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Dépêches AFP de l'Education
du Mercredi 6 décembre 2006
Enseignants et internes en médecine générale se mobilisent jeudi
à Paris
Les médecins généralistes ne veulent plus être les parents pauvres
de la médecine libérale et s'inquiètent pour leur avenir, comme en
témoigne la grève entamée depuis près d'un mois de leurs enseignants
en facs de médecine et une journée d'action prévue jeudi.
Obtenir la mise en place "concrète" d'une filière universitaire de
médecine générale à la rentrée prochaine, tel est l'objectif de la
grève entamée le 9 novembre par les enseignants de médecine
générale, et qui touche 31 facultés de médecine sur 34.
Internes et enseignants appellent jeudi à une "journée nationale
d'action", avec un rassemblement à Paris à 13H00 place du Panthéon
pour défiler jusqu'au ministère de l'Enseignement supérieur (Ve
arr.) tout proche.
"Derrière cette revendication universitaire, c'est l'avenir de la
médecine générale qui est en jeu", souligne Vincent Renard,
président du syndicat des enseignants de médecine générale (Snemg),
à l'origine de la mobilisation soutenue par les syndicats de
généralistes (MG-France, Unof, FMF, Espace Généraliste).
"La question est de savoir s'il y aura suffisament de médecins
généralistes pour soigner la population demain", indique Laurent
Dissard, du syndicat des internes de médecine générale (Isnar-IMG),
en déplorant "la désaffection croissante des étudiants en médecine
envers la médecine générale".
Depuis trois ans, 2.000 postes d'internes de médecine générale sont
restés vacants faute de candidats, les étudiants préférant choisir
des spécialités plus prestigieuses et mieux rémunérées comme la
cardiologie ou la radiologie.
Les généralistes ont perçu en 2004 des honoraires annuels moyens de
63.700 euros, contre 102.300 euros pour les spécialistes.
D'ici à 2025, le nombre de généralistes devrait diminuer de 13%,
selon l'Observatoire de la démographie des professions de santé.
"On ne peut pas demander aux étudiants de choisir une spécialité
dans laquelle ils n'ont pas de perspectives", M. Renard. Il y a une
"incohérence totale" à vouloir "donner au généraliste un rôle pivot
dans le système de soins", par le statut de médecin traitant, sans
lui en donner "les moyens".
"Cela fait des années que la médecine générale se bat pour être
reconnue comme une spécialité médicale à part entière et pour sortir
de cette image de médecins taillables et corvéables à merci",
explique Christian Lehmann, médecin généraliste à Poissy (Yvelines).
"La revalorisation de la médecine générale passe d'abord par une
meilleure formation", indique-t-il. "Pour ma part, j'ai appris à
faire de la médecine générale malgré mes études, qui étaient
orientées sur la médecine hospitalière qui n'a rien à voir".
La médecine générale a été reconnue comme une spécialité en 2004,
mais cette reconnaissance est "virtuelle", souligne Yassine Bouakaz,
président du syndicat des jeunes médecins généralistes (SNJMG),
"sans la possibilité pour les étudiants de pouvoir s'engager dans
une carrière universitaire pour faire de la recherche en médecine
générale".
En octobre, un décret a entériné la création officielle d'une
filière universitaire de médecine générale, mais là encore, "aucun
moyen, ni calendrier prévus pour une mise en place concrète",
dénonce Vincent Renard.
Le Snemg demande deux mesures pour la rentrée prochaine: la
titularisation de 120 enseignants de médecine générale, qui ont pour
l'instant un statut précaire, et la mise en place d'un stage de
médecine générale au cours du 2è cycle des études pour faire
découvrir la discipline aux étudiants.
Internes et enseignants en médecine générale dans la rue (jeu. déc.
7, 2006 6:25 CST160)
PARIS (Reuters) - Près de 2.000 enseignants et internes en médecine
générale, d'après les organisateurs, 650 selon la police, ont manifesté
à Paris pour réclamer davantage de moyens et de reconnaissance.
Les manifestants venus de toute la France ont effectué une marche
symbolique au départ du Panthéon (Ve arrondissement), à l'appel du
syndicat national des enseignants de médecine générale (Snemg), soutenu
par plusieurs organisations syndicales d'internes et de médecins
généralistes.
Le défilé, point d'orgue d'une grève de médecins
généralistes-enseignants qui dure depuis près d'un mois, s'est rendu aux
abords du ministère de l'Enseignement supérieur.
Les manifestants réclament notamment "une revalorisation" de la médecine
générale, touchée par une désaffection des étudiants.
Jeudi, au micro de RTL, le ministre de l'Enseignement supérieur François
Goulard s'est engagé à faire évoluer le statut des enseignants de
médecine. "Aujourd'hui tout est réglé. Le dernier décret qui nous est
nécessaire sera publié au plus tard au début du mois de mars prochain,
avant les prochaines échéances politiques", a-t-il dit.
"A terme, nous aurons dans toutes nos facultés de médecine des
enseignants de médecine générale ayant le statut de professeur des
universités", a-t-il ajouté.
Depuis trois ans, 6.500 postes d'internes en médecine générale ont été
proposés et 2.500 sont restés vacants. "Les étudiants préfèrent les
spécialités, car plus prestigieuses et mieux rémunérées", a dit à
Reuters, Yassine Bouakaz, président du syndicat national des jeunes
médecins généralistes (SNJMG).
"La médecine générale souffre d'un déficit d'image. On la considère
comme une sous-médecine. Or, c'est une médecine de globalité", a-t-il
déploré.
Les honoraires d'un médecin généraliste conventionné, du secteur I,
s'élèvent à 21 euros la consultation, comparés à entre 30 et 60 euros
pour un spécialiste, a-t-il souligné.
Mobilisation unitaire pour sauver la médecine générale ! Publié le
08/12/2006 (Journal International de la Médecine)
Paris, le vendredi 8 décembre 2006 – Il est loin le temps où les
syndicats médicaux se contentaient de la publication de décrets ou
d’arrêtés « déclaratifs » pour satisfaire leurs aspirations. Il semble
même aujourd’hui que la production de ces « coquilles vides » ne
parvienne qu’à attiser leur colère. C’est ainsi que le début de la grève
des enseignants en médecine générale, le 9 novembre dernier, semble
avoir coïncidé avec la signature quelques jours plus tôt d’un arrêté
créant une filière universitaire de médecine générale par les ministres
de la Santé, de l’Enseignement supérieur et de l’Education nationale.
Sans doute échaudé par le triste précédent du stage de médecine
générale, promis il y a dix ans, mais dont un décret ne vient
d’entériner la création qu’en ce début de mois de décembre, les
enseignants en médecine générale ont choisi de faire entendre leurs
voix, afin que les textes législatifs ne restent pas lettre morte. Ce
recours à la grève témoigne d’un véritable durcissement de leur
position. Déjà particulièrement inquiets en novembre dernier à l’heure
où le choix des postes d’interne à l’issue de l’examen national classant
(ENC) manifestait une nouvelle fois une forte désaffection pour la
médecine générale, les enseignants de cette discipline avaient préféré
renoncer à une grève dont ils craignaient qu’elle ne nuise à leurs
étudiants.
Les derniers mois n’ayant pas permis de voir leurs revendications
entendues, à l’exception de ces arrêtés et décrets publiés sans aucun
calendrier d’application, les enseignants en médecine générale se sont
résolus à utiliser cette arme ultime qu’est la grève.
Des revendications entendues
Ce choix leur aura certainement permis de gagner un soutien sans
précédent de leurs étudiants, comme en témoigne la manifestation
unitaire de ce jeudi 7 décembre qui a réuni entre 650 et 1 500 personnes
à Paris hier, à l’appel du syndicat des enseignants de médecine générale
(SNEMG), du Syndicat national des jeunes médecins généralistes (SNJMG),
des internes de médecine générale (Isnar-IMG) et des étudiants en
médecine (ANEMF). Ces différentes organisations appellent tout d’abord à
« l’établissement d’un calendrier de mise en place de la filière
universitaire de médecine générale ». Avant même que ne se tienne la
manifestation de ce 7 décembre, cet appel semble avoir été entendu. Le
ministre de l’Enseignement Supérieur, François Goulard, a en effet
déclaré cette semaine à l’Assemblée nationale qu’un décret serait «
promulgué en mars prochain pour fixer les modalités » de la filière
universitaire de médecine générale. De même, concernant la création de
nouveaux postes de chef de clinique ambulatoire en médecine générale,
François Goulard a annoncé que 20 postes seraient ouverts dès 2007. Les
inquiétudes des défenseurs de la médecine générale concernant le fameux
stage de médecine générale au cours du second cycle semblent également
avoir trouvé un écho : une dotation supplémentaire de 5 millions d’euros
serait prévue en 2007 pour la rémunération des maîtres de stage.
Plusieurs points restent néanmoins à évoquer : telle la titularisation
d’au moins un enseignant généraliste par faculté pour la rentrée 2007 et
des préoccupations propres aux étudiants représentés par l’ANEMF qui
concernent la création « d’une équivalence du DES pour tous les
résidents qui ont la même formation que les actuels internes de médecine
générale » et la « mise en place d’un plan pluriannuel de répartition
des postes d’internes ».
Différence de traitements
Alors que les déclarations se succèdent pour louer les vertus d’une
médecine générale, considérée comme l’un des piliers de notre système de
soins, celle-ci semble cependant être restée le parent pauvre de notre
organisation sanitaire, comme le révèle la différence entre les 120
enseignants en médecine générale et les 5 200 praticiens enseignants les
spécialités.
A.H.
La médecine générale se mobilise pour plus de reconnaissance (LE
MONDE 08.12.06 )
Plus d'un millier d'enseignants de médecine générale, d'internes et
d'étudiants en médecine ont manifesté, jeudi 7 décembre à Paris, pour
dénoncer "l'absence de reconnaissance" de la médecine générale et
réclamer la création effective d'une filière universitaire. En grève
depuis un mois dans la quasi-totalité des facultés de médecine, les
enseignants de médecine générale exigent la titularisation de leurs
postes et les moyens d'enrayer la désaffection des étudiants pour la
discipline. "Si rien ne change, il n'y aura plus de médecins
généralistes en France dans quelques années", prévient ainsi Vincent
Renard, président du Syndicat des enseignants de médecine générale (SNEMG).
Historiquement, la médecine générale n'était pas considérée comme une
spécialité médicale à part entière mais était le plus souvent choisie
par défaut par les étudiants de médecine, quand ils échouaient au
concours de l'internat (choix d'une spécialité).
La réforme des études médicales, entrée en vigueur en 2004, a voulu y
remédier en érigeant la discipline au rang de spécialité, au même titre
que la chirurgie ou la gynécologie. Mais l'expérience s'est soldée par
un semi-échec : depuis trois ans, 2 000 postes de médecine générale
(soit 30 % du total) ont été boudés par les étudiants, qui leur ont
préféré des spécialités plus prestigieuses et mieux rémunérées, comme la
cardiologie ou la radiologie.
Pour les enseignants de médecine générale, la raison de ce rejet tient
aux "difficultés de fonctionnement" de la spécialité. Les 115 médecins
généralistes qui assurent l'enseignement sont toujours vacataires et les
maîtres de stage, qui assurent la prise en charge des étudiants dans
leur cabinet, mal rémunérés. Les grévistes demandent donc la création
d'un véritable corps d'enseignants titulaires, seul susceptible de créer
une filière universitaire et d'offrir ainsi des perspectives de carrière
et de recherche aux futurs généralistes.
MENACÉE À TERME
Ils réclament également la mise en place d'un stage de médecine générale
au cours des premiers cycles d'études médicales pour faire découvrir la
discipline aux étudiants. Seule spécialité à assurer des soins de
proximité aux patients, la médecine générale serait, à terme, menacée.
D'après l'Observatoire de la démographie des professions de santé, le
nombre de généralistes devrait diminuer de 13 % d'ici à 2025 contre 7 %
pour les autres spécialités. Paradoxalement, cette baisse annoncée
intervient alors que l'Etat a choisi d'octroyer au médecin généraliste
un rôle central dans le parcours de soins. "Il existe une interrogation
forte sur l'avenir de la médecine générale et sur les risques de
contradiction entre le rôle de pivot que lui accordent les politiques
publiques et la désaffection dont elle pâtit aujourd'hui", notait ainsi
le dernier rapport de l'Observatoire, rendu public en novembre.
Le ministre de l'enseignement supérieur, François Goulard, a promis que
le décret mettant en place la filière universitaire serait promulgué en
mars. Le ministre a par ailleurs rappelé, mardi 5 décembre devant
l'Assemblée nationale, que 20 postes de professeurs associés ont été
créés en 2006, et que 5 millions d'euros étaient prévus, en 2007, pour
améliorer la rémunération des maîtres de stage.
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