Le SNJMG, laboratoire d'idées et force de propositions (le Généraliste, 10-11-2000).

Le SNJMG est une structure nationale regroupant résidents et jeunes médecins de tous statuts afin de défendre leurs droits. L’action du SNJMG pour l’année 2001 s’inscrira dans la continuité de son action passée et les sujets de mobilisation ne manquent pas.
- La démographie médicale dont les déséquilibres actuels et surtout à venir, remettent en question un niveau de soins constant et égal pour tous, nécessite un aménagement des procédures de formation et de gestion des flux de médecins en formation en fonction des besoins de Santé publique. Au delà de ces aménagements, le
SNJMG propose la création d’un observatoire national de la démographie médicale (organisme strictement indépendant chargé de centraliser et analyser les données chiffrées puis faire des études prospectives) et la création de fortes mesures incitatives à l’installation ou à la prise de poste hospitalier dans les régions où le déficit médical est établi.
- La réforme des études médicales se fait difficilement (ex : multiples reports), de façon peu cohérente (ex : reforme du deuxième cycle déconnectée de celle du troisième cycle) avec un grand flou sur certains éléments clés (ex : réforme du concours de l’internat et maquette du troisième cycle de médecine générale). Face à cette situation, le
SNJMG demande la création d’une épreuve (donc : pas de " collés ") commune (spécialités et médecine générale) d’entrée en troisième cycle et d’un véritable internat de médecine générale afin de mettre un terme à la sélection " par défaut " des médecins généralistes et reconnaître la médecine générale comme disci pline clinique et universitaire.
- Le repos de sécurité n’a toujours pas été inscrit dans le statut des internes et résidents ; pire, il n’a même pas fait l’objet d’une définition consensuelle. Aussi, le
SNJMG demande une concertation efficace pour définir le concept de repos de sécurité et ses modalités d’applications pour les résidents comme pour les assistants et les attachés généralistes. En dehors de l’hôpital, le SNJMG réfléchit aussi sur les possibilités de repos pour les médecins généralistes installés en ville…
- La prise en charges des urgences devient enfin un sujet de préoccupations. Pourtant, la récente création par l’Assistance publique-hopitaux de Paris d’un service urgences Céphalées, en dépit de toute logique économique ou de Santé Publique, fournit un formidable contre exemple. Aussi, le
SNJMG appelle une politique globale et cohérente, définie pour l’ensemble du territoire avec une éducation de la population et une optimisation de l’offre de soins déjà existante (rationalisation des moyens disponibles et amélioration des conditions d’intervention des médecins).
- Depuis des années, gouvernements et caisses de Sécurité Sociales s’inquiètent de la progression des dépenses de Santé. Sans nier l’enjeu d’une maîtrise médicalisée de ces dépenses, le
SNJMG réfute toute logique purement financière qui ne fait que renforcer le cercle vicieux de la course à l'acte des médecins pour rattraper la dégradation progressive de leurs revenus : les dépenses sont ainsi de plus en plus importantes et les médecins de plus en plus pénalisés.
Au total, le
SNJMG invite tous les jeunes médecins généralistes à le rejoindre pour ensemble, revaloriser la médecine générale, améliorer nos conditions d’exercice et garantir l’accès de tous les patients à des soins de qualité.

Olivier Gattolliat