Les internes sortent du ministère "les poches vides" (Le Quotidien du Médecin, 20-04-2000) Reçus au ministère de l'Emploi et de la Solidarité, les internes, qui observent une grève des gardes, sont sortis très déçus de leur entretien avec les conseillers de Martine Aubry.
"Nous n'avons rien obtenu, résume Frédéric Lavie, qui préside l'Intersyndicat des internes (ISNIH), nous sortons du ministère les poches vides ». Les revendications des grévistes - internes de spécialités et résidents trouvent effectivement peu d'écho pour l'instant du côté des pouvoirs publics. A leur double exigence de revalorisation salariale (+ 16 %) et de repos de sécurité après une garde, le ministère a opposé une fin de non-recevoir. A leur demande de doublement du tarif des gardes imposées au-delà des dispositions statutaires, il n'a pas été donné de réponse. Quant à la proposition du gouvernement de constituer un tableau unique des gardes pour les internes, les chefs de clinique et les praticiens hospitaliers (PH), les grévistes ont jugé qu'elle ne pouvait en aucune façon « alléger la charge de travail » des jeunes médecins hospitaliers. Les internes, les résidents (représentés par I'ISNAR) et le SNJMG (Syndicat national des jeunes médecins généralistes) retourneront au ministère mardi pour une seconde séance de négociation.
Pour ses tout premiers jours, la grève illimitée des gardes et des astreintes de nuit et de week-end lancée par l'ISNIH a été bien suivie dans les hôpitaux. Au début, de la semaine, 22 villes de faculté sur 26 avaient voté l'adhésion au mouvement et 19 étaient déjà en grève. Des chiffres synonymes, pour Frédéric Lavie, de « très forte mobilisation ». Dans les établissements de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP, dont la commission médicale d'établissement - CME - a voté une motion de soutien aux préoccupations des grévistes). la première nuit du mouvement a privé les services d'environ un interne sur cinq.