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Carré de dames à la tête du SNJMG (Le Généraliste, 27.02.04) Un ton sybillin. L'esquisse d'un sourire teinté d'une ironie feutrée
: " Ah, vous avez remarqué... " Difficile de faire autrement.
Quatre femmes à la tête d'un syndicat de médecins,
ce n'est pas si courant. Depuis le 6 février donc, Sandrine Buscail
(présidente), Charlotte Tourmente (vice-présidente), Sophie
Rachou (secrétaire générale) et Véronique
Batardy (trésorière) partagent la direction du Syndicat
national des jeunes médecins généralistes (SNJMG).
Avec un objectif clairement affiché : " C'est sur les dossiers
que nous ferons avancer que nous serons jugées, expliquent-t-elles
à l'unisson, le fait que nous soyons des filles ne change rien
à l'affaire. Reposez-nous la question d'une éventuelle spécificité
féminine dans l'approche des questions syndicales au terme de notre
mandat, l'année prochaine, et nous serons certainement plus à
même de vous répondre. " Parmi les dossiers qui leur
tiennent à cur : la permanence des soins, le sixième
semestre " qui doit être un véritable moment d'exercice
de la médecine générale " et le statut du collaborateur
salarié. " Parce que le paysage médical suit, avec
un léger décalage, la mutation de la société.
Je crois que nous assistons à un changement de paradigme. Notre
présence à la tête du syndicat en est d'ailleurs la
preuve. Le terme de féminisation de la profession est encore trop
souvent synonyme de contraintes, de pesanteurs. Nous ne sommes pas des
boulets. Je crois, au contraire, que nous sommes des révélateurs.
Aujourd'hui, hommes comme femmes, les jeunes médecins aspirent
à faire rimer qualité des soins et qualité de vie.
Il s'agit plus d'une approche générationnelle que d'une
répartition sexuée des rôles ", estime le Dr
Buscail. Reste que la parité n'est pas encore de mise dans les
instances décisionnaires. " Bien sûr, nous avons le
respect de nos aînés, renchérit le Dr Rachou, mais
à quand une femme à la présidence de MG-France, du
SML ou de la CSMF ? " Pire, poursuit l'insolente : " Je me réjouis
du lancement d'une enquête à l'Ordre sur "les femmes
médecins et les étudiantes en médecine", ainsi
que de la création d'une commission "jeunes médecins",
mais quelle en sera la répercussion ? " Qu'on se le dise,
ces trois mousquetaires ne tirent pas à fleurets mouchetés.
Et revendiquent leur juste place dans les instances influant sur la réforme
d'un système de santé, " dont nous sommes partie prenante
". Ni plus ni moins.
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