SYNDICAT DE LA MEDECINE GENERALE
Communiqué de presse du 3 décembre 2002

Pour un front de résistance contre la privatisation de l'Assurance maladie

Les menaces de libéralisation qui pèsent sur notre système actuel d'Assurance Maladie se précisent : le gouvernement ne cherche plus à contenir les dépenses de soins, mais à diminuer les remboursements : l'Assurance maladie ne remboursera plus qu'un risque de base, le reste relevant d'assurances complémentaires ; le projet du Medef va être mis en œuvre.

C'est dans les jours qui viennent que va se jouer une partie de l'avenir de notre système d'Assurance maladie à travers les conventions entre l'Assurance maladie et les professionnels du soin, en particulier les médecins ; s'il y a ouverture de l'espace tarifaire libre réclamé par les syndicats médicaux " représentatifs ", les médecins, du fait de la baisse de la démographie médicale, seront en position de force pour imposer leurs tarifs ; les actuelles inégalités d'accès aux soins liées aux inégalités de revenus se majoreront.

Ces menaces qui pèsent sur l'Assurance maladie sont à relier à l'ensemble des mesures prises actuellement dans le domaine du soin : instauration d'un droit au dépassement d'honoraires pour les visites,remise en question de la validité médicale des arrêts de travail pour les travailleurs les plus âgés, limitation des budgets hospitaliers publics, soutien à l'hospitalisation privée, champ laissé libre à l'industrie pharmaceutique pour la fixation du prix des médicaments dits innovants…
Elles sont à relier aussi aux menaces qui pèsent sur les retraites et sur l'ensemble des services publics par le biais des accords européens et internationaux en particulier par le biais de l'Accord Général sur le Commerce des Services (AGCS).

Sans une riposte importante des organisations syndicales de travailleurs, des citoyens et associations citoyennes sans la mobilisation des associations de défense des consommateurs, l'Assurance maladie sera privatisée. Le mouvement mutualiste a pour sa part un rôle fondamental à jouer, il doit défendre l'accès aux soins pour tous et refuser de prendre la place de la Sécurité sociale.

Le Syndicat de la Médecine Générale
- demande la suppression de tout dépassement d'honoraire
- demande que les soignants puissent choisir d'autres modes de rémunération que le paiement à l'acte pour permettre un travail non seulement curatif mais aussi préventif et que d'autres modes d'exercice soient soutenus tels que les réseaux de santé de proximité
- réaffirme que le soin n'est qu'une partie de ce qui conditionne la santé et que ce sont les conditions de vie, de travail, de logements des citoyens qu'il faut modifier si on veut améliorer l'état de santé de la population
- exige une transparence sur la gestion de l'Assurance maladie et la tenue d'élections démocratiques pour les administrateurs de la Sécurité sociale.

Le Syndicat de la Médecine Générale appelle à la constitution d'un front de résistance pour la défense de l'Assurance maladie et pour la mise en place d'un système de soins réellement basé sur la solidarité.

Pour le SMG, le président : Patrice Muller

fermer la fenêtre