Etudes : les carabins inquiets (Panorama du médecin, 27-03-2000). Parce qu'elle recueille un concensus quasi général, la réforme des études médicale éveille l'impatience des partis intéressés. Ainsi le Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG), l'Inter Syndicle Nationale Autonome des Résidents (ISNAR), celle des internes hospitaliers (ISNIH) et l'Association Nationale des Etudiants en Médecins de France (ANEMF) viennent de se rencontrer afin de constituer "une plate forme commune" vis à vis de la mise en place des nouvelles dispositions concernant la formation initiale.
La première crainte est que la réforme annoncée reste un voeu pieux. Car, dans ses grands principes, chacun admet qu'il s'agit là de "mesures attendues". Avec quelques réserves toutefois. Ainsi le SNJMG n'entend pas que les carabins se fassent piéger par la longueur des études. "Nous ne voulons pas que les étudiants en médecine générale servent de main d'oeuvre bon marché au fonctionnement de l'hôpital", prévient Véronique Batardy, présidente du syndicat. Par ailleurs, il lui parait logique de procéder à une évaluation de l'enseignement et des enseignants avant de prendre la décision de rallonger les études.
La qualité de l'enseignement est aussi le soucis des résidents. L'ISNAR craint un rallongement des études, "décidé par simple décret", et surtout "peu formateur". Pour éviter ce risque les futurs généralistes souhaitent avoir leur mot à dire avant que le projet définitif soit présenté au parlement. Sur la formation, l'ISNIH est plus critique. Les internes hospitaliers souhaitent un enseignement plus pratique avec des enseignements intégrés dans les services durant les stages. En clair : moins damphi et plus de concret au lit du malade.
Laccés au troisième cycle forme lui aussi concensus. Lexamen national, unique et classant semble admis par tous. les résidents préviennent même quils naccepteront plus une sélection par filière. Les internes sont daccord avec ce système qui revalorise la médecine générale, mais à condition de ne pas laisser passer des gens incompétents. Ce différent devrait se régler par linstauration dun contrôle continu, avec possibilité de passerelles, en deuxième cycle. Une prochaine réunion est prévue le 31 mars afin de définir une position commune.
Dominique Ficheux.