Grève des internes : négociations sous tension
(Quotidien du médecin, 05.12.2001)
Les internes et résidents, en grève des gardes et astreintes depuis le 19 novembre, attendent beaucoup de la rencontre prévue aujourd'hui en fin d'après-midi entre leurs représentants et le ministre délégué à la Santé, Bernard Kouchner. Après trois rencontres infructueuses avec ses conseillers, le ministre les avait reçus lui-même vendredi sans leur faire de proposition. Demain, les quatre syndicats à l'origine du mouvement - l'Intersyndicat national des internes des hôpitaux des villes de faculté (ISNIH), le Syndicat national des jeunes médecins généralistes (
SNJMG), l'Intersyndicale nationale autonome des résidents (ISNAR) et la Fédération nationale des syndicats d'internes en pharmacie (FNSIP) - appellent à une grève totale des soins pour la journée de jeudi, comme ils l'avaient fait il y a une semaine, avec une manifestation nationale à Paris.
Le mouvement de grève des gardes et astreintes demeure très suivi dans les 26 villes de CHU et de nombreux hôpitaux périphériques.
L'Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF) continue à soutenir le mouvement. Son président, Guillaume Gauchotte, n'exclut pas d'appeler les étudiants des premier et deuxième cycles à se joindre à la grève de demain en fonction des résultats de la rencontre de ce soir.
De son côté, le Syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes réanimateurs (SNPHAR), qui soutient "pleinement" le mouvement, s'étonne de ce "qu'aucune solution n'ait été trouvée pour répondre à la légitime aspiration des internes en médecine : une réelle reconnaissance socio-professionnelle". Il estime que les internes doivent bénéficier des mesures sur la réduction du temps de travail obtenues par le corps des praticiens hospitaliers le 22 octobre dernier ce qui constituerait, selon le syndicat, "une juste normalisation".
S. J.