Les carabins de retour vers la grève (Le Panorama du Médecin, 17-04-2000)
Les internes se mobilisent à nouveau pour une revalorisation de leur statut... C’est reparti! les quatre organisations représentatives des étudiants en médecine, des internes de spécialités aux internes en médecine générale (ANEMF, ISNIH, ISNAR,
SNJMG) se mobilisent de nouveau afin d’obtenir, notamment, une revalorisation des gardes et de leur statut. Un thème désormais récurrent sur lequel ils entament aujourd’hui une grève illimitée. Les internes souhaitent en particulier : une reconnaissance statutaire avec rémunération de l’activité dans les services hospitaliers les samedi après midi et dimanche. Ils demandent aussi la revalorisation des gardes, “avec notamment un paiement double de celles faites au-delà des durées prévues dans les statuts”, explique André Nazac, de l’ISNIH (Intersyndicale nationale des internes hospitaliers). “nous voulons aussi l’instauration d’un repos de sécurité, car actuellement, les internes peuvent enchaîner une journée de garde suivie immédiatement d’une nuit et d’une autre journée de garde, ce qui est dangereux pour les patients. il y a quelques années, ils pouvaient encore tenter de dormir entre deux patients, mais aujourd’hui avec l’affluence grandissante aux urgences, ce n’est plus envisageable”, explique Véronique Batardy, responsable du SNJMG.
Enfin, les carabins souhaitent une revalorisation globale de leur statut comparable à celle accordée aux praticiens hospitaliers. “cela passe par l’application aux médecins en formation des 48 heures maximum de travail hebdomadaire. Cela était prévu par un directive européenne à la quelle la France, l’Irlande et la Grande-Bretagne se sont malheureusement opposées”, précise Véronique Batardy. Le
SNJMG et les autres organisations d’internes s’opposent par ailleurs au passage en force” d’un projet de réforme du gouvernement concernant l’internat et le troisième cycle, qui pourrait aller dans le sens d’une certification; En fin de ce dernier, les étudiants passeraient un examen ou un entretien pour déterminer s’ils sont aptes ou non à s’installer. Les représentants des étudiants, notamment des résidents, sont fermement opposés à ce type de mesures.
Corinne Le Gouil