Art 77 : « de la permanence des soins ».
Dans le cadre de la permanence des soins, cest un devoir pour tout médecin de participer aux services de garde de jour et de nuit.
Le conseil départemental de lordre peut néanmoins accorder des exemptions, compte tenu de lâge du médecin, de son état de santé, et, éventuellement, de ses conditions dexercice.
Dans le cadre de son vécu professionnel, tout médecin inscrit au conseil de lordre, quel que soit son exercice, en âge et en situation de le faire, se doit au plan moral et éthique de participer volontairement à un service de garde ou dastreinte sinscrivant dans un service public de permanence de soins.
Cette permanence de soins est un service public supplémentaire, service de possibilités de soins offert à tous les patients et sinscrivant durant des périodes de temps bien définies où il est plus difficile de trouver des médecins : la nuit et les dimanches et jours fériés.
Cette permanence dans son volontariat médical, relève de la bonne volonté de chacun, et peut faire lobjet de toutes formes de participations : régulations, astreintes dans les maisons médicales, effecteurs de terrain.
Cette permanence dans son fait de service public implique que lautorité de tutelle accorde à ce service supplémentaire les moyens de la chose et en assure les devoirs.
Cest là ce quon devrait pouvoir lire en acceptant de conserver cet article 77.
Lapparition du conseil départemental et son rôle dans les exemptions nest pas indispensable à ce niveau.
Explication de texte du conseil national de lordre :
Lart. 77 sinscrit dans la lignée des art 9 du code de déontologie et 223-6 du code pénal, à savoir que tout malade ou blessé en quelque endroit et à tout instant, doit pouvoir avoir accès à des soins et compter sur lintervention dun médecin.
Il na jamais été dit pour autant que cette disposition implique de mobiliser larme au pied tous les médecins généralistes libéraux de France.
La présence de lurgence publique dans ses différentes composantes, ainsi que la trame hospitalière existante suffisent largement à assurer ce rôle dans notre pays tel quil est écrit ici.
Article 223-6
(Ordonnance n° 2000-916 du 19 septembre 2000 art. 3 Journal Officiel du 22 septembre 2000 en vigueur le 1er janvier 2002)
Quiconque pouvant empêcher par son action immédiate, sans risque pour lui ou pour les tiers, soit un crime, soit un délit contre l'intégrité corporelle de la personne s'abstient volontairement de le faire est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75000 euros d'amende.
Sera puni des mêmes peines quiconque s'abstient volontairement de porter à une personne en péril l'assistance que, sans risque pour lui ou pour les tiers, il pouvait lui prêter soit par son action personnelle, soit en provoquant un secours.
La profession médicale est davantage confrontée aux appels de détresses et de secours les plus divers, mais Lart 223-6 ne sapplique pas quaux médecins comme pourrait le laisser entendre cette présentation.
Rappelons que lart 223-6 parle dun acte volontaire de non-réponse à une situation de péril par ailleurs connue et identifiée comme telle.
Ce qui nest absolument pas envisageable pour un médecin : aucun médecin ayant connaissance dune personne en péril na de bonne foi jamais fait défaut.
Ce qui hérisse le médecin est lappel pour des peccadilles : une échelle de valeur est à respecter, ce qui nest plus le cas aujourdhui dans la grande confusion des genres de notre société.
Le médecin qui ne participe pas à une permanence de soins ne peut être impliqué dans ce cas : puisquil est absent et na pas connaissance de ce péril.
Les médecins doivent donc sorganiser pour que nuit et jour une permanence soit assurée pour les soins et les urgences, tant par les généralistes que les spécialistes, souvent sous forme dastreinte.
Non : ils peuvent sorganiser sils le veulent, et intégrer sils le veulent la permanence des soins mission de service public : ce qui veut dire en clair quils peuvent aussi le refuser.
On reprend le thème connu en y introduisant le spécialiste à petite dose sous forme dastreinte en sa clinique ce qui est déjà une fausse présentation puisque cela fait partie intégrante de sa vie professionnelle.
Le médecin ne peut prétendre remplir ses obligations à cet égard par un renvoi systématique des appels sur le centre 15.
Le médecin qui renvoie sur le centre 15 de plus en plus de plages horaires de son astreinte ne cherche quà avoir la paix et le repos durant celles-ci : il est temps pour lui dêtre logique avec lui-même et darrêter la permanence des soins qui est une mission de service public et ne relève pas de son exercice.
Cette organisation doit être sans faille dans lintérêt des patients et aussi des médecins qui doivent compter sur elle.
Laffirmation péremptoire dans sa morgue, gratuite dans son but, et allant au fil de leau, irresponsable
La couverture médicale du territoire même suffisamment importante na jamais prétendue être sans faille, ce qui est une utopie, quelle soit géographique ou autre.
Que lintérêt des patients pour cette organisation se confonde tout à coup avec celui que peuvent y trouver des médecins est une curiosité de plus dans ce code de déontologie.
Mais le service de garde ne doit pas être un motif de non-disponibilité pour éviter un appel, même sil est dérangeant au regard de lactivité normale du médecin.
On mesure ici pleinement le degré tout à fait délétère atteint par la ratiocination de lordre, avec ses clichés, ses procès dintention et cette propension lamentable à dicter une vie professionnelle fabulée à des médecins de terrain, aguerris.
Le médecin généraliste libéral est maître de son exercice professionnel, et régule très bien depuis toujours ce qui relève de lopportunité de la garde, de lurgence vraie, etc.
Il nest nul besoin de linfantiliser en permanence.
Le fait que des médecins associés assurent une continuité des soins pour leurs patients ne les exonère pas de la participation au service de garde de la ville ou du secteur.
Inversement, lexistence du service de garde nentraîne pas linterdiction pour un médecin, quand il nest pas de garde, de répondre à lappel de ses patients.
La chose nest même pas spéculative, finalement, le médecin doit répondre à tout appel, tout le temps quil soit de garde ou non
! ! !
Nest ce pas fabuleux ?
La garde sorganise par secteur, à linitiative dune association, dun syndicat ou du conseil départemental en cas de carence.
Ni un syndicat ni lordre départemental ne sont qualifiés pour organiser quoique ce soit hors du consensus des médecins sur le terrain, ce que tente de faire lordre partout.
Le répondeur téléphonique du médecin absent doit indiquer de façon très claire où les malades doivent sadresser.
Le médecin généraliste libéral na aucune vocation intrinsèque à assurer lurgence et la permanence des soins, mission de service public, 365 jours par an, et ce depuis toujours.
Il na jamais été rétribué pour ce faire et on ne la jamais aidé dans quelque domaine que ce soit dans ce dossier : lordre des médecins moins que quiconque.
Les moyens dinformation dans notre société sont suffisamment vastes et présents pour assurer toute information utile à qui que ce soit, nimporte quand.
Cette démarche demandée aux médecins de manière insidieuse fait partie de cette vaste intoxication générale qui a eu cours ces dernières années à type de lavage de cerveau sur le médecin qui doit être toujours présent, qui ne doit pas laisser un téléphone muet, et toutes ces sortes de fadaises, dont lArt 77 et son coté incantatoire
Il est souhaitable quune association départementale coiffe tous les tours de garde dun département.
Elle sera linterlocutrice des services publics, du public, de la presse. Elle agira pour faciliter un numéro unique dappel, surtout dans les villes.
Elle peut être le lien entre association durgentistes et tour de garde traditionnel.
Elle peut organiser des centres daccueil de premiers soins, siège fixe de la permanence afin de soulager le service durgence des hôpitaux.
On évoque ici une prospective tous azimuts pas très compromettante et on assène des contres vérités puisquil est prouvé désormais que les centres médicaux de premiers soins, les « maisons médicales » ne freinent en rien la fréquentation des hôpitaux.
Une bonne harmonie doit exister entre médecin de garde et médecin traitant, le règlement de la garde étant respecté.
Cest du remplissage, par ailleurs nous sommes heureux dapprendre quil existe un règlement de garde
! ?
Chaque médecin doit être formé à lurgence qui fait partie intégrante de lexercice médical.
Dans ce domaine comme dans les autres, il doit entretenir, améliorer ou réactualiser ses connaissances - notamment après une interruption prolongée de la pratique des gardes, pour quelque motif que ce soit et posséder un matériel minimum.
Nos responsables ordinaux ne sont pas gêné daffirmer ce genre de choses alors que personne parmi nos responsables, quil sagisse de lordre, des syndicats et de nos administratifs de la santé, ne sest jamais vraiment soucié de cet aspect des choses et de ce dossier.
Le seul rapport de lordre national sur ce sujet date doctobre 1994.
Quant au matériel on en parle sans vergogne puisquil ny a jamais eu la moindre aide en ce domaine et que tout sest fait « à la fortune du pot » de chaque cabinet médical.
Des médecins volontaires particulièrement intéressés par lurgence vraie ou par la régulation, peuvent sintégrer au centre 15 en conformité avec la législation, et participer à lactivité dintervention des smur, soit individuellement, soit par lintermédiaire de lassociation départementale daide médicale urgente.
Il nexiste pas dassociation de laide médicale urgente.
Les gardes de régulation ne sont pas légalement parlant des équivalents de garde ordinale même si lordre y trouve son compte désormais.
Il nexiste pas plus à ce jour de possibilité légale pour un médecin généraliste de participer à lactivité dun smur, sauf à sappuyer tout à coup sur le texte de la circulaire n° 326 de la DGS signée le 15 février 1990 par le Pr.J-F.Girard qui autorisait cette participation, pour laquelle lurgence hospitalière a mis son veto et qui est restée lettre morte : 12 ans de perdus ?
Le conseil départemental est seul habilité à dispenser, temporairement ou définitivement, un médecin du tour de garde sur sa demande.
Seuls les motifs tirés de lâge du médecin, de son état de santé et éventuellement de ses conditions dexercice, pourront être pris en compte.
La situation familiale du médecin, lorientation donnée à son activité professionnelle ( acupuncture, homéopathie.. ) ne justifient pas une exemption des obligations de garde.
La décision du conseil départemental doit être motivée : elle est susceptible de recours devant le conseil national.
Tout cela est du petit pouvoir à la petite semaine.
Les dispenses peuvent exister à lévidence mais à la condition expresse que la participation à la permanence des soins soit régulière et fasse appel vraiment à TOUS les médecins inscrits à lordre. Pourquoi y aurait-il des dispenses automatiques ?
Il nexiste pas de limite dâge automatique pour le médecin généraliste et il na même jamais été dit quune femme médecin enceinte était automatiquement dispensée de garde, on mesure là le degré dinélégance et dhypocrisie atteint par lordre en ce point précis.
La dérogation de garde dans les départements, rendue ces temps ci plus sévère de manière ridicule est actuellement placée sous un régime humiliant où le médecin doit apporter ses relevés dactivité SNIR des 3 dernières années dactivité qui nont bien sur aucune signification quelconque quant à létat réel de sa fatigue ou de ses artères et ne sont là que pour visualiser léventuelle baisse dactivité du candidat à la dispense.
Et on nous oppose lArt 77 encore et toujours qui nous dit quun médecin généraliste libéral, dés son inscription à lordre des médecins ne peut plus se soustraire à lobligation de la permanence des soins et de la garde, sauf par la mort ou la maladie
! !
Complètement surréaliste !
Conclusion :
Cette analyse de lexplication de texte de lordre montre sil était besoin à quel point tout cela nest quune vaste mascarade.
Lordre national des médecins sest payé notre tête à tous.
Lordre national des médecins, sans doute pour faire oublier son impéritie qui a été notoire en ce domaine depuis 25 ans prétend désormais, au nom dun certain nombre de sortes de « commandements » issus tout droit « des tables de La Loi », forcer de manière biaisée une partie seulement des médecins la piétaille généraliste - à assumer lobligation des gardes et toutes ses servitudes pour lensemble dune profession, cela de manière inique, illégale, irresponsable.
Que tous nos responsables en payent aujourdhui le juste prix et en subissent le retour de bâton nest quune chose naturelle.
A voir le libellé de cet article 77 il ne sera pas possible den faire une nouvelle écriture sauf à imposer à TOUS les médecins de participer à cette obligation de garde.
Et lordre national des médecins ne se résout pas à le faire, car il est incapable de se remettre en question.
La crainte effective de lordre est là : elle est dessence existentielle.
Lordre redoute à travers une éventuelle suppression de lart 77, la dévalorisation de lensemble des articles du même modèle « incantatoires » du code de déontologie et de se voir privé ainsi de toute autorité sur le corps médical, et ce faisant dappauvrir son image aux yeux des responsables politiques.
La crainte nest pas totalement infondée.
Les médecins généralistes libéraux se sentent libres vis à vis de cette obligation devenue outrance et ne sentent plus liés à ce genre dincantation comme il est de bon sens après des dizaines dannées davanies diverses effectuées en son nom.
Restent 2 solutions :
Le laisser en létat, « à labandon », au titre du symbole et de lhypocrisie.
Le supprimer.
Dans lun et lautre cas les médecins feront ce que commandent désormais leur place dans la société, la reconnaissance que leur doit la population des patients, létat réel de la politique de soins, ni plus ni moins.
Mais en tous cas cela ne passe plus par cette obligation dévoyée.
Docteur Jean-Marie Gendarme