Les internes et les résidents au bord de la grève totale
(Quotidien du médecin, 27.11.01)

L'Intersyndicat national des internes des hôpitaux des villes de faculté (ISNIH), le Syndicat national des jeunes médecins généralistes (SNJMG), la Fédération nationale des syndicats d'internes en pharmacie (FNSIP) et l'Intersyndicale nationale autonome des résidents (ISNAR, qui regroupe les étudiants en troisième cycle de médecine générale) poursuivent de plus belle leur grève des gardes et astreintes commencée lundi 19 novembre. Ils comptent toujours obtenir du gouvernement l'application immédiate du repos de sécurité (pas de travail après une nuit de garde) prévu par décret depuis janvier, avec le maintien de la rémunération des gardes. Pour l'heure, le ministère de la Santé accepte que seule la première garde soit incluse dans le temps de travail et propose que les suivantes soient rémunérées 10 % de plus que le tarif normal. Il oppose une fin de non-recevoir à la demande des syndicats qui réclament, en outre, la reconnaissance d'une base de travail de 10 demi-journées (au lieu de 11 actuellement) et l'ouverture des négociations sur la réduction du temps de travail. Dans un communiqué commun où ils jugent "inacceptables" ces propositions, l'ISNIH, le SNJMG et la FNSIP en appellent à l'arbitrage du Premier ministre, de la ministre de l'Emploi et de la Solidarité et du ministre de la Santé, afin qu'ils trouvent "une fin rapide et décente à ce conflit avant qu'il ne se durcisse". Leur base semble prête à passer très vite à la grève générale et guette un signe du gouvernement.
En une semaine, la mobilisation était très forte. Selon l'ISNIH, le mouvement est suivi par 80 % à 100 % des internes. Selon l'ISNAR, présente dans 22 villes de faculté, le taux de participation des médecins en formation s'élève à 85 % sur tout le territoire et la tendance est à l'augmentation.

Sabine de JACQUELOT