La fin des mesures transitoires (Quotidien du Médecin 19-10-1999). Certaines mesures transitoires qui facilitaient l'obtention de la licence de remplacement en médecine générale par les étudiants de troisième cycle expirent le 01.11.99, ce qui ne manque pas d'inquiéter les intéressés et les généralistes qui ,ont de plus en plus de mal à trouver des remplaçants.Actuellement, la délivrance de la licence de remplacement est toujours régie par des mesures temporaires en vigueur depuis un decret du 15.03.98, publié peu aprés la mise en place du nouveau stage de 6 mois que doivent effectuer les futurs généralistes chez un de leurs confrères déjà installés.Ces dispositions permettent notamment aux étudiants inscrits en troisième cycle de mèdecine générale d'effectuer des remplacements après avoir validé seulement deux stages hospitaliers de troisième cycle, mais pas obligatoirement le stage chez le praticien. Il s'agissait, dans l'esprit des auteurs de la réglementation, de ne pas pénaliser ceux qui n'aurait pas encore effectué ce semestre pratique dont la mise en place a été délicate. L'autorisation de remplacer un généraliste était également accordée aux internes de spécialités à condition qu'ils aient effectué deux semestres en service agréé pour la médecine générale. Mais, à partir du 01.11.99, ce sont les conditions réglementaires normales de délivrance de la licence de remplacement, plus restrictives qui s'appliqueront. Pour l'obtenir, les étudiants devront être inscrit en troisième cycle de médecine générale et avoir validé deux semestres hospitaliers, mais aussi le stage de six mois chez le practicien généraliste, qui devient obligatoire.Selon le Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG), ce durcissement relatif de la réglementation risque de conduire à une impasse pour certains étudiants. "Ces dernières semaines, de nombreux résidents nous contactent pour nous informer des problèmes causés par la fin des mesures transitoires, affirme le SNJMG. Ayant validé leurs quatre semestres hospitaliers, ils n'ont pas encore eu accès à un stage chez le praticien en raison du nombre limité de stages proposé. Ainsi à partir de début novembre ils ne pourront ni remplacer ni poursuivre leurs stages". Le Syndicat réclame donc la prolongation des mesures transitoires actuelles jusqu'en 2001. Il invite également "résidents, remplacents et médecins installés à signer une pétition nationale disponible sur son site internet et intitulée : "Des remplaçants pour cet hiver !".De son côté, l'intersyndicale nationale autonome des résidents (ISNAR), autre strusture représentative des futurs généralistes, demande aux résidents qui veulent remplacer et qui n'ont validé que deux semestres hospitaliers à faire impérativement une demande de licence avant la date fatidique. "Ils pourront ainsi la faire renouveler, ce qui se fera sans problème", assure l'ISNAR. Reste que la fin des mesures transitoires intervient dans un contexte où les généralistes installés ont de plus en plus de mal à trouver des remplaçants, en raison (essentiellement) de la baisse continue du numerus clausus aujourd'hui stabilisée autour de 3500 étudiants. "Les appels qui nous arrivent des généralistes installés démontrent que leurs difficultés sont chaque année plus grandes" souligne-t-on au SNJMG. "La situation de pénurie existe, confirme le docteur Michel Chassang, président de l'union nationale des Omnipraticiens français (UNOF). "Il y a une proportion significative de généralistes qui ne peuvent déjà plus prendre de vacances. Moi-même, qui exerce en ville, j'ai un mal fou à trouver un remplaçant...". Pour autant le docteur Chassang estime que "des mesures transitoires ne peuvent durer éternellement". Les représentants des généralistes installés sont en fait fort embarrassés dans cette affaire. Confrontés à la réalité difficile du terrain, ils s'indignent volontiers du manque criant de remplacants. Mais, dans leur souci de revaloriser la médecine générale et exiger plus de formation des médecins de famille, ils refusent en même temps le "laxisme" dans la délivrance des licences de remplacement en médecine générale. Cyrille Dupuis