Femmes médecins généralistes : Les limites du discours bienveillant de la ministre de la Santé

 
En cette journée internationale des droits des femmes, le Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG) entend encore plus que d'habitude relayer les aspirations des (jeunes) femmes médecins généralistes et notamment aux travers de 3 exemples.

 
Dans le cadre de l'internat de Médecine Générale, le SNJMG s'est battu de longues années avant que ne soit publié en mai 2016 le decret (1) mettant fin au principe de déclassement des internes pour les choix de stages après grossesse/congé longue durée/congé longue maladie et il est particulièrement satisfait de voir dans ce décret la reprise d'une revendication propre au syndicat : la prolongation de la durée de validation du DES du nombre de semestres non validés pour ces raisons. Mais si ces progrès sont majeurs, il reste encore à obtenir d'autres revendications statutaires mais surtout à faire évoluer les mentalités dans les facultés de médecine et les lieux de soins comme l'ont démontrés les témoignages de sexisme/machisme présentés aux dernières Assises Nationales des Jeunes Médécins Généralistes (2).

 
Concernant les remplaçantes et installés en Médecine Générale, le SNJMG a été, depuis sa création, de toutes les étapes constitutives d'une véritable couverture maternité (3). Quand Marisol Touraine a annoncé lors de la Grande Conférence de Santé en février 2016 la mise en place d'un Avantage Supplémentaire Maternité (ASM), le SNJMG a cru y voir une réponse indirecte à sa critique (4) d'avoir réservé une telle mesure aux seuls praticiens territoriaux de médecine générale (PTMG) / praticiens territoriaux de médecine ambulatoire (PTMA) dans les déserts médicaux. Malheureusement, comme le démontre les documents ministériels (5) sur la loi créant l'ASM (il s’agit de la LFSS2017), la ministre de la santé en est restée à une vision utilitariste de la mesure, supposée favoriser l'installation des jeunes médecins, transformant de facto cette avancée sociale en nouvelle humiliation pour les médecins remplaçants (déjà écartés de différentes mesures ne concernant que les médecins installés). Aussi, tout en félicitant les partenaires conventionnels d'avoir conclu, sans trop tarder, l'avenant mettant en place l'ASM (rappel : la ministre a prévu qu'il ne soit appliqué que six mois après sa signature conventionnelle), le SNJMG propose à tous les syndicats médicaux concernés de trouver un accord sur des mesures d'améliorations statutaires pour les médecins remplaçants, à commencer par un équivalent d'ASM pour les remplaçantes.

 
Enfin, le SNJMG entend rappeler aux futurs responsables ministériels la situation dramatique des médecins privés de thèse, qui sont majoritairement des femmes médecins (6). Si la ministre de la Santé, pour partie responsable de la situation d'impasse dans laquelle se trouve ces médecins, a proposé une possibilité de réglement pour les anciens résidents en Médecine Générale dans la loi montagne votée par la Parlement en décembre 2016, la situation en reste "au point mort" du fait de l'ouverture de la période électorale (présidentielle puis législatives) : le SNJMG interpelle dès à présent les différents candidats sur ce dossier.

 
Ces trois exemples montrent bien que l'action du SNJMG pour les femmes médecins (comme pour l'ensemble des Jeunes Médecins Généralistes) reste toujours d'une grande actualité...
 

Contact presse :
Emilie FRELAT - Présidente - 06 19 90 26 57- presidente@snjmg.org
 
Annexes :
 
(5) : "Les principales bénéficiaires de cette aide seront les jeunes femmes médecins, souvent dès les premières années de leur exercice libéral, apportant un soutien financier au moment où la patientèle n’est peut-être pas encore complètement constituée et où la viabilité financière du cabinet se trouverait fragilisée par la grossesse."  (Fiches d'évaluation préalable des articles du projet de loi de Financement de la Sécurité Sociale pour 2017)