sur la situation.

 

NB : D'autres mesures que le seul durcissement policier voire militaire du confinement peuvent être pertinentes, entre autre :
- Proposer à grande échelle certains modes d'organisation aux citoyens et citoyennes comme par exemple des horaires de course réservés aux personnes fragiles ou aux professionnels de santé, la mise en place généralisée d'un service de livraison à domicile, etc...
- Valoriser l'auto-organisation des populations et promouvoir des initiatives de solidarité comme covid-entraide (cf : la tribune (7) dont nous sommes signataires)
- Réquisitionner les moyens de productions nécessaires à la fabrication et la distribution de masques, de solution hydro-alcooliques et des autres équipements de protection.
- Exiger des entreprises la mise en place maximale du télétravail, la libération des travailleur·euses sans crainte de représailles, aider à la mise en place effective de toutes les mesures de protection nécessaires
- Prendre en charge les déplacements réguliers et les logements exceptionnels (pour les internes notamment) des professionnels de santé (8)
- Protéger les détenu·es et les personnels pénitentiaires en réduisant le nombre de personnes incarcérées comme demandé par un collectif de chercheur·euses, de magistrat·es et d'avocat·es (9)
- Proposer des contenus vidéos synthétiques et accessibles pour aider les citoyens et citoyennes à comprendre les enjeux et à respecter les mesures de distanciation sociale : par exemple, cette vidéo de Kurtzgesagt (10)

 

Contact Presse : Benoit Blaes – presidence@snjmg.org – 07.61.99.39.22

 

  1. https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/03/23/coronavirus-dans-les-quartiers-populaires-l-incomprehension-face-aux-mesures-de-confinement_6034060_3224.html
  2. https://www.europe1.fr/societe/coronavirus-des-sdf-verbalises-a-lyon-le-samu-social-scandalise-3956699 : https://www.nouvelobs.com/societe/20200318.AFP4563/pour-les-migrants-la-rue-comme-lieu-de-confinement.html
  3. https://actu.fr/ile-de-france/paris_75056/en-confinement-sept-dans-logement-social-insalubre-53-m%c2%b2-parisiens-vivent-lhorreur_32394036.html
  4. : https://twitter.com/CNCDH/status/1239922343503376389
  5. https://www.psychologies.com/Actualites/Societe/Confinement-Les-femmes-et-les-enfants-battus-sont-en-danger#xtor=CS2-6-%5B19-03-2020%5D-%5B10:00%5D-%5BConfinement-Les-femmes-et-les-enfants-battus-sont-en-danger%5D
  6. https://reporterre.net/A-l-union-nationale-nous-preferons-l-entraide-nationale
  7. https://www.20minutes.fr/societe/2746083-20200323-coronavirus-sncf-annonce-gratuite-tgv-intercites-personnels-soignants
  8. https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/03/19/coronavirus-reduisons-le-nombre-de-personnes-incarcerees-pour-de-courtes-peines-ou-en-fin-de-peine_6033711_3232.html
  9. https://www.youtube.com/watch?v=BtN-goy9VOY

 

 

CoViD-19 : Réponses aux patients et CAT face à un cas contact ou suspect en Médecine Générale (stade 3)

Reconfiguré le Vendredi, 27 mars 2020

 

NB 1 : Ce billet présente des liens hypertextes assurant une mise à jour en temps réél des définitions de cas, des zones à risques et des recommandations qui en découlent.

NB 2 : N'oubliez pas notre billet d'informations générales sur le virus et le développement planétaire de la maladie.  

 

 

Sommaire de ce billet d'info :

Principales caracteristiques du CoViD-19

Gestion d'un cas suspect/possible de CoViD-19 en Médecine Générale (stade 3)

Gestion d'un cas contact au CoViD-19 en Médecine Générale

Cas du professionnel de santé contact d'un cas confirmé

Recommandations avant un départ à l'étranger et au retour de l'étranger

Confinement, gardes d'enfant et formalités médico-légales, administratives et fiscales 

CoViD-19 et personnes en lieux de privation de liberté

CoViD-19 et risques liés à l'environnement des patients

CoViD-19 et grossesse/enfants

CoViD-19 et patients "fragiles"

CoViD-19 et port de masques de protection

Informations sur CoViD-19 à délivrer à tous les patients

Affiches d'information sur le CoViD-19 pour la salle d'attente 

 

 

Principales caracteristiques du CoViD-19

C'est une pathologie infectieuse dûe à un nouveau coronavirus (SARS-CoV-2) qui se transmet de manière interhumaine directement par voie respiratoire et aussi de manière indirecte par contact surface inerte-mains-muqueuses avec un RO estimé  à 2,2 à 2,68.

La période d'incubation semble être de 5 jrs en moyenne (2-12jrs), avec un  temps de doublement de l'épidémie de 6,4 à 7,5 jours. 

La période de contagiosité n'est pas encore bien définie et il est possible qu'une personne puisse être contagieuse dans les 24h précédant les symptômes.

Différentes études retrouvent la présence de porteurs asymptomatiques (1.2 %). Sur les données du bateau de croisière Diamond Princess, le pourcentage de cas asymptomatiques a été estimé à 34,6% (95% IC : 29,4%-39,8%).

La symptomatologie clinique est variable, avec la survenue de formes non graves (comme la présence de conjonctivites, d'infections des voies aériennes supérieures ou de syndrome pseudo-grippal avec céphalées, myalgies, asthénie et parfois diarrhées) ou d'infections respiratoires basses pauci symptomatiques (fièvre, toux, absence de dyspnée mais présence d'images compatibles avec une pneumonie radiologique) voire des formes pulmonaires graves : pneumonie hypoxémiante, SDRA.

Selon l'étude JAMA du 24 février 2020, 81% des formes cliniques modérées, 14% sévères (dyspnée, fréquence respiratoire ≥30/mn, SaO2≤ 93%, PiO2 <300, et/ou infiltrat pulmonaire > 50% en 24-48h), et 5% critiques (SDRA, choc septique, et/ou défaillance MV)

2 formes évolutives :
- simple au cours de laquelle le virus reste indétectable dans le sang (données actuelles) ;
- compliquée avec une aggravation entre J6 et J10 qui se traduit par une atteinte parenchymateuse, un sepsis, des surinfections bactériennes ou fongiques.

Le taux de létalité de l'infection est estimé à moins de 1% dans  des conditions optimales de prise en charge et en cas d'absence de comorbidités (Rappel : dans l'étude JAMA du 24 février 2020, la létalité de 14.8% chez patients  ≥80 ans - 208 of 1408, 8.0% chez patients 70-79 ans - 312 of 3918, et 49.0% chez les patients en soins intensifs - 1023 of 2087). Ce taux de létalité est plus élevé dans la province de Hubei (2.9%), en Iran (8,7%) et chez les patients présentant des comorbidités. Plusieurs cas de transmission nosocomiale avec des personnels de santé ont été décrits. 

Les enfants et les adolescents sont beaucoup moins souvent atteints de formes symptomatiques : ceux de moins 10 ans représentent 1% des cas, ceux de 10 à 19 ans 1% des 72 314 cas chinois.

La distribution en fonction des classes d’âge est la suivante : < 10 ans =1% ; 10-19 ans=1% ; 20-29 ans=8% ; 30-79 ans= 87% ; ≥ 80 ans= 3%.

Pour en savoir plus : 

Etat des connaissances sur la prise en charge des patients atteints de COVID-19 (Source : COREB)

 

Gestion d'un cas suspect/possible de CoViD-19 en Médecine Générale (stade 3)

 

Avec le stade 3, la prise en charge change radicalement en Médecine Générale :

- les zones à risques se multiplient à l'étranger et en France (NB : Carte gouvernementale des cas confirmés par région) mais cela n'a plus d'importance pour la détermination de cas suspect en Médecine Générale

- les (jeunes) MG en ambulatoire sont incités à porter pendant toute leur activité de soin un masque protecteur, FFP2 si possible, chirurgical, à défaut

- les cas confirmés Covid-19 et les diagnostics cliniques  non testés ne présentant pas de critères de gravité, de comorbidités ou un motif d’hospitalisation différent de la pathologie Covid-19 sont gérés en ambulatoire 

 

Principe de base pour les patients :

 

Appeler le 15 uniquement si difficulté réelle de respiration avec fievre (sinon appeler votre médecin généraliste)

 

CAT pour (jeunes) médecins généralistes :

 

Prise en charge d'un cas suspect CoViD-19 en Médecine Générale

 

Références :

Prise en charge COVID19 au stade 3 en Médecine Générale (Collège de Médecine Générale)

Algorithme simplifié des recommandations liées au COVID 19 - stade 3 pour la prise en charge des patients en Médecine Générale (Antibioclic)

Arbre décisionnel simplifié pour la prise en charge d'un patient suspect de CoViD-19 en ambulatoire (Ministère de la Santé)

Personnes à risque de formes sévères/graves de COVID19 (Ministère de la Santé)

Recommandations relatives à la prévention et à la prise en charge du COVID-19 chez les patients à risque de formes sévères (Haut Conseil de Santé Publique)

Organisation du cabinet de Médecine Générale (Collège de Médecine Générale)

 

Gestion d'un cas contact au CoViD-19 en Médecine Générale :

 

Santé publique France a identifié 3 niveaux d’exposition des personnes contacts d’un cas confirmé de COVID-19 :

· Personne contact à risque modéré/élevé : personne ayant partagé le même lieu de vie que le cas confirmé, par exemple : famille, même chambre ou ayant eu un contact direct, en face à face, à moins d’1 mètre du cas possible ou confirmé lors d’une discussion ; flirt ; amis intimes ; voisins de classe ou de bureau; voisins du cas index dans un avion ou un train, en l’absence de mesures de protection efficaces,
· Personne contact à risque faible : personne ayant eu un contact ponctuel étroit (<1 mètre) et/ou prolongé (>15 minutes) avec un cas confirmé à l’occasion de la fréquentation des lieux publics ou contact dans la sphère privée ne correspondant pas aux critères de risque modéré/élevé,
· Personne contact à risque négligeable : personne ayant eu un contact ponctuel avec un cas confirmé à l’occasion de la fréquentation de lieux publics, sauf circonstances particulières qui peuvent justifier un classement en risque faible.

Mesures d’isolement des personnes contacts à risque modéré/élevé
Les personnes contacts à risque élevé d’un cas confirmé de COVID-19 doivent bénéficier d’un isolement à domicile d’une durée de 14 jours après le dernier contact à risque avec le cas.
Durant son isolement, la personne contact doit :
· Rester à domicile ;
· Éviter les contacts avec l’entourage intrafamilial (à défaut port d’un masque chirurgical) ;
· Réaliser la surveillance active de sa température et de l’apparition de symptômes d’infection respiratoire
(fièvre, toux, difficultés respiratoires, …) ;
· En cas d’apparition de fièvre ou de symptômes, porter un masque et contacter immédiatement la cellule régionale de suivi pour prise en charge sécurisée et en signalant le contact avec un cas confirmé de COVID-19.

Mesures de prise en charge des personnes contacts à risque faible :
Les personnes contacts à risque faible d’un cas confirmé de COVID-19 doivent surveiller l’apparition de symptômes pendant une durée de 14 jours après le dernier contact à risque avec le cas.
Cette surveillance consiste en:
· Une prise de la température deux fois par jour ;
· La surveillance de l’apparition de symptômes d’infection respiratoire (fièvre, toux, difficultés respiratoires,
etc.).
Dès l’apparition d’un de ces symptômes (fièvre, toux, difficultés respiratoires, …) porter un masque et s’isoler, contacter immédiatement la cellule régionale de suivi pour prise en charge sécurisée et en signalant le contact avec un cas confirmé de COVID-19.

Documentation :

 

Cas du professionnel de santé contact d'un cas confirmé

 

Stade 2 et 3 : Pas de quatorzaine si asymptomatique mais surveillance température et activité de soin avec un masque protecteur, FFP2 si possible, chirurgical, à défaut.

 

Recommandations avant un départ à l'étranger et au retour de l'étranger :

 

Le 11 mars 2020, l'Inde annonce la suspension de tous les visas touristiques et le président Donald Trump annonce l'interdiction de la venue aux USA de tout voyageur en provenance de 25 pays de l'Union Européenne (dont la France) puis, 2 jours après, du Royaume Uni et d'Irlande.

Le 16 mars 2020, l'Union Européenne décide de fermer ses frontieres exterieures pour une durée de 1 mois à compter du 17 mars 2020 (NB : le 16 mars, plus de 100 pays à travers le monde avaient déjà fermé leurs frontières aux personnes venant de France).

 

Confinement, gardes d'enfant et formalités médico-légales, administratives et fiscales 

 

 

CoViD-19 et risques liés à l'environnement des patients

 

Traitement du linge et nettoyage des locaux ayant hébergé un patient victime du CoViD-19 : 

Avis SF2H (07.02.20)

 

Piscine : 

Avis SF2H (09.03.20)

 

NB : Coronavirus et open space :

 

ALD et traitements chroniques pendant l'épidémie de CoViD-19

 

Prorogation automatique pour les patients dont l’ALD arrive à échéance :
Pendant la durée de l’épidémie, et pour éviter une interruption de droits pour les patients dont l’affection de longue durée (ALD) arrive à échéance, une prolongation des dates de fin des ALD actuellement non renouvelées à l’initiative du service médical de l’Assurance Maladie sera effectuée automatiquement.

Dérogation concernant la délivrance des ordonnances pour les traitements chroniques au-delà de la durée de validité d’une ordonnance :
Pour information, si vous êtes sollicités par vos patients, à titre exceptionnel, si la durée de validité d’une ordonnance renouvelable est expirée, afin d’éviter toute interruption de traitement préjudiciable les pharmacies d’officine peuvent prolonger la dispensation, dans des conditions précisées par arrêté (arrêté du 14 mars 2020, Journal officiel du 15 mars 2020).

 

CoViD-19 et lieux de privation de liberté

 

 

POUR LA SUITE : PARTIE DU BILLET EN RECONSTRUCTION (Toutes nos excuses pour la gêne occasionnée)

CoViD-19 : Organisation des gardes d'enfant et du confinement

Mis à jour le Jeudi, 26 mars 2020

 

Garde des enfants (quatorzaines et confinement)

Le Président de la République a annoncé le 12 mars 2020 que « dès lundi et jusqu’à nouvel ordre, les crèches, les écoles, les collèges, les lycées et universités seront fermés » 

Le SNJMG s’est interrogé sur l’organisation de la garde des enfants, notamment des plus jeunes. Il a demandé au ministère de la Santé le 13 mars 2020 qu’un des parents (ou détenteur de l'autorité parentale) concernés par la mesure bénéficie de la procédure mise en place pour les familles dont les enfants de moins de 16 ans étaient contraints à « quatorzaine » et que cette procédure soit applicable sans condition relative au télétravail.

Cette proposition n’a pas été retenue par le gouvernement...

En revanche, le Président de la République avait aussi annoncé dans son allocution du 12 mars 2020 qu’ « un service de garde sera mis en place région par région, nous trouverons les bonnes solutions pour qu’en effet, les personnels qui sont indispensables à la gestion de la crise sanitaire puissent faire garder leurs enfants et continuer d’aller au travail pour vous protéger et vous soigner ».

Quels sont les professionnels concernés ?
- « tout personnel travaillant en établissements de santé publics/privés : hôpitaux, cliniques, SSR, HAD, centres de santé …
- tout personnel travaillant en établissements médico-sociaux pour personnes âgées et personnes handicapées : maisons de retraite, EHPAD, USLD, foyers autonomie, IME, MAS, FAM, SSIAD …
-  les professionnels de santé et médico-sociaux de ville : médecins, infirmiers, pharmaciens, sages-femmes, aides-soignants, transporteurs sanitaires, biologistes, auxiliaires de vie pour personnes âgées et handicapées…
- les personnels chargés de la gestion de l’épidémie des agences régionales de santé (ARS) des préfectures et ceux affectés à l’équipe nationale de gestion de la crise ».

NB 1 : Tous les externes, internes et médecins remplaçants sont donc bien concernés
NB 2 : Du fait de la mobilisation des personnels administratifs, le SNJMG conseille aux IMG de prendre contact avec leur CHU de rattachement pour savoir ce qu'il peut leur proposer.

Quelles modalités de prise en charge ?
« Le ministère de l’Education nationale accueillera les enfants des professionnels qui n’ont pas d’autre solution de garde scolarisés à l’école maternelle, primaire et au collège dans les lieux de scolarisation habituels. 
Ces modalités pourront être adaptées par la suite par les recteurs, en lien avec les ARS, de manière à favoriser la cohérence pédagogique des groupes d’élèves (qui ne devront pas dépasser 8 à 10 élèves par classe). 
Cet accueil s’organisera dès lundi 16 mars matin. Les parents concernés devront dans la mesure du possible informer dès le vendredi 13 mars et durant le week-end les directeurs d’école et les principaux de collège de manière à ce que cet accueil soit le mieux préparé possible.
Les parents et les enfants seront accueillis dès lors qu’ils présenteront la carte professionnelle de santé (CPS) ou une fiche de paye avec mention de l’établissement employeur. 
Toute piste complémentaire sur des aides/gardes d’enfants à domicile pourra être envisagée localement sous l’égide des Préfets (ex. plateformes offre/demande) ». (Infos ARS du 13 mars 2020 au soir)

Et pour les enfants de 0 à 3 ans ?
« Les crèches hospitalières restent ouvertes et devront adapter leurs organisations pour fonctionner par petits groupes d’enfants accueillis.
L’accueil des enfants des personnels visés au point 2 dans d’autres crèches doit s’organiser localement pour une mise en œuvre dès lundi sous l’égide des collectivités locales qui doivent être mobilisées par les Préfets de département, en lien avec les caisses d’allocations familiales ». (Infos ARS du 13 mars 2020)

NB : Microcreches et MAM accueillant moins de 10 enfants + assistantes maternelles hors MAM
“ les structures qui accueillent moins de 10 enfants doivent être maintenues ; c’est le cas des micro-crèches et des assistantes maternelles hors MAM, qui peuvent ainsi maintenir leur activité”. (Info Ministère de la Santé du 13 mars 2020)
Pour les enfants de moins de 3 ans, une dérogation va être activée afin d’autoriser les assistantes maternelles à accueillir jusqu’à 6 enfants de moins de 3 ans simultanément, contre 4 actuellement.
Un “service universel d’information aux familles” va en outre être mis en place rapidement afin de permettre aux parents de connaître toutes les disponibilités des assistantes maternelles et des micro-crèches de la façon la plus actualisée possible.

 

Attention ! Depuis lundi matin, 16 mars 2020, de nombreux (jeunes) médecins généralistes appellent notre secrétariat pour dire que la garde de leur enfant n’est pas assurée dans les creches et établissements scolaires. Nous conseillons à tous/toutes ceux/celles qui sont dans ce cas de nous le signaler par internet afin que nous puissions faire un recensement des lieux à problème et ensuite le communiquer aux instances responsables.

 

Documents administratifs et conseils pour les périodes de confinement  (à compter du 17 mars 2020)

 

Les modalités du confinement + attestation de déplacement dérogatoire et justificatif de déplacement professionnel à télécharger sur le site du ministère de l'intérieur :

Infos et documents à télécharger du ministère de l'intérieur

Attestation simplifiée officielle pour personne en situation de handicap

 

NB : Attention aux générateurs non officiels d'attestations sur Internet et aux sites proposant d'afficher sur une carte un cercle de 1km autour de chez vous :

 

Conseils pratiques pour les personnes confinées :

 

CoViD-19 : Mesures administratives, fiscales et sociales en relation avec le travail (pour patients et médecins)

Mis à jour le Vendredi, 27 mars 2020

 

Sommaire du billet 

Quatorzaines et arrêts de travail

Problématiques concernant les activités professionnelles durant l'épidémie (FAQ sur l'emploi, Chomage partiel, cotisations URSSAF, Fonds de solidarité)

Impots et cotisations sociales (pour patients et médecins)

 

Quatorzaines et arrêts de travail

 

Procédures effectives à compter du 18 mars 2020 :

- Personnes cas contact d’un cas confirmé, considéré par l’ARS à risque modéré/élevé, si elles ne peuvent pas télétravailler :

L’ARS transmet les coordonnées à l’assurance maladie,
L’assurance maladie contacte la personne pour obtenir les éléments nécessaire à l’établissement de l'arrêt de travail,
Le médecin de l’assurance maladie établit l'arrêt de travail et l’adresse directement à l'employeur
Il y a indemnisation dans les conditions d’un arrêt maladie, sans application des délais de carence, pour la durée d’isolement préconisée.

- Personnes à risques (si aucune solution de télétravail n’est envisageable) : Femmes enceintes, Maladies respiratoires chroniques (asthme, bronchite chronique…), Insuffisances respiratoires chroniques, Mucoviscidose, Insuffisances cardiaques toutes causes, Maladies des coronaires, Antécédents d’accident vasculaire cérébral, Hypertension artérielle, - Insuffisance rénale chronique dialysée, Diabètes de type 1 insulinodépendant et diabète de type 2, Personnes avec une immunodépression (pathologies cancéreuses et hématologiques, transplantations d’organe et de cellules souches hématopoïétiques, maladies inflammatoires et/ou auto-immunes recevant un traitement immunosuppresseur, personnes infectées par le VIH, Maladie hépatique chronique avec cirrhose, Obésité avec un indice de masse corporelle (IMC) égal ou supérieur à 40.

Les personnes concernées peuvent se connecter directement, sans passer par leur employeur ni par leur médecin traitant, sur declare.ameli.fr pour demander à être mis en arrêt de travail pour une durée initiale de 21 jours.

Cette procédure de déclaration sur le site concernera les salariés du régime général, les marins, les clercs et employés de notaire, les travailleurs indépendants, auto-entrepreneurs et agents contractuels de la fonction publique. Elle ne concerne pas les autres régimes spéciaux, notamment les agents de la fonction publique. Une téléprocédure ad hoc sera proposée par la MSA aux assurés du régime agricole.

Un des 2 parents dont l’enfant de moins de 16 ans fait l’objet d’une mesure d’isolement (si les deux parents ont une activité professionnelle et qu’aucun des deux ne peut travailler à domicile) :

Le parent fournit à son employeur une attestation dans laquelle il s’engage à être le seul parent qui demande le bénéfice d’un arrêt de travail pour garder l’enfant à domicile. Il y indique le nom et l’âge de l’enfant, le nom de l’établissement scolaire et de la commune où l'enfant est scolarisé, ainsi que la période de fermeture de l’établissement scolaire concerné.
Le  parent s’engage également à informer son employeur dès la réouverture de l’établissement scolaire.
Son employeur déclare l’arrêt de travail à compter du jour du début de l’arrêt, pour une durée correspondant à la fermeture de l’école, en remplissant une déclaration en ligne via la page employeur du site declare.ameli.fr

Il y a indemnisation dans les conditions d’un arrêt maladie, sans application des jours de carence, pour la durée d’isolement préconisée.

- « Cas confirmé » (avec un prélèvement confirmant l’infection par le nouveau coronavirus) ou cas possible n'ayant pas été testé

Le patient est pris en charge par un médecin,
Le médecin établit l'arrêt maladie comme pour n’importe quelle maladie,
Soit le médecin envoie par voie dématérialisée l'arrêt à la caisse de sécurité sociale (amelipro), soit le patient envoie lui-même à sa caisse l’arrêt qu’il lui a remis,
Le patient envoie à son employeur le volet de l’arrêt maladie qui lui est destiné.
Il y a indemnisation dans les conditions d’un arrêt maladie.

 

Chronologie :

Le gouvernement avait anticipé les situations de « quatorzaine » en publiant un décret le 1er février 2020 ouvrant droit exceptionnellement à une indemnité journalière pour "les personnes faisant l'objet d'une mesure d'isolement du fait d'avoir été en contact avec une personne malade du coronavirus ou d'avoir séjourné dans une zone concernée par un foyer épidémique de ce même virus et dans des conditions d'exposition de nature à transmettre cette maladie » : les indemnités sont ouvertes pour les salariés mais aussi, selon l'engagement du gouvernement, pour les travailleurs indépendants et elles sont versées par l’Agence Régionale de Santé (ARS) dès le premier jour d’arrêt et jusqu’à 20 jours d’affilée.

Dans son communiqué du 27 février 2020, le SNJMG dénonce la gestion à géométrie variable de ces "quatorzaines" par les différentes ARS.

Le 28 février 2020, le gouvernement diffuse un document à destination des employés et des employeurs et annonce que les parents dont les enfants doivent rester isolés peuvent également bénéficier de la prise en charge de l'arrêt de travail mais sans en préciser les modalités pratiques.

Le 04 mars 2020, le ministère des Solidarités et de la Santé et l’Assurance Maladie ouvrent un dispositif unique en ligne pour la prise en charge des arrêts de travail des personnes dont les enfants de moins de 16 ans sont concernés par des mesures de maintien à domicile.

Le 05 mars 2020, le gouvernement rationalise les arrêts de travail relatif au CoViD-19 :

- Personnes cas contact d’un cas confirmé, considéré par l’ARS à risque modéré/élevé, si elles ne peuvent pas télétravailler :

Gestion par l'ARS avec indemnisation dans les conditions d’un arrêt maladie, sans application des délais de carence, pour la durée d’isolement préconisée.

- Un des 2 parents dont l’enfant de moins de 16 ans fait l’objet d’une mesure d’isolement (si les deux parents ont une activité professionnelle et qu’aucun des deux ne peut travailler à domicile) :

Attestation du parent et déclaration en ligne par l'employeur sur le site dédié (déclaration de la personne elle même si artisan, commerçant ou profession libérale) avec indemnisation dans les conditions d’un arrêt maladie, sans application des jours de carence, pour la durée d’isolement préconisée.

- « cas confirmé » (avec un prélèvement confirmant l’infection par le nouveau coronavirus) ou cas possible n'ayant pas été testé

Gestion dans les conditions habituelles d’un arrêt maladie (avec les mêmes délais de carence).

Mais, en pratique, il reste un "angle mort" dans cette prise en charge : les arrêts de travail des personnes considérées à risques (en dehors des cas contact) ! Ce que signale le SNJMG dans son communiqué du 13 mars 2020...

C'est le 17 mars 2020 en fin d'après midi que l'Assurance Maladie médiatise l'élargissement de la procédure pour garde d'enfant aux personnes à risques à compter du 18 mars 2020 (avec effet retro actif au 13 mars 2020).

Et le 27 mars 2020, elle distingue sur amelipro deux motifs arrêts de travail en relation avec CoViD-19 : "CoVid-19 confirmé ou présumé" et "Personne à risque pour CoViD"

 

NB1 : Prise en charge des arrêts des médecins libéraux eux mêmes

Information de l'Assurance Maladie du 05 mars 2020 :

Les médecins sont soumis aux mêmes règles que les salariés. 
Le niveau des indemnités journalières attribuées est de 112 € (ce qui est en-deçà des indemnités journalières que la CARMF verse habituellement à partir du 90e jour, pour la troisième tranche).

L'Assurance Maladie a mis en place un numero de téléphone (08 11 70 71 23) pour répondre aux questions des médecins.

Communiqué de la CARMF le 10 mars 2020 :

La CARMF a pris connaissance et se félicite de l'indemnisation versée par l'Assurance maladie, à hauteur de 112 euros par jour, aux médecins libéraux qui font l’objet d’une mesure de confinement afin de limiter la propagation de l'épidémie de Covid-19 (coronavirus) et qui se trouvent dans l’impossibilité de travailler (voir les modalités sur https://www.ameli.fr/medecin/actualites/professionnels-de-sante-liberaux-exposes-au-coronavirus-prise-en-charge-des-ij). 
Particulièrement sensible à la situation de ces médecins, la CARMF se mobilise également pour les soutenir. 
Ainsi, le Bureau du Conseil d’Administration a décidé le 5 mars 2020 le versement d’un secours par le Fonds d’action sociale, afin de compléter l’indemnisation de l’Assurance maladie pour les médecins cotisants en classe C dans le régime invalidité-décès, à hauteur de l’indemnité journalière applicable à leur situation, soit 135,08 euros par jour.
Pour ceux qui rencontreraient par ailleurs des difficultés pour le règlement de leurs cotisations, les services de la CARMF sont à leur disposition pour trouver la solution la plus adaptée (suspension des prélèvements automatiques mensuels, du calcul des majorations de retard ou des procédures d’exécution des cotisations antérieures à 2020). 
Les médecins concernés sont invités à se faire connaître en contactant la CARMF par email à l’adresse mail : covid-19@carmf.fr.
En cas de maladie avérée ultérieurement, les médecins bénéficieront de l ’indemnisation susvisée de l’Assurance maladie, complétée le cas échéant par celle de leur assurance personnelle. Ils seront également pris en charge dans le cadre du régime invalidité-décès à partir du 91ème jour d’arrêt de travail.

Message de la CARMF du 18 mars 2020 :

Sur proposition du Dr Thierry Lardenois, Président de la CARMF, et en concertation avec le Ministère des Solidarités et de la Santé, le Bureau de la CARMF a décidé, à l'unanimité, que le régime invalidité-décès de la CARMF financera, de façon exceptionnelle et dérogatoire aux dispositions légales et réglementaires en vigueur, des indemnités journalières sans délai de carence.
Les médecins libéraux malades du coronavirus, ainsi que les médecins en situation fragile (ALD) qui ne peuvent travailler du fait du contexte actuel d'épidémie, pourront donc percevoir les indemnités journalières du régime invalidité-décès de la CARMF dès le premier jour d'arrêt et pendant toute la durée d'arrêt lié au Covid-19. Le montant de ces indemnités variera de 67,54 € à 135,08 € par jour selon la classe de cotisations applicable, s’ajoutant aux 112 € versés par l'Assurance maladie.

Information de l'Assurance Maladie du 25 mars 2020 :

Dans le cadre de l’épidémie Covid-19, l’Assurance Maladie prend en charge, de manière dérogatoire et sans délai de carence, les indemnités journalières pour les professionnels de santé libéraux s’ils sont amenés à interrompre leur activité professionnelle, selon des modalités alignées sur celles appliquées aux salariés et travailleurs indépendants.

La procédure à suivre varie selon la situation amenant le professionnel de santé à interrompre son activité professionnelle

- Professionnels de santé dont le diagnostic d’infection à Covid-19 a été posé cliniquement ou biologiquement :

Comme pour tout patient, un arrêt de travail peut être établi par un médecin (arrêt de travail prescrit pour eux-mêmes par les médecins le cas échéant). Cet arrêt de travail est ensuite adressé à l’Assurance Maladie (soit par le médecin prescripteur de manière dématérialisée via amelipro, soit par le patient par courrier postal). Les indemnités journalières seront ensuite versées pour la durée de l’arrêt de travail prescrit.

- Professionnels de santé dont le confinement à domicile est recommandé :

Dans un avis rendu le 14 mars dernier, le Haut Conseil de la santé publique a recommandé le confinement à domicile des femmes enceintes dans leur 3e trimestre de grossesse ainsi que des personnes atteintes de certaines pathologies (liste établie par le Haut Conseil).

Afin d’alléger la charge pour les cabinets médicaux en ville très sollicités et de permettre le confinement immédiat d’un maximum de ces patients, un téléservice dédié, declare.ameli.fr, a été mis en place par l’Assurance Maladie. Il permet aux femmes enceintes dans leur 3e trimestre de grossesse ainsi qu’aux assurés admis en ALD au titre d’une des pathologies listées par le Haut Conseil de la santé publique de pouvoir demander en ligne à être placés en arrêt de travail. Le service médical de l’Assurance Maladie procède au contrôle de la situation du demandeur et peut ainsi lui délivrer un arrêt de travail. Les indemnités journalières peuvent ensuite être versées pour la durée de l’arrêt de travail prescrit

L’arrêt peut être déclaré de manière rétroactive (possibilité de déclarer un arrêt initié depuis le 13 mars 2020).

Les professionnels de santé qui souffrent d’une des pathologies listées mais ne sont pas reconnus en ALD pour celle-ci sont invités à consulter un médecin pour qu’il établisse, si besoin, un arrêt de travail (prescription pour eux-mêmes par les médecins le cas échéant). Cet arrêt de travail est ensuite adressé à l’Assurance Maladie (soit par le médecin prescripteur de manière dématérialisée via amelipro, soit par le patient par courrier postal). Les indemnités journalières seront ensuite versées pour la durée de l’arrêt de travail prescrit.

- Professionnels de santé dont l’arrêt d’activité est lié à des contraintes de garde d’enfant de moins de 16 ans :

Dans l’hypothèse où le professionnel de santé n’est pas en mesure de bénéficier des dispositifs de garde d’enfant mis en place par les pouvoirs publics pour faciliter la continuité d’activité des professionnels de santé, et qu’il n’a pas d’autre alternative que d’interrompre son activité professionnelle dans ce cadre, il a la possibilité de pouvoir demander à être placé en arrêt de travail via le site declare.ameli.fr.
L’arrêt peut être déclaré de manière rétroactive (possibilité de déclarer un arrêt initié depuis le 2 mars 2020).

 

NB 2 : Coronavirus et droit de retrait

 

 

Problématiques concernant les activités professionnelles durant l'épidémie 

 

Coronavirus : Questions/réponses pour les entreprises et les salariés :

Informations du Ministère du travail

 

Compléments d'information pour employeurs :

Pour avoir accès au chômage partiel ou total pour vos salariés, vous devez vous inscrire sur le site : https://activitepartielle.emploi.gouv.fr/aparts/

L’URSSAF n’a pas prélevé les échéances du 20 mars 2020 et ne prélèvera pas non plus celles du 5 avril.

Il est possible de demander :
- un délai de paiement, y compris par anticipation. Il n’y aura ni majoration de retard ni pénalité ;
- un ajustement de l’échéancier de cotisations pour tenir compte d’ores et déjà d’une baisse de revenu, en réestimant leur revenu sans attendre la déclaration annuelle ;
- l’intervention de l’action sociale pour la prise en charge partielle ou totale des cotisations ou pour l’attribution d’une aide financière exceptionnelle.

La demande peut être faite :
- par internet, en se connectant à leur espace en ligne sur urssaf.fr et en adressant un message via la rubrique « Une formalité déclarative », « Déclarer une situation exceptionnelle » ;
- par téléphone, au 3957 (0,12€ / min + prix appel) ou au 0806 804 209 (service gratuit + prix appel) pour les praticiens et auxiliaires médicaux.

Comment bénéficier du Fonds de solidarité spécial CoViD-19 ?
 
Les professions libérales peuvent en bénéficier, à condition d’avoir :
un effectif inférieur ou égal à 10 salariés ;
un chiffre d’affaires sur le dernier exercice clos inférieur à 1 000 000€ ;
un bénéfice imposable inférieur à 60 000 €.

Quelles conditions pour en bénéficier ?
Soit avoir fait l’objet d’une fermeture administrative.
Soit avoir une perte de son chiffre d’affaire entre mars 2019 et mars 2020.

Quel est le montant de l’aide ?
Jusqu’à 1500€ versés par la DGFPI.
Pour les entreprises en grandes difficultés, 2000€ supplémentaires peuvent être versées au cas par cas auprès des régions.
Ces sommes sont défiscalisées.

Comment bénéficier de l’aide ?
Dès le 1er avril, sur le site impot.gouv.fr 
Pour l’aide complémentaire, contacter la région à partir du 15 avril.
 
Le fonds de solidarité a été abondé pour le mois de mars. Il pourra être renouvelé si nécessaire, au regard de l’évolution des mesures de confinement et de leur impact sur l’activité économique.

 

Impots et cotisations sociales (pour patients et médecins)

 

- Pour tous :

 

Message DGFiP du 15 mars 2020 :

Afin de tenir compte de l’impact de l’épidémie de coronavirus COVID-19 sur l’activité économique, et conformément aux annonces du Président de la République le 12 mars 2020, la DGFiP se mobilise pour accompagner les entreprises et les entrepreneurs individuels qui rencontrent des difficultés pour déclarer ou payer leurs prochaines échéances.

Si vous êtes une entreprise (ou si vous êtes expert-comptable et intervenez pour des clients dans cette situation), vous pouvez demander à votre service des impôts des entreprises le report sans pénalité du règlement de vos prochaines échéances d'impôts directs (acompte d'impôt sur les sociétés, taxe sur les salaires).

Si vous avez déjà réglé vos échéances de mars, vous avez peut-être encore la possibilité de vous opposer au prélèvement SEPA auprès de votre banque en ligne. Sinon, vous avez également la possibilité d'en demander le remboursement auprès de votre service des impôts des entreprises, une fois le prélèvement effectif.

Si vous êtes travailleur indépendant, nous vous rappelons que vous pouvez moduler à tout moment votre taux et vos acomptes de prélèvement à la source. Vous pouvez aussi reporter le paiement de vos acomptes de prélèvement à la source sur vos revenus professionnels d’un mois sur l’autre jusqu’à trois fois si vos acomptes sont mensuels, ou d’un trimestre sur l’autre si vos acomptes sont trimestriels. Toutes ces démarches sont accessibles via votre espace particulier sur  impots.gouv.fr, rubrique « Gérer mon prélèvement à la source » : toute intervention avant le 22 du mois sera prise en compte pour le mois suivant.

Si vous avez un contrat de mensualisation pour le paiement de votre CFE ou de votre taxe foncière, vous avez la possibilité de le suspendre sur  impots.gouv.fr ou en contactant votre Centre prélèvement service : le montant restant vous sera prélevé au solde, sans pénalité.

Pour faciliter l'ensemble de vos démarches, la DGFiP met à votre disposition un modèle de demande, disponible sur le site impots.gouv.fr, à adresser à votre service des impôts des entreprises. Pour toute difficulté, n’hésitez pas à vous rapprocher de votre service des impôts des entreprises, par la messagerie sécurisée de votre espace professionnel, par courriel ou par téléphone.

Nous vous remercions de votre confiance.

La Direction générale des Finances publiques

 

- Pour (Jeunes) MG (Source : Compta Santé, partenaire du SNJMG) :

 

Loyer professionnel : ne pas confondre annulation et suspension-report

 
En aucun cas il n’a été question d’annulation des loyers et des échéances d’emprunt. Il s’agit exclusivement de report ou d’étalement.
Aucune charge de loyer ou remboursement d’emprunt ne sera ainsi comptabilisée dans votre comptabilité de trésorerie.
 
1.       Propriétaire de votre cabinet

Pour les praticiens propriétaires des murs de leur cabinet (directement ou via une SCI), nous vous recommandons vivement de contacter votre banque. Ces dernières ont eu des directives et il semble plutôt aisé d’obtenir un décalage de vos remboursements d’emprunt. Attention, il faudra à notre avis tout de même régler les intérêts d’emprunt (compte tenu de la faiblesse historique des taux pratiqués cette opération demeure avantageuse).
 
2.       Locataire de votre cabinet

Vous avez la possibilité de suspendre le paiement de vos loyers en échangeant avec votre propriétaire ou par l’intermédiaire d’un mandataire Ad hoc. Votre propriétaire ayant lui aussi à ses propres contraintes économiques (remboursement de l’emprunt des murs auprès de sa banque) aucun décret d’application ne l’oblige à accepter à ce jour.
 
NB : Concernant le loyer des locaux commerciaux (bien souvent en tant que professionnel libéral vous exercez dans des locaux dit « professionnels » et non des « locaux commerciaux ») : les principales fédérations de bailleurs de locaux commerciaux ont appelé vendredi 20 mars leurs membres bailleurs à suspendre les loyers pour l’échéance d’avril et pour les périodes postérieures d’arrêt d’activité. Votre propriétaire n’est probablement pas membre de ces fédérations.

 

Messages CARMF des 17 et 18 mars 2020 :

Particulièrement sensible aux difficultés que peuvent rencontrer les médecins libéraux dans cette période de pandémie de Covid-19, la CARMF se mobilise pour les soutenir.

Le bureau de la CARMF a adopté à l'unanimité des mesures de soutien financier aux cotisants :
- la suspension des prélèvements automatiques mensuels pour les cotisations 2020 pendant 2 mois (avril et mai), le solde serait alors étalé sur le reste de l’exercice 2020 ;
- la suspension du calcul des majorations de retard pour les cotisations 2020 pendant 2 mois ;
- la suspension des procédures d’exécution des cotisations antérieures à 2020 pendant 2 mois.

 

CoViD-19 : Message aux Jeunes MG (Confinement - Semaine#1)

Nous avons procédé hier à une importante actualisation de notre dossier internet (ouvert le 15 janvier 2020) consacré au nouveau coronavirus et à la pandémie CoViD-19 avec :

- nouvelles ressources de données épidémiologiques
- extension des zones à risques
- nouvelles recommandations en stade 3 (HCSP, CMG et Antibioclic)
- précisions complémentaires sur les cas particuliers
- gestion des arrêts de travail
- garde d’enfant des personnels de santé

Toutes ces informations sont disponibles à partir de cette page.

NB : Notre secrétariat reçoit depuis ce matin de nombreux messages pour dire que la garde de leur enfant n’est pas assurée. Nous conseillons à tous/toutes ceux/celles qui sont dans ce cas de nous le signaler par internet (http://www.snjmg.org/contact/secretariat) afin que nous puissions faire un recensement des lieux à problème et ensuite le communiquer aux instances responsables.

Avis aux internes de Médecine Générale, les choix de stages vont être perturbés !

Depuis l'allocution du Président de la République le 12 mars 2020, différentes subdivisions (Paris, Nantes…) ont annoncé la suspension des prochains choix de stage. 
En cette fin de journée, il se confirme que les choix présentiels sont annulés dans toutes les subdivisions avec l'objectif de faire des choix dématérialisés... en attendant, les stages actuels seraient prolongés de 1 mois, renouvelable.

Avis aux remplaçants de Médecine Générale,  le SNJMG organise une « bourse aux bonnes volontés » !

Si vous êtes disponibles pour prêter main forte à la régulation des appels, à la gestion de l’épidémie dans des cabinets de MG, aux soins auprès des personnes précaires… merci de contacter notre secrétaire pour participer à des groupes WhatsApp dédiés : 

Soyons solidaires et responsables !

 

Dossier CoViD-19

 

- Infos sur le virus et sa propagation planétaire

 

- Gestion pratique du CoViD-19 en France

 

 

Coronavirus en France : l’heure de vérité !

 

Comme il fallait le craindre, l’épidémie s’accélère en France, dans le sillage de l’évolution internationale (1) : l’OMS  a reconnu officiellement la pandémie mondiale et plusieurs pays européens prennent des mesures drastiques.

Même s’il n’a pas annoncé officiellement le stade 3 de l’épidémie, le Président de la République a enfin rompu avec le discours attentiste de ces derniers jours.

Le Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG) soutient les pouvoirs publics dans leur gestion de cette crise sanitaire et salue les mesures prises.

Parmi les éléments bienvenus, le syndicat se réjouit de la prolongation de 2 mois de la trêve hivernale, comme le demandaient les associations d’aide aux personnes mal logées (2) et espère que la priorité donnée aux soins s’applique à tous les patient.es notamment les personnes exilées dont l’accès au droit était remis en question dans la Loi Asile Immigration (3).

Concernant la fermeture logique des établissements scolaires, décidé en France comme dans 10 autres pays européens, le SNJMG s’interroge sur l’organisation de la garde des enfants, notamment des plus jeunes. Nous demandons qu’un des parents concernés par la mesure bénéficie de la procédure mise en place pour les familles dont les enfants de moins de 16 ans étaient contraints à « quatorzaine » et que cette procédure soit applicable sans condition relative au télétravail.

Le SNJMG apprécie également l’attention portée par le Président aux personnels de santé et au service public hospitalier. Reste à répondre concrètement aux attentes exprimées depuis 1 an par les hospitaliers alors que le gouvernement espagnol vient d’annoncer le déblocage immédiat de 3 milliards d’euros pour ses hôpitaux.

Concernant les personnels médicaux (du secteur hospitalier et ambulatoire), le SNJMG encourage une mobilisation volontaire des actuels médecins remplaçants et médecins ayant cessé leur activité de soin en privilégiant pour leur affectation, dans un objectif d’efficacité, les fonctions et lieux d'exercices antérieurs. Il reste vigilant sur l’adaptation des postes des étudiants (externes) et internes de médecine à cette mobilisation (4).

Pour tous les soignants, le syndicat appelle à une attention particulière car « un soignant utile est un soignant vivant et en bonne santé ».

Le SNJMG, qui assure une veille informative depuis le 15  janvier 2020 (5), est disponible pour une actualisation et une clarification indispensables de la prise en charge des patients en ambulatoire, pour le renforcement et la sécurisation des services d’aides à la personne (6), pour la bonne prise en charge médicale et sociale des patients en situation précaire et/ou en défaut de protection sociale (SDF, personnes en lieux de privation de liberté…), pour les arrêts de travail des personnes à risques et pour la lutte contre toute discrimination dans la gestion de l’épidémie.

Nous sommes surpris de partager le constat du Président : « Ce que révèle cette pandémie, c’est qu’il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché » et nous espérons que chacun.e s’en souviendra passé la crise. Pour l’heure, nous renouvelons nos mises en gardes concernant le respect des libertés publiques déjà « écornées » par la lutte contre le terrorisme et possiblement menacées par la gestion de la menace sanitaire.

Si la concertation sur le secteur ambulatoire qu’il avait demandée n’est plus d’actualité, le SNJMG est satisfait d’avoir été entendu ce midi au ministère de la Santé suite à l’intervention du Président de la République.

Le SNJMG souscrit à l’effort de solidarité nationale, « quoiqu’il en coûte » : c’est le moment pour tous de le démontrer !

 

Contact Presse : Benoit Blaes – presidence@snjmg.org – 07.61.99.39.22

Coronavirus en France : confusions et rattrapages


Depuis la semaine dernière, le nouveau coronavirus commence à circuler en France et le pays est logiquement passé samedi 29 février 2020 au stade 2 de l’épidémie.

Malgré l’application des protocoles issus du plan pandémie grippale de 2011, les pouvoirs publics éprouvent, comme la semaine dernière, quelques difficultés à maîtriser la gestion pratique de la maladie covid-19 en France (1).

Il y a bien heureusement des évolutions positives :

Le ministère de l’Education Nationale a défini le 1er mars 2020 (la veille de la rentrée de la deuxième zone) une position claire pour tous les élèves et tous ses personnels à l’occasion du passage au stade 2 de l’épidémie : suspension de tout voyage scolaire à l’étranger ou dans un cluster en France, abandon de toute quatorzaine pour un retour de zone à risque (pour les élèves comme pour tous les personnels de l’Education Nationale) mais maintien de celle ci dans les autres situations prévues par le ministère de la Santé (avec fermeture d’établissements dans les clusters).

Le même jour, la Direction Générale de la Santé (DGS) a levé l’obligation de confinement des médecins asymptomatiques contact de sujet malades du CoViD-19 et, le 3 mars, c’est l’Assistance Publique - Hopitaux de Paris (AP-HP) qui a pris une décision similaire pour ses personnels.

Depuis le 28 février 2020, les Agences Régionales de Santé (ARS) commencent à communiquer sur les prises en charge d’arrêts de travail en cas de « quatorzaine » et, le 04 mars, le ministère des Solidarités et de la Santé et l’Assurance Maladie ont ouvert un dispositif unique en ligne pour la prise en charge des arrêts de travail des personnes dont les enfants de moins de 16 ans sont concernés par des mesures de maintien à domicile (2).

Toutefois, cette prise en charge ne concerne qu’un seul des deux parents et qu’en l’absence de solution d’aménagement des conditions de travail lui permettant de poursuivre son activité à domicile (partant du principe qu’en télétravail, il n’y a aucune difficulté à garder seul son/ses enfant-s à domicile).

De plus, il n’y a toujours pas de communication officielle sur les modalités pratiques des arrêts pour « quatorzaine » concernant les commerçants, artisans, professions libérales (dont professionnels de santé) et personnels hospitaliers intérimaires…

Ensuite, il y a plusieurs décisions administratives en apparence contradictoires : pourquoi annuler le semi marathon de Paris et autoriser les grands rassemblements de supporters lors de matches de football le même weekend ? pourquoi interdire le marché en plein vent de Creil et autoriser l’ouverture des supermarchés dans la même zone ?

Ces décisions d’interdiction de réunions à géométrie variable arrivent dans un contexte politique critique (contestation de la réforme des retraites et élections municipales) et pourraient interroger sur leur utilisation à des fins politiquement interessées.

Mais, c’est bien la question des masques de protection qui confine (sans mauvais jeu de mots) à l’improvisation.

D’abord, il y a eu à l’occasion du signalement des premiers cas de maladie Covid-19 en France une demande massive et imprévue de masques anti projections, dits chirurgicaux, aboutissant rapidement à une situation de pénurie. A son arrivée au ministère de la Santé, Mr Olivier Véran, a décidé la mise en circulation de 15 millions de masques chirurgicaux issus de la réserve nationale (évaluée à 160 millions de masques) : 5 millions fournis aux  établissements prenant en charge les cas confirmés de CoViD-19, aux EHPAD et aux ARS et 10 millions remis par les pharmacies (théoriquement cette semaine) aux médecins généralistes et autres professionnels de santé libéraux (le ministre précisant que 15 à 20 millions supplémentaires arriveront en fonction de l’évolution de la situation)…

Mais ces masques chirurgicaux ne concernent que les patients (dans certaines conditions, ndlr). Concernant les médecins (et autres professionnels de santé) en présence de cas suspects, les recommandations établies en Janvier 2020 prévoient l’utilisation d’appareils de protection, au moins de catégorie FFP2. Le 23 février 2020, Mr Olivier Véran, constatant l’absence de stock de FFP2 dans la réserve nationale (3), annonce la commande massive et régulière de 35 millions de FFP2 par mois. Ce chiffre correspond aux capacités maximales de production mais les fournisseurs font savoir au ministère le 27 février 2020 que les premières livraisons ne se feront pas avant 3 à 4 semaines (4). Suite à un avis de l'OMS autorisant le recours au masque chirurgical à la place du FFP2, la DGS modifie, le 28 février 2020, ses recommandations (5) pour proposer aux médecins généralistes d’utiliser 1 voire 2 masques chirurgicaux superposés au contact d’un patient suspect… alors que les recommandations officielles COREB maintiennent le recours aux FFP2 dans leur mise à jour du 29 février 2020 (6)…

Finalement, le président de la République annonce le 3 mars 2020 la réquisition de tous les stocks et de la production de masques de protection (masques anti projections et appareils de protection FFP).

A l’image de la part congrue réservée à l’ambulatoire dans le guide méthodologique (très technocratique) publié le 17 février 2020 (7), il semble que le ministere de la Santé n’a pris conscience que tardivement des défis pratiques de la gestion de la maladie dans ce secteur, pourtant prédominant en stade 3 de l’épidémie.

Aussi, le Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG) demande une réunion de concertation au ministere de la Santé avec toutes les organisations nationales (pas seulement les représentatives) de professionnels de santé (pas seulement celles de médecins) du secteur ambulatoire afin d’organiser au plus vite ce nouveau temps de la réponse sanitaire à l’évolution de la maladie.

A cette occasion, le SNJMG rappellera la nécessité pour les pouvoirs publics de ne pas laisser perdurer dans la société des manifestations de peurs ni de racisme (8).

 

Contact Presse : Benoit Blaes – presidence@snjmg.org – 07.61.99.39.22

 

  1. http://www.snjmg.org/blog/post/coronavirus-en-france-tout-est-prevu-et-coherent-sur-le-papier-mais-en-pratique/1725
  2. https://solidarites-sante.gouv.fr/actualites/presse/communiques-de-presse/article/indemnites-journalieres-maladie-pour-isolement-04-03-2020
  3. : https://twitter.com/AssembleeNat/status/1234862837165625349?s=20
  4.  : https://www.liberation.fr/checknews/2020/03/03/covid-19-les-autorites-accusees-d-etre-responsables-de-la-penurie-de-masques-pour-les-personnels-de-_1780256?
  5.  : https://twitter.com/ARS_IDF/status/1234398340449697793?s=20
  6.  : https://www.coreb.infectiologie.com/UserFiles/File/procedures/20200229-covid19-fichesoignants29fev.pdf
  7.  https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/guide_methodologique_covid-19-2.pdf
  8.  : http://www.snjmg.org/blog/post/le-virus-du-racisme-est-bien-plus-repandu-que-le-virus-2019-ncov/1715

 

Lettre d'infos - Mars 2020

 

  • Maladie COVID19 dûe à un nouveau coronavirus

 

La situation évolue vite en France, notre veille informative, ouverte le 15 janvier 2020, aussi !

 

Nous vous proposons toujours notre page d'infos générales sur le virus et la propagation de la maladie :

http://www.snjmg.org/blog/post/infections-a-nouveau-coronavirus-en-chine/1708

 

Nous avons individualisé un billet pratique destiné aux (jeunes) médecins généralistes :

http://www.snjmg.org/blog/post/covid-19-reponses-aux-patients-et-cat-face-a-un-cas-suspect/1726

 

 

  • Formations SNJMG les 20 (en soirée) et 21 mars 2020 (le matin)

 

Sujet : "Thèses de MG"

Public : Thésard-es et directeurs/directrices de thèse (d'Ile de France ou d'autres régions, membres ou non du SNJMG)

Lieu : Locaux de la Revue Prescrire

Infos et inscription : http://www.snjmg.org/blog/post/session-printemps-2020-de-la-formation-these-de-mg-du-snjmg/1719

 

 

  • Acte de censure de l’Ordre des Médecins à l’encontre du SNJMG

http://www.snjmg.org/blog/post/fevrier-2020-premiere-manifestation-de-censure-syndicale-exercee-par-le-conseil-de-lordre-des-medecins/1718

 

 

  • FakeMed : Verdict CDPI de Paris

http://www.snjmg.org/blog/post/fakemed-verdict-cdpi-paris/1723

 

 

  • Manifestation en soutien au Dr Gael Nayt devant le Conseil de l’Ordre des Médecins

https://twitter.com/SNJMG/status/1232959608949530624

 

 

  • Bilan de la mobilisation nationale des internes de médecine et de pharmacie

http://www.snjmg.org/blog/post/mobilisation-pour-lhopital-et-greves-des-internes-de-medecine-les-jeunes-medecins-generalistes-defendent-un-systeme-de-sante-efficient-et-accessible-a-tous/1721

 

 

  • Santé mentale et psychiatrie : une crise qui interpelle également les jeunes médecins généralistes

http://www.snjmg.org/blog/post/sante-mentale-et-psychiatrie-une-crise-qui-interpelle-egalement-les-jeunes-medecins-generalistes/1724

 

 

  • Mise à jour au 21.02.2020 de la nomenclature NGAP des médecins généralistes

http://www.snjmg.org/blog/post/nomenclature-ngap-du-medecin-generaliste-au-21-02-20/1432

 

 

  • Changement de ministre pour la Santé

http://www.snjmg.org/blog/post/ministere-de-la-sante-de-la-relativite-des-priorites/1722