Application Stopcovid : le syndicat des Jeunes Médecins Généralistes réaffirme son opposition

 

Début avril 2020, après avoir dit quelques jours plus tôt qu’un tel outil n’était pas dans la culture de notre pays, le gouvernement annonçait la mise en route d’un projet d’application de traçage dans le cadre de la pandémie CoViD-19 (1).

Aussitôt alléchées et/ou incitées par le gouvernement, toutes les entreprises technologiques françaises se sont rapidement mobilisées sur ce projet, de la plus récente start-up du numérique aux plus grosses industries de télécommunications ou de l’armement.

Face à ce rouleau compresseur industriel, le milieu médical a fait preuve d’apathie. D’une part, l’Académie de médecine (2) puis l’Ordre des médecins (3) ont donné un avis favorable, sous conditions, à l’utilisation de smartphones pour le suivi du déconfinement et le traçage des patients. D’autre part, les syndicats médicaux, à l’exception notable du Syndicat de la Médecine Générale (SMG), sont restés soit discrets soit indifférents.

C’est dans ce contexte que le Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG) a pris ouvertement position contre l’application stopcovid en publiant un communiqué de presse avec la Quadrature du Net, démontrant la balance bénéfices/risques défavorable de cet outil (4).

Devant l’opposition de plusieurs parlementaires et de la quasi unanimité des organisations de défense des libertés et des droits de l’homme et devant les difficultés techniques empêchant de disposer de cet outil pour le début de sortie de confinement le 11 mai 2020, le Premier Ministre prenait la décision le 28 avril 2020 de reporter le débat parlementaire sur l’utilisation de l’application.

Hier soir, le Premier Ministre a fait savoir que l’application était opérationnelle et ce matin, la CNIL a donné son accord à son utilisation : le débat parlementaire est prévu pour demain.

Or en 1 mois, si des difficultés techniques ont pu être surmontées, l’intérêt du recours à un tel outil a singulièrement décru.

En effet, il est désormais clairement établi que le recours à une telle application s’est soldée par un échec à Singapour : l’application, peu utilisée, a eu peu d’effet dans la maitrise de la première vague de la maladie et s’est avérée sans aucune utilité pour faire face à la deuxième vague… au point de se voir remplacée par un nouvel outil obligatoire et ouvertement attentatoire aux libertés fondamentales (5). Par ailleurs, dans le pays , l’Islande, où cet outil a connu le plus grand succès d’utilisation (environ 40% de la population a téléchargé l’application), il n’a eu que peu (voire pas) d’intérêt dans la maitrise de la pandémie (6)…

Le SNJMG rappelle donc les deux faits importants suivants :

  • Stopcovid représente un réel risque d’atteinte aux libertés fondamentales
  • Aucun outil du type de stopcovid n’a scientifiquement démontré un véritable intérêt dans la maitrise de la pandémie

Pour ces deux raisons, le SNJMG réaffirme ce jour son opposition à l’application stopcovid et demande, conformément aux recommandations de la CNIL dans son premier avis d’Avril 2020, que le recours à cette application ne soit pas proposé au Parlement en l’absence d’intérêt démontré.

 

Contact Presse : Benoit Blaes – presidence@snjmg.org – 07.61.99.39.22

 

  1.  : https://www.lesechos.fr/tech-medias/hightech/coronavirus-le-gouvernement-prepare-une-application-mobile-pour-enrayer-lepidemie-1190749
  2.  : http://www.academie-medecine.fr/communique-de-lacademie-nationale-de-medecine-lutilisation-de-smartphones-pour-le-suivi-du-deconfinement-du-covid-19-en-france/
  3.  : https://www.conseil-national.medecin.fr/publications/communiques-presse/enjeux-tracage-numerique
  4.  : https://t.co/TzC9DaA25y?amp=1
  5.  : https://www.letemps.ch/economie/singapour-tracage-app-degenere-surveillance-masse?utm_source=twitter&utm_medium=share&utm_campaign=article
  6.  : https://www.technologyreview.com/2020/05/11/1001541/iceland-rakning-c19-covid-contact-tracing/