Les internes et les résidents ont obtenu de substantielles concessions (Quotidien du Médecin, 04-5-2000). Les internes et les résidents ont finalement accepté de signer un protocole d’accord et de reprendre le travail. C’est au tour des externes et des chefs de clinique d’entrer en négociation.
Ils ont repris le chemin de l’hôpital. Après deux semaines de conflit, les internes ont finalement accepté de signer le protocole d’accord élaboré avec le ministère de l’Emploi et de la Solidarité.
Dans leur grande majorité, les grévistes se sont déclarés satisfaits par “le relevé de décisions” proposé par martine aubry. Prenant acte des décisions des assemblées générales et des diverses consultations menées auprès de leurs bases, l’ISNAR, l’ISNIH et le
SNJMG ont donc appelé à la reprise du travail.
“Avant tout, cette grève aura montré que les internes assument pleinement leur métier et qu’ils savent se battre”, a constaté Frédéric Lavie, président de l’ISNIH. Le protocole d’accord, qui devait être finalisé hier, leur octroie désormais un repos de sécurité de onze heures, au terme d’une journée de travail et d’une garde. Toutefois, un délai de trois ans a été fixé pour en assurer la mise en place. Autre motif de satisfaction : la reconnaissance du travail effectué le week-end, le plus souvent à titre bénévole. A partir du 1er juillet, les internes seront rémunérés à hauteur d’une demi-garde par demi journée d’activité. “Ce qui devrait nous faire l’équivalent d’une garde par mois, soit, entre 500 et 700 francs brut”, constate Frédéric Lavie. Le protocole prévoit également l’extension du régime indemnitaire appliqué aux astreintes de chirurgie. Selon l’ISNIH, l’interne devrait ainsi percevoir 62 francs pour son déplacement, mais aussi la somme de 275 francs ou de 375 francs, selon qu’il est débutant ou en fin de formation.
Les grévistes, qui gagnent entre 8 000 et 11 000 francs net par mois, ont également obtenu une revalorisation salariale moyenne de 5 %, soit une aumentation de 6 400 francs brut par an.
Le succès du mouvement n’empêche pas cependant la frustration. “Concernant les conditions d’application du repos de sécurité, nous aurions souhaité obtenir un calendrier plus précis. Les résidents actuels risquent de ne pas en bénéficier”, regrette Véronique Batardy, présidente du
SNJMG, ajoutant que son syndicat a renoncé à la grève uniquement “pour éviter le délitement du conflit”. Du côté de l’ISNIH, on confirme qu’il “reste des points noirs, à commencer par l’absence de garanties portant sur les créations de postes nécéssaires à la mise en place de repos de sécurité”.
Quoi qu’il en soit, les internes ont choisi de rentrer dans le rang. Le signe du retour au calme ? Pas tout à fait. Devant les concessions octroyées aux internes, c’est au tour des externes et des chefs de clinique d’entrer en négociation. Au ministère de l’Emploi et de la Solidarité, on fait désormais la queue sur le perron. L’ISNCCA, qui avait menacé d’entrer en grève mardi, a finalement suspendu son mouvement après être tombé d’accord avec les conseillers du ministère sur la reconnaissance du travail le week-end, l’inscription du repos de sécurité dans le statut et la revalorisation de 5% de la part hospitalière des rémunérations. Aucun protocole d’accord n’était encore signé mardi et aucun compromis n’avait été encore trouvé sur la revalorisation de la part universitaire des rémunérations, “mais il y a des signes d’apaisement assez importants”, notait le président de l’ISNCCA, le Dr Ghislain Schmitt. Même optimisme affiché du côté des externes, en grève depuis mercredi dernier dans 7 facultés à Paris et 3 en province. Cette série de négociations risque de coûter cher au gouvernement. Les avancées consenties aux internes ont déjà été chiffrées à “une centaine de millions de francs par an”, selon le ministère de l’Emploi et de la Solidarité.

Catherine Dabadie