Les premières réponses du gouvernement déçoivent les internes en grève (Le Monde, 21-04-2000) Le secrétariat d'Etat à la santé refuse d'augmenter la rémunération des gardes. La grève des internes des centres hospitaliers universitaires était importante, sans être générale, jeudi 20 avril. Reçus par des collaborateurs de la secrétaire d'Etat à la santé, Dominique Gillot, les 18 et 19 avril, les représentants des internes ont eu des réponses négatives à leurs revendications, notamment sur la rémunération des gardes. En revanche, les généralistes ont entendu des assurances sur la réforme de leurs études.
Malgré un mot d'ordre de grève lancé il y a une dizaine de jours, tous les centres hospitaliers-universitaires (CHU) n'avaient pas encore décidé formellement, jeudi 20 avril en fin de matinée, de répondre aux appels de leurs organisations syndicales. Plusieurs assemblées générales étaient encore prévues avant la fin de la semaine. A Paris, seuls quelques CHU connaissaient, jeudi, une grève des gardes complète, selon l'Intersyndical national des hôpitaux des villes de faculté (Isnih), qui regroupe les internes de spécialité. Tel était le cas des hôpitaux Antoine-Béclère (à Clamart, Hauts-de-Seine), Saint-Vincent-de-Paul, Trouseau et Tenon (Paris), ainsi que celui du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne), pour ce qui concerne publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP).
Dès le 17 avril, un interne sur cinq a observé une grève des gardes, selon la direction de l'AP-HP (Le Monde du 20 avril), qui a procédé à des assignations pour assurer la continué des soins. Là où la grève a été votée, il semble que, progressivement, elle soit de plus en plus suivie, mais les internes ont appris de leurs expériences des dernières années qu'une grève, dans leurs rangs, s'installe en une à deux semaines. Le mot d'ordre semble particulièrement suivi dans les hôpitaux de périphéries des grandes villes par les résidents, ou internes en médecine générale, regroupés dans deux syndicats, le Syndicat national des jeunes médecins généralistes (
SNJMG), et l'Intersyndicale nationale autonome des résidents (Isnar). C'est là, en effet que la charge de travail semble la plus excessive et le besoin d'un aménagement du travail des internes le plus immédiatement perçu.
Les représentants des internes de spécialité et de médecine générale ont été reçus, le 18 avril, par des responsables de la direction des hôpitaux, des membres du cabinet de Dominique Gillot, secrétaire d'Etat à la santé et aux handicapés, et de la direction générale de la santé. Les premières réponses ont été très négatives. Le repos de sécurité après les gardes n'est pas à l'ordre du jour, dans la mesure où il ne peut pas encore être organisé pour les praticiens hospitaliers. Il ne sera pas créé de postes de chef de clinique-assistant, ni de praticien hospitalier, pour réduire la charge de travail actuelle. Les collaborateurs de Mme Gillot ont fait part de leur opposition de principe de gouvernement à une augmentation générale des rémunérations pour faire suite à une augmentation de 16% du traitement des praticiens hospitaliers, accordée au mois de mars ; ils ont semblé plus réservés sur la réponse à apporter à la revendication du paiement du travail dans les services le samedi après-midi et le dimanche.
Les représentants des résidents ont été reçus à leur tour, mercredi 19 avril, par les membres du cabinet de Mme Gillot en charge de la réforme des études médicales, qui est un de leurs soucis majeurs. Ils ont eu la promesse que les réformes du troisième cycle des études médicales, promises par Lionel Jospin en juin 1999, seront mises en place rapidement et qu'ils seront consultés. Il est prévu un concours d'internat "classant" pour tous, généralistes et spécialistes, qui permettrait de ne plus dire que les généralistes sont "sélectionnés par l'échec".
L'avenir de la formation des médecins généralistes serait donc en bonne voie. En revanche, les réformes concernant le présent des résidents ne semblent pas assurées. Ces derniers réclament une définition des stages qui devraient leur être ouverts, des stages vraiment formateurs pour leur futur métier, comme la pédiatrie générale et la gynécologie, auxquels ils ont trop difficilement accès.
Le soutien apporté au mouvement des internes par les chefs de clinique-assistants reste surtout moral, en attendant les résultats d'une consultation nationale menée par l'intersyndicat national des chefs de clinique-assistants (ISNCCA). La commission médicale d'établissement de l'AP-HP, réunie le 17 avril, a voté une motion s'associant aux revendications des internes.

Elisabeth Bursaux