Le stage en ambulatoire de doit pas être un remplacement bon marché
(Journal International de la Médecine JIM, 18.06.03)
Imposer aux étudiants la teneur de leur stage, sans se soucier de leurs préférences et de leurs plans de carrière, se révèle rarement adaptée aux situations particulières de chacun. Cette dimension fondamentale du choix n’a pour autant pas été prise en compte par les rédacteurs du décret du 19 janvier 2001 portant sur le nouveau semestre de stage, rajouté au troisième cycle de médecine générale. Si la nécessité de permettre aux internes d’effectuer un stage supplémentaire a été reconnue par tous, l’opportunité de le réaliser «préférentiellement en secteur ambulatoire », selon les termes du texte de loi, n’aura pas convaincu l’ensemble des intéressés, à commencer par les étudiants eux-mêmes. Le Syndicat national des jeunes médecins généralistes (SNJMG) a ainsi réalisé une enquête auprès de 678 internes exerçant à Paris, Lille, Amiens, Besançon, Toulouse et Bordeaux. L’organisation a interrogé ces médecins au cours de leur sixième semestre de stage afin de connaître leurs sentiments. En ce qui concerne, la quasi-obligation d’effectuer le stage en ambulatoire, les médecins reconnaissent pour une majorité d’entre eux qu’ils auraient préféré le réaliser à l’hôpital. La plupart considère en effet que le sixième semestre devrait être consacré à faire des stages qu’ils n’ont pu obtenir auparavant faute de place ou en raison d’un mauvais rang. En outre, souvent insatisfaits des stages réalisés chez le praticien (SCP), qui ont lieu pendant six mois entre le second et le cinquième semestre au cours du troisième cycle,
les internes sont peut nombreux à vouloir réitérer l’expérience. Plusieurs réserves ont en outre été émises quant à la rémunération des stagiaires. Si le mode salarial n’a rien pour déplaire aux internes, la rémunération à l’acte a néanmoins suscité l’intérêt de beaucoup de praticiens. Au vu de ces résultats, le
SNJMG a formulé une série de propositions. Le syndicat souhaite notamment qu’une réflexion soit engagée sur ce fameux sixième semestre. Il préconise par exemple que soit offerte aux résidents et aux internes la possibilité de choisir leur terrain de stage et d’opter soit pour une rémunération salariale soit pour une rémunération à l’acte. Il demande également que les maîtres de stages n’obtiennent pas de rémunération sur les actes générés par le stagiaire, ce système ayant en effet pour conséquence de transformer le stage en un remplacement bon marché. L’organisation exige en outre un bilan du SCP.


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