Installation des jeunes médecins : la solution du moratoire acceptée faute de mieux (Journal International de Médecine, 13.07.05)

Paris, le mercredi 13 juillet 2005 ­ Le grand public n'aura pris conscience que très récemment de l'obstacle que représente la mise en place du dispositif du médecin traitant pour l'installation des jeunes médecins et plus particulièrement des jeunes omnipraticiens.
Cet aspect dommageable de la réforme pour les nouvelles carrières avait cependant été évoqué avant même le vote de la loi de réforme de l'assurance maladie par le Syndicat national des jeunes médecins généralistes (SNJMG).
Le sujet n'aura cependant pas reçu l'attention du ministre de la Santé, Philippe Douste-Blazy et ce fut à Xavier Bertrand, fraîchement nommé de s'atteler à la résolution de ce problème.
C'est in extremis que Xavier Bertrand a reconnu publiquement que le dispositif du médecin traitant pouvait « pénaliser » les jeunes médecins.
Alors que le programme devait entrer en vigueur le 1er juillet, le ministre s'est exprimé pour la première fois sur le sujet le 29 juin à l'Assemblée nationale et a précisé : « Nous allons proposer un moratoire pour les jeunes médecins », avant d'expliquer : « Ce qui veut dire qu'un patient qui viendrait voir pour la première fois un jeune médecin, qui ne serait pas son médecin traitant, sera pris en charge exactement de la même façon qu'avant la réforme ».
Ces annonces précédaient une rencontre avec le SNJMG qui a eu lieue ce vendredi 8 juillet. Le ministre a confirmé sa proposition d'établir un moratoire pour les jeunes praticiens. Le SNJMG s'en satisfait aujourd'hui, même s'il précise dans un communiqué daté du 12 juillet qu'il considère qu'il ne s'agit pas de « la solution la plus adaptée ».
Les discussions doivent se poursuivre entre les syndicats et le ministère afin de préciser les conditions de ce moratoire. Le SNJMG a déjà fixé ses règles du jeu, il souhaite que le moratoire courre sur une durée de sept ans, qu'il soit ouvert sur l'ensemble du territoire et qu'il puisse être accessible à « tous les généralistes nouvellement installés (que se soit leur première installation ou non) ».
Enfin, assurer aux jeunes médecins libéraux une période « d'adaptation » au nouveau système ne saurait suffire à garantir le succès de leur installation si les patients ne connaissent pas l'existence de la possibilité de consulter un « jeune » médecin sans sanctions tarifaires.
Aussi, le SNJMG souhaite que deux grandes campagnes d'information annuelles soient organisées sur l'existence de ce moratoire.

Alain Harroche