Premières réactions au rapport du Haut Conseil :
- Michel Chassang (CSMF) : "Nous attendons que le gouvernement se serve de ce diagnostic pour tirer les grandes lignes de la réforme. Un petit regret: autant le diagnostic est précis sur le secteur de la médecine de ville, autant il reste assez flou sur l'hôpital".
- Pierre Costes (MG France) : "le consensus dépasse le seul constat des difficultés économiques. Tout le monde est tombé d'accord pour utiliser la modulation du remboursement comme élément de progrès du système de soins".
- Jean-Marie Spaeth (CFDT, Cnam) : un "rapport fondateur" qui rappelle que "l'assurance maladie est l'un de nos biens les plus précieux, qu'il faut adapter pour le maintenir". "Il faut agir sur trois leviers: les aspects financiers, l'organisation du système de soin (hôpital et ville) et la responsabilité partagée entre Etat, partenaires sociaux, professionnels de santé et patients".
- Jean-Michel Dubernard (UMP, Rhône) : "Il faut arriver à trouver les éléments de modernisation. C'est au gouvernement de le faire mais le Haut Conseil a apporté une contribution significative".
- Jean-Marie Le Guen (PS, Paris) : "Ce texte important et juste montre que la réforme dont nous avons besoin porte sur les structures même du système de soins. Ce texte équilibré fait la part entre des potentialités d'évolution des recettes et la maîtrise des dépenses (
) Je suis inquiet de voir comment le gouvernement semble s'engager sur une voie qui laisse peu de place à la négociation et présager un passage en force".
- Alain Bocquet (PCF) : "(la réforme de la Sécurité sociale expose les Français) au risque d'un démantèlement du système solidaire construit à la Libération et au danger d'une privatisation de la protection sociale (avec) un recul de la qualité des soins et du niveau des remboursements (
) Au lieu de s'apprêter à réformer par ordonnances (
) il faut que le gouvernement assume ses responsabilités devant la nation et mette ces enjeux en débat (
) Un grand débat public s'impose donc dans tout le pays".
- Daniel Prada (CGT) : "Le consensus n'était pas gagné d'avance. On y arrive par le débat. Cela ne signifie pas que les différents membres sont d'accords sur les réponses à apporter. La question de l'augmentation des recettes a été abordée. On s'éloigne des pistes du Premier ministre, qui excluait le recours à de nouvelles recettes. Il faut établir un prélèvement sur les revenus financiers du capital".
- Gaby Bonnand (CFDT) : "Le gouvernement avec un tel rapport ne peut pas engager une réforme qui ne prendrait en compte que les aspects financiers. Il ne s'agira pas, dans la concertation avec le gouvernement, de refaire le diagnostic. Ce constat n'atténue pas les angles, il met en évidence les trois points indissociables (organisation, financement, gouvernance) sur lesquels il faut agir".
- Jean-Louis Deroussen (CFTC) : "Si le gouvernement s'éloigne trop de ce texte, la réforme ne sera pas équilibrée et tout le monde ne s'y retrouvera pas (
) Le dogme récurrent du trou de la Sécurité sociale est levé: la priorité du diagnostic va à l'amélioration structurelle du système de soins et à la responsabilisation de tous: assurés, professionnels de santé et l'ensemble du personnel hospitalier".
- François Joliclerc (Unsa) : "le gouvernement a un bon diagnostic, à lui d'appliquer le bon traitement. Une bonne ordonnance médicale ne devrait pas comporter plus de trois médicaments: pour l'assurance maladie, régler les problèmes financiers, réorganiser le système de soins autour du patient et réformer la gouvernance en clarifiant les responsabilités. Mais si on oublie l'un des médicaments, ça ne soigne pas !"
- Guillaume Sarkozy (MEDEF) : "Tout le monde est responsable du déficit de l'assurance maladie, il faut une modification des comportements, responsabiliser les acteurs, accentuer l'information des assurés sociaux (
) Aujourd'hui, tout le monde peut faire n'importe quoi, mais la Sécu ne peut pas tout rembourser, même si le Medef n'a pas la compétence pour décider de ce qui peut être remboursé ou non (
) Il faut définir clairement ce qu'on rembourse, comment on est soigné".
- Force Ouvrière (FO) : " (Ce rapport) qui a fait l'objet d'un consensus apparent, (...) réaffirme surtout la nécessité de conserver à l'assurance maladie ses principes de solidarité et d'égalité (
) si un consensus s'est dégagé, il porte sur le constat selon lequel les dépenses de santé représenteront toujours une part importante de la richesse nationale, qu'elles continueront donc à augmenter et qu'il convient de les maîtriser (
) Les pouvoirs publics doivent tirer les conséquences de 1995".
- La CFE-CGC : " (est) d'accord pour réorganiser l'offre de soins, lutter contre la non qualité dans l'ensemble du système de santé, entrer dans des démarches d'évaluation des pratiques médicales et encadrer les conditions de remboursement (La réforme devra notamment) préserver l'armature de prise en charge des dépenses sans modulation en fonction du revenu (et) affirmer le rôle prépondérant de l'assurance maladie sur les complémentaires".
- La Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) : "approuve particulièrement le constat fait de la nécessité de réformes structurelles (Une augmentation des prélèvements) ne pourrait se justifier qu'à deux conditions: un caractère limité et exceptionnel (sans accroissement de la Contribution pour le remboursement de la dette sociale - CRDS) et une inclusion dans une réforme d'ensemble".
- La Mutualité française : " se réjouit (...) que le constat qu'elle fait publiquement depuis des années (soit) aujourd'hui partagé par les membres du Haut conseil (
) Mais cette situation nouvelle n'a d'intérêt que si rapidement, les principaux acteurs du système sanitaire et social s'accordent pour porter ensemble, dans les discussions qui vont s'ouvrir avec le gouvernement, les mesures nécessaires pour sortir de la crise actuelle (C'est pourquoi elle) ne ménagera ni son temps, ni son énergie, pour créer ce front indispensable au maintien d'un système de santé solidaire, accessible à tous et privilégiant en toutes circonstances la qualité des soins".
- La FNATH : " (juge) indispensable la participation des représentants des usagers (La FNATH ) entend bien peser en faveur d'une réforme qui améliore durablement l'efficacité et la solidarité de l'assurance maladie, pour des soins de qualité et des revenus de remplacement décents (
) Parce qu'elle touche l'ensemble des revenus, la CSG constitue actuellement le meilleur instrument socio-fiscal pour assurer un financement universel et solidaire de la protection sociale (La FNATH) veillera à ce que les mesures de redressement ne pénalisent pas les assurés et mettent équitablement à contribution l'ensemble des acteurs, notamment les prescripteurs".