Faits divers
Mardi soir, à Denain, une réunion de généralistes tourne au drame
Un médecin frappé d&Mac226;un coup de couteau
MARDI soir, dans un restaurant de Denain, une vingtaine de médecins étaient réunis pour mettre en place un tour de garde commun entre Denain et Douchy-les-Mines. A l&Mac226;origine de cette réunion, Jean-Marie Lehuraux, généraliste, désireux d&Mac226;endiguer la pénurie de médecins lors des gardes du week-end.
A 21 h 30, un individu, passé un quart d&Mac226;heure plus tôt devant l&Mac226;établissement, pénètre dans le restaurant et se dirige aussitôt vers Jean-Marie Lehuraux, assis en début de table. Il lui assène un coup de couteau et prend aussitôt la fuite. Lhomme est maîtrisé quelques minutes plus tard par la police. Cest un sans-domicile fixe, ancien toxicomane connu des forces de lordre. Il était cependant très lucide au moment de linterpellation. Pour linstant, aucun lien na été établi entre lui et le docteur Lehuraux qui a été opéré, hier, dun pneumothorax. Ses jours ne sont pas en danger.
Praticiens démotivés
Après labattement, les médecins de garde ont vivement réagi. En effet, leur réunion avait pour but de mettre en commun leurs forces afin dassurer les tours de garde le mieux possible. Car depuis deux mois, le système a été modifié. Franck Devotte et Armindo Assuncao, responsables du tour de garde à Denain, expliquent que « depuis que les médecins ne sont plus obligés de prendre des gardes le week-end, mais doivent se porter volontaires, le nombre de candidats a fortement diminué ».
La raison de cette baisse ? Une violence de plus en plus présente lors de leurs interventions, qui fait peur et démotive les médecins. « Il nous arrive parfois d&Mac226;être quasiment pris en otages par des personnes qui veulent absolument une ordonnance, explique Franck Devotte. Lorsque nous décrochons le téléphone, nous sommes responsables ; nous devons donc intervenir. Mais lorsque nous avons affaire à des toxicomanes en manque, par exemple, l&Mac226;intervention devient dangereuse... » Lagression de leur confrère, mardi soir, a donc été lagression de trop.
Hier, ils ont envoyé un courrier au conseil de lordre dans lequel ils stipulent quils stoppent leur gardes de week-end à partir de samedi et ne recevront plus que dans leur cabinet. Ils indiquent, en outre, quils feront grève le jour où lagresseur passera devant le tribunal. Ils demandent également que soit mis en place, comme dans le Pas-de-Calais, un système de médecin régulateur qui analyse et dispatche les appels. Ils disent ne plus pouvoir exercer dans ce climat de violence.
Cédric GOUT