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Les problèmes de la Médecine Générale
sont anciens en France.
Voici ce qu’il en a été les 5 dernières
années et comment s’est organisé le mouvement de 2010 :
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2005-2009 : Mauvais temps pour la Médecine Générale !
Tout commence avec la signature d’une
nouvelle convention médicale entre l’Assurance Maladie
et 2 syndicats médicaux : CSMF et SML. Cette convention
suit et prolonge la réforme Douste Blazy de 2004 en
multipliant les difficultés financières dans l’accès aux
soins, en mettant un terme à l’expérience de convention
spécifique pour la Médecine Générale et en accroissant
le différentiel de tarification entre le C et le CS.
Cette nouvelle convention médicale provoque un
mouvement intersyndical de contestation auquel
participe notamment MG-France, le SMG et le SNJMG.
Hélas, ce mouvement ne produira pas beaucoup de
résultats…
Le moratoire pour les jeunes installés en
Médecine Générale sera mis en place tardivement,
incomplètement et dans la plus grande discrétion :
il
n’aura aucun effet réel.
Et si les élections professionnelles de 2006 donnent la
majorité aux syndicats médicaux opposés à la convention
médicale, Xavier Bertrand, ministre de la Santé,
s’emploie aussitôt, via un amendement parlementaire, à
lui retirer tous les pouvoirs que lui conférait la
réforme de 2004 (dont le ministre était l’un des
artisans, ndlr).
Reconnaissons toutefois que ces élections
auront quand même pousser les signataires de la
convention à passer le tarif du C à 21 euro en Aout 2006
puis à 22 euro en Mai 2007.
L’élection de Nicolas Sarkozy à la
Présidence de la République n’annonce rien de bon pour
la Médecine Générale avec la mise en place des
franchises médicales et l’annonce de l’encadrement de
l’installation des médecins : deux situations qui la
concernent en premier lieu ! Mais la
grève des internes
de l’automne 2007
conjure, pour un temps, la seconde menace et les
Etats
Généraux de l’Organisation de la Santé, qui
lui font suite en 2008, permettent de faire le point sur
les difficultés affrontées par la Médecine Générale.
Hélas, le bric à brac des propositions retenues dans les
conclusions officielles des Etats généraux laisse
pratiquement un « cheque en blanc » au gouvernement.
Estimant qu’il faut accompagner le gouvernement dans un
sens favorable à la Médecine Générale, le Dr Martial
Olivier Khoeret, président de MG-France, va opter pour
une cogestion de la réforme à venir. Ainsi, en 2009,
alors que l’élaboration de la loi HPST n’aura de cesse
d’aller à l’encontre de la Médecine Générale, seuls
parmi les opposants à la convention de 2005,
le SMG et le SNJMG prendront position contre ce texte.
C’est alors que survient l’épidémie de
grippe A…
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2010 : le réveil des médecins généralistes ?
Suite au non renouvellement du mandat son
président, le Dr Martial Olivier Khoeret, lors de l'AG
de Décembre 2009, le syndicat MG-France rompt avec une
politique d'accompagnement du gouvernement.
Son nouveau président, le Dr Leicher,
prend contact avec d'autres syndicats de médecins
généralistes issus de l’intersyndicale de 2005 (SNJMG,
Union Collégiale et Union Généraliste) en vue d'une
action intersyndicale de défense de la profession : ceci
se traduit par
une conférence de presse commune fin Janvier 2010.
Dans le même temps, plusieurs médecins
généralistes proches du SMG ou anciens du SNJMG se
retrouvent pour lancer une pétition sur Internet sous le
slogan "il
faut sauver la médecine générale".
Le 11 mars 2010 est organisée une
première journée de grève des médecins généralistes.
Le ministère
de la Santé évalue à 18% le taux de cabinets fermés
partiellement ou totalement lors de cette journée de
mobilisation. S’il est facile de mettre en doute la
validité de cette évaluation, le fait même que le
ministère se soit senti obligé de médiatiser ce chiffre
de 18% en dit déjà beaucoup sur un mouvement sans
précédent dans un milieu peu rompu à ce
mode d’action...
Suite à ce succès et à l’absence de
réponse concrète du gouvernement, les 4 syndicats
rejoints par le SMG ont appelé à une
nouvelle journée de
grève le 08 avril 2010.
Même si cette deuxieme journée de
mobilisation a trouvé
moins d'echo dans les médias, la mobilisation des
médecins généralistes ne faiblit pas trop le 08 avril
2010, malgré une semaine raccourcie (Pâques) au début
des vacances de Printemps...
Cette mobilisation n'est pas récompensée par la Cour de
Cassation qui estime que
la Médecine Générale n'est pas une spécialité à l'égal
des autres spécialités médicales. Mais cette
décision a le mérite de provoquer un surcroit de
mécontentement de la quasi totalité de la communauté de
la Médecine Générale et, in fine, un surcroit
de mobilisation des médecins généralistes.
Hasard du calendrier, c'est au même moment que la
mission Legmann, mise en place à la demande du Président
de la République en Février 2010, publie son rapport sur
l'attractivité de la médecine libérale. Or, cette
mission, pourtant composée en grande partie d'artisans
ou de soutiens de la loi HPST, propose de supprimer
quelques mesures phare de ce texte,
à commencer par les Contrats Santé Solidarité
! Rappelons que cette premiere mesure coercitive sur le
lieu d'installation avait été imposée dans la loi HPST
par la ministre de la Santé en personne et qu'elle était
rejetée depuis fin 2009 par la totalité des
organisations de médecins généralistes...
Dans ce contexte tendu, le Président de la
République décide d'intervenir une nouvelle fois et
annonce le
vendredi 16 avril 2010 l'augmentation du
tarif de la consultation à 23 euro pour le 1er janvier
2011 et la mise en place d'une nouvelle mission sur la
médecine de proximité confiée à l'ancienne ministre de
la Santé d'Alain Juppé, Elisabeth Hubert.
Devant ces demi mesures et
devant le black out imposé par le gouvernement à la
proposition de réglement arbitral de Mr Fragonard,
l'intersyndicale des médecins généralistes décide
de renforcer le mouvement et de proposer
deux nouvelles dates de mobilisation pour les 20 mai et
18 juin 2010.
La révélation du réglement arbitral le 04
mai 2010 entretient
la détermination de l'intersyndicale. Pour
l'essentiel, le texte se contente d'intégrer, à la
précédente convention, les annonces du Président de la
République sur la nouvelle tarification de la
consultation à compter du 1er jenvier 2010...
Pendant ce temps, le TASS de Vannes et celui de Digne
donnent raison aux médecins généralistes cotant CS !
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