Dossier de prothésistes : incurie, délit ou autre.. ?
Les faits :
Année 91, un malade porteur dune artérite, sur une thrombose artérielle compliquée, est amputé de sa jambe droite de manière classique, sous le genou.
Après une hospitalisation en centre de réadaptation fonctionnelle de 2 mois sans particularité
le malade revient chez lui.
A partir de cet instant va se développer un dossier dassurance maladie tout à fait exemplaire
dans ses dérives et ses errances...
Ce malade présentant des « difficultés dadaptation » sur sa prothèse de jambe est reconvoqué au centre de réadaptation fonctionnelle, établissement hyper-spécialisé départemental.
Va suivre alors une succession surréaliste dadaptations de jambes artificielles tout à fait délirantes, avec des incuries évidentes même pour un non spécialiste :
&Mac183; comme une jambe sans trou pour évacuer lair donc faisant piston ( ? ! )
&Mac183; avec le caoutchouc directement au contact de la peau du moignon doù irritation ( ? ! )
&Mac183; cavité de la jambe trop petite pour le moignon, trop grande, trop courte...etc
Ce qui ne laisse pas de surprendre pour des spécialistes hautement qualifiés...
Car devant cette succession extraordinaire de fautes on est bien prêt de considérer que cette structure fait tout cela de propos délibéré : quelle autre hypothèse serait à envisager ?
Le tout va nécessiter sur 4 ans prés de 80 transports Sanitaires... !
Au tarif de lassurance maladie de lépoque cela donne sur Rouen la somme actuelle de 139,44 euros X 80 = 11 155 euros pour les transports.
Le malade, au cours de « ses pérégrinations sanitaires organisées », va ainsi pratiquer durant plusieurs mois le même prothésiste, avant que dêtre adressé au suivant ( il y a 3 cabinets sur Rouen ) dans une espèce de vaste ronde, visiblement commune à dautres malades ( qui se retrouvent dans les salles dattente et en parlent
), et ainsi de suite
Durant ces 4 années, il va être ainsi fait 13 jambes artificielles pour ce malade, toutes facturées comme telles à lassurance maladie ( prés de 1830 euros chacune )...
Or si le bon sens est respecté, ce malade ayant eu 13 prothèses de jambes payées par lassurance maladie, devrait en avoir 12 ( même mal adaptées ) chez lui...
Or il nen est rien...
Il semblerait donc que ces jambes soient dés lors « adaptées » ( et facturées à nouveau ) à dautres malades, dans une progression digne de Pagnol...
Devant toutes ces dérives, jai écrit ma surprise et mon indignation au médecin conseil local.
Il ne ma jamais été fait une réponse écrite mais seulement orale, pour me dire quil y allait avoir une enquête.
Je nai plus jamais eu de nouvelles...
Les seuls résultats tangibles de mon intervention ont été les suivants :
. la sécurité sociale a refusé le paiement de la 13 éme jambe, et a voulu la faire payer entièrement par le malade, soit prés de 1982 euros, au prétexte que celle-ci avait un tarif dépassant celui prévu par lassurance maladie, comme si le malade y était pour quelque chose .... ? !
Doù le litige que vous pouvez imaginer..
. le malade prenant la solution de facilité habituelle consistant à rendre responsable le médecin de tout, a simplement changé de médecin..
Lhistoire ne le dit pas mais nous en sommes désormais à la 20 éme jambe au moins ( une fois renseigné ...)
Jai fait bien sur remonter ce dossier à la CNAM en son service de gestion des risques.
Quand jai essayé de savoir quelques semaines plus tard ce quavait donné mon intervention et quelles mesures avaient pu être prises jai eu cette réponse superbe :
« monsieur, nous ne pouvons vous répondre, lassurance maladie a le droit davoir ses secrets.. »
Encore une fois le professionnel de santé assiste - impuissant - à un véritable spectacle de lassurance maladie, sans pouvoir sadresser à une structure déterminée et responsable.
Docteur Jean-Marie Gendarme
12 Rue de lHospice
76910 Criel sur Mer