Les internes en grève (Le Parisien , lundi 19 novembre 2001)
La fièvre sociale persiste chez les professionnels de santé. Après les hôpitaux, les cliniques privées et tout récemment les généralistes qui font la grève des gardes de nuit depuis jeudi soir, les médecins internes des hôpitaux se fâchent à leur tour. Dès aujourd'hui, ils devraient voter une grève illimitée des gardes et des astreintes dans les hôpitaux. Motif de cette grogne : la non application du repos de sécurité le lendemain des gardes. Les internes travaillent encore 36 heures d'affilée! Ce constat, plus d'un jeune médecin en poste à l'hôpital le brandit aujourd'hui pour dénoncer des conditions de travail, jugées inacceptables. Un comble alors même que le dernier conflit des internes, survenu il y a un an et demi, avait permis d'obtenir gain de cause sur cette "vieille revendication". Or depuis, les élèves en blouse blanche attendent désespérément les fameux décrets d'application permettant de mettre en oeuvre cette nouvelle règle des repos accordée après une nuit de travail. Explication de ce retard : les décrets sont toujours en discussion. Vendredi dernier, la dernière mouture du texte proposé par les services d'Elisabeth Guigou a d'ailleurs été purement et simplement rejetée par les représentants des internes. Autre sujet de désaccord : un manque de personnel qui empêche toute mise en oeuvre des aménagements du temps de travail qui dépasse encore aujourd'hui les... 44 heures par semaine dans les hôpitaux. Enfin, le Syndicat national des jeunes médecins généralistes (SNJMG) qui appelle à ce mouvement, réclame une amélioration de la rémunération des gardes et des astreintes. Les infirmières libérales sur le pied de guerre. Pour leur part, les infirmières libérales ont décidé elles aussi de venir grossir les rangs des professionnels de santé en colère. A contrario de leurs consoeurs des cliniques privées, elles n'ont pas obtenu de revalorisation de leurs revenus. Dès demain, elles entament donc un mouvement d'un mois, en vue d'obtenir une hausse des honoraires et la levée des sanctions en cas de dépassement des quotas de soins autorisés. Les professionnels de santé motivés à revendiquer. Il faut dire que le gouvernement, en lâchant 4 milliards de francs (610 millions d'euros) aux hôpitaux, 3 milliards de francs (457 millions d'euros) aux cliniques, a sérieusement attisé les appétits. Sans parler de l'argent déjà distribué depuis la fin de l'été aux kinés, gynécologues... De quoi donner des ailes à tous ceux qui n'ont déjà obtenu leur "rallonge".
Catherine Gasté