Les internes ont voté la fin de la grève (L'Humanité, 02-05-2000) Les internes des hôpitaux de Paris et ceux de 22 CHU de province sur 26 ont décidé d'approuver l'accord proposé par le ministère, après d'ultimes ajustements. Signature cet après-midi.
Leurs syndicats ont négocié jusqu'à jeudi soir. Dans la soirée et pendant toute la journée de vendredi, ils ont faxé le texte de l'accord modifié à l'ensemble de leurs structures. Ce sont donc des internes dûment informés qui ont voté la fin du mouvement au cours des assemblées générales. Selon l'Intersyndicat national des internes des hôpitaux (ISNIH), " le nouveau texte donne des précisions sur le respect des statuts ". Il s'engage " à la création de postes supplémentaires, nécessaires pour assurer les repos de sécurité ", a encore précisé Frédéric Lavie lors de l'assemblée générale qui se tenait vendredi à 21 heures à l'université René Descartes. · peine une vingtaine de mains, sur environ six cents, se sont alors levées pour voter la poursuite du mouvement.
Au chapitre des améliorations, le cabinet de Martine Aubry a accepté de fixer une date, novembre 2000, à partir de laquelle une mission nationale de contrôle proposera " toute mesure permettant d'améliorer et d'harmoniser les procédures d'affectation des internes et des résidents ". Le gouvernement s'est également engagé " à dégager les moyens nécessaires à la mise en oeuvre des dispositions ", une précision réclamée par les petits CHU qui craignaient que les directions des hôpitaux invoquent des budgets bloqués pour refuser la rémunération supplémentaire. Le texte prévoit, à partir du 1er juin, l'extension pour les internes du " régime indemnitaire appliqué aux astreintes en chirurgie ". Quant aux week-ends, jusque-là travaillés bénévolement, ils seront rémunérés à partir du 1er juillet prochain, à raison d'une demi-garde par demi-journée d'activité. La première mouture prévoyait la mise en place de cette mesure en novembre. Les internes s'estiment satisfaits. Mais des points d'interrogations, voire des points noirs demeurent. Quid du repos de sécurité, désormais inscrit dans leur statut, et que le texte promet d'appliquer en trois ans ? " Trois ans à partir de la publication de l'arrêté de publication ", corrige Frédéric Lavie. 100 millions de francs ont été dégagés pour l'augmentation salariale de 5 %., à partir du 1er juin, " mais rien n'a été mis de côté pour les astreintes et le repos de sécurité ", s'inquiète le jeune représentant du syndicat des futurs spécialistes. Du côté des généralistes, " nous regrettons l'absence de réponse concrète sur la diminution du temps de travail ", explique Véronique Batardy, présidente du
SNJMG, qui réclame que les semaines de travail soient limitées à 48 heures. " Nous avons surtout gagné la reconnaissance de notre statut ", a déclaré André Nazac (ISNH), résumant le sentiment général des internes, et des chefs de clinique qui devraient signer un accord demain, ayant eux aussi obtenu le paiement des astreintes et des présences à l'hôpital le samedi après-midi et le dimanche. Mais prévoyants, les internes ont d'ores et déjà déposé un préavis pour le 1er juillet. " Si les promesses ne sont pas tenues, nous repartirons au combat ", a prévenu l'ISNH.
Catherine Lafon