Internes : deux syndicats signent (Le Figaro, 20.12.2001)
L'ISNAR et la FNSIP, ont signé mercredi le protocole d'accord avec le ministre de la santé, les deux autres, l'ISNIH (majoritaire) et le
SNJMG l'ayant rejeté. Bernard Kouchner a parlé d'un "bon accord" mais "incomplet" et "imparfait". Cette entente devrait mettre un terme à un mois de conflit.

Le ministre de la Santé a parlé d'un "bon accord" mais "incomplet" et "imparfait", du fait de la non signature du principal syndicat, l'ISNIH (près de 10.000 internes) et de celle du
SNJMG (résidents en médecine générale) qu'il a tenu à associer "au groupe de travail" qui assurera le suivi du protocole.
"Je pense que le mouvement est terminé pour le moment" s'est félicité M. Kouchner mercredi après-midi devant l'Assemblée, soulignant que ce protocole "était une étape, un progrès pour l'amélioration de notre service hospitalier et évidement pour la prise en charge des malades".
Les responsables de l'ISNIH et du
SNJMG, présents à ce onzième et ultime rendez-vous au ministère, n'ont pas attendu la fin de la séance pour quitter la salle et abandonner leurs collègues signataires aux flashes des photographes. "A l'exception de la garantie de la mise en application du repos sécurité qui figurait déjà dans nos statuts depuis janvier, nous n'avons rien obtenu de plus" a déclaré Florent Perin-Dureau, président de l'ISNIH ajoutant que si "23 villes" de CHU sur 26 "avaient repris le travail, c'est parce qu'ils étaient crevés".
Pour sa part Olivier Gattolliat (
SNJMG) a expliqué que la "base ne voulait pas signer un texte qui, certes, prend en compte le repos sécurité mais fait fi de toutes nos autres revendications, notamment sur la reconnaissance de notre statut".
Groupe de travail
De fait, aux quatre points de revendications avancés "solidairement" par les syndicats depuis le début des négociations, Bernard Kouchner n'aura clairement répondu qu'au premier, la mise en application "immédiate" du repos de sécurité dont il avait lui-même introduit l'idée en... 1997. Sur la base de temps de travail hebdomadaire de 48 heures ramenée de 11 à 10 demi-journées, sur l'ouverture de négociations sur la RTT à l'exemple du protocole signé par les praticiens hospitaliers, ou sur une revalorisation des gardes (alignées toutefois sur le tarif le plus élevé), les internes se sont heurtés au refus du ministre.
"Certes les internes travaillent beaucoup et sont une nécessité absolue à l'hôpital mais donnez-moi les moyens", a lancé le ministre à l'issue de la signature, affirmant que l'accord "coûte entre 1 et 1,5 milliard de Francs, mais c'est de l'argent qui est déjà dans l'enveloppe hospitalière", a-t-il précisé. Ce montant représente pour l'essentiel le financement des remplacements des internes qui bénéficieront de 55 jours de repos de sécurité par an.
Quant au statut des internes, M. Kouchner a reconnu qu'il était "imparfait" et ajouté qu'un groupe de travail serait constitué auquel "les deux syndicats qui n'ont pas signés sont conviés" et se réunirait "dès le début de l'année. Ce groupe de travail "pourrait voir comment on pourrait leur attribuer un rôle, une définition, qui serait plus conforme à la modernité", a expliqué le ministre.
Mercredi soir les internes de 23 des 26 villes de CHU avaient voté la reprise, seules Paris, Marseille et Besançon faisant de la résistance. Des assemblées générales devaient se tenir mercredi soir pour apprécier les résultats obtenus et éventuellement envisager d'autres modalités d'action.
(Avec AFP)