La canicule de l'été 2003 et ses suites


Près de 15000 décès suite à la canicule de l’été 2003… Ce chiffre élevé et inégalé dans le reste de l’Europe est révélateur de la crise sanitaire qui a frappé la France en ce mois d’août 2003. Mais, au delà du problème de santé publique, il y a eu un véritable problème de gestion de la crise sur lequel il est nécessaire de revenir :

- Mattéi et la crise sanitaire, vu par les Inrockuptibles (doc. Pdf)
- Tribune libre : "Salauds de toubibs" par les Dr Foucras et Lehmann
- Communiqués de presse du
SNJMG

- Chronologie de la crise et de ses suites

25 février 2004 Les conclusions de la commission d’enquête condamnent sévèrement le ministère de la santé
Si l’on fait exception du député communiste Maxime Gremetz, les membres de la commission d’enquête parlementaire sur les conséquences sanitaires et sociales de la canicule ont adopté à l’unanimité un rapport qui évoque "un éventail de responsabilités", dénonce sévèrement les "dysfonctionnements clairement mis en évidence" du cabinet du ministre de la Santé et qui s’interrogent sur la "qualité de la communication entre cabinets du ministre des Affaires sociales, du secrétaire d’Etat aux personnes âgées et celui du ministre de la Santé".
Si le nom de Jean-François Mattei n’est pas cité, le ministre de la Santé se retrouve implicitement épinglé au travers de son cabinet et de son administration. Outre le cabinet du ministre, l’InVS et la DGS sont, en effet, accusés. Ainsi, pour les membres de la commission d’enquête, l’InVS "n’a pas du tout joué son rôle", tandis que la DGS a été "inconsciente de la gravité de la situation".
Si le ministère de la Santé est donc sévèrement blâmé et si le ministère des Affaires sociales ne récolte aucune éloge, les services du Premier ministre ne connaissent pas le même sort : "L’implication du cabinet du Premier ministre a été totale et rapide dès qu’il a eu connaissance des premiers éléments alarmants, par le biais de l’intervention télévisée du Dr Patrick Pelloux, le 10 août au soir ". De même, le cabinet du ministère de l’Intérieur ne figure pas sur la liste des premiers responsables, ce dernier s’étant en effet montré "réactif " selon les membres de la commission, bien qu’alerté trop tardivement. Enfin, François d’Aubert rappelait ce matin l’action d’Hubert Falco, secrétaire d’Etat aux personnes âgées qui en juin 2002 et en juin 2003 attirait l’attention de ses services, par voix de circulaire, sur les dangers de la chaleur ; circulaire qui semble s’être perdue dans les affres de l’administration.
Second volet du texte, les députés dressent une liste de cinquante deux propositions qui devraient permettre d'éviter la survenue d’une nouvelle crise. On retrouve notamment évoquées la nécessité d’élaborer des "plans canicule " à l’image de ceux existants pour les grands froids et l’urgence d’installer la climatisation dans toutes les maisons de retraite. Augmenter les effectifs dans les hôpitaux et les établissements dédiés aux personnes âgées, mais également mieux gérer leur présence pendant l’été sont des mesures également préconisées par les trente députés.

20 février 2004 L'Amuhf demande des excuses aux politiques et administratifs
L'association des médecins urgentistes hospitaliers de France (Amuhf), présidée par le Dr Patrick Pelloux, a réagi ce jour au bilan démographique annuel de l’INSEE : "Suite à la publication des chiffres de l'Insee, force est de constater que ce que les urgentistes disaient lors de la canicule était juste et véridique".
Dans son bilan annuel présenté hier, l'Insee indique que la France a enregistré 560.300 décès en 2003 (550.000 en métropole contre 534.000 , soit le niveau le plus important depuis 1985, un pic "bien sûr" lié à la canicule d'août 2003, explique-t-elle.
L'Amuhf demande "des excuses publiques à la Nation de la part de tous les responsables sanitaires et sociaux qui au plus haut niveau de la hiérarchie de l'Etat et de l'Administration, ont tenté de minimiser les conséquences de la canicule".

30 janvier 2004 Un rapport de l’IGAS confirme les "insuffisances" de la politique en faveur des personnes âgées
L’Inspection générale des affaires sociales (Igas) a remis cette semaine à François Fillon un rapport qui porte sur les "conséquences de la canicule estivale dans les établissements et services sociaux et médico-sociaux pour personnes âgées".
L'étude menée dans huit départements, dont cinq très touchés par la canicule, montre que "le phénomène exceptionnel (de la canicule) a confirmé un certain nombre d'insuffisances dans une politique en faveur des personnes âgées dépendantes qui reste en construction".
Sur le plan institutionnel, l'Igas insiste sur la nécessité de "clarifier les responsabilités", et invite par ailleurs à une professionnalisation renforcée des personnels.
L'Igas propose aussi des mesures très concrètes, soulignant par exemple la nécessité pour les établissements de s'équiper "d'urgence (d'un) système minimal de rafraîchissement ou de climatisation".

21 janvier 2004 La surmortalité aurait pu être évitée, selon des chercheurs
Les quelque 15.000 décès attribués à la canicule "auraient pu tous être évités si on s'était organisé mieux", a déclaré mercredi devant la commission d'enquête parlementaire sur la canicule, Denis Hémon, directeur de l'unité 170 d'épidémiologie environnementale et sanitaire de l'Inserm et co-auteur, avec Eric Jougla, du rapport Inserm sur la mortalité supplémentaire en août. "Les personnes mortes en août ne seraient probablement pas mortes en septembre s'il n'y avait pas eu la canicule", a expliqué Denis Hemon. En effet, aucune sous-mortalité n'a été relevée en septembre, ce qui signifie, a-t-il précisé, que les décès supplémentaires enregistrés en août n'ont pas été avancés que de quelques semaines. Les "éléments complets" dont les deux épidémiologistes disposent pour septembre, attestent d'une mortalité "normale" dans le mois suivant la canicule.
Quant au nombre total de décès en France en 2003, permettant d'observer un éventuel effet de la canicule jusqu'en décembre, il ne sera connu que "fin mars, début avril", ont indiqué les deux chercheurs, précisant qu'il fallait un délai de "deux mois et demi pour être sûrs" des chiffres obtenus à cause d’un circuit de recueil des données tout simplement "archaïque". Et d´expliquer que si les mairies font remonter leurs propres informations d´état civil à l´INSEE, les certificats médicaux, pour leur part, font un véritable parcours du combattant : ils parviennent dans un premier temps aux mairies, qui les transmettent aux DDASS qui les font enfin passer à l´INSERM. Pour Denis Hémon et Eric Jougla, il faut réformer cette façon de faire.
Denis Hémon conclue que "oui, il y avait des connaissances en la matière. Des gens savaient ce qui risquait de se passer avec une telle vague de chaleur. Il faut le reconnaître". Pour lui, si les différents "connaisseurs" et les organismes concernés s´étaient organisés, la crise n´aurait pas été telle…
- Canicule : les responsables de l’AFSSE s’estiment non impliqués
La commission d’enquète a entendu Michèle Froment-Védrine, directrice générale de l´AFSSE (agence française de sécurité sanitaire environnementale) et Denis Zmirou, directeur scientifique du même organisme.
Selon Michèle Froment-Védrine (épouse de Hubert Védrine, NDLR), les conditions climatiques ne relevaient pas des missions de l´AFSSE ( !!! NDLR). Plus encore, explique-t-elle, "nous n´avons pas, à aucun moment, été sollicités. Nous n´avons pas reçu de message alarmant". Enfin, la directrice générale explique que la DGS a saisi l´AFSSE techniquement au sujet de la climatisation des établissements pour personnes âgées, et plus spécifiquement en termes de rapport qualité/prix…
Pour sa part, Denis Zmirou, par ailleurs professeur de santé publique à Nancy, dénonce ce qu´il appelle "la déshérence de notre système de santé". Pour lui, il ne faut pas s´étonner qu´un pays qui ne consacre que 0,3% des richesses nationales à la santé publique "ne sache progresser qu´après une crise". Pour lui, "nous aurons encore à faire face à des drames que nous mettrons du temps à diagnostiquer"…

13 janvier 2004 Les incohérences de Jean François Mattéi épinglées
Auditionné par la commission, Marc Payet, journaliste du Parisien, a décrit la chronologie des évènements et a pu mettre en exergue l´incohérence des propos de certaines personnes auditionnées jusqu´ici, au premier rang desquelles Jean-François Mattéi. Le vendredi 8 août, Marc Payet tombe sur une dépêche AFP révélant que la canicule sévit en Espagne et qu´elle a déjà fait huit morts. Il se demande alors comment il est possible que la France n´en déplore aucun. Marc Payet rencontre alors une consœur qui habite près de l´hôpital Saint-Antoine et qui s´étonne d´avoir entendu les sirènes des ambulances et des pompiers toute la nuit. De coup de fil en coup de fil (brigade de sapeurs pompiers et SAMU notamment), il apprend que les cas de malaise se multiplient et de la bouche du responsable presse de la brigade des sapeurs pompiers, il découvre que l´on dénombre quatorze morts. Cela étant, ajoute-t-il, quelques heures plus tard, son interlocuteur pompier le rappelle pour l´informer de ce qu´un mot d´ordre émanant de la préfecture de Paris interdit toute communication de chiffres à la presse.
Ces propos ont fait réagir Claude Evin : "les pompiers ont donné des informations à la presse qu´ils n´ont pas été capables de fournir à la commission parlementaire"…
- Bertrand Delanoë estime que son équipe a fait du bon travail
Auditionné par la commission d´enquête parlementaire, Bertrand Delanoë, maire de Paris et, par voie de conséquence, président du conseil d´administration de l´AP-HP, est revenu ce jour sur la gestion de la canicule par ses services.
Si le conseil municipal de Paris n´a pas anticipé la crise qui se préparait, comme tout le monde, il n´en demeure pas moins que dès le 6 août, il a fait diffuser des messages de prévention sur les panneaux lumineux de la ville. Plus tard, à compter du 11 août, le secrétaire général de la ville pilote la crise. Parmi les mesures prises, il est décidé que les gardiens des résidences CAS-VP (Centre d´action sociale de la Ville de Paris) visitent deux fois par jour les personnes âgées. De même, on se sert des listes de personnes bénéficiant du portage de repas à domicile ou d´aide ménagère pour identifier les personnes âgées vivant seules et ainsi s´assurer que tout va bien. Selon le maire, 95 % des personnes âgées de plus de 80 ans vivent seules à Paris.
Bertrand Delanoë, en congé pendant cette période, assure que son équipe a fait du bon travail : "si j´avais été là, je n´aurais rien fait de plus, à part communiquer, je vous le dis franchement". Quant à l´absence de qui que ce soit de son équipe lors de la réunion organisée par l´AP-HP le lundi 11 août au matin, il répond : "la directrice de l´AP-HP – et je n´ai rien contre elle – ne me fait signe que le 11 (après la réunion, NDLR) pour me demander des choses qui sont déjà en place", à savoir les messages d´information sur les panneaux lumineux. A aucun moment l´AP-HP n´a fait appel à la mairie de Paris. De même, lance Bertrand Delanoë, "il y a des hospitalisations de personnes âgées que nous avons demandées et que nous n´avons pas eues" et ce, faute de lits disponibles à l´AP. Cette pénurie de personnels, le maire de Paris ne la comprend pas. Il explique qu´à son arrivée à l´Hôtel de Ville de la capitale, en 2001, et alors que ce rôle ne lui incombait aucunement, il a décidé d´accorder une enveloppe de 3,5 millions d´euros aux urgences de l´AP-HP. Or, selon lui, cette enveloppe commence à peine à être utilisée… Toutefois, il loue le travail fait par les personnels de l´Assistance publique, se basant sur son expérience personnelle de patient: "je sais l´excellence, la générosité, l´héroïsme de certains personnels de l´AP-HP, du plus grand Professeur au brancardier. Ces gens-là aiment leur métier".
Enfin, interpellé sur sa discrétion médiatique pendant le mois d´août mais aussi dans les mois qui ont suivi, il réplique : "est-ce que quand je vais voir deux enfants qui ont perdu leurs parents dans le crash d´un avion, j´ai besoin d´y aller avec les télés ? Non !"

2 décembre 2003 Vives critiques de P.Pelloux à l’égard de Jean-François Mattei et de Lucien Abenhaïm
Auditionné ce jour par la commission d’enquete, le président de l’Association des médecins urgentistes hospitaliers de France (AMUHF), Patrick Pelloux a renvoyé dos à dos J.F.Mattéi et Lucien Abenhaïm.
Concernant J.F.Mattéi, Patrick Pelloux a raconté leur entrevue le 23 juillet sur le thème des fermetures de lits, au cours de laquelle le ministre aurait avoué : "je ne peux rien faire". Puis, il a remis en cause l’efficacité à court terme du " plan urgence " pour l’hôpital dont les principales dispositions ont été détaillées à grand renfort de communication par le ministre de la Santé au début de l’automne : "Les mesures et le "plan urgence " qui ont été pris donneront des effets dans quelques années, plusieurs dizaines de mois, pas avant, ce qui fait qu’à l’heure actuelle, s’il n’y a pas un changement radical de la conception, de l’organisation et l’administration, je crains pour plus tard ". Selon Patrick Pelloux, la France n’est pas, à l’heure actuelle, à l’abri d’une crise sanitaire de même ampleur que celle de cet été : " si la situation dans les hôpitaux s’était améliorée, probablement que le ministre n’aurait pas déclenché de plans d’alerte dans les hôpitaux ", à l’occasion de l’épidémie de bronchiolite.
Plus généralement, selon P.Pelloux, "dans la culture du monde médical et universitaire, l´urgence n´existe pas car le soin non programmé dérange le soin programmé". Mais les choses devraient changer grâce à la création de la spécialité d´urgence dès septembre 2004, rassure-t-il. De même, il considère qu´il "faut valoriser les métiers de permanence des soins, que les jeunes aient envie d´aller vers ces secteurs". Dans la polémique créée par le ministre de la Santé lui-même, Patrick Pelloux lance d´ailleurs qu´il "n´y a pas à jeter l´anathème sur les uns ou les autres. Les médecins de ville ont fait leur boulot cet été comme ils le font ces jours-ci".
A propos de l’ancien directeur général de la Santé, Patrick Pelloux a regretté que le Pr Lucien Abenhaïm ne se soit pas montré aussi " lyrique " au cours de la réunion interministérielle du 14 août que dans son livre ! A cette date, il s’était en effet contenté, selon le président de l’AMUHF, de demander une " évaluation de la situation ".
Enfin, Patrick Pelloux affirme que le 11 août, il priait instamment par téléphone Anne Bollot-Gittler, directrice adjointe du cabinet du ministre (elle assurait alors la permanence en l’absence de Jean-François Mattei, NDLR) de ne plus s’en tenir à la version des " morts naturelles ", mais d’agir pour limiter les conséquences de cette " situation catastrophique ". Or, il y a quelques semaines, Anne Bollot-Gittler a affirmé, devant la commission d’enquête, ne pas avoir été alertée avant le 13 août, date de la mise en place du plan blanc.

26 novembre 2003 Mattéi plaide non responsable et non coupable sans convaincre ni la presse ni une partie de la commission d’enquête
La presse revient longuement sur l’audition, hier, du ministre de la Santé devant la Commission d'enquête sur la canicule.
Le Monde retient que " M. Mattei a invoqué une "catastrophe naturelle doublée d'une crise structurelle" (…) Il a ainsi, à plusieurs reprises, soutenu que c'était bien l'organisation actuelle du système sanitaire, et elle seule, qui était à l'origine de cette catastrophe, responsable de 15 000 décès ".
Libération a trouvé " Mattei content de lui " et explique que " le ministre n'a reconnu hier soir aucun dysfonctionnement, aucune défaillance. Ni de son cabinet auquel il conserve toute sa confiance, ni de ses services. Ni même de la direction générale de la santé (DGS) ou de l'Institut de veille sanitaire (INVS) que Jean-François Mattei a, pour la première fois, exonéré de toute responsabilité majeure ". Libération cite cette déclaration de Jean-François Mattei : " Je sais que cela peut paraître incroyable, mais s'ils n'ont pas alerté, c'est qu'ils n'ont pas reçu suffisamment d'alertes considérées comme graves ". Libération remarque que " certains députés ne sont guère convaincus ".
Pour l’agence Reuters, " Jean-François Mattei et son ancien collaborateur Lucien Abenhaïm, qui se renvoient depuis le mois d'août la responsabilité des défaillances de l'administration lors de la canicule, ont été malmenés par la commission d'enquête de l'Assemblée nationale (…) Les deux hommes ont été interrogés durant plus de quatre heures par des députés, qui leur ont reproché à l'un comme à l'autre le défaut de réactivité de l'administration (…) le ministre a reconnu des "erreurs de communication" mais répété que personne ne l'avait alerté (…) Lucien Abenhaïm a de son côté mis en cause l'INVS, qu'il dit avoir sollicité en vain le 8 août pour une évaluation de la crise ".
Pour l’AFP, " Jean-François Mattei a plaidé mardi non coupable dans le drame sanitaire de la canicule, invoquant une "catastrophe naturelle doublée d'une crise structurelle" dont les responsables peuvent être, selon lui, "les systèmes mais pas les individus" ".
Le Figaro retient que " le ministre de la Santé évoque des erreurs devenues "évidentes a posteriori" ", et Le Parisien note que Jean-François Mattei " a eu réponse à tout... tout en donnant l'impression que le ministre de la Santé n'avait pratiquement servi à rien pendant cet épisode tragique. […] Mattei a admis cependant qu'il "ne comprenait toujours pas" comment le chiffre de huit mille morts (au 10 août) avait pu être aussi "silencieux" ".

- Selon l'Adehpa, le manque de personnel est la cause des décès
Selon l'Adehpa, une association de directeurs de maisons de retraites, " le manque de personnel pour assister les personnes âgées fragilisées à domicile et en établissement est "la cause de l'engorgement des hôpitaux" durant la canicule et du décès de nombreuses personnes âgées ". Pascal Champvert, président de l'Adehpa, estime que " le problème n'est pas d'opposer le domicile ou les établissements (et de) chercher des coupables (mais de) chercher des solutions ". Pascal Champvert " regrette l'insuffisance des financements prévus par le gouvernement pour 2004 ".

25 novembre 2003 Près des deux-tiers des personnes décédées vivaient dans une institution
Selon un numéro spécial du bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), publié ce jour, sur les quelque 15.000 décès supplémentaires attribués à la canicule en août, 42% des décès en excès sont survenus dans les hôpitaux, 35% à domicile, 19% dans les maisons de retraite ou hospices et 3% en cliniques.
Entre le 1er et le 20 août, le nombre de décès a été multiplié par deux dans les maisons de retraite, par 1,7 à domicile et par 1,5 dans les hôpitaux, selon une analyse de la surmortalité globale publiée dans ce bulletin de l'Institut de veille sanitaire. Cette surmortalité était dans 29% des cas due à des pathologies directement liées à la canicule (hyperthermie, coup de chaleur, déshydratation) et dans 21% à des maladies de l'appareil circulatoire.
Parmi les décès survenus à l'hôpital entre le 8 et le 19 août, 2.851 étaient directement attribuables à un coup de chaleur : température corporelle au moins égale à 40,6°C alors que les autres causes d'hyperthermie pouvaient être exclues. Selon le BEH, près de la moitié de ces personnes mortes d'un coup de chaleur à l'hôpital venaient de maisons de retraite et de centres de long séjour accueillant des résidents souvent très âgés et dépendants.
Alors que l'isolement de personnes âgées seules à domicile a été souvent évoqué pour expliquer la surmortalité, l'étude montre que 16% des personnes mortes d'un coup de chaleur à l'hôpital habitaient seules, alors que 20% vivaient dans un logement sans être seules et qu'environ 1% étaient sans domicile.
Les autres, soient 63% du total, résidaient en institution où a priori elles auraient dû pouvoir compter sur du personnel compétent pour les entourer.
Ces institutions étaient le plus souvent une maison de retraite (47%), ou un centre de long séjour (25%), un hôpital (25%), une clinique ou un centre spécialisé (3%).
Dans 47% des cas, les symptômes étaient apparus le jour même du décès ou la veille. La majorité des décès (81%) de coups de chaleur sont survenus chez des personnes de 75 ans et plus, et 65% ont concerné des femmes.
Parmi les 60 ans et plus décédés d'un coup de chaleur à l'hôpital, 30% souffraient d'une maladie mentale et 17% prenaient un traitement psychotrope. Parmi les moins de 60 ans, ces taux étaient respectivement de 41% pour les maladies mentales et de 38% pour les traitements psychotropes, et une part importante d'entre eux étaient sévèrement handicapés. Les personnes souffrant de troubles mentaux "semblent particulièrement vulnérables en raison de la prise de médicaments favorisant l'hyperthermie (...), mais également parce qu'elles sont peu conscientes du danger que représente la canicule", notent Nicolas Carré et les autres auteurs de l'étude.
Après ces "évaluations préliminaires", de nouvelles études devraient notamment permettre, selon Martine Ledrans, d'identifier "facteurs de risque et de protection" en maisons de retraite, logements-foyers médicalisés et centres de longs séjours en comparant 200 établissements ayant enregistré une forte mortalité avec autant d'établissement témoins".

- Un prévisionniste de Météo France avait prédit 15 000 morts au début du mois d’aout
Libération indique dans son édition du jour qu’" à la surprise de la commission d'enquête parlementaire, Jean-Claude Cohen, prévisionniste à la commission biométéorologie de Météo France, a indiqué hier soir avoir extrapolé - à partir des 2 000 morts observés à Athènes en 1987 - 15 000 morts en France. Mais il n'en a parlé qu'à ses "amis". Il a tout de même alerté la Direction générale de la santé entre le 5 et le 7 août sur un risque plus général : "Votre message nous intéresse, mais nous n'avons pas de procédure de notre côté", lui a-t-on répondu ". Selon le quotidien, Claude Evin, président de la commission, a déclaré : " On voit là qu'il y avait des gens à Météo France qui avaient identifié un risque et qu'il n'y avait pas de résonance des autorités sanitaires ".

19 novembre 2003 Le directeur de l'InVS dénonce à son tour l'inertie du ministère
Lors de son audition la commission d'enquête parlementaire sur les conséquences de la canicule du mois d'août, Gilles Brücker ,directeur général de l'Institut de veille sanitaire (InVS), a implicitement confirmé, les déclarations de Lucien Abenhaïm. Selon M. Brücker, "lors d'une réunion le 13 août au soir [réunissant entre autres des représentants du cabinet du ministre de la Santé, de la direction générale de la santé (DGS) et de l'InVS], l'InVS, sur la base d'une série d'informations, a estimé que l'on pouvait avancer le chiffre de 3 000 décès" dus à la canicule. Le lendemain, M. Mattei avait parlé de 1 500 à 3 000 morts, ce qui avait conduit M. Abenhaïm à dire qu'il avait "minimisé les chiffres afin de rassurer l'opinion". M. Brücker a par ailleurs déclaré que l'InVS avait été "en relation avec la DGS les 6, 7 et 8 août", avant d'avoir "des liens directs avec le cabinet" de M. Mattei "à partir du 11 août". "A partir du 11 août, avec le ministère, nous décidons de mettre en place une enquête sur les décès par coups de chaleur", a-t-il détaillé, ajoutant que, dès le 8 août, "nous sommes conscients qu'il se passe quelque chose sur lequel il faut recueillir des informations", mais que les données ne sont pas suffisantes pour cerner "l'ampleur du problème".

- L’ancien directeur général de la santé critique l’attitude de J.F.Mattéi pendant la crise
Le Monde daté de ce jour publie des extraits du livre du Pr Lucien Abenhaïm (" Canicules. La Santé publique en question ", Fayard, 268 pages, 18 euros) à paraître le 20 novembre. Dans ces extraits, l’ancien Directeur Général de la Santé estime que " l'approche qu'a privilégiée le ministre au plus fort de la crise est (…) critiquable tant sur la forme que sur le fond (…) Sur la forme, tout d'abord. On ne prend pas le risque de livrer les services de l'administration à la vindicte publique sans leur laisser le temps d'expliquer leurs actions (…) c'est (…) un principe démocratique de base. A moins qu'une faute flagrante et extraordinairement grave n'ait été commise, rien ne justifie une intervention précipitée en pleine crise (…) Sur le fond, l'attitude du ministre ne fait que renforcer la vision selon laquelle les problèmes de santé publique dans notre pays s'expliquent toujours par les manquements ou les défaillances des responsables administratifs ou ministériels (La DGS) lutte pied à pied depuis quelques années (pour sortir d'une) spirale entamée depuis l'affaire du sang contaminé (M. Mattei a pris le) risque de l'y replonger et avec elle tout son ministère, lui-même compris ".
Après avoir stigmatisé la technique de J.F.Mattéi consistant à "faire porter le chapeau à la DGS ", le Pr Lucien Abenhaïm relève qu’en "en annulant la conférence de presse du 18 août (organisée par la DGS et l’Institut national de veille sanitaire, ndrl) (…), le ministre a aussi perdu l’occasion de placer le débat sur le terrain de l’explication ". Il évoque ainsi la colère du ministre, le 17 août au soir, lorsqu’au journal télévisé de 20 heures sur TF1, Gilles Brücker, directeur de l’InVS annonce 5 000 décès "peut-être plus". Jean-François Mattei préfère en effet s’en tenir à une "fourchette haute de 3 000 " et ce contre l’avis de Lucien Abenhaïm. A l’antenne de RTL, le lendemain matin, il met donc en porte à faux son administration en qualifiant le chiffre de 5 000 de simple "hypothèse".
De son coté, Libération de ce jour note que le Pr Lucien Abenhaïm, " digérant assez mal sa démission, si vite acceptée (…) critique vertement son ex-ministre, pointant au passage des mensonges ". Le quotidien retient que " s'il ne fait aucune révélation spectaculaire, son livre, écrit à la première personne, met en scène les étonnantes erreurs de perception, puis de communication et enfin de gestion, du ministre de la Santé et de son cabinet durant ces quinze premiers jours d'août. Avec finalement, une défausse du politique vers son administration qui ne l'aurait ni alerté, ni prévenu, ni conseillé ".

- Un député demande la démission de la directrice de cabinet adjointe de Mattei
Gérard Bapt, député PS de Haute-Garonne et membre de la commission, a réclamé la démission d’Anne Bolot-Gittler, la directrice de cabinet adjointe de Mattei qui a "menti gravement", selon lui, devant les députés. De son coté, Mattei a réaffirmé toute sa confiance à sa collaboratrice.

- La mission parisienne pointe l'absence d'anticipation et d'alerte
La mission sur la canicule mise en place en septembre par la mairie de Paris estime dans son rapport final que "(La canicule) a mis en évidence des problèmes de fond (…) La crise de cet été n'a été ni anticipée, ni détectée rapidement puisqu'il n'existait aucun système d'alerte tant au plan national qu'au plan local (De ce fait) chaque institution a mis en place dans l'urgence son propre dispositif de gestion de crise, avec les moyens dont elle disposait (…) Les acteurs publics ont été pris de cours par une catastrophe sanitaire qui s'est transformée en une crise funéraire".
Au titre des enseignements à tirer de la crise, la mission cite "le rôle majeur de la prévention", la nécessité d'un dispositif d'alerte et d'une coordination des informations ainsi que d'un "plan d'action préexistant", sur le modèle du plan "inondations".

12 novembre 2003 L'AP-HP nie tout dysfonctionnement dans ses hôpitaux
La directrice de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), Rose Marie Van Lerberghe, a affirmé ce jour devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale que ses services n'avaient "pas connu de dysfonctionnement durant la canicule" tout en reconnaissant que les hôpitaux publics n'avaient pas "anticipé" les effets de la vague de chaleur inhabituelle qui a touché la France cet été.
Les premiers cas d'hyperthermie sont apparus le jeudi 7 août mais c'était "un phénomène inconnu à Paris (…) Dès le lundi suivant, nous avons décidé de déprogrammer les interventions qui l'étaient mais qui n'étaient pas urgentes afin de récupérer le maximum de lits (…) Les choses se sont concentrées le lundi et le mardi : lors de mes visites, j'ai vu des équipes débordées, une situation très angoissante, et le 11 août, j'ai appelé les services du Premier ministre pour récupérer des lits chez les militaires".
Interrogée sur le fait que le plan blanc n'avait pas été déclenché dès le vendredi 8, la directrice de l'AP-HP a justifié cette décision en expliquant que ce plan était "fait pour répondre à un accident limité dans le temps et générant un afflux de patients, ce qui n'était pas le cas". La directrice de l'AP-HP s'est aussi félicité de la centralisation de ses services, qui a été selon elle "un facteur déterminant" qui a permis de faire face à la situation : "En une semaine, les services de l'AP-HP ont été confrontés à 2.400 cas d'hyperthermie qui ont entraîné l'hospitalisation de 2.050 personnes, soit la population totale d'un hôpital".

6 novembre 2003 La Santé, ministère de l'Isolement pour Libération
Le journaliste Matthieu Ecoiffier revient sur l’audition hier soir par la commission d’enquete d’Anne Bolot-Gittler, directrice adjointe de cabinet du ministre de la Santé, et se penche sur «sa ligne de défense. Ahurissante parfois, contradictoire souvent. Mais parfaitement fidèle à celle de son ministre : si le cabinet ne s'est pas mobilisé à temps, c'est à cause du 'défaut d'alerte' de son administration sanitaire".
NB : Dans son édition du 13 novembre, Le Panorama du médecin fait effectivement une retranscription des étonnants propos d’Anne Bolot-Gittler. Après avoir assuré que « Personne ne m‘a appelé ce lundi 11 aout pour mentionner une quelconque inquiétude sur la canicule », elle a déclaré avoir appelé «immédiatement» le directeur de la Santé par interim, Yves Coquin, qui lui aurait dit qu’ «il n’y avait pas d’inquiétude à avoir». Elle a également affirmé qu’ «au plan de la Santé Publique, à aucun moment, ni le 11, ni le 12 ; ni le 13 aout une quelconque prise en compte du risque de décès massifs n’a été évoqué».
J.P.Raffarin présente un plan dépendance mal accueilli par les professionnels
Après avoir été maintes fois reporté (NDLR : En août, J.Chirac avait annoncé ce plan pour "début octobre"), Jean-Pierre Raffarin a présenté ce jeudi le plan dépendance promis par le gouvernement à l’occasion de la crise sanitaire provoquée par la canicule de cet été.
Ce plan de 9 milliards d'euros sur quatre ans prévoit notamment la création de quelque 30.000 places dans le secteur de l'aide à domicile, dont 17.000 en soins infirmiers à domicile (SIAD). Les maisons de retraite devraient pouvoir notamment recruter 15.000 soignants et créer 10.000 places. Après "le drame que nous avons vécu", M. Raffarin en a appelé à des "contributions qui fassent appel à la solidarité et à la fraternité". Concrètement, les salariés vont travailler un jour supplémentaire, dans le privé à partir du 1er juillet 2004 (jour férié ou de RTT), dans la Fonction publique à partir de 2005, le lundi de Pentecôte.
Cet effort pèsera aux deux tiers sur les entreprises privées, l'autre tiers à part à peu près égale entre public et revenus du capital (taxés de 0,3%), hormis l'épargne populaire (dont le livret A). Chômeurs et retraités sont exclus de cet effort, sauf à percevoir des revenus du capital, ainsi que les entreprises uni-personnelles (commerce, artisanat, agriculture). Ces dispositions devraient générer 1,9 milliard d'euros par an, qui seront "exclusivement utilisés" pour la dépendance, a assuré M. Raffarin.
A terme en 2008, à la faveur d'une amélioration de l'emploi, le gouvernement table sur 2,1 milliards d'euros chaque année, soit le montant du coût des mesures. Outre la prise en charge de la dépendance, l'objectif est de financer la part de l'Etat dans l'Allocation personnalisée d'autonomie, en réduisant ainsi le déficit public. Le dispositif prévoit une réforme de la loi de 1975 sur le handicap et la création d'une nouvelle caisse de protection sociale dédiée à la dépendance.
Pour en savoir plus : Réactions des professionnels, des syndicats, des partis politiques et de la presse

5 novembre 2003 Les pompiers réaffirment que la préfecture de police de Paris leur aurait demandé de taire les morts
Le général Jacques Debarnot, ex-commandant de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) et le commandant Jacques Kerdoncuff, ex-officier de presse de la BSPP ont été auditionnés ce jour par la commission d'enquête parlementaire sur les conséquences de la canicule.
Le commandant Jacques Kerdoncuff a révélé à la commission avoir été sollicité par des médias le 8 août, pour savoir s’il y avait des victimes de la canicule. Alors que les interventions des pompiers avaient effectué un bond depuis le 4 août, les médecins-pompiers auprès des quels il s’est renseigné lui ont donné un premier chiffre: sept morts. Peu après, le médecin-chef de la BSPP lui a confirmé qu’il était possible d’"avancer" ce chiffre, "minimal". Le colonel assurant par intérim le commandement de la BSPP a téléphoné, vers 18h00, au chef de cabinet du préfet de police (Rappel: la BSPP dépend de la préfecture de police). Le commandant Kerdoncuff a assisté à l'entretien, le colonel ayant activé le haut-parleur du téléphone. "La consigne est donnée de ne pas diffuser de message alarmiste et de ne pas donner le nombre de morts", a relaté aux députés le commandant Kerdoncuff. Deux jours plus tard, on lui demandera aussi de "ne pas céder à la tentation des chiffres". Le rapporteur de la commission d'enquête, François d'Aubert (UMP), a trouvé cela "effarant" et n’a pas compris la "motivation" de la préfecture de police: "Il aurait plutôt fallu affoler les gens" (Rappel: Jean-Paul Proust, préfet de police, a avancé devant la commision d’enquete, la semaine dernière, une thèse différente: "On n'a jamais voulu cacher qu'il y avait des morts (…) Il paraissait qu'il y avait des décès dus à l'hyperthermie. Ils (NDLR : les pompiers) les évaluaient à peut-être sept. Il fallait vérifier cette information. Il a été convenu que nous n'avions aucun moyen de faire un bilan.").
"Je pense qu'il y a eu beaucoup de difficultés à cerner les causes des décès", a dit le général Jacques Debarnot. Les pompiers, ainsi, ne disposaient pas dans leurs logiciels de "code d'intervention lié à la chaleur", comme ils en disposent pour le grand froid. En août, ils ont constaté 1.342 décès (dont 75% de victimes âgées de plus de 60 ans), conduit 27.078 interventions, dont 57% liées à des affections médicales liées directement ou indirectement à la chaleur. "La mise sur pied d'une cellule d'urgence aurait permis d'améliorer la gestion des transports vers les différents hôpitaux, d'éviter que certains de nos engins tournent inutilement du fait des refus d'admission et de la fermeture temporaire de services d'urgence", a rajouté le général Debarnot. Il a aussi pointé la "défaillance de la médecine générale".

3 novembre 2003 Gouvernement: Une majorité de Français veulent le départ de J.F.Mattei
Selon un sondage BVA (sondage réalisé par téléphone les 29 et 30 octobre auprès d'un échantillon représentatif de 970 personnes âgées de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas) pour La Dépêche du midi paru aujourd'hui, 52% des personnes interrogées souhaitent le départ de Jean-François Mattei. Le ministre de la Santé arrive en troisième position des ministres "renvoyés" par les Français après le Premier Ministre, Jean-Pierre Raffarin (57 favorable à son départ contre 36% à son maintien) et la ministre de l'Ecologie, Roseline Bachelot (53% contre 38%).
NB : Dans son édition du 31 octobre 2004 (numéro 2034), Le Nouvel Observateur s’interrogeait sur l’avenir de J.F.Mattéi: "Peu d’hommes s’étaient préparés avec autant de minutie et d’obstination au ministère de la Santé. Et puis, avec le drame de la canicule, tout a failli exploser en même temps: l’orgueil du savant, la conscience du médecin, l’honneur du ministre. Comment repartir vers le haut?".

29 octobre 2003 Canicule : le préfet de police de Paris auditionné par la commission d’enquete parlementaire
Ce jour, Jean-Paul Proust, préfet de police de Paris, a été entendu la commission d’enquete parlementaire sur la canicule.
M. Proust a déclaré: "Je regrette que nous n'ayons pas anticipé (…) Mais, si le 8 août, on a perçu qu'il se passait quelque chose, personne n'a pu dire la gravité du phénomène. Ce n'est que le 12 août que l'on a pu relever des décès en nombre important. (…) Il n'y a pas eu de croisement d'informations suffisant". S’il a précisé que la brigade des sapeurs pompiers (BSPP) avait bien notifié une augmentation significative du nombre d´interventions pour secours sur la voie publique, M. Proust a toutefois nié qu'interdiction aurait été faite aux pompiers, le 8 août, de communiquer aux médias le nombre de morts, comme l'indiquait un rapport de la BSPP. Soulignant que "les sapeurs pompiers et les policiers n´ont connaissance des morts ni dans les maisons de retraite, ni dans les hôpitaux, ni à leur domicile", il a expliqué que généralement, alors que l´on compte une moyenne de 95 décès par jour à Paris et en petite couronne, la brigade des sapeurs pompiers n´en connaît qu´une dizaine.
Pour sa part, Jean-Paul Proust a dit avoir pris conscience de la gravité de la situation le 12 août quand l´Institut médico-légal l’a alerté d’une augmentation importante du nombre de décès. C´est à partir de ce moment-là que plusieurs réunions ont été organisées pour décider de nouvelles mesures. Ainsi, des postes de secours ont été implantés sur cinq sites de la capitale particulièrement fréquentés. Parallèlement, les pompiers et les policiers ont été mis à la disposition des centres d´action sociale de la ville de Paris. Une cellule d´appel, constituée de bénévoles, a passé, pendant le seul week-end du 15 août, pas moins de 3.500 appels. 1882 personnes âgées ont été ainsi contactées "pour s´enquérir de leur état de santé". Des patrouilles ont circulé également dans les maisons de retraite, les foyers, les associations ainsi que sur la voie publique. Enfin, à partir du 19 août, Jean-Paul Proust a mis en place un processus spécifique d´inhumation des défunts.
En conclusion de son audition, le préfet de police a préconisé "la modernisation de notre dispositif de sécurité civile" et insisté sur le fait que la préfecture de police n´avait pas les moyens d´appréhender le phénomène de surmortalité, "du moins avant le 12 août".

23 octobre 2003 Nouvelles mises en garde de J.F Mattéi sur la permanence de soins et la liberté d’installation
Lors d'une réunion ce soir à la Mairie d'Evreux, J.F.Mattéi a affirmé que les libéraux se devaient à la régulation, que la bonne pratique ne se concevait plus de façon individuelle et isolée mais dans le cadre de maisons médicales. Enfin, il a annoncé que pour les jeunes médecins, le lieu d'installation sera d'abord suggéré de manière incitative, puis de façon autoritaire en cas d'échec.

21 octobre 2003 Canicule : la CNAMTS publie une étude « contrastée » sur l’activité des généralistes
A l’occasion de la publication ce jour de son point conjoncture, la CNAMTS intervient dans la polémique sur la reponsabilité des généralistes dans la crise sanitaire de cet été. Les analyses que fait la CNAMTS de ces statistiques est assez étonnante . En effet, elles procédent parfois de l’accusation: "les médecins généralistes ne se sont pas (ou n'ont pas été) mobilisés durant la canicule. Le mouvement général, déjà mis en évidence entre 2000 et 2002, s'est prolongé en 2003 et la crise sanitaire du mois d'août ne semble pas en avoir troublé le cours : de moins en moins de généralistes actifs, essentiellement le week-end (…) Le graphique qui précède fournit également l'occasion de rappeler la faiblesse structurelle de l'offre de soins en médecine générale durant les mois d'été : la présence des médecins généralistes est alors très réduite (…) Durant la semaine encadrant le quinze août, les médecins généralistes n'étaient plus que 30 à 32 000 environ à exercer leur activité, en 2000 comme en 2002, contre 42 à 44 000 de janvier à juin : presque un tiers des généralistes sont en congé au plus creux de l'année. " Mais, parfois, elles dédouanent les généralistes de toute responsabilité : "Ainsi, même si certains chiffres restent encore à confirmer, un constat général peut d'ores et déjà être dressé :
- les généralistes étaient effectivement présents dans leur cabinet au début du mois d'août 2003, un peu moins fréquemment sans doute que l'année dernière à pareille époque, mais guère moins
- s'ils étaient un peu moins souvent présents que l'année précédente, ils ont par contre compensé, et au-delà, cette moindre présence par une activité un peu plus importante."

Pour en savoir plus :
- Point conjoncture - octobre 2003 de la CNAMTS (pdf)
-
Communiqué de presse de l’UNOF-CSMF

16 octobre 2003 Canicule : le député UMP qui gêne le gouvernement est ecarté de la commission d’enquete
Libération de ce jour fait savoir que «le rapporteur de la mission d'information (sur la canicule a été) écarté de la commission d'enquête». Le quotidien rappelle que le 26 août, revenu en urgence à Paris, Denis Jacquat (député UMP, ndlr) avait été nommé rapporteur de la mission d'information sur la canicule (…) Pendant un mois, sous la houlette de Denis Jacquat, rapporteur, et du député PS Claude Evin, président, la mission a sérieusement déblayé le terrain en pointant les zones d'ombre: les relations entre Jean-François Mattei, le ministre de la Santé, et son cabinet, ou le rôle du ministère de l'Intérieur, saisi d'indications alarmantes par les pompiers qu'il n'a pas relayées. Le tout avec les compliments de la gauche à Jacquat pour sa façon de mener les débats. La logique aurait donc voulu que Denis Jacquat continue le travail en prenant en charge la commission d'enquête à la création de laquelle le gouvernement a fini par se rallier. (Mais,) entre une commission d'enquête et une mission d'information, la différence n'est pas mince. La première a le pouvoir de convoquer et fait déposer sous serment, la seconde se contente d'auditionner. Une sorte de moindre mal pour un gouvernement embarrassé. (Or, selon un responsable UMP,) "Evin a un rayonnement médiatique. Il nous fallait quelqu'un qui fasse le poids." Comprendre quelqu'un qui ne laisse pas Evin aller trop loin dans ses investigations sur les dysfonctionnements du cabinet Mattei et du ministère de l'Intérieur. Car telle est bien la mission de François d'Aubert, un «cogneur», selon un terme entendu à l'UMP.

7 octobre 2003 Canicule : la commission d´enquête est créée
Conformément à la demande de la mission parlementaire sur la canicule, l´Assemblée nationale en a d´ailleurs officialisé la création ce jour d’une commission d´enquête sur les conséquences sanitaires et sociales de la canicule. Composée de 30 membres, la commission devra «analyser les dysfonctionnements de notre système de santé» ; «faire toute la lumière sur la chaîne de responsabilités individuelles et collectives à l´origine du manque de réactivité des pouvoirs publics face à la canicule de cet été» ; «évaluer l´efficacité des dispositifs existant en matière de prévention et d´alerte contre les risques sanitaires climatiques» ; «apprécier les conditions de prise en charge des personnes âgées, à domicile ou en établissement » mais aussi « évaluer l´organisation et le fonctionnement des services d´urgence» et «formuler des propositions pour lutter contre l´isolement social ». Elle rendra son rapport dans un délai de six mois.
Pour en savoir plus : Texte de l ‘Assemblée Nationale

3 octobre 2003 Canicule : Le BN du SNJMG prend position sur la permanence de soins
Le BN du
SNJMG publie un deuxième communiqué de presse sur la crise sanitaire provoquée par la canicule. Dans ce communiqué, le BN du SNJMG intervient sur la question de la permanence de soins pour s’indigner du «trompe l’œil» que constituent les textes réglementaires parus le 16 septembre et pour alerter de l’effet dévastateur de telles mesures coercitives sur la démographie médicale.

25 septembre 2003 14 800 décès selon une nouvelle estimation de l’INSERM
Selon la mission de l’INSERM saisie par J.F.Mattéi à la demande de J.P.Raffarin, la vague de chaleur aura fait, entre le 1er et le 20 aout, 14 800 victimes, soit une augmentation de 60 % par rapport à la mortalité attendue. La surmortalité observée à partir de 45 ans est importante et croissante avec l'âge. Plus 20 % chez les sujets âgés de 45 à 54 ans, plus 40 % chez les sujets âgés de 55 à 74 ans, plus 70 % chez les sujets âgés de 75 à 94 ans et plus 120 % chez les sujets de 95 ans et plus. L’importante surmortalité observée entre le 1er et le 20 août est sensiblement plus élevée chez les femmes (70 %) que chez les hommes (40 %). Cette surmortalité a été plus particulièrement importante dans les régions Centre (103 %) et Ile-de-France (134 %). Paris a ainsi connu une surmortalité de 127 %. Ce taux a été de 147 % dans l'Essonne, de 161 % dans les Hauts-de-Seine, de 160 % en Seine-Saint-Denis et de 171 % dans le Val-de-Marne. Au niveau national, 4 patients sur 10 sont décédés à l’hôpital, 1 sur 3 à domicile, 22 % dans les maisons de retraite et 3 % dans des cliniques privées.
- Canicule : la presse juge le gouvernement en mauvaise posture à la suite de la mission parlementaire
L’édition de ce jour de Libération rend compte de la situation au 11 août, telle que « l’ont vécue 3 acteurs clés de la santé » (DGS, INVS et DHOS - Direction de l’hospitalisation et de l’offre de soins) pour conclure que, ce jour là, l’« administration semblait déjà alertée ». La Croix retient que « le cabinet du ministre de la Santé est critiqué » et le Figaro constate que « l’après-canicule empoisonne le gouvernement ». Enfin, dans l’édition publiée ce jour (datée du 26), Le Monde s’interroge sur le ministre de la Santé : « Son autorité de patron de médecine, son expérience politique, l'habileté, aussi, avec laquelle il avait calmé la fronde des médecins, avaient fait de lui, discrètement, l'un des piliers du gouvernement Raffarin. Un été trop chaud a tout bouleversé : Jean-François Mattei est aujourd'hui le ministre chargé du dossier le plus explosif, celui du trou de la Sécurité sociale, avec le crédit personnel et politique le plus érodé. Et ce terrible "halo de doute" autour de lui ».

24 septembre 2003 La mission parlementaire relève de réels dysfonctionnements et demande la mise en place d’une commission d’enquête
La mission parlementaire a fait connaître ce jour ses conclusions sur la crise sanitaire causée par la canicule de cet été : "notre système sanitaire a su faire face (mais la crise d'août a mis en exergue) de réels dysfonctionnements et insuffisances (Cette crise) n'a été ni anticipée, ni détectée très rapidement (…) Ou plutôt, si ce drame a été assez vite détecté, il n'a pas été perçu immédiatement par la plupart des responsables administratifs comme une crise majeure." La mission (présidée par le docteur Denis Jacquat, député UMP de Moselle) pointe les responsabilités de la Direction générale de la santé et de l'Institut de veille sanitaire ainsi que "des dysfonctionnements dans les remontées d'information et les communications entre administrations centrales de la santé et avec le cabinet" du ministre de la Santé. Notamment, le 11 août, quand ce dernier est intervenu à la télévision pour relativiser la crise. La mission met en cause l’action, ou plutôt l’inaction, du Centre opérationnel de gestion interministériel des crises (COGIC). Cette institution, pourtant dotée de «moyens significatifs », a, semble-t-il, considéré que la crise relevait seulement des services sanitaires et n’a jamais envisagé que la sécurité civile puisse être en cause. Du coté médical, la mission juge que le système hospitalier - particulièrement les urgences - a "su répondre à la crise (et elle) n'a pas le sentiment" que la profession des médecins généralistes "ait failli à sa mission (…) Même si certaines défaillances individuelles sont indéniables". Enfin, la mission estime que « l’analyse de la crise sanitaire et sociale d’août 2003 débouche sur quelques constats sévères pour une société qui a détourné son regard des personnes âgées ».
La mission d’information détaille à la fin de son rapport 35 « pistes de réflexion », parmi lesquelles l’informatisation des certificats de décès (proposition immédiatement reprise par la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale) et la mise en place « d’un dispositif canicule » à Météo France. Coté médical, la mission "encourage (la) mise en place d'un service minimum entre représentants des médecins libéraux, SAMU et services des urgences". Elle incite à tenir compte du vieillissement de la population dans les politiques de formation et de prévention (mises en garde relatives à la chaleur sur les médicaments). Pour les maisons de retraite, la mission estime "impératif" qu’il y ait"au moins une pièce (climatisée dans) l'ensemble des établissements". La mission juge estime aussi "prioritaire de renforcer la présence de personnels soignants, en particulier la nuit". Le rapport pousse enfin à des "analyses complémentaires" sur la crise : populations touchées, facteurs aggravants potentiels (pollution, médicaments), influence des facteurs sociaux. "Ces points justifient une commission d'enquête", insiste la mission avant de demander à réfléchir sur nouvelle branche pour la Sécu concernant le risque dépendance.
NB : La commission d’enquête parlementaire devrait prendre ses fonctions le 7 octobre. Elle travaillera pendant six mois et entendra, en plus des 81 responsables auditionnés par la mission Jacquat, d’autres personnalités et notamment le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, dont les explications sont particulièrement attendues, notamment par les députés de l’opposition.

19 septembre 2003 Canicule : Le Monde fait état d’un rapport signalant que les pompiers avaient eu pour "consigne de ne pas évoquer le nombre de morts"
Le Monde daté de samedi, fait état d'un rapport du général commandant de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP), Jacques Debarnot, remis récemment au préfet de police de Paris, Jean-Paul Proust, dans lequel il établit une chronologie de la canicule telle que vécue par la BSPP en relation journalière avec la préfecture de police.
Le 8 août, écrit le général, selon Le Monde, après deux conversations avec le chef de cabinet de M. Proust, "consigne a été donnée de ne pas évoquer le nombre de morts mais de s'en tenir au nombre global des interventions (des sapeurs-pompiers de Paris) et à la diffusion de conseils pour se préparer à la chaleur".
La préfecture de police est intervenue suite à cet article du Monde : "Les sapeurs-pompiers n'avaient ni les moyens ni la mission ni la possibilité de mesurer la situation à cette époque (…) Ils n'ont pas pris, à cette date (du 8 août), la mesure de la catastrophe".

3 septembre 2003 Canicule : La presse s’interroge sur la responsabilité de l’Etat
La Croix remarque que "les poursuites pénales à la suite du drame de la canicule n’ont quasiment aucune chance d’aboutir", mais ajoute que "la responsabilité administrative de l’Etat pourrait néanmoins être engagée". Le journal s’interroge: "Y aura-t-il une affaire de la canicule comme il y a eu une affaire du sang contaminé?" Et Le Canard enchaîné remarque que "le vrai bilan de la canicule est encore au placard", estimant que "pour tenter de limiter les dégâts politiques, le gouvernement retarde la publication des chiffres définitifs".

17 septembre 2003 Libération révèle que le rapport Lalande aurait été tronqué
Eric Favereau relate ce jour dans Libération que le rapport Lalande n’a pas été rendu public dans sa totalité et qu’il manquerait dans cette version « une annexe rédigée par les auteurs de la mission, visant à faire la chronologie des réactions des administrations et du cabinet du ministre durant les jours décisifs ». Et le journaliste de préciser : « Cette annexe précise mentionnait nommément les réactions des uns et des autres, et éventuellement leurs retards. «Oui, nous ne l'avons pas gardée, s'énerve un (médecin) membre de la mission. On a pensé que cela mettait des gens directement en cause et que cela n'avait pas de sens.» Mais ce médecin refuse de dire précisément qui est à l'origine de ce retrait. Est-ce la mission ou bien le cabinet de Jean François Mattei lorsqu'on lui a présenté un pré rapport ? ».

12 septembre 2003 J.F.Mattéi demande à l’IGAS une enquête complémentaire sur la médecine ambulatoire
Le ministre de la santé a rencontré ce matin une délégation de MG-France. Le syndicat qui n’accepte pas les accusations lancées contre les généralistes dans le rapport Lalande a remis au ministre les chiffres des télétransmissions de feuilles de soins électroniques (FSE) avec la carte qui donnent en temps réel, le nombre exact de médecins généralistes différents ayant exercé durant l’été 2003 : 48 188 en JUIN, 46 965 en JUILLET et 45 958 en AOUT.
A la suite de cette réunion, le ministre a annoncé qu’il chargeait l’IGAS d’une enquete complémentaire sur la médecine ambulatoire. Ce complément d'enquête (qui doit etre remis au ministre le 15 novembre) portera plus précisément sur le fonctionnement de la permanence des soins, des congés et des remplacements en médecine de ville au cours du mois d'août 2003. Il devra évaluer : la nature des instructions données par le Conseil national de l'ordre des médecins à ses instances départementales, puis par l'instance départementale aux médecins libéraux, en matière de permanence des soins mais aussi de gestion des remplacements et de suivi des patients ; l'existence et, le cas échéant, la nature des carences constatées dans certains départements mentionnés dans le rapport Lalande. Par ailleurs, l´enquête devra également mettre en exergue les difficultés rencontrées par les services d´urgence à cause de « l´impossibilité de joindre un médecin généraliste » et signaler les « éventuelles procédures en cours devant les instances disciplinaires ordinales, en cas de manquement des médecins à leurs obligations déontologiques ».

10 septembre 2003 Le Canard Enchainé relève les lacunes volontaires du Rapport Lalande
Après avoir relaté les multiples pressions exercées par le gouvernement sur les média lors de la « crise » de la canicule, l’hebdomadaire souligne ce jour que le Rapport Lalande comporte quelques absences révélatrices.
En premier lieu, Lucien Abenhaim, le directeur général de la Santé, qui a ensuite démissionné, n'a pas été interrogé. Le Canard rapporte les propos de Françoise Lagarde : « Nous avons entendu deux cadres de la DGS, mais son directeur n'est revenu que le 14 août ». Or Mr Abenhaim, de retour à Paris le mardi 12 et à son poste dès le lendemain, a regretté publiquement que la mission ne l'ait pas convoqué. «Trop tard, notre rapport était déjà à l'impression », se défend l'auteur auprès du Canard.
Autres absents de ce rapport : les membres du cabinet de Mattei présents à cette période. « Eux non plus, admet l'inspectrice « trop générale » au Canard, parce que ça, c'est la responsabilité politique, et ce n'est plus de notre niveau (Les questions ne portaient) pas sur les responsabilités individuelles ni politiques ».
L’hebdomadaire en déduit qu’« il s'agissait de chercher des coupables en accusant par exemple, et sans fondement, les généralistes en vacances, mais surtout de ne pas embêter le ministère de la Santé ni le ministre ». Et de mentionner cet aveu de l’inspectrice : « C'est clair, c'est lui qui nous a mis en place »! Avant de conclure : « On n'avait peut être pas de plan d'urgence pour préserver les vieux de la canicule cet été, mais apparemment on en a un très au point pour sauver le ministre de la Santé ! »

8 septembre 2003 Canicule: Le rapport Lalande met en accusation les administrations sanitaires et les généralistes
Le rapport sur la canicule du mois d'août a été rendu public cet après midi . Selon ce rapport, diligenté par le Dr Françoise Lalande, inspectice générale des affaires sociales (IGAS), la "catastrophe" sanitaire liée à la canicule a fait apparaître "un décalage sensible entre la perception des administrations sanitaires et la réalité de la crise sur le terrain (Le) cloisonnement entre administrations (centrales et déconcentrées) du ministère, entre ministères et avec les services de terrain a entravé la mise en commun des informations disponibles".
Par ailleurs, le rapport souligne que les "défaillances du système de permanence des soins libéraux (et le) départ en congés massif des médecins généralistes (attestés par de) nombreux témoignages (ont) gravement retenti sur le fonctionnement des urgences".
Du coté de l’hôpital, le rapport souligne "les difficultés croissantes à disposer de personnels en nombre suffisant", notamment de médecins, en raison de la mise en oeuvre des 35 heures, de l'intégration du temps de garde dans le temps de travail, et de l'état de la démographie médicale. Dans ce contexte, le rapport estime que le "mois d'août a été marqué par des fermetures de lits d'hôpitaux plus importantes que celles prévues initialement par l'Administration hospitalière centrale".
Enfin, le rapport explique que l'"accès à la climatisation pendant tout ou partie de la journée constituait le meilleur facteur de protection" aux fortes chaleurs.
Pour en savoir plus : rapport Lalande (doc. Pdf)

29 août 2003 Canicule : 11.435 décès selon une première estimation du nombre de décès
L’Institut de veille sanitaire (InVS) a rendu une première estimation provisoire de la surmortalité enregistrée entre le 1er et le 15 août, période de la canicule, faisant état de 11.435 décès.

22 août 2003 Canicule : le Monde affirme que les informations sont très vite remontées au ministères
Dans son édition daté de ce jour, Le Monde indique qu’« à la Santé, à l'Intérieur et au secrétariat d'Etat aux Personnes âgées, les informations sont très vites remontées jusqu'aux cabinets ».

21 aout 2003 Canicule : le Président de la République rompt son silence
Le Président est finalement intervenu sur la canicule à la suite du conseil des ministres de rentrée, lors d´une allocution solennelle décidée le matin même, sur avis des conseillers en communication de l’Elysée. Mais les paroles du président ont pris un ton assez convenu. Jacques Chirac a tout d’abord affirmé : « c'est à chacune des victimes que je pense d'abord, naturellement. J'exprime à leur famille et à leurs proches ma profonde solidarité ». Puis, il a assuré que « tout sera fait pour remédier aux insuffisances que nous avons constatées dans notre organisation sanitaire ». Enfin, Il a annoncé que « dès le mois d'octobre», des propositions seraient prises en faveur des personnes âgées, afin d'instaurer « une solidarité plus forte, plus active, plus efficace ».

20 août 2003 Canicule : une mission d’enquête pour connaître le nombre de décès
Alors que les Pompes Funèbres Générales estiment à 10.400 le nombre de décès prématurés imputables à la canicule pendant la première quinzaine d’aout, Denis Hemon, directeur de l'unité 170 Inserm (épidémiologie environnementale et sanitaire) et Eric Jougla, directeur du centre d'épidémiologie sur les causes médicales de décès de l'Inserm, sont chargés par.Jean-François Mattei, à la demande du Premier ministre, d´une mission d´estimation de la mortalité liée à la canicule.

19 aout 2003 Canicule : J.P. Raffarin essaie de « dépolitiser » l’affaire
Conformément au changement de discours intervenu la veille, le premier ministre, J.P.Raffarin, s’exprime dans le Figaro pour demander une enquête sur le fonctionnement de l’administration sanitaire tout en jugeant « irréprochable » l’attitude du gouvernement face aux morts causées par la vague de chaleur.
Répondant au premier ministre, Jean-François Mattei a confié à un comité de quatre experts une mission d’évaluation du déroulement des événements et de la qualité de la réaction de l’administration centrale. Ce comité sera coordonné par le Dr Françoise Lalande, de l'inspection générale des Affaires sociales, et comprendra le Pr Sylvie Legrain, chef du service de gériatrie à Bichat (Paris), le Pr Jacques-Alain Valleron, épidémiologiste à Saint-Antoine (Paris) et le Dr Dominique Meyniel, chef des urgences médicales à Tenon (Paris).
-Canicule : La presse souligne le changement de discours du gouvernement et la position délicate de J.F.Mattéi
Libération note que « depuis hier, le gouvernement essaie une nouvelle stratégie : s'il a réagi trop tard c'est qu'il a été mal informé par ses services. A commencer par la DGS (…) Après avoir admis le chiffre de 5 000 décès, le ministre a mis en cause son directeur général de la santé, qui a démissionné hier ». Le Parisien se penche également sur « les contradictions de Mattei », remarquant que « depuis que la crise a éclaté, le discours du jour du ministre de la Santé contredit celui de la veille ». La Croix explique à son tour sur 3 pages « comment on en est arrivé là », remarquant que le dispositif de veille sanitaire est « en accusation » et que Jean-François Mattei est « au cœur de la tourmente ».
Et les déclarations à Libération de Lucien Abenhaïm, patron démissionnaire de la DGS, viennent embarrasser le ministre de la Santé : « Ce qu'a dit le ministre n'est pas exact. […] Faire croire que le retard à l'alerte est la raison du problème est une grossière erreur. Je démissionne pour dire cela et pour pouvoir répondre à ce qu'a dit le ministre. Je le redis : on a été face à un événement exceptionnel comme un tremblement de terre […] En tout état de cause, je ne pouvais pas rester ; il y a eu des dysfonctionnements probables, c'est sûr, mais sans le soutien du ministre, la situation n'était plus possible. » D’ailleurs, le Parisien se demande si le départ de Lucien Abenhaïm « suffira » et parle de « démission qui n’arrange rien », estimant qu’elle « promet de futurs rebondissements dans ce scandale de santé publique quoi prend des allures d’affaire d’Etat ».
Les Echos notent de son côté que « le gouvernement peine à clore la polémique sur sa responsabilité », et estime que « le ministre de la Santé va devoir tirer les conséquences de la crise de cet été ». Le journal note ainsi qu’en matière de santé et en ce qui concerne les hôpitaux, « Jean-François Mattei [est] contraint à des révisons drastiques ». Les Echos estiment en outre que les « risques de morbidité [étaient] parfaitement connus des scientifiques (…) Entre 1987 et 1997, plus de 7 000 personnes sont mortes aux Etats-Unis après des épisodes de chaleur identiques à la canicule de cet été ».

18 août 2003 Canicule : le gouvernement change de discours et met en cause l’administration du ministère de la Santé
Jusqu’au 17 août, la position du gouvernement était la suivante : le ministre de la Santé assurait que tout ce qu’il y avait à faire avait été fait "à temps" et le premier ministre réfutait "toute idée de dysfonctionnement des rouages de l'Etat". Changement de discours ce matin sur RTL, J.F. Mattéi qualifie d'"hypothèse plausible", le bilan de 5000 morts avancé dans son édition du 17 août par "Le Journal du dimanche" et annonce qu’il a été mal informé sur le développement de la crise : "Nous n'avons pas eu les informations et les signaux d'alerte que nous aurions dû avoir. Et quand on n'est pas alerté, on ne peut pas agir à temps." M. Mattei a directement mis en cause deux de ses services : l'Institut national de veille sanitaire (Invs), qui n'aurait "pas vu la situation" et la Direction générale de la santé : "à la DGS, qui est le cœur stratégique de l'opération 'Santé publique', le lundi 11, on m'indiquait que la situation était maîtrisée".
- Canicule : Le Pr Drucker reconnaît une part de responsabilité et le Pr Abenhaîm démissionne
Le jour même du changement de position du gouvernement, les responsables des administrations concernées réagissent aux accusations de J.F.Mattéi
Dans l’édition du Monde daté du lendemain et publiée cet après midi, Le Pr Drucker (Directeur de l’Invs) reconnaît "une part de responsabilité" dans la crise. De son coté, le directeur général de la santé, le professeur Lucien Abenhaïm, présente en milieu de journée, sa démission au ministre de la santé, Jean-François Mattei : "J'ai l'honneur de vous présenter ma démission du poste de directeur général de la santé que j'occupe depuis le 26 août 1999", écrit-il dans une lettre, précisant qu'il restera à son poste jusqu'à ce que le gouvernement lui désigne un successeur. "Devant les polémiques actuelles sur la gestion de l'épidémie associée à la canicule, je préfère pouvoir expliquer sereinement l'action des services", explique le professeur Abenhaïm dans sa lettre de démission. Interrogé peu après sur France Info, l'ex-directeur général de la santé a souligné que, "pour l'instant, il n'a pas été démontré que des erreurs ont été commises (…) On a lancé l'alerte d'abord le 8 en disant que la canicule aurait des conséquences graves et ça n'a pas empêché d'avoir des morts". Interrogé sur les déclarations du ministre de la santé, qui a affirmé avoir reçu le 11 août un message de la Direction générale de la santé (DGS) indiquant que "la situation était maîtrisée", M. Abenhaïm a répondu : "Il est exact que nous n'avons pas eu de remontée de l'Institut de veille sanitaire (…) Mais, néanmoins, ceci n'est absolument pas la cause de l'épidémie (…) l'alerte a été lancée très fortement par les urgentistes, à la suite du communiqué de la DGS du 8 août (…) Ne l'oublions pas. Nous sommes les premiers à avoir écrit sur ce sujet. Et nous avons dit que nous prévoyions des centaines de morts. Donc que l'on ne nous dise pas que nous n'avons pas informé ou prévu".
Certains acteurs de la santé publique, ainsi que l'opposition socialiste et écologiste qui avait déjà dénoncé l'inertie du gouvernement pendant cette crise, ont vivement réagi à l'annonce de la démission du directeur général de la santé. Une grande partie de l'opposition reproche notamment au ministre de la santé, Jean-François Mattei, d'avoir poussé le haut fonctionnaire à la démission pour "sauver sa tête". Patrick Pelloux, président de l'Association des médecins urgentistes français, a estimé que la démission du Pr Abenhaîm ne suffirait pas à dénouer la crise sanitaire liée à la canicule. "C'est la manie qu'on a en France : on fait sauter un fusible, on coupe des têtes. (...) Cette crise ne peut pas trouver son issue avec les simples démissions de qui que ce soit".

17 août 2003 Canicule : Face aux critiques sur le "défaut de réaction" du gouvernement, Jean-Pierre Raffarin "réfute toute idée de dysfonctionnement des rouages de l'Etat"
Le Journal du dimanche de ce jour publie une double entrevue avec François Hollande et Jean-Pierre Raffarin sur la crise sanitaire provoquée par la canicule.
Le premier secrétaire du Parti socialiste y a renouvelé ses critiques contre le "défaut de réaction" du gouvernement face à la crise : "Il s'est établi une distance insupportable entre la réalité du drame vécu par les victimes et leurs familles - je n'ose pas dire la France d'en bas - et la perception qu'en a eu le sommet de l'Etat, qui n'est jamais apparu aussi lointain que ces derniers jours". Interrogé sur l'absence des ministres pour cause de congés d'été, le premier secrétaire du PS a indiqué : "Ce ne sont pas les vacances des ministres qui sont en cause, mais la vacance du gouvernement."
De son coté, le Premier Ministre "réfute toute idée de dysfonctionnement des rouages de l'Etat ". Il annonce une prime spéciale pour le personnel hospitalier et met en cause les 35 heures, qui ont "leur part de responsabilité". Il demande également aux Français plus d'attention pour les personnes âgées isolées et annonce la création d'un groupe de travail ad hoc composé de médecins, sociologues et philosophes. Le chef du gouvernement se dit "ulcéré" par le procès "injuste" fait par l'opposition au ministre de la santé.
NB : L'alerte sanitaire est maintenue malgré la baisse des températures.

16 août 2003 Canicule : Jean Pierre Raffarin visite une maison de retraite
Le Premier Ministre a passé ce matin 30 minutes en maison de retraite en Bourgogne : il y a rencontré 62 pensionnaires, et s’est particulièrement attardé auprès du doyen agé de 102 ans.
A cette occasion, il a tenté de désamorcer la polémique en appelant à une "mobilisation nationale contre la solitude des personnes âgées" et en assurant "qu'il fallait revaloriser le système des urgences".

15 août 2003 Canicule : les températures baissent !
Conformément aux prévisions de Méteo France, les températures commencent à diminuer (à commencer par les régions du Nord de la France)…

14 août 2003 Canicule : le gouvernement affiche son implication dans la gestion de la crise
Malgré le déclenchement du "plan blanc" la veille sur Paris et les visites ces 2 derniers jours de J.F.Mattéi dans les services hospitaliers d’Urgences, le gouvernement semble "courir après le train". Ainsi, en réponse aux premières mesures d’ampleur du gouvernement, les urgentistes demandent l'extension du "plan blanc" à toute la France. De plus, dans l’édition du Monde publiée ce jour (et datée du lendemain), le Pr Abenhaîm, directeur général de la santé annonce une première estimation de 3.000 victimes liées "directement ou indirectement à la canicule".
Jean-Pierre Raffarin a donc décidé de rentrer sur Paris pour tenir une réunion interministérielle chargée de faire le point sur la crise. Participent à cette réunion : J.F.Mattéi, le ministre de la santé, Hubert Falco, le secrétaire d'Etat aux personnes âgées, Lucien Abenhaïm, directeur général de la Santé, Patrick Pelloux, président de l'Association des médecins urgentistes hospitaliers de France (AMUHF), Pierre Carli, directeur du Samu de Paris, et Marc Gentilini, président de la Croix-Rouge française . A la suite de cette réunion, le Premier Ministre annonce en début de soirée que les préfets pourront déclencher le "plan blanc" partout dans le pays si nécessaire.

13 août 2003 Canicule : Face à l’insuffisance des premières mesures, les services du Premier Ministre déclenchent le "plan blanc" sur l’Ile de France
Des centaines de bénévoles de la Croix-Rouge sont envoyés dans les hôpitaux de Paris et de certaines régions mais cette aide est jugée insuffisante par les urgentistes puisqu'ils n'effectuent pas d'actes médicaux. De même, les hôpitaux militaires ne libèrent que quelques dizaines de lits.
En début de soirée, Matignon annonce le déclenchement à Paris du "plan blanc" , procédure administrative qui est la seule à permettre une réorganisation totale des services hospitaliers afin d'accueillir tous les patients.

12 août 2003 Canicule : la crise sanitaire se précise et la polémique s’installe
Après l’appel des Verts à la démission de Jean François Mattéi, le premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, dénonce une "polémique partisane", dans un communiqué publié de son lieu de vacances en Savoie, et demande aux membres de son gouvernement de ne pas y participer. De son coté, Patrick Pelloux souhaite que l'armée et la Croix-Rouge viennent en aide aux services d'urgence débordés.
Dans la soirée, Matignon annonce que des lits des hôpitaux militaires parisiens vont être mis à disposition de l'AP-HP. Un communiqué de la DGS diffusé simultanément annonce que l'accumulation des décès est telle à Paris que l'institut médico-légal est réquisitionné pour abriter les corps (NB : L'Institut de veille sanitaire relèvera pour ce jour là, qui marquera l'apogée de l'épidémie, près de 250 morts à Paris). Les horaires des cimetières sont étendus pour accélérer les inhumations.

11 août 2003 Canicule : J.F.Mattéi dédramatise
Dans la journée, la direction de l'AP-HP confirme, en conférence de presse, le chiffre d'une cinquantaine de morts donné la veille par Patrick Pelloux mais estime que les mesures déjà prises sont suffisantes (NB : L'Institut de veille sanitaire établira le nombre de morts à près de 200 à Paris pour cette seule journée du 11 aout, apogée de la canicule sur Paris).
Le soir, dans une interview à TF1 donnée depuis son lieu de vacances dans le Var, Jean-François Mattei répond aux accusations faites au gouvernement de n´avoir pas su anticiper les dégâts potentiels de la canicule. Il explique que le gouvernement est "préoccupé et attentif" et que son ministère a réagi dès la semaine dernière. Le ministre de la Santé considère que "les difficultés rencontrées sont comparables aux années antérieures, en dehors de cas ponctuels de certains établissements et d´un ou deux départements d´Ile-de-France". Selon lui, il n´y a pas à ce jour d´engorgement massif des services d´urgence. Toutefois, Jean-François Mattéi a annoncé la mise en place dès aujourd´hui d´un numéro vert (0800 240 250) apportant à la population des conseils de prévention. Pour le ministre, "la prévention, c´est ce qu´il y a de mieux et quand ça ne marche pas nos services d´urgence sont là".

10 août 2003 Canicule : les urgentistes alertent les autorités et les médias
Suite à des échanges téléphoniques entre les médecins du SAMU de Paris et ceux des sapeurs-pompiers de Paris sur l’augmentation du taux de mortalité des personnes âgées, le Pr Carli alerte la direction départementale des affaires sanitaires et sociales (Ddass) de Paris. Le chef du SAMU contacte également la zone de défense de Paris, qui lui indique que la préfecture de police confirme son analyse.
De son coté, Patrick Pelloux, le président de l’AMUHF, intervient dans Le Parisien et sur TF1, parlant d'une cinquantaine de morts à Paris et demandant des moyens supplémentaires.

8 août 2003 L'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) lance un plan d'action "chaleur extrême"
Après différents échanges téléphoniques avec le docteur Patrick Pelloux (AMUHF), le directeur du SAMU de Paris, le Pr Carli, décide d'alerter dans la matinée la direction générale de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). Dominique Deroubaix, secrétaire général de l'AP-HP, diffuse alors une note demandant aux responsables administratifs et médicaux de tous les établissements hospitaliers de libérer un maximum de lits. Ce plan "alerte-action" est destiné à lutter contre les phénomènes épidémiques de grande ampleur, comme les épidémies hivernales de bronchiolites des nourrissons.
- Communiqué de presse de la DGS sur la canicule
Dans l'après-midi, la Direction générale de la santé diffuse un communiqué de presse mettant en garde contre les risques sanitaires inhérents à la canicule et fournit une série de conseils de prévention. Ce communiqué, en cours de rédaction depuis trois jours, est publié en raison de l'activité anormalement élevée des sapeurs-pompiers et de la diffusion, la veille, d'un bulletin de Météo France annonçant de nouvelles températures élevées et la pousuite de la canicule jusqu’au 15 aout.

7 août 2003 Les Pompiers de Paris alertent sur les effets de la canicule
Le commandant Jacques Kerdoncuff annonce que les sapeurs-pompiers de Paris effectuent depuis deux à trois jours une centaine d'interventions quotidiennes pour prendre en charge des personnes victimes de la canicule.

6 août 2003 Le SAMU de Paris s’intéresse aux effets de la canicule
Le SAMU de Paris compare le nombre d'appels adressés depuis le début du mois à celui des deux années précédentes : ils sont moins nombreux mais une proportion très importante émane de personnes âgées, voire très âgées. Le SAMU de Paris note par ailleurs que le matériel électronique permettant de faire des examens biologiques sur le terrain commence à disjoncter sous l'effet de la chaleur : il faut, pour l'utiliser, l'entourer de glace.

4 août 2003 Début de la canicule : le ministère de l’intérieur comptabilise les sorties pompiers
Suite à l’annonce par Météo France, le 1er août 2003, d’un fort risque de canicule, le ministère de l'intérieur demande des informations au jour le jour sur les chiffres des interventions des sapeurs-pompiers.



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