Installation : La crainte des jeunes généralistes (Quotidien du médecin, 29.06.04)

 

DEPUIS plusieurs semaines, le Syndicat national des jeunes médecins généralistes (SNJMG) s'oppose fermement à toute remise en cause de la liberté d'installation. Au cœur du problème : l'article 29 du projet de loi de réforme de l'assurance-maladie (voir page 6), qui sera soumis au débat parlementaire à partir du 29 juin. Ce texte confie en effet à la convention « le soin de définir les modalités d'organisation du dispositif d'aide à l'installation, en particulier les obligations auxquelles sont soumis les bénéficiaires de ces aides et les modalités d'attribution des aides par les Urcam ». Il permet également à la convention « de fixer les éléments de la participation des caisses d'assurance-maladie au financement de leurs cotisations sociales ». Selon le Snjmg, cet article met en place un conventionnement sélectif sous une présentation anodine de mesures incitatives à l'installation des médecins et fait de la convention médicale un instrument de gestion des problèmes de démographie médicale. L'inquiétude du syndicat a été ravivée par les propos tenus par Xavier Bertrand dans « le Quotidien » du 17 juin. « D'un point de vue général, notre plan prévoit un retour à l'équilibre pour 2007, son but est de garantir notre système pour les dix, quinze ans qui viennent. Ne pas ouvrir le champ du possible comme nous le faisons dans ce cas précis de l'installation des médecins, ce serait être en recul par rapport à cet objectif », affirmait le secrétaire d'Etat à l'Assurance-maladie.

Selon le Dr Sandrine Buscail, qui préside le Snjmg, le gouvernement se défausse en déléguant aux caisses d'assurance-maladie la responsabilité de la remise en cause de la liberté d'installation.

Par ailleurs, le Snjmg ne veut pas, comme Xavier Bertrand, « évaluer très rapidement l'impact des mesures incitatives ». Le syndicat estime qu'il est impossible d'évaluer correctement l'efficacité des mesures incitatives sans leur laisser le temps de se mettre en place et de se diffuser. « Ce n'est qu'à la seconde, voire à la troisième vague de flux d'installations, que nous pourrons savoir si l'effet est ou non positif. Cela se compte en années, pas en semaines », précise le Snjmg. Le syndicat demande donc au gouvernement de retirer l'article 29 du projet de loi.

 

CHRISTOPHE GATTUSO