Bulletin dalerte, janvier 2003
Gardes « ordinales », permanence des soins : les dangers actuels.
Réflexions et analyses.
Nous avons derrière nous, à la date daujourdhui, prés de 14 mois de conflits larvés sur le problème des gardes dites ordinales devenues par la grâce de nos autorités celui de la permanence des soins.
Au terme de ce temps une maturation certaine des esprits sest faite en bien ou en mal sur ce dossier, on en veut pour preuve de premier degré quil nest plus nécessaire pour notre administration et nos politiques de vouloir à toutes fins définir cette fameuse permanence des soins.
Pour eux lexpression suffit dans son acception la plus large et la plus extensive.
Cest bien sur celle qui a prévalu durant ces 20 dernières années sur et à propos de la présence professionnelle des médecins généralistes sur le terrain.
Cest à dire dans les faits pouvoir demander à peu prés tout aux médecins concernés en terme de présence libérale et publique pour ce qui concerne les actes médicaux effectués 24 h sur 24, 365 jours par an.
Ce souhait quelque part exorbitant en terme de durée, comme dambition en terme de présence continue, a été posé sans quil ait jamais été mené une quelconque réflexion et une analyse sur ladéquation finale de cette présence « nécessaire » aux besoins réels de la population, sur la pénibilité des taches, sur la nécessité normale de temps de repos et ce, sans même parler de lessentiel à savoir des moyens à engager pour organiser, fédérer et structurer une telle organisation à léchelle du pays.
Cette vision des choses perdure et marque un déphasage certain de tous les responsables en égard à la révolte des médecins.
Nos responsables nont tiré aucune leçon apparente de ce mouvement.
Ce dossier sest trouvé tout de suite adossé à lexpression du code de déontologie médicale qui sest révélé soudain sous son vrai jour : celui dun code à lécriture dépassée, dun autre âge.
Répété, évoqué, rappelé à nen plus finir par un conseil national de lordre des médecins coupé des réalités du monde médical actuel, déconnecté du vécu professionnel de tous les jours, la défense du code de déontologie, édicté en psalmodies, dans lesprit quasi religieux de tables de la loi na fait quaggraver la fracture avec le corps médical axé quant à lui sur dautres soucis bien réels.
A ce jour le conseil national de lordre des médecins sarqueboute toujours sur ce combat darrière garde, vécu comme existentiel pour lui, alors quil était là autre chose à faire.
La perte daudience du conseil national de lordre des médecins qui en découle est dés lors considérable dans lesprit du corps médical et semble irrémédiable par bien de ses aspects et son ombre portée.
Lintervention des autorités dans cette grève des gardes sest faite par le biais du plus vaste et du plus long mouvement de réquisitions dautorité jamais effectué dans notre pays sur des professionnels et qui est venue elle aussi troubler les cartes.
Le premier réflexe des autorités celui du bâton, déjà évoquée sur ce même problème par madame Aubry, est une faute qui nest déjà pas sans conséquences sur lesprit du conflit.
Toutes ces réquisitions ont été bâties à la hâte sur des textes complètement inadaptés et totalement obsolètes et ont été le plus souvent établies de manières illégales, aléatoires, parfois ridicules dans une très grande médiocrité administrative.
Rapidement décrédibilisées, juridiquement attaquables, ces réquisitions ont perduré plus quelles naurait du dans un aspect des plus confus.
LEtat a perdu là une part très nette de son autorité, et même si ce mouvement de réquisitions perdure de ci, de là, le corps médical sait désormais que tout ceci ne se fait plus quau niveau de lapparence pour la plupart des cas, ou pour répondre à un calcul comme pour le mouvement des gynécologues.
Nous nous trouvons désormais dans une sorte de phase de convalescence, où létat desprit du corps médical est encore tout à fait explosif sous lapparence des choses.
Les médecins se trouvent actuellement dans une expectative armée.
Les médecins sont tout à fait au courant des difficultés actuelles des financements publics de ce gouvernement, mais cette excuse si pertinente soit elle a perdu de sa force au fil des passages précédents de tous les gouvernements qui se sont succédés depuis plus de 20 ans et qui ont toujours eu beaucoup de mal à mettre la main à la poche dés lors quil sagissait de bouger pour le monde libéral de la santé, très exactement sur le même prétexte des financements pour lesquels ce nétait jamais le moment : tout cela nest plus lisible.
Le niveau de conscience collective des médecins généralistes sur tous leurs problèmes professionnels est monté de plusieurs crans au cours de ce conflit et on ne pourra plus impunément et de moins en moins leur faire avaler nimporte quoi ce que commencent à réaliser nos syndicats professionnels.
Insensiblement, partout, à toute la France, les médecins analysent, réfléchissent et échangent toujours plus sur toutes leurs idées.
La permanence des soins nouvelle manière voulue à marche forcée par nos autorités se met en place de manière chaotique un peu partout, des restes de tableaux de gardes ordinales persistent, et il se maintient un certain niveau de grève « perlée » des gardes parmi les médecins.
Nombre dentre eux ont renoncés à participer à cette organisation et ont une paix royale dans tel département, alors que dautres sont encore littéralement pourchassés dans le département voisin par les conseils départementaux de lordre des médecins comme des sortes de médecins réfractaires ce qui donne de nouvelles couleurs à la notion très carabin de SGO ( service de garde obligatoire ).
Les structures hospitalières quil sagisse des SAU ou des CRRA-centres 15 sont passées par différentes phases de plaintes, plainte de la grève qui les a fait travailler trop, plainte de la veille qui les fait travailler trop, et plainte de la permanence des soins qui va les faire travailler trop, et ce nest sans doute pas fini.
Tout cela, de bonne guerre, fait partie du folklore de lurgence hospitalière qui court en permanence après les budgets et touche depuis plus de 10 ans, bon an, mal an, prés de 200 millions de budgets supplémentaires chaque année pour le résultat que lon peut contempler.
Les centres 15 dans la permanence des soins ne vont pas réguler vraiment tous les appels qui concerne les médecins généralistes ici, les régulent là bas, les astreintes se finissent à 23 h dans ce département, à 24 h dans lautre, à 20 h dans le suivant, les secteurs sont agrandis.
Les interlocuteurs pour les tableaux de gardes sont multipliés partout de manière significative.
Tout est en place pour une multiplication exponentielle des causes de dysfonctionnements les plus variés.
Les médecins se trouvent placés, immergés, dans une espèce de cacophonie nationale baptisée permanence de soins et qui se décline désormais sur des dizaines de variantes, dans un fonctionnel extrêmement fragile où les risques de dysfonctionnements sur appels aux centres 15 ou provenant des centres 15 qui ont toujours existé, nont jamais été aussi importants avec lapparition dun écheveau de règles nouvelles, cohabitant avec des espaces de non règles, des expérimentations diverses, des trous et des blancs sur la carte qui commencent à apparaître et sétendre.
Le tout se fait dans une ambiance insensiblement de plus en plus délétère dans la mesure où apparaissent de manière parallèle toutes les interrogations sur les conditions des problèmes de responsabilités qui se croisent avec celles du domaine assurantiel.
Tout ceci a fonctionné jusque là cahin-caha dans des conditions aléatoires mais sans grandes difficultés notables, aidé en cela par la baisse extrêmement importante des appels de nuit et des dimanches et jours fériés.
La vie continuant, les appels auront tendance à reprendre et il y aura statistiquement de plus en plus de dysfonctionnements dans cette organisation, au gré des inévitables variables induites par les retraits et les défections des médecins, de leur attrition, et sur les facteurs humains de la régulation, problèmes qui ont toujours été occultés par lurgence hospitalière par absence de toute évaluation interne.
« En face », les médecins généralistes, inorganisés nont jamais relevé de manière systématique toutes ces difficultés propres aux centres 15 pour y apporter leurs idées et leurs solutions, et nont jamais demandé à ces structures des rapports normaux entre professionnels de la santé.
Les choses vont changer.
Les dangers de mises en causes de médecins généralistes et de leurs assurances en Responsabilité Civile Professionnelle nont jamais été autant présents.
Il convient pour tous de faire un tour dhorizon de tous les acteurs de ce dossier qui sont susceptibles de nous poser des problèmes : assureurs, centres 15, autorités ( DDASS, préfectures, CDO ), patients.
Les assureurs.
Les assureurs complètement traumatisés par la loi du 4 mars 2002, ont pris conscience avec retard des difficultés internes de ce dossier dont ils ne savent comment sortir.
Leur souci actuel « idéal » est de sortir de ce piège par le haut cest à dire mutualiser le risque médical au maximum à tous les médecins confondus et faire monter les primes de tous les médecins de manière importante.
Le risque de cette démarche pour lEtat est évident, celui de se retrouver à partir dun certain niveau de surenchère avec une grève particulièrement dure : celle des paiements des cotisations dassurance par les médecins qui pourraient avoir des conséquences que personne ne peut imaginer.
Il ne faut pas chercher plus loin pourquoi lEtat a caressé un temps lespoir de faire prendre en charge la RCP par la CNAM qui permettait dans le même mécanisme, dune part de verrouiller le dossier et dautre part den faire prendre en charge le financement par un organisme public.
Les assureurs sont déstabilisés par tout ce qui touche au médical, et leurs soudaines découvertes des possibilités infinies de nos litiges tels quils peuvent exister dans nos structures mal construites ou vécues de manière irresponsable ( centres 15, réquisitions, et permanence des soins ) va les amener à une révision générale de leurs positions professionnelles qui ne seront plus à nen point douter les mêmes maintenant quil y a seulement quelques mois.
Et les problèmes sont toujours là.
Assurances et centres 15.
Les centres 15 ne nous assurent pas en déplacement, pas plus quen RCP alors quil existe un transfert total de responsabilité ( lun reçoit lappel, lautre fait les soins ).
Aucun centre 15 depuis que les dossiers assurantiels circulent na pris la peine décrire aux médecins sur ce dossier : on ne peut être plus clair.
Dans le même temps croyez vous que les assureurs concernés par un litige centre 15 feront des fleurs aux uns et aux autres ?
Un médecin se tue ou est tué ( au titre de linsécurité ) en allant vers une détresse sur appel du centre 15.
Lassureur devant ce dossier qui est maintenant connu et évident peut refuser toute indemnisation à la famille, en arguant que lindemnisation est réellement due par le centre 15, donneur dordre, de mandat, sans lequel le médecin acteur occasionnel du service public ne se serait pas déplacé et donc ne se serait pas tué : lassurance normale na pas à se substituer à celle quaurait du prendre la tutelle du centre 15 soit le CHU local.
On ne peut demander à des acteurs de santé dont lexercice professionnel recèle dimportants risques de responsabilités daccepter dêtre assurés à travers une hypothétique appréciation des tribunaux et une jurisprudence à venir.
Une assurance sans aucun contrat tangible entre les parties, sans défraiements éventuels normalement prévus, plus tard, peut être, nest que virtuelle.
Les médecins généralistes libéraux exigent dêtre assurés en temps réel, au temps présent, avec un contrat papier en bonne et due forme devant eux.
Pour létablissement hospitalier tutelle du centre 15 la réponse est la suivante :
« Aucun lien contractuel nexiste entre le centre de régulation et le médecin libéral intervenant sur le terrain dans le cadre de ses obligations de garde. Dans ces conditions le médecin libéral exerce son activité rémunérée dans le cadre libéral sous sa propre responsabilité.
Il nest pas requis pour participer à la mission du service hospitalier ».
( CHR. Charles Nicolle Rouen ).
La confusion des esprits est ici totale pour notre administration.
Si le médecin navait pas été appelé par le centre 15 il ne serait pas déplacé.
Il nexiste pas dappel direct entre le médecin et le malade inconnu vers qui celui-ci se déplace, à ses risques personnels à suivre ladministration.
Le contrat existe bel et bien entre le centre 15 donneur dordre, de mission, et le médecin, mandaté par un service public pour se déplacer vers une détresse.
Il nexiste aucun contrat de quelque ordre que ce soit à ce stade de lappel et durant le déplacement entre le médecin mandaté par le centre 15 et le malade inconnu.
Si on suit le raisonnement de la tutelle jusquà labsurde, le médecin généraliste peut dés lors dans ces conditions refuser tout appel du centre 15 sans risque pénal ce qui est un non-sens juridique que les tribunaux ne manqueraient pas dapprécier selon la formule.
De même toujours dans la même approche surréaliste et si on suit toujours les attendus de ladministration hospitalière, et en reprenant lexemple dun médecin mandaté par le centre 15 pour aller sur une détresse, qui prend la route et se blesse cette fois sur le trajet, le malade qui ne voit pas arriver de médecin peut porter plainte contre le médecin qui nest jamais venu et le faire condamner seul, sans que le centre 15 soit en rien concerné ? !
Quant à « ne pas être requis » cest là jouer sur les mots dans la mesure où le médecin généraliste libéral est mandaté très clairement par une structure publique le CRRA centre 15 pour assurer une mission de renfort médical pour lurgence hospitalière sans laquelle cette structure serait souvent obligée de déclencher une intervention primaire supplémentaire de moyens lourds publics.
LAssurance en responsabilité civile professionnelle ( RCP ) sous appel du centre 15.
Sur appel du centre 15 le médecin généraliste prend à son compte de manière littérale et à laveugle une intervention vers une détresse médicale inconnue.
Un médecin régule et interprète un appel, et transmet ce résultat à un autre médecin, qui lui va se déplacer vers ce malade et le traiter sans avoir eu connaissance « in extenso » de lappel initial.
Cest à dire quil prend à sa charge un transfert total de responsabilité établi dans des conditions inadmissibles ( il na quune transmission verbale dun appel et il na aucune transcription écrite ) à ses risques professionnels ( puisquil ne sait pas trop réellement sur quoi il va tomber en se déplaçant, on peut ainsi lenvoyer littéralement à un véritable « casse-pipe » médical de par la distance, sur une mauvaise régulation, ou sur un appel à la qualité dégradée : psychopathe, SDF et autres cas assimilés ) et tout cela à ses risques civils à entendre ladministration hospitalière sil se tue en route.
Cela fait un peu beaucoup pour un seul professionnel il faut le reconnaître.
Il convient dêtre sérieux.
Il convient donc dexiger de la part des centres 15 une couverture assurantielle normale, parfaitement définie sous contrat dûment authentifié.
Assurances et réquisitions.
La réquisition suspend de plein droit tous vos contrats dassurance dommages, RCP, voiture, déplacements.
Lettre de la MACSF du 8 mars 2002 :
« votre pressentiment est juste puisquen effet, au terme de larticle 160-7 du code des assurances, la réquisition de services entraîne de plein droit la suspension des effets des contrats dassurance de dommages du requis au profit exclusif de la responsabilité de lEtat.
Cette suspension dure pendant toute la période de réquisition.
Néanmoins, nous vous invitons à consulter votre assureur, sur cette question dans la mesure où le texte prévoit que, par dérogation au principe, lEtat, le prestataire de service ( en loccurrence le médecin ) et lassureur peuvent décider que les contrats dassurance de dommages continuent leurs effets et couvrent les risques liés à la réquisition.
Dans ce cas précis, les dommages survenus à loccasion de la réquisition sont couverts par le contrat dassurance du requis et le prestataire et son assureur renoncent de ce fait à lindemnisation de ces dommages par lEtat.
Si un tel accord avait été conclu, vous y auriez été en principe associé.
Il y donc tout lieu de penser quil ny en a pas eu. »
Il existe une seule dérogation à la chose quand il se crée une convention entre lassureur, lEtat et le prestataire ( ici le médecin ) pour laquelle laccord de ce dernier est indispensable, auquel cas lassureur et le prestataire renoncent à lindemnisation de lEtat.
Laccord tripartite entre assureur, Etat et prestataire ( le médecin ), conditionne la dérogation de lArticle 160-7 qui autorise la couverture par lassurance privée qui renonce alors à tout recours contre lEtat.
Or cet accord na pas eu lieu, ni avec lEtat ni avec les prestataires ( les médecins ) qui sont mis devant le fait accompli.
Tout cela est donc parfaitement caduc.
Les assureurs se sont ensuite mélangés les pinceaux :
Certains ont dit quils ne bougeraient que « dans lhypothèse dune défaillance de la puissance publique » : en bon français cela veut dire quen cas de sinistre il faudrait dabord se tourner vers le préfet, prouver la carence de lEtat avant que de se retourner vers la Médicale de France.
« Ceci nempêche pas que vous pouvez demander au préfet une confirmation de lengagement de la puissance publique en cas de sinistre survenu pendant la durée de la réquisition. »
« je vous confirme les termes de la loi du 31 décembre 1993 et de larticle L 160-7 du code des assurances, à savoir : que lors dune réquisition, lassurance de la médicale de France ne pourrait pas intervenir puisque vous devenez de fait pendant cette période le préposé de lEtat. Votre contrat dassurance actuel vous garantit pour toutes vos activités à lintérieur du statut libéral en tant que médecin généraliste.
Il appartiendra au préfet de souscrire un contrat dassurance auprès dune compagnie pour garantir lEtat et les médecins réquisitionnés afin de réparer les éventuels préjudices. »
Dautres manifeste des précautions sémantiques laborieuses comme le directeur du Sou Médical : « de tenter de faire juger sa propre responsabilité ».. « dans cette prétention.. »
Enfin plus nette et plus courageuse mais tout aussi inquiétante :
« la réponse que jai faite à votre confrère le 8 mars écoulé, est celle qui est conforme au code des Assurances.
Il sagit donc de la réponse adéquate au plan juridique.
Seulement, certains assureurs ont pu décider de déroger à ce texte en faveur de leurs sociétaires afin de leur permettre de navoir quun seul interlocuteur privilégié en cas de sinistre : leur assureur, sous réserve dun droit de recours contre lEtat responsable de plein droit.
Cest ce que viennent de décider la MACSF et le Sou Médical, au plan politique en renonçant à faire application des dispositions de larticle L 160-7 du Code des Assurances, en se réservant la possibilité de se retourner contre lEtat.
Certes comme vous le soulignez il ny a pas eu daccord tripartite sur ce point entre la MACSF, lEtat et ses assurés.
Cest la raison pour laquelle, nous avons bon espoir de pouvoir soutenir en cas de problème que nous navons pas renoncé à exercer un recours contre lEtat au cas où nous serions amenés à prendre en charge le sinistre.
En revanche, si un tel accord avait été au préalable consigné dans votre contrat, notre renonciation à agir contre lEtat aurait été expresse, et lexercice dun éventuel droit de recours aurait été très aléatoire.
Il le reste aujourdhui, mais la volonté de notre groupe est de ne pas créer de difficultés supplémentaires à nos sociétaires dans ce contexte déjà fort conflictuel. »
La MACSF argue ici du fait quil ny a pas eu accord tripartite pour expliquer quun recours est possible, mais avec un manque de conviction évident.
La juriste de la MACSF semble faire un distinguo très net entre ce qui est « la réponse adéquate » : la sienne, et la décision « au plan politique » des « assureurs »
Linformation professionnelle des médecins sur ce dossier a été totalement nulle et au fil des courriers des différentes compagnies on peut légalement penser que les médecins nont pas été assurés par leurs assureurs privés depuis le début de la grève du 15 novembre jusquau 14 janvier pour les sociétaires du Sou Médical, du 15 novembre au 24 mars pour les sociétaires de la MACSF, et du 15 novembre jusquau 20 mars pour les sociétaires de la Médicale de France.
Sans que personne ne se soucie dinformer les assurés.
On le voit donc ici, si il y eu une réponse Politique des assureurs, au sens fort du terme et surtout commercial pour ce qui concernait les réquisitions, qui se donnaient lapparence dassurer quand même les médecins, avec beaucoup de flous divers reconnaissons le, il semble bien désormais que nous ne sommes plus à ce jour dans la même ligne Politique car la lucidité générale même des assureurs augmente, et avec elle celle de la prise en compte des réalités.
Quant à la prise en compte de lEtat ; second volet de cet aspect des choses, faisons un petit rappel :
La seconde réponse du préfet de seine maritime du 22 mars est censée répondre à nos demandes.
« conformément à la jurisprudence du conseil dEtat, la réquisition de grévistes nengage pas la responsabilité de ladministration dés lors que la mesure a seulement pour effet dobliger la personne à exercer son activité professionnelle, selon les règles habituelles de la profession et quen conséquence, elle nemporte pas par elle-même aucune aggravation du risque de dommage ( CE arrêt Beurain du 7 janvier 1953 ). »
Dans ma réponse du 20 avril dernier je lui disais :
Cest là un bel et beau jugement pour ladministration, mais que je sache je nai pas été réquisitionné parce que jétais gréviste, mais simplement de par ma qualité de médecin généraliste libéral exerçant mon activité professionnelle en seine maritime, et cest tout.
Vous avez réquisitionné tous les médecins généralistes libéraux de votre département quils soient grévistes ou non, sans faire aucune dichotomie entre les grévistes et les non-grévistes et ce faisant vous avez précipité certains médecins dans le mouvement auquel ils nauraient peut être pas participés sil ny avait eu votre réquisition.
Ce texte est donc caduc, et votre acte dautorité ne peut se prévaloir de cette jurisprudence.
Le texte de cet arrêt a plus de 50 ans, et il a pourtant gardé une surprenante fraîcheur par rapport à lactualité du corps médical.
Cette impression est due à limmobilité de lensemble, les requêtes de Monsieur Beaurain ont gardé tout leur bon sens, et le refus de lEtat sexprime dans les mêmes termes quà ce jour.
Difficile de croire dans ces conditions quun demi-siècle a passé.
On retrouve du coté du demandeur un certain nombre darguments que nous avons nous-mêmes développé pour le compte des médecins généralistes libéraux dont la notion de service public.
A la différence prés quil est quand même plus aisé de parler de service public pour la permanence des soins des médecins généralistes que dans le cas ponctuel de Monsieur Beaurain partagé entre la viande de conserve quon lui impose de vendre et la viande fraîche quun client lui demande.
On constate que la position de lEtat na pas bougé depuis puisque nous retrouvons ici lirresponsabilité de lEtat affichée à tous les degrés de cette affaire, en « dogme ».
Avec le corollaire obligé selon lequel la preuve de la responsabilité de lEtat appartient au demandeur : ce qui limite très singulièrement toutes les possibilités dindemnisation : qui va sengager dans de telles procédures ? dans de tels combats ?
Au-delà de toute forme de mépris pour la boucherie française il est quelque part scandaleux que lon puisse à travers une jurisprudence dun autre âge, complètement obsolète, mettre sur le même plan la réquisition pour un jour dun boucher de Laon dans une période difficile de ravitaillement effectuée sur le principe du ticket dalimentation, avec la réquisition anormale des 67 000 médecins généralistes libéraux de France qui dure maintenant depuis prés de 6 mois, par vague journalière de 5 à 6000 secteurs de gardes
Car on est pas tendre pour « le sieur Beaurain » : on lui impose de vendre de la viande de conserve, il se fait agresser et blesser car il na pas de viande fraîche, on lui refuse toute indemnisation y compris au titre dun accident du travail, et il paie les dépens.
Mais il est un problème : Monsieur Beaurain na jamais été gréviste.
Or le préfet de seine maritime interprétant, comme nombre de ses confrères, la Loi et les textes au gré de ses besoins présente cet arrêt du conseil dEtat comme concernant les grévistes ce qui nest absolument pas le cas ici.
Le préfet a réquisitionné tous les médecins dabord parce quils étaient médecins, lexcuse initiale de réquisition de grévistes ne tient donc pas, et cet argument avancé a encore moins de sens ni aucune portée légale puisque cette jurisprudence ne concerne en rien la réquisition de grévistes - cest un ajout du préfet - mais parle essentiellement de la responsabilité de lEtat vis à vis de lindemnisation dun professionnel réquisitionné et ici agressé.
Lagression de ce brave boucher pose quand même problème.
Dans ce jugement assez surréaliste dans sa sécheresse vous noterez que lagression est quasiment écartée des conclusions du conseil détat :
« lagression dont il a été victime ne saurait être regardé comme se rattachant directement à la faute prétendument commise par ladministration.. »
Alors que sil avait vendu de la viande fraîche et non de la viande de conserve sous réquisition les choses ne se seraient pas passé de cette façon
!
Et on voudrait en quelque sorte sans vergogne - faire une sorte de duplication de cet état de chose pour les professionnels de santé que nous sommes à 57 ans de distance
Nest ce pas là une prétention assez extraordinaire ?
Car si on suit ces messieurs, le médecin agressé ( ou sa famille sil nest plus là pour le faire ) dans le cadre de sa réquisition devra dabord prouver la faute de ladministration avant que de simplement pouvoir prétendre à une quelconque indemnisation, et ce comme en 1945, il y a 57 ans
Il faut arrêter de nous prendre pour des demeurés : tout cet argumentaire préfectoral doit être considéré comme nul et non avenu et la lecture de cet arrêté ne fait que confirmer la vacuité juridique de notre administration et de ses responsables sur ce dossier.
« Ainsi le risque que vous évoquez, dun dommage résultant dun accident de la circulation au cours du déplacement dun médecin au domicile dun patient, nest en rien lié à la mesure de réquisition ni aggravé par elle et ne justifie pas une couverture dassurance spécifique, et ce, dautant plus, que lEtat est son propre assureur.
Si une assurance de ce type a été souscrite par lunion régionale des médecins libéraux pour couvrir les déplacements de ses membres pour se rendre en réunion, cela peut se justifier à mon sens parce quil ne sagit pas là de déplacements professionnels à proprement parler, mais ne peut de toute façon en être déduit aucune règle simposant à ladministration. »
Là non plus toutes ces affirmations gratuites ne sont pas faites pour nous conforter.
On y revoit surgir la thèse de ladministration selon laquelle un appel sous réquisition correspond à un appel habituel qui ouvre la porte à toutes sortes de facilités administratives ( pas dassurances particulières, pas de rétributions
), alors que pour tout médecin ce nest pas du tout la même chose car la réponse faite à un appel sous cet acte dautorité pour un malade inconnu dans un secteur de réquisition donné naurait pas eu lieu hors de cette mesure dautorité.
Rien nest ici gravé dans le marbre.
Votre contrat dassurance na jamais été modifié pour permettre la dérogation à larticle 160-7 du code des assurances, vous navez jamais signé une modification en ce sens : cette possibilité nexiste donc pas, puisquil y faut votre accord.
Rien dans les textes noblige votre assureur à vous indemniser à la place de lEtat puis à attaquer lEtat à votre place durant des années pour récupérer ses fonds.
Dans le contexte actuel des assurances vous y croyez encore ?
Assurances civiles et en RCP de la Permanence des Soins.
La permanence des soins peut être encore pire puisque là on peut retrouver le même litige entre un assureur qui va reprendre son argumentation selon laquelle nous sommes acteur occasionnel du service public ce qui nest pas faux - et lEtat qui lui parle de but dintérêt général mais rétribué par les CPAM pour répondre aux demandes dun service public.
Lassureur peut essayer de se défiler, mais il sera de toutes manières certainement question à court terme dune majoration spécifique des primes à ce titre seul.
On imagine pas du tout que les choses puissent rester en létat y compris pour le régulateur libéral poste à risques - qui verra lui aussi ses assurances suivre une augmentation en adéquation exacte avec la couverture du risque.
Une autre interrogation fait référence à la « circulaire DHOS/SDO du 15 juillet 2002 relative à la permanence des soins en ville » qui dans ses premiers attendus reconnaissait officiellement que les médecins généralistes libéraux exerçaient une mission de service public, je cite :
«
afin de limiter les contraintes pour les médecins liées à la permanence des soins tout en assurant une reconnaissance de la mission de service public ainsi exercée ».
On ne pouvait que se réjouir de constater que ladministration centrale de la santé reconnaissait enfin cette évidence de bon sens.
Mais qui dit service public dit obligation assurantielle pour la partie publique de lexercice professionnel des médecins généralistes libéraux exerçant leur art mandatés par la puissance publique.
Le gouvernement a rapidement fait un choix dans la bouche même du ministre de la santé lors du débat au sénat.
« Cet amendement n'a pas été discuté à l'Assemblée nationale.
Il s'agit de reconnaître que la permanence des soins relève de l'intérêt général.
Je n'aurais pas été amené à le dire si l'an dernier, les médecins généralistes ne s'étaient mis en grève pendant sept mois, s'affranchissant de leurs obligations de garde. (
)
Ces gardes seront-elles payées au forfait, à l'acte ou selon un panaché comme c'est vraisemblable ?
Pour les forfaitaires, il faut que la permanence de soins soit reconnue comme un service d'intérêt général.
C'est la disposition que je vous demande d'adopter.
Cela nous permettra d'aller plus vite une fois rendues les conclusions de la commission Descours. »
Et nous sommes passé dune mission de service public contraignante pour lEtat, à un but dintérêt général ( on est allé même jusquà supprimer le mot mission ) qui ne comporte théoriquement - plus aucune obligation réelle pour ce dernier.
Les nouvelles conditions sont fixées par larticle L. 6325-1 du code de la santé publique
CODE DE LA SANTE PUBLIQUE
(Nouvelle partie Législative)
Chapitre 5 : Permanence des soins
Article L6325-1
(inséré par Loi n º 2002-1487 du 20 décembre 2002 art. 40 I Journal Officiel du 24 décembre 2002)
Sous réserve des missions dévolues aux établissements de santé, les médecins mentionnés à l'article L. 162-5, dans le cadre de leur activité libérale, et à l'article L. 162-32-1 du code de la sécurité sociale participent, dans un but d'intérêt général, à la permanence des soins dans des conditions et selon des modalités d'organisation définies par un décret en Conseil d'Etat.
Malgré cette pirouette politique de la plus belle élégance un certain nombre de dossiers de couverture dassurances pour les médecins généralistes libéraux évoqués plus haut nont pas encore commencé à être véritablement abordés ni analysés réellement par tous les services de gestion des risques concernés.
Ce problème des couvertures de risques débouchent pourtant sur dautres questions intéressantes qui ne sont ni des interrogations de pure forme ni des hypothèses éthérées.
La Fédération Française des Sociétés dAssurances dans la discussion en cours avec lEtat et le Ministère de la Santé va imposer aux acteurs de santé une obligation de rendre publique lévaluation du risque quils représentent et le dispositif de couverture adopté.
Cest ce que nous demandons, nous médecins généralistes libéraux, depuis quelques mois pour nos couvertures assurantielles dEtat ( rapports avec les Centres 15 - trajets de mission, RCP Réquisitions, Astreintes de permanence de soins ) et nous sommes dans le droit fil des choses.
Tout cela débouche sur le concret : le risque en Responsabilité Civile Professionnelle de tout médecin est majeur durant les gardes des dimanches et jours fériés et de la nuit.
Cette période selon les statistiques des assureurs comme la MACSF ou le Sou Médical représente 80 % des sinistres déclarés.
Le corollaire obligé est dés lors le suivant : si un médecin généraliste ne fait plus de permanence des soins quelles quen soient les raisons, lévaluation de son risque personnel, son exposition à celui-ci baisse très exactement dans les mêmes proportions soit 80 % et ses primes en RCP devraient suivre puisquil ne peut être mis sur un pied dégalité avec un médecin qui poursuit ses gardes voire en rajoute avec la PDS officielle.
Un médecin généraliste libéral qui se trouve dans cette catégorie professionnelle qui nassure plus ni ses gardes des dimanches et jours fériés ni celles de ses nuits, peut informer officiellement son assureur que son exposition personnelle au risque judiciaire médical est bien moindre de ce fait et désirer connaître dans ces conditions du service de gestion de risque dans quelle proportion celui ci compte abaisser ses primes concernées par cette nouvelle évaluation.
Tout ceci pour dire que le problème des assurances est un dossier tangible et désormais incontournable.
Les centres 15.
Cest maintenant que le travail nouveau des centres 15 va prendre tout son sens et sa réelle portée pour les médecins généralistes.
Et il est là un foyer de tous les dangers.
Car les centres 15 vont être effectivement confrontés à une augmentation de leur charge de travail avec les appels multipliés dus à la permanence des soins qui va effondrer inéluctablement la qualité de lensemble de la régulation générale.
Doù la tentation pour certains, déjà franchie, de ne pas réguler les appels pour les médecins généralistes.
Les centres 15 nont jamais pratiqué un système de contrôle qualité interne de la fiabilité de leur réponse et il nexiste pas de règles établies dans leurs rapports avec les médecins généralistes libéraux ( absence de charte entre les parties concernées ).
Les choses risquent de perdurer telles quelles, mais surtout, en dehors dune problématique reprise en main, de saggraver dans les défauts connus de ces structures habituées à pouvoir faire ce quelles veulent sur bien des plans et où nexiste aucun contrôle quelconque.
En cas de litige avec un malade le médecin généraliste va se retrouver bien seul face à un centre 15 omnipotent, pour qui nexiste aucune règle vis à vis du monde libéral.
La charte des centres 15 vis à vis des malades comme des acteurs de santé.
Cest une nécessité absolue, partout.
Ce problème fondamental à résoudre est celui du règlement interne des centres 15 vis à vis des médecins libéraux qui est une chose dimportance complètement inconnue de la majeure partie des médecins.
Il nexiste pas de règlement intérieur où apparaît de quelconque façon les effecteurs médicaux libéraux des centres 15.
Je mexplique : en cas de litige et de dysfonctionnement sur une intervention où le médecin généraliste est effecteur ce jour là, à ce moment précis, il lui est impossible davoir une copie et une transcription écrite de la bande enregistrée du samu pour voir éventuellement ce qui na pas marché et pourquoi, avec le centre 15, dans une procédure amiable et dautoévaluation.
Une simple demande de renseignements implique de passer par le service juridique du CHU tutelle du centre 15 qui lui répondra en lui demandant sil veut porter plainte : condition mise simplement pour voir, ce qui est ici complètement anormal.
Le centre 15 dans ces curieuses conditions ( qui sont celles de tous les jours ) peut donc tout faire y compris effacer une bande par « maladresse » mais le médecin qui a participé à une intervention qui lengage juridiquement de manière lourde na droit en terme de communication à rien.
Si les centres 15 dans le futur participent à la permanence des soins de manière plus soutenue et plus élaborée il y faut inéluctablement et très légitimement pour le corps médical des possibilités de controles, dévaluation et daccès à linformation professionnelle pour tous les médecins libéraux.
On ne peut continuer ainsi dans ces conditions ambiguës, acrobatiques et anormales.
Dans ce même ordre didée un document papier doit être légitimement faxé ou envoyé à chaque médecin lors de chaque appel puisquil y a là un mandat de mission, un engagement de responsabilités médico légales croisées qui sont importantes et peuvent devenir cruciales.
Cest une simple question de correction à établir entre professionnels responsables, travaillant à parité.
Il ne sagit pas là de quelconque façon dun procès dintention.
Les autorités locales ( DDASS, préfectures, CDO )
DDASS, préfectures.
Lattitude va être simple et non spéculative pour eux et ils vont faire référence au texte du décret il sagit là dun « but dintérêt général », dans le cadre dun volontariat tenu en laisse par lArt.77 qui rappelle tout médecin généraliste à son devoir déontologique.
« Les médecins participent à la permanence des soins sur la base du volontariat et dans les limites fixées par larticle 77 du code de déontologie médicale, en cas de carence de volontaires. »
( décret Descours )
« Article 77
Dans le cadre de la permanence des soins, c'est un devoir pour tout médecin de participer aux services de garde de jour et de nuit.
Le conseil départemental de l'ordre peut néanmoins accorder des exemptions, compte tenu de l'âge du médecin, de son état de santé, et, éventuellement, de ses conditions d'exercice. »
Lart.77 ne fixe justement aucune limite en cas de carence des volontaires.
Les limites de lart.77 sont celles que donne le DEVOIR, et en cas de carence de volontaires, on revient sans problème à la case départ avec lexpression globale « DEVOIR POUR TOUT MEDECIN ( généraliste ) ».
Tout ceci est ridicule, inepte et sadressant à des professionnels de santé ( bac + 10, à la haute valeur ajoutée ) ce sont là des enfantillages et surtout beaucoup de mépris.
On aurait pu écrire ce décret dune autre façon pour un résultat identique :
« Les médecins volontaires participent à la permanence des soins, tous les autres sont concernés par larticle 77 du code de déontologie médicale. »
Mais le souci premier est de se défausser de toute responsabilité, et daccabler dans le même temps toute défection et tout manquement, donc le médecin montré comme responsable.
Que le médecin puisse mépriser un temps les principes et la mise en forme de réquisition obsolète est une chose, pourra t il de la même manière écarter lapproche du pénal sur un dysfonctionnement la chose est moins sure.
Conseils Départementaux de lOrdre des médecins.
Un nombre significatif de conseils départementaux pourchassent littéralement et harcèlent les médecins réfractaires et même ceux qui manifestent seulement leur volonté de ne pas participer à la permanence des soins.
Pour les exemptions on doit désormais même à plus de 60 ans constituer un dossier dont les bases légales nexistent pas et qui consiste à présenter 3 relevés SNIR successifs comme si cela pouvait refléter la fatigue du médecin ou létat de ses artères.
Comme lensemble des expressions qui sextériorisent dans les conseils ordinaux dans ce cadre, tout est inutilement coercitif, humiliant, et déplacé quand cela sadresse à des femmes médecins.
Le conseil national de lordre des médecins continue par ses petites phrases à faire perdurer cette ambiance délétère.
Quen sera t il en cas de litiges concrets et douloureux ?
Nul doute que lordre fera payer le prix aux quelques lampistes qui entreront dans cette catégorie et tomberont entre ses griffes, nous le savons nous pouvons savoir compter sur le zèle et la hauteur morale dune certaine confraternité
Les malades.
Cest vrai quils sont comme nous otages du système, à la différence près cependant quils en profitent très largement alors que nous en subissons toutes les perversions.
Il faut tout de même ne pas être naïfs et candides car les retours de manivelles peuvent être violents et rapides.
Il faut leur expliquer encore et toujours que les choses ont changé.
Dautant que si on se place dans la peau du malade qui appelle un centre 15 en labsence de couverture assurantielle du médecin généraliste libéral ( déplacement et RCP ) tout cela a de quoi faire frémir, et promet des lendemains qui chantent pour les compagnies dassurances.
Il existera des imbroglios juridiques et assurantiels extraordinaires.
Conseils pratiques.
En labsence de toute réglementation particulière avec les centres 15 et sans aucun accès à linformation interne à celui-ci, le médecin généraliste doit être prudent.
Sans être obsédé par le contentieux avec cet organisme il convient dêtre au moins circonspect et il est des habitudes minimales à mettre en place.
Notez toujours lheure de lappel du centre 15 ( avec les lignes numeris vous avez lheure qui saffiche si vous êtes équipés ).
Appelez le centre 15 quand vous partez sur lappel qui a été transmis, et quand vous arrivez, ce qui permet automatiquement et simplement de donner un cadre à votre intervention.
Vous pouvez ensuite faire ou non votre rapport de soins au centre 15 : ce nest pas une obligation puisquil nexiste aucun texte qui vous lie en ce sens.
Si vous travaillez sur répondeur les choses sont encore plus simples et non spéculatives ( votre famille na pas à participer à la permanence des soins concernée ) puisque si le centre 15 vous laisse un message pour un appel, et si vous le traitez, dans ce cas on retombe dans les précautions précédentes, si cest une urgence le centre 15 trouve alors une autre solution que de faire appel à vous puisquil ne sait quand vous allez être là.
Et vous navez aucun problème.
Pour les malades, si vous êtes en déplacement par ailleurs, précisez toujours sur votre répondeur de faire appel au centre 15 selon la formule « si vous jugez que votre cas est suffisamment grave ».
En cas dabsence pas de répondeur : pourquoi faire dans les faits ?
Pour ce qui concerne les médecins qui refusent la PDS et/ou sont en grève il suffit de prévenir toutes les autorités concernées par courrier en A/R.
Ne pas oublier dans la liste de vos envois le procureur local, pour information.
Conclusion.
Gardons tous à lesprit que lon nous attend au tournant et quil ne sagit pas dêtre à nouveau idiot ou béat.
Si un nombre significatif de « faits divers douloureux » selon la formule impliquant des médecins, se reproduit, nous auront droit, dans un premier temps tout au moins à une curée médiatique, puis à des réactions de fermeté de la part de nos autorités, il faut donc se prémunir.
Dautant que tout ce qui concerne les assurances ( centre 15, réquisitions, et permanence des soins ) reste dans un flou juridique et assurantiel total : nous ne sommes pas assurés ou de manière hypothétique.
On va vers des jurisprudences qui seront le plus souvent faites sur le tas, et sur lair du temps, par des magistrats dont nous navons pas parlé mais qui sont très peu, mais vraiment très peu au fait de la chose médicale et du vécu du médecin, et qui aiment souvent « en croquer ».
Docteur Jean-Marie Gendarme