La médecine hospitalière emploie un million quatre vingt mille personnes dont 57 000 médecins salariés. L'offre actuelle est de 2 millions 253 690 lits pour 1058 établissements publics, 3145 hopitaux et cliniques
privées. 250 000 personnes y sont accueillies chaque jour ( chiffres du Monde , 19 novembre 2002 ).
La médecine de ville compte (en 2001) 114 000 médecins dont 50% de "spécialistes", 48500 infirmier (e)s, 35000 pharmaciens. La densité médicale moyenne est de 331 médecins pour 100 000 habitants (inférieure à 300 dans les régions "pauvres", superieure à 340 en Ile de France, Alsace, et dans le sud )
L'industrie pharmaceutique française emploie 100 000 personnes.
La sécurité sociale emploie 175 000 personnes.
La masse des honoraires délivrés aux médecins représente 5% des dépenses de l'assurance-maladie alors qu'un million d'actes médicaux a lieu par jour.
Le taux de syndicalisation des médecins généralistes est d'environ 6% .
Le très "singulier" Ordre des médecins assure la "police interne" et récolte 5 à 6% d'électeurs lors des renouvellements ordinaux.

La durée légale du travail en France, sauf pour l'hotellerie, est actuellement passée à 35 heures. Un ou une généraliste travaille chaque année 3O minutes de plus par jour, six heures par semaine de plus qu'un spécialiste liberal généralement exempté de gardes ( cliniques exclues ) , pour des honoraires de deux à six fois moins élevés, pour un niveau de responsabilité inéluctablement supérieur.

En excluant les personnels de cabinet, les personnels affectés aux mutuelles, les emplois des cures thermales , les ambulanciers, le corpus généraliste représente TROIS POUR CENT de l'effectif des personnels de santé. Il génére, à lui tout seul, soixante dix à quatre vingt pour cent des volumes de prescription .

En 1972, le numerus clausus était de 8588/ an. En 1993, il est tombé à 3500 "grâce" à l'action conjointe de la CSMF, de la FMF (et peut être des autres syndicats) et de la CNAM, associées en la circonstance . La hausse du numerus clausus reprend en 1998. Le nombre actuel de reçus en deuxième année est de 5100. Si l'on ne passe pas immédiatement à 7500, le nombre de médecins sortis des facultés françaises par habitant va baisser de 24% d'ici 2020. Mais l'Europe à vingt ou vingt cinq membres, laisse "l'espoir" de l'arrivée de médecins formés gratuitement ailleurs, et prêts à des niveaux de vie de 40% inferieurs à celles des diplomés français......Ce qui se passe déjà la nuit dans les établissements de soin, où 60% des gardes sont assurées à moitié coût par des médecins à diplôme étranger.

Le budget de la santé en France est de 9,5% du PIB. Le déficit prévu est de 3, 9 milliards d'euros en 2003, soit 75% de l'équipement futur en avions Rafale de nos deux indispensables porte-avions. En 2002, le budget des armées a été réévalué de 7% . La France qui représente 1% de la population mondiale dépense désormais, à elle seule, pour "cause de rattrapage" , 5% des équipements d'armement du monde, les USA 40%, et les Russes 4%.
Les USA, qui absorbent 40% des médicaments fabriqués dans les usines planètaires, produisent 80% des molécules innovantes du monde et sont à 13% du PIB engloutis dans leur système de santé. Leur rang OMS pour l'efficience des soins est le 40ème. 30% des hospitalisations y sont liés à des accidents iatrogènes ( 10% en France). C'est le pays de la gestion du gros risque par le financement volontaire de chaque cotisant. C'est le modèle vers laquel la France porte désormais son regard, en rêvant de reconquètes sur le marché des molécules innovantes (Aventis exporte à plus de 40% vers les USA ...)


Le coût salarial d'un poste de régulateur médecin permanencier, par an, est évalué par les gens sérieux à 150 000 euros avec avantages sociaux. Plus que les honoraires moyens, avant imposition, d'un généraliste sacerdotal devant oeuvrer jusqu'à 65 ans.

Le poste dépense de santé par ménage a augmenté de 5% en vingt ans. 1800 euros par personne et par an. En sachant que le coût moyen du traitement correct d'un patient sidéen est de 1000 euros par mois, et que 4% de la population française génère, sans qu'on ait à le contester, 5O% des dépenses de santé nécessairement solidaires.
Le poste "entretien des voitures" a augmenté de 40% durant la même période, soit 4800 euros par conducteur et par an. La "dérive" des dépenses de bagnole, de portables et de SMS n'est accusée par aucun gouvernement, quelle que soit son indéniable bonne volonté à "ouvrir les yeux" de ses administrés.....

Bon week-end monsieur Mattei, et longue vie aux rêves de salariat pour les jeunes médecins et de longue retraite pour les vieux énarques......



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