Grève des gardes : internes et résidents se disent prêts à engager un mouvement dur (Le Quotidien du Médecin, 14-04-2000)
Les médecins en formation, internes de spécialité et résidents de médecine générale, ont à nouveau déterré la hache de guerre, cette fois pour des motifs multiples (ayant trait tout à la fois à leur statut, leur rémunération, au repos de sécurité, à la démographie médicale ou à la réforme des études) qui traduisent autant le malaise global de lhôpital public que le manque de reconnaissance spécifique dont les internes disent souffrir aujourdhui (lire Le quotidien du 31 mars).
A compter du lundi 17 avril, donc, lintersyndicat national des internes des hôpitaux (ISNIH) et le syndicat national des jeunes médecins généralistes (SNJMG) appellent ainsi leurs troupes à une grève illimitée mais pas, pour linstant, à larrêt de lactivité en journée dans les services hospitaliers. Lintersyndicale nationale autonome des résidents (ISNAR), autre structure représentative des internes en médecine générale se distingue dès à présent par un mot dordre plus dur en appelant à une grève totale pour une durée illimitée dans tous les lieus de travail des résidents (demi journée de service, gardes, consultations, visites à domicile, stages chez le praticien).
LISNIH comme le SNJMG se réserve la possibilité de durcir le mouvement de grève si leurs revendications ne sont pas entendues. Pour linstant nous sommes totalement oubliés du mouvement de revalorisation de lattractivité des carrières à lhôpital public, résume Frédéric Lavie président de lISNIH.
Dans cette nouvelle bataille, les internes ont obtenu le soutien de certains de leurs aînés qui travaillent à lhôpital. Lintersyndicat national des praticiens hospitaliers (INPH) souligne les difficultés rencontrées par les internes dans lexercice de leur pratique et le déficit de reconnaissance quils ressentent légitimement.
Le docteur Rachel Bocher, présidente de lINPH, évoque également les missions exceptionnelles que doivent assumer les internes, en particulier le week-end, pour pallier les carences de lhôpital public. De son côté le syndicat national des médecins, chirurgiens, spécialistes et biologistes des hôpitaux publics (SNAM-HP) partagent les motifs de mécontentement des jeunes médecins en formation et considèrent leurs revendications légitimes. Le dr Jean Garric, président du syndicat national des praticiens hospitaliers, anesthésistes, réanimateurs (SNPHAR), sera, lui aussi vigilant quant aux réponses données aux internes, en particulier concernant lapplication du repos de sécurité indispensable (après une garde). Deux organisations durgentistes, lassociation des médecins urgentistes hospitaliers de France (AMUHF) et le syndicat des urgences hospitalières (SUH) soutiennent également la majorité des revendications des internes, mais redoute déjà la perturbation des services durgence dans les prochains jours.
Cyrille Dupuis