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Quand on a un médecin traitant, on peut le tromper sans crainte avec
un plus jeune…
(Journal International de la Médecine, 12/10/2006)
Les vertus du temps face aux plus sourdes colères s’observent dans bien
des domaines. Ainsi après avoir été longtemps au cœur de toutes les
polémiques et de toutes les critiques, le médecin traitant n’est plus
guère l’objet que d’une vague rancœur. Ce silence ne signifie pas pour
autant que toutes les failles qui ont accompagné les premiers pas de ce
dispositif aient été résorbées : chaque jour apporte encore son lot de
révélations quant aux dysfonctionnements du nouveau parcours de soin.
Un moratoire in extremis…
Après avoir reconnu in extremis que le dispositif du médecin traitant
aurait un effet particulièrement délétère sur les carrières des jeunes
omnipraticiens, le gouvernement a instauré en janvier 2006 un moratoire
qui permet aux patients de consulter sans crainte de sanctions
financières tout médecin généraliste dont la première installation date
de moins de cinq ans. L’application de ce dispositif n’aura pas été sans
heurts, liés en partie à l’absence quasiment totale de publicité autour
de l’existence de ce moratoire. En outre, il aura fallu en moyenne entre
trois six mois pour que les caisses primaires d’assurance maladie
intègrent cette nouvelle donne dans leur schéma de remboursement.
… très rapidement bafoué !
Si le « moratoire » semble aujourd’hui en vigueur, la CNAM a créé,
au-delà de la lettre du décret d’application, une exception qui semble
remettre en cause son existence même : la consultation chez les jeunes
médecins généralistes n’est remboursée que si le patient a bien déclaré
son médecin traitant ! L’aberration de cette entourloupe administrative
ne pouvait que déclencher l’ire du Syndicat national des jeunes médecins
généralistes (SNJMG). Aussi le syndicat multiplie-t-il les actions
auprès des CPAM pour leur faire entendre raison et leur démontrer
combien une telle interprétation du moratoire nuit à son esprit même. La
Haute Garonne aura entendu ces arguments et ne distingue désormais plus
les patients ayant déclaré leur médecin traitant et ceux n’ayant pas
réalisé cette démarche, en cas de consultation d’un « jeune médecin ».
Face à cet exemple, le SNJMG demande désormais « à tous les organismes
d’Assurance maladie de respecter dès ce jour les textes de loi en
matière de moratoire ».
Congés maternité : médecins libéraux et médecins hospitaliers enfin
logés à la même enseigne
(Journal International de la Médecine, 19 avril
2006)
La féminisation du corps médical n’aura pas toujours incité à une plus
grande attention au corps de ces femmes lorsqu’elles sont médecins.
C’est ainsi que pendant de très longues années, ces dernières,
lorsqu’elles exerçaient en ville, se sont plaintes de ne pas bénéficier
des mêmes avantages que les autres mères, à l’approche d’une naissance.
Les congés de maternité ne sont en effet pas les mêmes selon que l’on
exerce une activité libérale ou salariée. Après s’en être longtemps
plaintes, les femmes médecins ont commencé à s’en inquiéter : des études
ne montraient-elles pas que les taux de prématurité étaient élevés chez
les praticiennes libérales ? Les syndicats choisirent alors d’en faire
un véritable cheval de bataille : ces revendications devaient être
véritablement portées et ne plus figurer comme une demande parmi tant
d’autres. C’est ainsi que le Syndicat national des médecins généralistes
(SNJMG), MG France et l’Intersyndicat national autonome représentatif
des internes en médecine générale (ISNAR-MG) se mobilisèrent en décembre
dernier pour faire entendre la voix des femmes. Une réponse positive
leur fut accordée par le ministre de la Santé qui annonça en janvier
l’alignement de la durée des congés de maternité des femmes médecins sur
les droits des salariés. Pour autant, en l’absence de toutes
propositions concrètes et dûment budgétées, MG France affirmait
conserver une vigilance extrême sur le sujet. Cette vigilance ne se
révéla pas inutile puisque trois mois plus tard, il aura fallu un
nouveau communiqué du SNJMG pour obtenir du ministère une nouvelle
promesse : celle de voir publier le décret concernant la couverture
maternité des libéraux dès la fin du mois d’avril. Si le SNJMG se
félicite aujourd’hui de cette heureuse résolution, il n’en reste pas
moins en état d’alerte concernant les procédures de choix des internes
enceintes. Dans un communiqué du 8 mars dernier, le SNJMG rappelle en
effet la nécessaire prise en considération de la maternité, la paternité
et l’adoption « pour les choix de stages des internes en médecine
générale et pour la prorogation de la durée de validité des licences de
remplacement ». Aujourd’hui les femmes représentent 56 % du corps
médical chez les carabins et les moins de 35 ans. Elles seront la
majorité, toute tranche d’âge confondue, dès 2020.
Alain Haroche
Un observatoire pour les jeunes installés
(QDM 26.01.06)
Le Syndicat national des jeunes médecins généralistes (Snjmg) a créé
un observatoire en faveur des jeunes installés. Grâce à cet outil, il
entend mutualiser toutes les informations susceptibles d’aider les
médecins généralistes qui souhaitent s’installer. Depuis la mise en
place du moratoire à l’installation, qui permet aux patients de
consulter des généralistes installés depuis moins de cinq ans sans
pénalité financière, le syndicat redoute en effet que le dispositif du
médecin traitant se traduise par la perte d’attractivité des futures
incitations à l’installation. Dénonçant l’absence de mesures efficaces
du gouvernement et de l’assurance-maladie pour rendre plus visible le
moratoire, le Snjmg met à la disposition des médecins des affiches
d’information des patients et des lettres types à adresser à leur
directeur de caisses primaires. Dans ces dernières, les médecins
demandent «les modalités d’information que la caisse primaire va mettre
en place pour avertir les patients de la non-pénalisation des
consultations auprès des jeunes médecins installés».
Démographie médicale
Le ministre de la Santé a présenté son plan pour inciter les
médecins à rester ou à venir exercer dans les zones sous-médicalisées.
Toute une série de mesures sont également prévues pour éviter que ne se
créent de nouveaux déserts médicaux ou que ne s’aggravent les situations
actuelles. Xavier Bertrand a estimé le coût de l’ensemble de ces mesures
à 35 millions d’euros, et indiqué que l’ensemble du dispositif serait
évalué d’ici à la fin de l’année. Les syndicats médicaux ont, pour
l’essentiel, bien accueilli les dispositions annoncées.
Des réformes souvent bien accueillies,
mais les syndicats demandent à voir (QDM 26.01.06)
LES SYNDICATS DE MEDECINS libéraux, même s’ils ne sont pas
franchement enthousiastes au sujet des mesures présentées par le
ministre de la Santé, jugent cependant, à part MG-France, qu’elles vont
dans le bons sens.
C’est ainsi que le Syndicat des médecins libéraux, dans un texte publié
au moment même où le ministre annonçait les nouvelles dispositions qu’il
avait arrêtées, estimait que ce plan pouvait éviter la création de «
déserts médicaux », d’autant, ajoutait la formation du Dr Cabrera que
ces mesures pourraient devenir attractives pour les autres
professionnels de santé, «ce qui devrait permettre le développement de
réseaux de soins». A cet instant, le Dr Cabrera rappelle opportunément
qu’il est (aussi) le président du Centre national des professions de
santé (Cnps). Cependant, le problème du financement demande à être
précisé, tempère le SML.
Même souci du côté de l’autre syndicat signataire de la convention
médicale, la Csmf, qui estime, par la voix de son président, Michel
Chassang, que «si l’assurance-maladie met autant d’empressement à mettre
en ?uvre ces dispositions qu’elle en a mis pour l’aide à
l’informatisation des médecins, il n’est pas certain que ce plan
devienne rapidement réalité». Mis à part cette réserve, le président de
la Csmf trouve des qualités au plan, notamment en ce qui concerne les
femmes médecins qui vont bénéficier de congés maternités équivalents à
celles des salariées. Le Dr Chassang juge positif que les majorations
d’honoraires de 20 % pour les praticiens présents dans les zones
sous-médicalisées ne concernent plus uniquement les médecins exerçant en
groupe.
Pour le président de la Csmf, il faut s’attaquer aux conditions
d’exercice des médecins pour les rendre plus attractives, surtout dans
ces territoires ruraux.
Le Dr Jean-Claude Régi président de la FMF, estime quant à lui que les
mesures annoncées par le gouvernement «n’ont rien de phénoménal, même si
elles vont dans le bon sens». Mais il est dommage, poursuit-il, que le
ministre «n’ait pas voulu que les majorations d’honoraires concernent
tous les médecins installés dans ces zones sous-médicalisées et
favorisent presque uniquement les praticiens exerçant en groupe». Il
semblerait, indique le président de la FMF, que «le gouvernement ait été
effrayé par le prix d’une telle disposition».
Pourtant, explique encore le Dr Régi lorsqu’on «sait le rôle et la
mission d’intérêt public que jouent ces médecins dans des contrées
souvent isolées, on ne peut que regretter que ces médecins ne soient pas
récompensés par des majorations d’honoraires au même titre que les
praticiens exerçant en groupe».
Particulièrement sévère pour le plan gouvernemental, le Dr Pierre Costes
laisse entendre que le gouvernement, dans cette affaire, fait fausse
route. «Le gouvernement fait une nouvelle fois des effets d’annonce et
il n’y a absolument rien de concret dans ce plan», ajoute-t-il. Et le
président de MG-France de rappeler qu’en 2002, des primes de 13 000
euros avaient été prévues pour inciter les médecins à aller exercer dans
des zones peu fréquentées. «Or je ne connais aucun médecin qui ait
jamais touché cette somme», renchérit le Dr Costes, pour qui l’essentiel
«serait de revaloriser la médecine générale pour inciter les étudiants à
choisir ce métier et à exercer dans des régions où le besoin de médecins
se fait le plus sentir». Il serait surtout judicieux, selon le Dr
Costes, de faire en sorte que «les généralistes de 55 ans ne quittent
pas le métier pour exercer en institution, en établissement ou comme
médecins du travail parce que les contraintes sont moins fortes, les
horaires plus souples, la rémunération intéressante avec moins de gardes
et de meilleures conditions de travail».
Enfin, le nouveau président du Syndicat national des jeunes médecins
généralistes, le Dr Yassine Bouakaz, estime que le plan du gouvernement
est un progrès ; mais il espère «qu’on ne se contentera pas de théorie
et qu’on mettra rapidement en pratique ces idées».
> JACQUES DEGAIN
Exercice et Grossesse : Médecins et internes exigent du concret
(Quotidien du médecin, 16.12.05)
En raison de la féminisation croissante du corps médical, trois
syndicats de médecins généralistes et d'internes se mobilisent pour
améliorer le statut de la femme médecin généraliste pendant la
grossesse. MG-France, le Snjmg et l'Isnar-IMG ont récemment réclamé une
égalité de traitement entre les femmes médecins et les femmes salariées
lors de la maternité. Ils demandent aujourd'hui des mesures « concrètes
» pour qu'il ne soit « pas dangereux d'être une femme et médecin
généraliste et enceinte ». L'Isnar-IMG souhaite que chaque interne
enceinte puisse choisir un stage en surnombre. Actuellement, les
internes peuvent se mettre en disponibilité pour un semestre pendant
lequel ils se retrouvent sans revenu. Cette disposition allonge d'autant
la durée de leur cursus.
Les jeunes du SNJMG demandent que la période de remplacement autorisée
avant la thèse soit rallongée de la durée du congé de maternité pour les
jeunes mamans. De son côté, MG-France réclame que l'on accorde aux
femmes médecins les mêmes droits qu'aux salariées pendant la maternité.
En secteur libéral, les femmes enceintes ne bénéficient que de deux mois
d'arrêt maternité au maximum quand les salariées disposent d'un arrêt
pouvant aller jusqu'à six mois. « La santé de ces femmes et de leur bébé
sont en jeu, mais il en va aussi de la démographie médicale : ces femmes
médecins ne souhaiteront s'installer que si les conditions d'exercice
leur permettent de mener une grossesse à terme en toute sécurité ! »,
préviennent les syndicats. MG-France, le SNJMG et l'Isnar-IMG ont
rencontré Catherine Vautrin mercredi. La ministre déléguée à la Cohésion
sociale et à la Parité s'est engagée à organiser une réunion
interministérielle sur ces thèmes.
CHRISTOPHE GATTUSO
Nicole Bez défend la cause des femmes (Le Généraliste, 18.11.05)
« Quand on a besoin des femmes, leurs droits progressent. » C'est forts
de cette assertion empruntée au Planning familial, que sur le thème «
Être femme médecin généraliste et mère, est-ce possible ? », Nicole Bez,
responsable de la Mission Femmes à MG France, Sandrine Buscail,
présidente du Snjmg, et Matthieu Schuers, président de l'Isnar-Img,
montent au créneau. Ce dernier explique combien le déroulement de cinq
stages sur six dans des hôpitaux périphériques très éloignés du lieu de
résidence de l'interne est peu compatible avec l'état physiologique de
la grossesse. « Comme leurs confrères, elles ont trois ans à partir de
la fin du 3e cycle pour soutenir leur thèse, souligne Sandrine Buscail.
Mais, c'est souvent à ce moment-là qu'elles font des bébés ! Et, sans
thèse, l'Ordre peut leur supprimer leur licence de remplacement. » Et,
installées, « elles sont moins bien loties que les conjointes de médecin
qui peuvent avoir jusqu'à 140 jours indemnisés, quand elles ne peuvent
en percevoir que 60 », s'offusque Nicole Bez.
Les trois organisations revendiquent donc l'égalité de droits entre les
femmes médecins libéraux et les salariées. À l'heure où les femmes
représentent 52 % des médecins en activité, et dans le contexte
démographique que l'on sait, il faudra bien envisager une réorganisation
de l'exercice médical libéral compatible avec le souci légitime d'un
pays de voir se renouveler les générations. Pour Pierre Costes, le
président de MG France, « les revendications des femmes médecins ne sont
pas catégorielles, mais professionnelles et le syndicat les soutiendra
comme telles. Elles doivent être intégrées dans le contrat
conventionnel. Sinon, on videra la médecine générale de ces candidats,
les femmes comme les hommes. »
Les femmes médecins réclament un congé
maternité décent (Quotidien du Médecin,
07.11.05)
Selon qu'elles exercent en libéral ou dans le public, les femmes
enceintes ne bénéficient pas des mêmes avantages (deux mois d'arrêt
maternité au maximum pour les premières, jusqu'à six mois pour les
salariées). Les syndicats médicaux demandent donc une égalité de
traitement pour les femmes médecins.
Pour une égalité de traitement avec les salariées
Alors que la profession médicale se féminise de plus en plus et que les
femmes représentent désormais 56,4 % de l'effectif des médecins de moins
de 34 ans, et 49 % des médecins de 35 à 39 ans, des voix s'élèvent pour
réclamer pour ces femmes des conditions financières décentes lors d'une
grossesse.
Pour l'Isnar-IMG, le SNJMG et le syndicat MG-France, on peut
légitimement se poser la question : est-il encore possible aujourd'hui
d'être à la fois femme médecin généraliste et mère ? Leur constat est
amer : en prénatal, seulement 48 % des femmes médecins mènent leur
grossesse à terme sans événement majeur, et après 36 semaines
d'aménorrhée, elles sont encore 70 % à travailler avec la même activité.
Ces mêmes femmes médecins ont un nombre plus élevé de naissances avant
le terme théorique (10,5 % contre 5 % pour l'ensemble de la population).
Mais surtout, les femmes médecins prennent en moyenne 18 jours de congé
avant leur accouchement contre 42 à 56 jours chez les salariées, et
elles ne prennent que 42 jours en moyenne après l'accouchement contre 70
jours pour les salariées. Pourquoi ?
Tout simplement parce que la loi n'a pas prévu de dispositions
particulières pour les femmes enceintes exerçant en libéral. Les seules
dispositions prévues pour elles sont les suivantes : 41,93 euros par
jour pendant deux mois (soit 2 516 euros), à quoi il convient d'ajouter
une allocation forfaitaire de repos de 2 116 euros, le tout payé par la
Sécurité sociale. Dans le même temps, les femmes enceintes salariées
bénéficient de conditions infiniment plus avantageuses. Pour Nicole Bez,
de MG-France, le gouvernement, qui prônait le 3e enfant pour relancer la
natalité française lors de la conférence sur la famille de septembre
dernier, ne peut défavoriser les femmes exerçant en libéral alors que
des dispositions existent pour les femmes salariées. « Nous ne demandons
rien d'autre que la possibilité de nous arrêter aussi longtemps que les
femmes salariées », assure-t-elle.
Le recours au salariat.
D'autant que la démographie médicale n'est guère fameuse, et qu'un
certain nombre de femmes médecins se tournent vers le salariat afin de
s'assurer une grossesse plus tranquille, comme le fait remarquer
Sandrine Buscail, présidente du SNJMG. « Une fois qu'elles se sont
orientées vers le salariat, elles y restent le plus souvent »,
précise-t-elle, alors que, « améliorer la couverture des femmes médecins
leur permettrait d'envisager sereinement l'installation libérale ».
Mais le problème ne se pose pas uniquement au niveau de l'exercice, et
commence dès le cursus universitaire. Pour Mathieu Schwartz, de l'Isnar-IMG,
« sur les six semestres du DES de médecine générale, un seul doit être
effectué au CHU. Les cinq autres peuvent être effectués au sein
d'hôpitaux périphériques parfois éloignés de plusieurs centaines de
kilomètres du logement de l'interne », avec les conséquences qu'on peut
imaginer lorsque cet interne est une femme enceinte.
De plus, des absences répétées pour cause de grossesse à problèmes
créent le risque d'un stage non validé. Si bien que les internes en
médecine et enceintes peuvent être tentées de reporter leur stage. Avec
les problèmes financiers que cela suppose (pas d'argent pendant six mois
et du temps perdu pour achever les études). L'Isnar-IMG et le SNJMG
demandent donc des aménagements pour les internes enceintes.
Ces réflexions semblent d'ailleurs partagées par le nouveau président du
Conseil national de l'Ordre des médecins, qui en a fait le sujet de son
dernier éditorial dans le « Bulletin » de l'Ordre : « Même si l'Ordre
n'a pas directement autorité sur ce sujet, nous devons tout faire pour
que la protection de la femme enceinte, en pratique libérale, soit
améliorée », affirme le Pr Jacques Roland.
Une prise de position dictée par la crise de la démographie médicale,
mais qui, dans une institution, le Conseil national, ne comprenant
qu'une femme, n'en prend que plus de relief.
HENRI DE SAINT ROMAN
Maternité : l’injustice faite aux femmes médecins (Panorama
du Médecin, 07.11.05)
Etre femme médecin généraliste et mère, est-ce encore possible ? «Non»,
répondent MG France, l'Isnar-IMG et le SNJMG qui interpellent le
gouvernement sur cette question
Seules 48% des femmes médecins mènent leur grossesse à terme sans
événement majeur et le taux de prématurité s'élève à 15 % quand il est
de 4,8% pour le reste de la population… Des chiffres aussi alarmistes,
le Dr Nicole Bez, généraliste et membre de MG France, peut en livrer à
foison. C'est d'ailleurs pour dénoncer les conditions de maternité des
femmes médecins que le syndicat s'est associé à l'Isnar-IMG et au
Syndicat national des jeunes médecins généralistes (SNJMG). Leur
objectif ? Que les femmes médecins enceintes puissent bénéficier des
mêmes avantages que les salariées. C'est pour l'instant loin d'être le
cas.
En septembre dernier, le gouvernement a annoncé une série de mesures
pour redynamiser la démographie française. «Objectif : 3e enfant!»,
prônait-il alors. Du côté des femmes médecins, en tout cas, rien n'est
fait pour les encourager dans cette voie : pendant l'internat, c'est un
euphémisme de dire que l'hôpital mène la vie dure aux étudiantes
enceintes, qui ne bénéficient d'aucun aménagement. Les remplaçantes en
fin d'études, qui approchent donc la trentaine, ne sont guère mieux
loties puisqu'elles ne bénéficient d'aucune prolongation des trois ans
accordés pour la préparation de leur thèse. «C'est souvent à ce
moment-là par dépit qu'elles choisissent le salariat», note Sandrine
Buscail, présidente du SNJMG. Mais c'est surtout pendant l'exercice
libéral que les congés maternité sont particulièrement médiocres,
surtout au regard de ce qu'obtiennent les salariées.
Des droits qui n'ont d'ailleurs été accordés que très récemment.
Jusqu'en 1981, c'est simple, il n'y avait rien. La profession était
encore essentiellement masculine, et ne s'intéressait guère à ce
problème. Puis les femmes médecins ont réussi à être assimilées aux
conjointes collaboratrices, mais pour pouvoir toucher une indemnité de
remplacement, il fallait alors envoyer… un bulletin de salaire –
incompatible, donc, avec des reversements d'honoraires. Enfin, depuis
1993, les femmes médecins bénéficient d'un statut propre, qui leur donne
droit à 8 semaines de congé indemnisé (cf. encadré), qu'il s'agisse du
1er ou du 5e enfant, et à 12 semaines pour les grossesses multiples ou
pathologiques. Quand les salariées ont droit, elles, à 16 semaines pour
une grossesse normale, 18 en cas d'état pathologique, 26 pour le 3e
enfant et 34 pour des jumeaux !
Signe tangible de l'urgence, le président du Conseil national de
l'Ordre, le Pr Jacques Roland, a, dans le Bulletin de septembre 2005,
appelé officiellement les pouvoirs publics à améliorer la condition de
la femme médecin enceinte. Au 1er janvier dernier, note le Cnom, 17% des
femmes médecins de moins de 40 ans n'avaient pas encore d'activité
régulière. Un gâchis de diplômées inadmissible, alors qu'on annonce une
catastrophe en matière de démographie médicale et que la profession se
féminise à grands pas (il y a désormais 54% de femmes parmi les médecins
actifs de moins de 40 ans et 61,5% des étudiants qui ont cette année
choisi la médecine générale sont des étudiantes). « Il est plus que
temps de dénoncer cette injustice», conclut Nicole Bez, qui a demandé un
rendez-vous à Catherine Vautrin, ministre déléguée à la Parité.
Marianne Leclère
Maternité des femmes médecins : quelle indemnisation ?
En cas de maternité, la femme peut percevoir :
une allocation forfaitaire de repos maternel égale au montant du plafond
mensuel de la Sécurité sociale, soit 2 516 € au 1er janvier 2005; et,
sous réserve de cesser son activité professionnelle, une indemnité
journalière forfaitaire égale à 1/60 du montant du plafond mensuel de la
Sécurité sociale, soit 41,93 € au 1er janvier 2005.
Ainsi, pour une grossesse normale, elle peut recevoir : 2 516 € + 2 516
€ pour 60 jours d'arrêt = 5 032 e.
Pour une grossesse ou un accouchement pathologiques, ou une grossesse
multiple :
2 516 € + 3 774 € pour 90 jours d'arrêt = 6 290 €.
En Savoir Plus :
Quelques chiffres. Chez les femmes, 4 interruptions de longue durée sur
5 sont liées à la maternité.
- 57% des femmes généralistes ont voulu interrompre leur activité mais
n'ont pas pu le faire.
- 69% des femmes exerçant en libéral (généralistes et spécialistes) qui
ont été enceintes affirment avoir dû, au moins une fois, écourter le
repos réglementaire pré- et postnatal.
- Les raisons sont pour 34% économiques (50% pour les généralistes), 32%
la difficulté à trouver des remplaçants, 27% la crainte de la fuite de
la clientèle et 9% la pression des patients.
(Source : URML Rhône-Alpes)
Les femmes médecins veulent faire leurs bébés tranquilles
(egora.fr, 04.11.05)
La dernière Conférence de la Famille, en septembre dernier, a été le
théâtre de discussions sur le taux de natalité. Les femmes françaises ne
font pas assez d´enfants, il faut favoriser le troisième enfant. Et les
femmes médecins dans tout cela ? Les mentalités ont eu beau évoluer au
fil des ans, les femmes ont beau faire la preuve de leur importance dans
le corps médical - elles sont souvent les mieux classées aux examens -,
il n´empêche, on ne fait rien pour les aider à être des médecins-mamans
épanouies.
Le congé maternité des femmes médecins est aujourd´hui d´une durée de 60
jours, quand les femmes salariées bénéficient de 112 jours. Pire, le
taux de prématurité des femmes médecins est de 10,5 %, contre 4,8 % en
population générale. Qu´elles soient internes, remplaçantes ou
installées, les femmes médecins mettent en péril leur santé et celle de
leur bébé.
C´est la raison pour laquelle, lors d´une conférence de presse commune,
Matthieu Schuers, président de l´ISNAR-IMG, Sandrine Buscail, présidente
du SNJMG et Nicole Bez, chargée de la mission femmes au sein du syndicat
MG-France, ont demandé, tout simplement, à ce que la durée du congé
maternité des femmes médecins libérales soit alignée sur celle des
salariées. Ni plus ni moins. Il n´est pas question pour ces femmes de
demander une revalorisation de l´indemnisation du congé maternité –
aujourd´hui fixée à 2516 € pour une naissance simple, auxquels
s´ajoutent une « allocation forfaitaire de repos maternel » du même
montant – mais simplement de pouvoir « faire nos bébés tranquilles »,
pointe le Dr. Bez.
Ne pas décourager les jeunes
S´agissant de l´internat, Matthieu Schuers demande à ce que les femmes
enceintes puissent choisir des stages en position de surnombre, de façon
à ne pas peser sur la bonne marche du service lors de leurs absences,
comme cela se fait déjà dans quelques facultés. Mais, ajoute-t-il, il
importe que ces stages soient validants, dès lors que la jeune femme
aura effectué plus de quatre mois de stage. Il ne faut pas que les
femmes soient pénalisées parce qu´elles sont enceintes, en somme.
Enfin, signale Sandrine Buscail, il importe de veiller aux femmes
remplaçantes et de garder à l´esprit que si les choses ne se passent pas
bien lors de leurs grossesses notamment, elles se tourneront vers le
salariat, « par dépit », plutôt que de s´installer en ville. Le
président du Conseil de l´Ordre des médecins, le Pr. Jacques Roland,
s´est lui-même emparé du problème. Dans le bulletin du Conseil de
l´Ordre du mois de septembre dernier, il écrit : « même si l´Ordre n´a
pas directement autorité sur ce sujet, nous devons tout faire pour que
la protection de la femme enceinte, en pratique libérale, soit améliorée
».
Sandra Boutin
Les étudiants boudent la médecine
générale (tf1.fr, 28.09.05)
Santé : Les étudiants boudent la médecine générale Près de la moitié des
2000 postes en internat ne trouveront pas preneurs cette année. La
désaffection touche d'autres spécialités, comme la psychiatrie ou
chirurgie. "Une véritable catastrophe", selon les syndicats.
La médecine générale est en petite forme. Les étudiants en sixième année
de médecine boudent cette filière. Près d'un millier de postes sur 2000
en internat ne seront pas pourvus cette année. "La catastrophe annoncée
pour la médecine générale a bien eu lieu", regrette le Syndicat national
des jeunes médecins généralistes (SNJMG). La psychiatrie et la chirurgie
seraient à peine mieux loties. "C'est une véritable catastrophe
démographique qui s'annonce, touchant des régions déjà fragiles, comme
la Lorraine, la Normandie ou la Picardie", estiment l'Association
nationale des Etudiants en Médecine de France (ANEMF) et l'ISNAR-IMG,
intersyndicale d'internes. Ce n'est pas une nouveauté. L'an dernier
déjà, un quart des postes en médecine générale n'avait pas trouvé
preneurs.
"Mal connue"Les faveurs des étudiants vont vers des spécialités jugées
plus prestigieuses et plus rémunératrices, comme la radiologie et la
dermatologie. La pédiatrie et la gynécologie obstétrique tirent aussi
leur épingle du jeu. Les syndicats demandent que la médecine générale
fasse l'objet d'un stage pendant la période d'externat. "La médecine
générale n'est pas choisie car pas connue", estiment l'ISNAR-IMG et l'ANEMF.
Le SNJMG estime par ailleurs que la publication de la nouvelle
Convention médicale, le 12 février, a été une "humiliation" pour la
médecine générale et souhaite que la diversification des modes
d'exercice de cette spécialité soit "encouragée" et "valorisée".
Quand la crise menace de déborder en
ville et à l'hôpital (Quotidien du médecin,
13.04.05)
Le chaudron des urgences bout et ses problèmes menacent de déborder. En
ville comme à l'hôpital.
En ville, tout d'abord, des organisations de médecins urgentistes
hospitaliers et de généralistes libéraux viennent de dresser dans un
texte commun un constat de « crise du système de santé », affirmant que,
« dans un contexte de vieillissement de la population et de baisse de la
démographie médicale », elle « dépasse largement la crise des urgences
».
Signé par l'Association des médecins urgentistes de France (Amuhf), le
Syndicat national des jeunes médecins généralistes (Snjmg), le Syndicat
de la médecine générale, MG-VA (une dissidence du syndicat de
généralistes MG-France) et le Dr Christian Lehmann, auteur d'un
Manifeste-Santé contre la réforme de l'assurance-maladie, ce texte
appelle à un changement de perspective. « La problématique réelle,
expliquent ses auteurs, est avant tout celle de l'accès aux soins des
patients, et de la continuité des soins aux patients, bien plus que
celle de la "permanence des soins" (PDS, gardes et astreintes). »
Car urgentistes et généralistes protestataires font un constat : celui
de « l'inadaptation à leur pratique du modèle dans lequel la logique
déconomique actuelle tend à les enfermer : à l'hôpital, une tarification
à l'activité qui sélectionne certains patients comme étant "peu
rentables" (par exemple, les personnes âgées atteintes de plusieurs
pathologies), en médecine générale, le paiement à l'acte exclusif, qui
ne donne aucun moyen spécifique au généraliste d'assurer la synthèse et
la coordination du parcours de soins du patient ».
« Dans un cas comme dans l'autre, soignants et patients deviennent la
variable d'ajustement d'une gestion économique ignorante de la dimension
de santé publique de toute activité médicale », déplorent les
signataires.
A l'hôpital, ce sont la Confédération des hôpitaux généraux (CHG) et le
Collectif des syndicats de praticiens hospitaliers qui s'enflamment.
Car, pour eux aussi, la crise des urgences est un révélateur. « Ce
mouvement, expliquent-ils dans un communiqué, est tout à fait exemplaire
et représentatif des grandes difficultés traversées par l'hôpital public
pour l'exercice de ses missions entre des moyens toujours revus à la
baisse et l'augmentation, considérable dans certains secteurs, des
demandes qui lui sont adressées par la population. » En guerre contre la
réforme en cours du statut des médecins hospitaliers, les deux
organisations annoncent qu'elles « envisagent de déposer un préavis de
grève générale si des assurances ne
(leur) sont pas apportées très rapidement sur l'évolution de ce dossier
».
Karine. Pagineau.
Convention : les jeunes désapprouvent !
(Egora.fr, 15.12.04)
L'´´ISNAR-IMG et le SNJMG se retrouvent côte
à côte sur le front de la défense de la médecine générale. Avant même
que ne soit signé le protocole d´accord par leurs aînés, les deux
syndicats ont fait savoir, par voie de communiqué de presse, qu´ils ne
laisseraient pas mettre à mal l´exercice des généralistes sans réagir.
Jugeant « inacceptables » les « grandes lignes de cette convention »,
Sandrine Buscail, présidente du SNJMG, considère en effet que le
dispositif du médecin traitant semble aujourd´hui ne devoir répondre
qu´à un « mécanisme purement économique (…) pour lequel aucune
rémunération du médecin généraliste n´est prévue » et ce, alors même que
le dispositif du médecin référent, pourtant « non coercitif et souple »
est appelé à disparaître.
De son côté, l´ISNAR-IMG lance que «
continuer de valoriser les autres spécialités médicales aux dépens de la
médecine générale, pilier du système de soins, c´est continuer à inciter
les futurs internes à délaisser notre profession ». Pour Pascale Marco,
il est ainsi invraisemblable qu´à diplôme équivalent, pénibilité de
l´exercice semblable et responsabilités similaires, la rémunération ne
soit pas de même ordre. Aussi, profitant d´un rendez-vous avec Frédéric
van Roekeghem fixé ce vendredi, indépendamment des négociations
conventionnelles, la présidente de l´ISNAR-IMG a bien l´intention de
montrer sa désapprobation. L´ISNAR-IMG aurait apprécié, d´ailleurs,
participer à ces négociations, en simple auditeur.
Pour une fois donc, les deux syndicats se
retrouvent pour un même « combat », même si leurs arguments ne sont pas
toujours les mêmes. Néanmoins, considèrent les deux jeunes présidentes,
dans ce débat, ce qui est en jeu, pour l´avenir, c´est l´intérêt des
jeunes pour la médecine générale et par-là même, la question de la
démographie médicale. Selon elles, cette convention est de nature à
démotiver les jeunes car, insiste-t-on à l´ISNAR, « les résidents et les
internes en médecine générale ne comprennent pas que leur exercice ne
soit pas enfin reconnu et refusent d´être de simples gardes-barrières du
parcours de soins, rémunérés de temps à autre, à coup de pourboires de 2
€, sous prétexte d´un flux de patients plus important ».
Sandra Boutin
Les états généraux de la
FMC (Quotidien
du médecin, 26.10.04)
Une charte éthique est à
l'étude.
La Sftg a posé ses
exigences pour la nouvelle FMC. A l'occasion des états généraux de la
formation médicale continue indépendante qu'elle organisait à Paris, la
Société de formation
thérapeutique du
généraliste ((Sftg) a commencé la rédaction d'une charte éthique de la
FMC. L'association a une nouvelle fois soulevé le problème de
l'indépendance de la formation médicale face à l'industrie
pharmaceutique, principe auquel elle est farouchement attachée depuis sa
création en 1977. Après l'éviction en début d'année de la Stfg du
Conseil national de FMC des
médecins libéraux, son
fondateur, le Dr François Baumann, souhaite que « l'exigence éthique »
des médecins mais aussi celle des patients soit prise en compte dans le
nouveau dispositif de formation médicale qui se met en place.
Utopie.
de 5 millions d'euros de
cotisations pour l'année 2003. Dans le même temps, l'assurance-maladie a
consacré 28,6 millions d'euros à la formation professionnelle
conventionnelle, pour les seuls médecins généralistes (15,7 millions ont
servi à financer les actions de formation et 12,8 millions àà
indemniser les médecins
formés de leur perte de ressources, sur la base de 15 C par jour).
La Sftg entend prolonger
la réflexion entamée avec la rédaction de la charte éthique de la FMC à
laquelle a participé le Syndicat national des jeunes médecins
généralistes (SNJMG). Le Dr Baumann a notamment l'intention de soumettre
à l'Ordre des médecins une évolution du code de déontologie. Il se dit
séduit par une disposition du code québécois, qui stipule qu'un
médecin « ne doit
adhérer à aucune entente ni accepter aucun bénéfice susceptible de
compromettre son indépendance professionnelle, notamment dans le cadre
des activités de formation médicale continue ».
CHRISTOPHE GATTUSO
Dialogue
médecin – malade : le patient acteur de sa santé
(Egora.fr,
20.09.04 )
Lors de son colloque annuel qui s´est tenu samedi dernier à
Paris, le SNJMG (Syndicat national des jeunes médecins
généralistes) et ses invités se sont intéressés à la
question de la place du patient dans le système de santé.
Très vite, le débat s´est orienté vers l´éducation à la
santé, du côté du patient mais surtout du côté du médecin.
Médecins hospitaliers, libéraux, représentants des patients,
représentants des services du ministère de la Santé, de
l´Ordre des médecins, des syndicats, tous tendaient vers ce
qui finalement peut sembler une évidence : il faut apprendre
à mieux communiquer avec le patient, s´assurer qu´il ait
bien compris l´information pour l´aider à devenir acteur de
sa santé..
Rappelant que « toute consultation ne se solde pas par
une prescription médicamenteuse », Sandrine Buscail,
présidente du SNJMG, considère que la formation initiale des
médecins devrait comprendre cette dimension : le dialogue
avec les patients, la non prescription de médicaments dès
lors que rien ne justifie de prise de médicaments, le
partage des connaissances avec les patients.
En outre, le colloque organisé par le SNJMG a permis
d´aborder la question de la prévention, donne essentielle de
ce partenariat médecin-malade. La difficulté, explique
cependant le Dr. Buscail, réside à la fois pour les libéraux
et pour les hospitaliers, dans le manque de temps dont
disposent les praticiens pour faire de la prévention. De
même, les actes de prévention ne sont pas reconnus comme
étant des actes médicaux, juge-t-elle, aussi demeure-t-il
difficile d´entrer dans cette logique. D´un autre côté,
signale Sandrine Buscail, peu nombreux restent les médecins
à recourir aux outils que propose l´INPES (Institut
national de prévention et d´éducation pour la santé)…
Sandra Boutin
SNJMG :
ré-instaurer la communication avec les patients
(Egora.fr, 07.05.04)
Suite à un colloque organisé en septembre dernier à Lille
autour du thème « éthique et permanence des soins », le
SNJMG publie le recueil des interventions d´alors, intitulé
« comportement éthique du patient et engagement éthique du
médecin, confrontés aux réalités des conditions d´exercice
et de vie contemporaine ». Sandrine Buscail, présidente du
syndicat, explique qu´aujourd´hui, on assiste finalement à
« une rupture de la relation médecin / patient dans le
cadre de la permanence des soins ». Pour elle, cette
évolution des choses résulte de la grève des gardes de 2002
et d´un « champ organisationnel de la permanence des
soins complètement dévasté ».
De même, remarque-t-elle, à partir du moment où la façon de
vivre ensemble change, où le lien social évolue, « cela
modifie les conditions de la pratique médicale. Le patient
devient un consommateur face à un médecin qui revendique sa
qualité de vie et d´exercice ». Patients et médecins
ont, dans ce contexte, du mal à se comprendre, de même que
médecins de ville et médecins urgentistes. De quelque
manière que l´on tourne le problème, on se retrouve face à
la même difficulté : la communication. Il est à noter
toutefois que médecins et patients ne parlent pas le même
langage. Ainsi, on constate une flagrante dichotomie entre
ce que le patient considère être une urgence et ce qui, pour
les médecins, constitue vraiment une urgence. D´ailleurs,
souligne Sandrine Buscail, on peut dire que « les
urgences sont victimes de leur succès » : dans la mesure
où les patients ne se voient pas refuser l´accès à ces
services, ils s´y rendent intuitivement.
« il
faut une démarche de communication et d´information unifiée
au niveau national »», un mode d´emploi du système de
santé à l´usage des patients. Une mission pour l´assurance
maladie en somme !
Enfin, pour les jeunes médecins du SNJMG, tout compte fait,
l´organisation de la permanence des soins est un préalable à
l´installation en zones sous-médicalisées : c´est « la
première des mesures incitatives à l´installation »
Sandra Boutin
Les jeunes généralistes veulent prévenir le burn-out
Quotidien du Médecin - 03/06/20033
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