31 décembre 2007
- Systéme de Santé : Roselyne
Bachelot annonce des "réformes de structure" en 2008
Le gouvernement réfléchit à "des réformes de structures (qui)
verront le jour en 2008" pour réorganiser la santé publique et
son financement, a réaffirmé ce lundi la ministre de la Santé,
Roselyne Bachelot sur France Inter.
"A partir de janvier vont se réunir les Etats généraux de
l'organisation de la santé", a rappelé Mme Bachelot, comparant
sa démarche au Grenelle de l'environnement. Il s'agit, a-t-elle
dit, de "réfléchir au problème de permanence des soins,
d'organisation de la démographie médicale", parallèlement à "une
réflexion sur les missions de l'hôpital" et à la réforme en
cours des agences régionales de l'hospitalisation, qui
deviendront "agences régionales de santé".
Mme Bachelot a aussi évoqué une "réflexion sur la prise en
charge de la solidarité, en particulier l'étude du bouclier
sanitaire (...) qui modulerait le remboursement en fonction des
revenus (...) Nous sommes arrivés à la limite d'un système dans
lequel la prise en charge solidaire doit rester évidemment le
pilier, mais on voit bien que les dépenses de santé galopent
(...) Nous réfléchissons à tout cela, ces réformes de structure
sont absolument indispensables et elles verront le jour au cours
de 2008".
Mardi 1er janvier, un système de franchises non remboursables à
la charge des patients entre en vigueur sur les boîtes de
médicaments, les actes paramédicaux et les transports
sanitaires, qui s'ajoutent aux sommes déjà non remboursées par
la Sécurité sociale : "Effectivement cela représente un
prélèvement de 4 euros par mois, et cela peut être difficile
pour certaines personnes (mais) nous gardons le taux de prise en
charge par la solidarité, l'un des plus élevés du monde", a
répondu Mme Bachelot, à des auditeurs très en colère.
Rappel : Les franchises médicales devraient générer environ 850
millions d'euros par an à la sécurité sociale, ce gain devant
aller au plan Alzheimer et au plan de lutte contre le cancer
notamment. Cette somme est bien inférieure aux sommes en
revanche perdues par la Sécurité sociale avec l'exonération de
cotisation des heures supplémentaires instaurée au 1er octobre
et que l'Etat compensera. Le dispositif a coûté au moins 75
millions d'euros le premier mois.
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21 décembre 2007
- La loi de financement de la
sécurité sociale au J.O.
La loi de financement de la sécurité sociale pour 2008 a été
publiée au J.O. du 21 décembre. Mis à part la censure par le
conseil constitutionnel de 17 articles « n´entrant pas dans le
champ » d´une telle loi, le texte conserve ses principales
dispositions, notamment les franchises médicales, le mécanisme
de « stabilisateurs économiques » mettant sous observation pour
une période de six mois les revalorisations tarifaires décidées
par les partenaires conventionnels et prévoyant leur gel en cas
de dépassement des objectifs de dépenses, la possibilité pour
les caisses de proposer aux médecins des contrats comprenant des
objectifs individualisés, l´expérimentation de nouveaux modes de
rémunération, l´obligation pour le professionnel de santé
d´informer par écrit leur patient sur le tarif des actes
effectués ainsi que sur la nature et le montant des dépassements
d´honoraires dès lors que ces honoraires dépassent un certain
seuil, le passage des hôpitaux à la tarification intégrale à
l´activité pour leurs activités de soins aigus.
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19 décembre 2007
- Prêts aux malades : la
Convention AERAS « assure moyen »…
Un an après l'entrée en vigueur de la Convention AERAS, les «
personnes présentant un risque aggravé de santé » peuvent-elles
plus facilement emprunter aux banques ou s'assurer ? Il semble
bien que non, comme le confirme une enquête récente du Collectif
inter-associatif sur la Santé (CISS). L'étude réalisée auprès
d'une centaine d'appelants de la ligne Santé Infos Droits relève
« de nombreux refus de la part des assurances ». Quant aux
surprimes, elles « restent très élevées », précise le CISS.
L'enquête montre toutefois quelques améliorations, notamment sur
la connaissance de la Convention par les bénéficiaires. Ce n'est
guère suffisant pour le Collectif, qui appelle plus que jamais à
« la poursuite vers l'objectif d'un réel accès à l'assurance et
à l'emprunt » pour les malades et/ou les personnes handicapées.
Exactement ce que la Convention AERAS – qui a succédé à la
Convention Belorgey - est supposée garantir.
Pour en savoir plus : l'enquête sur le site du CISSS
http://www.leciss.org/sante-info-droits.html
- Système de
santé : Le rapport du Conseil économique et social sur le
financement de la protection sociale
Le Conseil économique et social a adopté ce jour, en séance
plénière, le rapport d'Anne Duthilleul sur le financement de la
protection sociale par 106 voix (entreprises privées, artisanat,
professions libérales) contre 64 (syndicats), les associations
s'étant abstenues (28 voix). Un amendement modifiant
sensiblement le texte a été proposé afin d'obtenir un vote plus
consensuel mais il n'a pas été retenu. L'avis adopté propose
donc une hausse de 0,25 % de la CRDS pour apurer les dettes
sociales et une réduction immédiate de 3 à 4 points de
cotisations employeurs et non salariés maladie, compensées sur
une assiette fiscale pour créer un "choc de compétitivité
favorable à la croissance et l'emploi". De nouvelles recettes
fiscales telles une "taxe sur le carbone fossile" remplaceraient
ces cotisations supprimées. La hausse de CRDS serait compensée
pour les salariés par le transfert sur la CSG des derniers "0,75
% de cotisation maladie". Le CES critique par ailleurs la TVA
sociale jugée inflationniste.
Pour en savoir plus : Le projet d'avis
http://www.ces.fr/ces_dat2/2-2debat/2007sem51/projet_avis_Duthilleul.pdf
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15 décembre 2007
- Franchises médicales : Le
SNJMG exprime officiellement son désaccord
Réuni ce jour en AG, le SNJMG a exprimé son opposition à la
création des franchises médicales.
Il invite tous les jeunes médecins à la participer à la pétition
contre ces franchises : http://www.appelcontrelafranchise.org/ .
De plus, le SNJMG demande au Président de la République
d'ouvrir, comme il s'y est déclaré favorable, une large
concertation afin de revoir les financements de l'Assurance
Maladie en général et du plan Alzheimer en particulier.
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14 décembre 2007
- Médicament : Nouveaux
avertissements sur le Champix *
L'Agence européenne du médicament, l'EMEA, a jugé ce vendredi
que de nouveaux avertissements à destination des médecins et
patients étaient nécessaires concernant des cas de pensées
suicidaires et de tentatives de suicide observées chez des
personnes utilisant le Champix, un produit de sevrage tabagique
commercialisé par le laboratoire américain Pfizer.
Le dernier-né des médicaments anti-tabac a été autorisé dans
l'union européenne en septembre 2006. Dans le cadre du suivi de
pharmacovigilance, tous les effets indésirables du Champix sont
analysés régulièrement, et des cas de pensées suicidaires et de
tentatives de suicide ont été observés. A l'occasion de sa
réunion de décembre, le Comité des médicaments à usage humain de
l'EMEA a conclu qu'une actualisation des informations sur le
Champix était nécessaire afin d'alerter médecins et patients sur
les symptômes de dépression relevés chez certains patients. A
cette fin, le Comité demande à Pfizer de soumettre avant le 19
décembre une proposition de mise à jour. Cette molécule, qui ne
délivre pas de nicotine à l'organisme contrairement aux
substituts nicotiniques, réduit la sensation de manque en se
fixant sur les récepteurs de la nicotine dans le cerveau dont
elle prend la place. En empêchant la liaison de cette substance
addictive à son récepteur, elle atténue la satisfaction associée
au tabac si le fumeur reprend une cigarette et permet ainsi de
limiter le risque de rechute totale. Les effets indésirables
identifiés pour le Champix sont principalement des nausées,
observées chez environ un tiers des patients, et, moins
fréquemment, des maux de tête et des troubles du sommeil. Pfizer
a déclaré qu'il travaillait en collaboration étroite avec
l'Agence européenne à l'analyse des cas de dépression et de
suicide observés chez les patients prenant du Champix. "Il n'y a
aucune preuve scientifique établissant un lien entre le Champix
et ces symptômes", déclare l'Agence dans un communiqué. Les
experts reconnaissent qu'établir un tel lien est difficile. Les
régulateurs américains ont expliqué que le manque de nicotine
pouvait aggraver les troubles psychiatriques. Mais tous les
experts ne sont pas d'accord. Selon une partie d'entre eux, la
preuve d'une réémergence des troubles psychiatriques est faible,
a ainsi déclaré le Dr Peter Hajek, directeur de l'Unité de
recherche sur la dépendance tabagique à l'Hôpital universitaire
Queen Mary, à Londres.
Pour en savoir plus : Prescrire
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13 décembre 2007
- Franchises médicales :
Validation du Conseil Constitutionnel
Malgré les nombreuses oppositions de tous bords, les franchises
médicales sur les boîtes de médicaments, les actes paramédicaux
et les transports sanitaires, prévues dans le PLFSS 2008, seront
donc bien instaurées à partir du 1er janvier 2008.
Le montant de la franchise et le niveau des plafonds seront
fixés par décret, mais il est probable que les montants prévus
initialement de 50 centimes d'euros par boîte de médicament et
par acte paramédical, et de 2 euros par transport sanitaire
seront choisis.
En sus du plafond annuel, des plafonds journaliers seront
instaurés, sauf pour les franchises par boîte de médicaments.
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01 décembre 2007
- Système de santé : François
Fillon annonce un projet de loi sur l'accès aux soins à l'été
2008
A l'occasion de l'inauguration ce jour du Centre hospitalier du
Bailleul, dans la Sarthe, le Premier ministre, François Fillon,
a défini les trois grands chantiers santé du gouvernement. Afin
que chaque Français soit également soigné, quelle que soit sa
région de résidence, le Premier ministre s'est engagé à
"garantir l'égalité devant la santé pour tous, tous les jours,
partout en France". Il a ainsi dégagé trois priorités : le
chantier des Agences régionales de santé dont l'objectif est de
décloisonner les soins et l'activité médico-sociale ;
l'adaptation de l'hôpital (les conclusions de la mission Larcher
devront être rendues d'ici au printemps 2008) ; l'organisation
territoriale de la santé pour laquelle Roselyne Bachelot
réunira, début 2008, les Etats généraux de l'organisation de la
santé afin d'arriver à une meilleure répartition des personnels
soignants. Le Gouvernement regroupera les acquis de ces trois
chantiers et présentera au Parlement, à l'été prochain, un
projet de loi sur "l'accès aux soins", "un texte fondateur pour
la modernisation de notre système de santé". Enfin, le Premier
ministre a abordé la question des heures supplémentaires non
payées à l'hôpital. Il a demandé à Roselyne Bachelot et Eric
Woerth d'ouvrir dans ce sens une concertation avec les
organisations syndicales du secteur. Un autre sujet clef
pourrait se greffer sur le projet de loi puisque le Chef de
l'Etat a annoncé un débat sur le financement de la santé qui
doit aboutir au premier semestre 2008 afin de déterminer ce qui
relève de la solidarité nationale et ce qui relève de
l'assurance individuelle.
Pour en savoir plus : Discours de F.Fillon
http://www.premier-ministre.gouv.fr/acteurs/interventions_premier_ministre_9/discours_498/inauguration_pole_sante_sarthe_58478.html
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29 novembre 2007
- Système de santé : La
Conférence nationale de santé donne son avis sur
l'informatisation du système de santé et sur les ARS
Au sujet de l'informatisation du système de santé, la CNS plaide
pour une gouvernance unifiée et une stratégie nationale. Dressé
à la suite d'une série d'auditions avec les associations de
défense des droits de l'homme, du GIP-DMP, des industriels du
secteur et sur des données du ministère de la santé, ce nouveau
constat accablant est conforme aux évidences : sous
informatisation des établissements, outils non communicants pour
la médecine de ville et déployés "au fil de l'eau", incapacité
de systèmes incohérents à communiquer entre eux. Déplorant
l'absence de débat public sur l'acceptabilité de
l'informatisation des données de santé, la CNS vilipende le DMP,
estimant que les usagers sont « restés indéfiniment dans
l'attente d'une triple approche » insatisfaite : engagement des
professionnels dans une démarche qualité, dissuasion à la
hauteur des enjeux pour les contrevenants à la réglementation,
droit de consulter à tout moment l'historique des accès. La
Conférence stigmatise en outre l'incapacité des pouvoirs publics
à favoriser "l'environnement global de l'implémentation des
technologies de l'information et de la communication" en santé.
A cet égard, le "plan stratégique des systèmes d'information de
santé" (P6) récemment rendu public et présenté comme le document
de référence pour une sortie de l'ornière est sévèrement jugé.
Les auditeurs de la CNS concluent en effet que le P6 est "loin
de constituer un document de cadrage suffisant de la stratégie
publique sur le domaine des technologies de l'information et de
la communication appliquées aux données de santé, ni même un
schéma directeur des SI de santé". Après cette volée de bois
vert, les auteurs concluent à la nécessité d’une nouvelle
gouvernance unifiée, appelant à la nomination rapide d’un pilote
bien identifié chargé de définir et de mettre en œuvre une
stratégie claire et adaptée. Au sujet des agences régionales de
santé, la CNS énumère les huit critères qui permettront de juger
l'utilité et l'intérêt de leur mise en oeuvre. La CNS n'a pas
souhaité produire un "rapport supplémentaire" mais contribuer à
la réflexion en cours. Elle souhaite que les futures ARS
présentent un intérêt pour l'organisation du système et aident à
mieux répondre aux enjeux de santé. L'installation des ARS "ne
doit pas conduire à un affaiblissement du rôle de l'Etat". Leur
utilité dépendra de leur capacité à "assurer une régulation
régionale effective du système de santé" (favorisant l'égalité
d'accès à l'offre de soins), à "promouvoir la démocratie
sanitaire" et à "simplifier le dispositif" existant. La
Conférence considère également que les ARS n'auront un sens que
si elles font passer un nouveau cap à la politique sanitaire.
Elles devront en effet être capables de pallier les carences du
système de soins actuel en menant plusieurs actions de front :
"développer la promotion de la santé et la prévention",
"décloisonner le sanitaire et le social", "promouvoir les soins
de santé primaire" et enfin "participer à l'évaluation régionale
du système de santé".
Pour en savoir plus : http://www.sante.gouv.fr/htm/dossiers/conf_nationale_sante/avis.htm
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27 novembre 2007
- Système de santé :
Installation du Conseil national de la qualité et de la
coordination des soins
Le Conseil national de la qualité et de la coordination des
soins (CNQCS), composé de 12 représentants de l’Assurance
maladie, 12 des professionnels de santé, 3 des fédérations
hospitalières et 5 personnes qualifiées, a été installé ce jour
par la directrice de l'hospitalisation, Annie Podeur. Le CNQCS
est chargé de délibérer sur les "orientations" et la répartition
des enveloppes proposées par le comité national de gestion (CNG)
du Fonds d'intervention pour la qualité et la coordination des
soins (FICQS), créé dans la loi de financement de la sécurité
sociale 2007. Le PLFSS pour 2008 a prévu une dotation de 301
millions d'euros pour le Fiqcs. La présidence du CNQCS sera
assurée par André Gauron, conseiller-maître à la Cour des
comptes.
Pour en savoir plus : La composition et les modalités de
fonctionnement des instances de gestion du FIQCS
http://www.ameli.fr/l-assurance-maladie/connaitre-l-assurance-maladie/fiqcs/instances-de-gestion.php
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16 novembre 2007
- Médicament : Nouvelles remises en cause scientifique des
médicaments anti obésité, à commencer par l'Acomplia*
Alors que le nombre de personnes en surpoids ne cesse de
progresser dans le monde, deux études scientifiques distinctes
mettent en garde contre les médicaments anti-obésité, et plus
particulièrement le rimonabant (Acomplia*).
Le rimonabant serait associé à un risque accru d'effets
psychiatriques sévères, selon un article à paraître demain dans
la revue médicale britannique The Lancet. Analysant les
résultats de quatre essais en double-aveugle impliquant plus de
4.000 patients, l'équipe du Pr Arne Astrup (Département de
nutrition humaine, université de Copenhague, Danemark) a montré
que les patients recevant le rimonabant (20 mg/jour) avaient 40%
plus de risque d'avoir des effets secondaires que ceux recevant
un placebo. Les patients sous rimonabant avaient un risque accru
d'arrêter le traitement en raison de troubles dépressifs (2,5
fois plus que ceux sous placebo) et d'anxiété (3 fois plus) :
"Nos travaux suggèrent que la prise de 20 mg/jour de rimonabant
accroît le risque d'effets psychiatriques - par exemple troubles
de l'humeur et anxiété", estiment les chercheurs, soulignant que
les personnes présentant des antécédents de dépression ou de
maladies psychiatriques avaient été exclues des essais.
Le 13 juin dernier, des experts sanitaires américains s'étaient
prononcés contre la commercialisation du médicament aux
Etats-Unis, jugeant qu'il pouvait entraîner une augmentation des
pensées suicidaires. Le 29 juin le laboratoire annonçait qu'il
retirait son dossier de demande de commercialisation auprès de
la Food and Drug Administration. En Europe, l'Agence européenne
du médicament a décidé le 19 juillet de laisser le produit sur
le marché, tout en ordonnant qu'il ne soit plus prescrit aux
personnes présentant une grave dépression ou traitées aux
antidépresseurs.
Par ailleurs, le British Medical Journal (BMJ) publie en ligne
une autre étude évaluant l'efficacité à long terme de trois
traitements anti-obésité -rimonabant, orlistat et sibutramine.
L'équipe du Pr Raj Padwal (Université d'Alberta, Edmonton,
Canada) a montré que ces trois médicaments permettaient
seulement une perte de poids modeste, de moins de 5 kilos, de
nombreux patients restant obèses ou en surpoids.
Selon les chercheurs, orlistat permet une perte de poids de 2,9
kg, sibutramine de 4,2 kg et rimonabant de 4,7 kg. Ils ont aussi
montré des effets secondaires pour les trois produits, et plus
particulièrement pour le rimonabant un risque accru de troubles
de l'humeur, comme la dépression ou l'anxiété. De son côté, le
Pr Gareth Williams (Université de Bristol) met en garde dans le
BMJ contre les dangers potentiels d'autoriser l'accès libre aux
médicaments anti-obésité : "Vendre des médicaments anti-obésité
devant le comptoir (NDRL: sans prescription médicale) va
perpétuer le mythe selon lequel l'obésité peut s'arranger
simplement en avalant une pilule et pourrait en outre saper les
efforts pour promouvoir une vie saine, seule échappatoire à
l'obésité sur le long terme". Dans le monde, plus d'un milliard
d'adultes sont en excès pondéral, selon l'OMS et il y a au moins
300 millions d'obèses sur la planète.
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14 novembre 2007
- Médicament : Lancement d'une class action contre Sanofi
concernant l'Acomplia *
Après avoir été contraint en juillet de retirer la demande
d’approbation de son médicament anti-obsésité, le rimonabant (Acomplia*)
sur le marché américain, le quatrième laboratoire pharmaceutique
mondial doit faire face à la fronde judiciaire d’investisseurs
mécontents.
Mardi soir, le cabinet d’avocats Coughlin Stoia a annoncé le
lancement d’une class action (recours collectif) contre le
laboratoire devant une cour de l’Etat de New York. Le motif ?
L’investisseur institutionnel au nom duquel la plainte est
déposée considère que les informations diffusées auprès des
marchés étaient «trompeuses». Autrement dit, que certains
actionnaires ont été floués financièrement en achetant des
actions Sanofi sur la foi du potentiel de ce traitement que le
labo présentait comme un «blockbuster» avec des prévisions de
vente de 3 milliards d’euros par an d’ici à 2010. Selon les
plaignants, les déclarations des dirigeants de Sanofi à propos
du Zimulti – le nom commercial de l’Acomplia outre-Atlantique –,
dans l’année qui a précédé le refus d’experts sanitaires
américains d’homologuer le médicament, étaient «matériellement
fausses et trompeuses car les défendeurs ont dissimulé des
données sur sa propension à causer des dépressions». Un effet
secondaire du médicament pourtant connu de longue date dans les
milieux médicaux, auquel il faut ajouter des tendances
suicidaires chez les patients sous traitement.«Les preuves de sa
sécurité sont insuffisantes», avait estimé, le 13 juin, le
comité des 14 experts consultés par la FDA (l’autorité
américaine de la santé), ce qui les avait amenés à voter
unanimement contre l’autorisation de mise sur le marché de l’Acomplia.
Une véritable claque pour Sanofi, immédiatement sanctionnée par
des marchés qui voyaient disparaître la perspective d’un «relais
de croissance» rapide et prometteur pour le labo. Sur les dix
derniers mois, le titre Sanofi a perdu près de 10 %. «Premier
médicament de cette classe, l’Acomplia était parti pour devenir
extrêmement profitable», fait valoir Coughlin Stoia qui réclame
des dommages et intérêts pour les plaignants et se targue d’être
à l’origine de plus de 45 milliards de dollars «récupérés» dans
des procédures de class actions. A l’état-major parisien de
Sanofi, où l’on a pris ce jour connaissance de la plainte
américaine, on réfute en bloc. «Nous contestons ces allégations
et nous défendrons vigoureusement nos intérêts», notait un
porte-parole sans autre commentaire.
Malheureuse coîncidance : l’Oréal (un des 2 actionnaires de
référence de Sanofi, avec Total) a cédé 1,8 % du capital de
Sanofi (sur un total de 10,5 %) par l'intermédiaire d'un
placement privé accéléré auprès d'investisseurs institutionnels.
Tout ceci fragilise Sanofi-Aventis, qui devient de plus en plus
opéable...
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14 octobre 2007
- Manifestation nationale contre les
franchises médicales
Plusieurs milliers de personnes ont participé à
une manifestation nationale le samedi 13 octobre 2007 contre les
franchises médicales, à l'appel plusieurs associations,
syndicats, et partis politiques.
Une délégation de
représentants des manifestants a été ensuite reçue par les
cabinets des ministres de la Santé et du Travail. Rien de
concret sur le sujet des franchises ne semble en être sorti.
De leur côté, plusieurs présidents de CPAM se
sont prononcées contre le principe de ces franchises, "qui
trahissent purement et simplement l'esprit de la solidarité
nationale face à la maladie mise en place en 1945" : les
présidents des
CPAM de
Basse-Normandie (Calvados, Orne et Manche), les présidents des
huit caisses primaires de la région Midi-Pyrénées, et le conseil
de la CPAM de Seine-Saint-Denis.
Enfin plusieurs sondages en septembre et octobre
indiquent qu'entre 60 et 70 % des français s'opposent aux
franchises médicales.
Un nouveau rassemblement contre les franchises
est prévu mardi 23 octobre
devant l’assemblée nationale.
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13 aout 2007
- Infirmier(e)s : Soutien de FO aux réfractaires à l'Ordre
Le syndicat FO-santé annonce ce jour qu'il «soutiendra» les
infirmières qui décideront de ne pas adhérer au Conseil de
l'Ordre des infirmiers de leur département, créé par un décret
du 14avril 2007. Selon ce décret, pour pouvoir exercer leur
profession, les infirmiers salariés et libéraux devront
obligatoirement s'inscrire au Conseil de l'Ordre...
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09 aout 2007
- Médicament : Restrictions d'utilisation pour l'Acomplia®
Après de nouvelles évaluations par l'Agence européenne du
Médicament (EMEA), l'AFSSaPS vient d'actualiser le plan de
gestion des risques d'Acomplia (rimonabant). Cette spécialité
est désormais contre-indiquée chez les patients dépressifs, et «
ne doit pas être utilisée » en cas d'antécédents de dépression.
Les agences sanitaires ont donc resserré leurs contraintes, ce
traitement pouvant jusqu'alors être instauré chez ces derniers,
mais « avec une grande prudence ».
Par ailleurs, l'AFSSAPS souligne que les patients présentant des
idées suicidaires ou des antécédents de troubles dépressifs «
doivent être attentifs à l'apparition de signes dépressifs,
devant lesquels il est recommandé d'arrêter son traitement et de
consulter immédiatement son médecin traitant ». L'agence
rappelle enfin qu'Acomplia est « contre-indiqué chez les
patients présentant une dépression caractérisée ou chez les
patients traités par antidépresseurs ».
Pour en savoir plus : AFSSaPS, 9 août 2007, Prescrire
►Haut de page
08 aout 2007
- Medicament : La FDA rejette l'AMM du Seretide 500/50 pour la
BPCO
L'Agence fédérale américaine des médicaments - la Food and
Drug Administration (FDA) - a refusé ce jour d'autoriser l'Advair
(Seretide en France) 500/50 pour lutter contre la BPCO. Ce
médicament, qui constitue la version la plus dosée du médicament
vedette de Glaxo-SmithKline, est déjà utilisé dans le traitement
de l'asthme.
Le groupe pharmaceutique britannique s'est montré « très surpris
et déçu » de cette décision. L'Advair est le premier médicament
du groupe GlaxoSmithKline, avec des ventes mondiales qui ont
totalisé 6 milliards de dollars l'année dernière. La version
500/50 est vendue aux Etats-Unis au prix d'environ 240 dollars
pour un mois, soit quelque 30 % de plus que la version dosée
moyennement, selon le distributeur Drugstore.com.
Le laboratoire s'est dit « déterminé à travailler avec la Food
and Drug Administration pour régler tous les problèmes qu'elle
soulève et aller de l'avant ».
►Haut de page
06 aout 2007
- Sécurité sociale : Le mythe du "trou de la Sécu" dénoncé par
un chercheur du CNRS
Julien Duval, chercheur au CNRS, publie un livre où il
renverse les termes de la question du budget de la Sécurité
Sociale : il n'y a pas de « déficit de la sécu » mais « un
besoin de financement » que les gouvernements successifs ont
décidé de ne pas satisfaire en multipliant depuis 1993 les
exonérations de charges sociales. En effet, l'affaiblissement de
la protection sociale découle non pas d'arbitrages techniques
mais d'un choix politique : le transfert généralisé des «
risques » du capital vers le travail. Ce retournement de la
problématique pose question et permet d'apposer un regard neuf
sur ce qui apparaît comme un des plus grand défi pour notre
société actuelle.
Pour en savoir plus : La présentation du livre par son auteur :
http://www.lechoixdeslibraires.com/livre-37246-le-mythe-du-trou-de-la-secu.htm
►Haut de page
31 aout 2007
- Médicament : Retrait mondial du Silomat *
L'Agence française de Sécurité sanitaire des Produits de Santé (AFSSaPS)
annonce ce jour le retrait mondial par les laboratoires
Boehringer Ingelheim, de Silomat (clobutinol), médicament
disposant d'une AMM française dans le traitement symptomatique
de la toux seche : « Cette décision s'inscrit dans le cadre
d'une mesure de précaution prise au vu des résultats,
disponibles depuis fin août, de plusieurs études (…) montrant un
risque de survenue d'effets indésirables cardiaques ». En fait,
ce risque potentiel est extrêmement faible. Sur 200 millions de
patients traités dans le monde, seuls deux cas de troubles du
rythme cardiaque ont été déclarés ! « Mais compte-tenu de
l'existence d'alternatives thérapeutiques et de (son)
utilisation sans prescription dans de nombreux pays, les
laboratoires Boehringer Ingelheim ont décidé, par mesure de
précaution, de (le) retirer du marché au niveau mondial ».
Pour en savoir plus : AFSSaPS, 31 août 2007, Prescrire
►Haut de page
28 aout 2007
- Systeme de soins : 36,5 millions de pauvres
et 47 millions de personnes dépourvues d'assurance médicale aux
USA en 2006
Selon l'enquête annuelle du Bureau américain du Recensement
rendue publique ce mardi, l e taux de pauvreté a légèrement
reculé, pour la première fois depuis dix ans, à 12,3% de la
population en 2006 contre 12,6% l'année d'avant (37 millions de
pauvres). Mais dans le même temps, le nombre de personnes vivant
sans assurance médicale a augmenté, atteignant 47 millions en
2006 soit 15,8% de la population contre 44,8 millions en 2005
(15,3%). Un foyer de deux personnes est considéré dans la
pauvreté lorsque ses revenus sont inférieurs à 13.167 dollars
par an, selon le Census Bureau, et de 16.079 dollars pour trois
personnes. Il y a 12,8 millions d'enfants et de jeunes de moins
de 18 ans qui sont dans la pauvreté, soit 17,4% et 8,7 millions
d'enfants (soit 11,7%) qui sont sans couverture médicale. Ce
chiffre est en hausse par rapport à 2005 où ils étaient 8
millions dépourvus d'assurance santé.
"Ces chiffres de couverture médicale sont vraiment une mauvaise
nouvelle", a commenté un économiste de l'institut Brookings, Ron
Haskins, après la publication de ces données. "Soit de plus en
plus d'Américains vont vivre sans assurance médicale, soit
l'addition va encore augmenter pour le gouvernement", affirme
cet économiste.
Le revenu moyen d'un ménage américain a légèrement augmenté pour
la deuxième année consécutive de 0,7% à 48.200 dollars annuels,
toutefois le revenu médian individuel est en recul de quelque
500 dollars pour les hommes à 42.261 dollars annuels et de 400
dollars pour les femmes à 32.515 dollars par an. Les ménages
blancs ont vu leur revenu médian progresser de 1,1%, les
Asiatiques de 1,8%, les Hispaniques de 1,7% tandis que ceux des
ménages noirs n'ont progressé que de 0,3%.
Les Noirs sont plus facilement pauvres que les autres (24,3%,
stable par rapport à 2005), suivis par les Hispaniques (20,6%
contre 21,8% en 2005) et les Asiatiques (10,3%). Chez les Blancs
non-hispaniques, le taux de pauvreté est de 8,2%.
Quelque 3,4 millions de personnes âgées de plus de 65 ans sont
dans la pauvreté.
Les chiffres du Census Bureau montrent aussi une différence
énorme entre les revenus médians des hommes et des femmes
travaillant pourtant dans les mêmes secteurs. Dans le secteur du
droit (avocats, conseils juridiques) les hommes gagnent en
moyenne 104.400 dollars par an, quasiment deux fois plus que les
femmes (51.400 dollars/an). Dans l'informatique, le salaire
annuel médian d'un homme est de 70.400 dollars contre 61.100
dollars pour une femme.
Le Sud du pays est le plus pauvre, notamment les Etats du
Mississippi (21,1% de pauvres), la Louisiane (19%), mais aussi
la capitale Washington DC (19,6%) tandis que les comtés parmi
les plus riches se situent également dans la banlieue de
Washington (Fairfax en Virginie, Montgomery dans le Maryland).
Les Etats du Maryland, du New Jersey et du Connecticut dans
l'est du pays sont les plus riches en terme de revenus par
foyer. San José au coeur de la Silicon valley en Californie
(ouest) et Plano dans le Texas (sud) sont les grandes villes les
plus riches tandis que Cleveland (Ohio, nord), Détroit
(Michigan, nord) ainsi que Miami (Floride, sud-est) figurent au
rang des plus pauvres.
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23 aout 2007
- Médicament : médecins et pouvoirs publics épinglés par la Cour
des Comptes
Dans son édition du jour, Le Parisien révèle les principales
conclusions d'un rapport de la Cour des comptes sur la
consommation de médicaments. Dans ce rapport confidentiel*, "les
experts de la rue Cambon décochent un sacré nombre de flèches à
l'attention des autorités sanitaires mais aussi des médecins" :
"Si la consommation des antibiotiques a baissé de 13 % entre
2002 et 2005, elle reste, en France, deux fois supérieure à
celle des Allemands, et trois fois à celle des Néerlandais".
"En France, 90 % des consultations de généralistes se soldent
par une prescription, contre 72 % outre-Rhin et... 43 % aux
Pays-Bas".
"Si les génériques progressent enfin, c'est davantage parce que
les pharmaciens usent désormais de leur « droit de substitution
» que parce que les médecins les ont adoptés".
"les médecins français prescrivent davantage de produits trop
peu efficaces pour être remboursés que leurs confrères européens
: 2,2 lignes de prescription par an et par habitant sur 14
lignes !
"Menée en 2004 dans l'est de la France, une étude montre que 4
traitements sur 10 contre la dépression sont... inadaptés. Les
auteurs livrent une kyrielle d'autres exemples".
En France, 130 000 personnes sont hospitalisées chaque année
suite à une interaction entre différents produits : « 40 à 60 %
de ces accidents seraient évitables. »
"Lorsque la balance bénéfice-risque d'un produit penche dans le
mauvais sens, les autorités sanitaires françaises réagissent
souvent avec retard. Neuroleptique contre les bouffées de
chaleur, vasodilatateur... Les auteurs livrent le cas de
plusieurs produits, retirés de la vente en Europe, et toujours
commercialisés en France".
"Les auteurs pointent la « nécessité d'une base publique » de
données sur le médicament... qui n'existe toujours pas".
« La visite médicale reste le premier moyen d'information des
médecins. » L'industrie pharmaceutique y consacre 8 500 € par
praticien.
"L'impact des accords conventionnels sur les prescriptions a été
« très faible », et les économies attendues « surestimées » :
sur les 285 millions d'euros attendus en 2005, seuls... 17
millions découlent d'un « infléchissement des prescriptions » -
le reste est notamment dû à l'envolée des génériques".
NB : la veille, sur France Inter, Jean de Kervasdoué,
spécialiste en economie de la Santé, tout en rappelant la
situation particulierement difficile des généralistes par
rapport aux autres médecins français, signalait que si les
médecins français adoptaient le mode de prescription de leur
confrere neerlandais, les economies réalisées combleraient
largement le déficit de l'Assurance Maladie...
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03 aout 2007
- Sécurité Sociale : Le Bureau du SNJMG
rejette le financement du plan Alzheimer par des franchises
médicales
Le Bureau National du SNJMG publie ce jour un communiqué de
presse pour rejeter le financement du plan Alzheimer par des
franchises médicales qu'il estime par nature incompatibles avec
le principe de solidarité.
Le Bureau National du SNJMG demande au Président de la
République de renoncer à ces franchises et d'ouvrir une large
concertation afin de revoir les financements de l'Assurance
Maladie en général et du plan Alzheimer en particulier.
NB : la Confédération des syndicats médicaux
français (Csmf) émet des réserves sur les franchises, même si
elle « prend acte de la décision du gouvernement ». La CSMF
souhaite ainsi que ces franchises « restent limitées afin d´une
part de ne pas dissuader l´accès aux soins et d´autre part de ne
pas remettre en cause le principe fondateur de la sécurité
sociale, basé sur le financement solidaire ». L´une des
principales organisations étudiantes, la Fage, réclame «
expressément » à Nicolas Sarkozy d´exonérer les étudiants de la
franchise, « devant la gravité de la situation de santé des
étudiants et l´urgence imposée par ces annonces ». Selon la Fage,
la mise en place de la franchise constituerait « une grave
atteinte à l´accès aux soins pour les étudiants ».
Pour en savoir plus :
Communiqué
de presse du SNJMG
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01 aout 2007
- Sécurité Sociale : la création de 3 franchises médicales
suscite de vives réactions et une petite cacophonie
gouvernementale
Prévue à l'origine pour réduire le déficit persistant de
l'assurance maladie, le système de franchises médicales servira
finalement à financer la lutte contre la maladie d'Alzheimer et
le cancer. Candidat de l'UMP à l'élection présidentielle,
Nicolas Sarkozy avait présenté cette mesure dès janvier, avant
d'en définir difficilement les contours au fur et à mesure de la
campagne électorale, pour déboucher finalement sur le système de
trois forfaits présenté mardi matin à Dax.
Sur le papier, la franchise de 50 euros par « accumulation »
présentée hier ressemble à s'y méprendre au forfait de 1 euro
par consultation médicale et par analyse instauré lors de la
réforme de 2004 et plafonné à... 50 euros par an. Le dispositif
de Nicolas Sarkozy consiste en fait à appliquer des forfaits non
remboursés sur les dépenses de soins jusque-là épargnées : à
compter du 1er janvier 2008, un forfait de 50 centimes sera
prélevé sur chaque boîte de médicament délivrée et pour chaque
acte paramédical reçu (infirmière, kiné, etc.). Il atteindra 2
euros pour les transports médicaux (ambulances). A un moment, le
gouvernement a été tenté, par souci de simplification, de faire
une franchise unique (consultations, médicaments, etc.), mais
cela aurait porté le plafond à au moins 100 euros par an. Un
seuil jugé dangereux politiquement.
L' entrée en vigueur de ces 3 franchises est prévue pour 2008,
et elles ne devraient pas être remboursées aux patients par les
complémentaires santé, puisqu'elles s'intègrent dans le système
des "contrats responsables", a indiqué le ministère de la Santé
mardi après-midi. Le président de la République avait pourtant
indiqué le matin même souhaiter que "cette franchise puisse être
prise en charge" par les complémentaires. Une concertation sur
le sujet doit avoir lieu en septembre avec les complémentaires
santé, a laché prudemment le ministère mardi soir.
L'instauration de ces franchises médicales est "une mesure
particulièrement inégalitaire", a aussitôt dénoncé Bernard
Thibault, secrétaire général de la CGT, soulignant qu' "on
s'éloignerait un peu plus encore des principes de la Sécurité
sociale". La Cfdt, qui « renouvelle son opposition » à ces
franchises et pointe un « grand risque de renoncement aux soins
». Pour Force Ouvrière, « la mise en place de franchises ne vise
qu´à suppléer le désengagement de l´Etat ». Le syndicat
considère que ce système laisse de plus en plus les dépenses de
santé à la charge des assurés. « Si l´on ne tient pas compte des
prises en charge à 100 % dans le cadre des affections longue
durée, le taux moyen de remboursement a déjà sensiblement
diminué », souligne FO.
"C’est la poursuite d’un renversement déjà amorcé dans notre
modèle de solidarité", a réagi le CISS, un collectif qui
regroupe des associations de malades, et "demain, ce seront donc
encore un peu plus les malades qui paieront pour les malades,
car les biens portants ne consomment pas de médicaments, ni de
transports médicalisés, ni d’actes paramédicaux". Le CISS
remarque que le gouvernement « ne peut même pas attendre la fin
du mois d'août » et les conclusions du rapport demandé à Raoul
Briet et Bertrand Fragonard sur l'instauration éventuelle d'un «
bouclier sanitaire », qui limiterait les sommes annuelles
restant à la charge des assurés et qui, à la différence des
franchises, serait fonction du revenu.
Inquiet de la tournure du débat, L'AD-PA (directeurs de maisons
de retraite), favorable à la 5e branche, appelle à la «
concertation » afin d'éviter que « des polémiques semblables à
celles liées à la suppression du jour férié n'aillent à
l'encontre des objectifs de solidarité exprimés ».
Les critiques contre cette mesure se sont en fait succédées
depuis les premières annonces de M. Sarkozy en janvier. Outre
les protestations de différents partis de gauche, syndicats de
salariés ou de fonctionnaires, organisations familiales ou de
patients, plusieurs spécialistes d'économie de la santé ont
critiqué et le principe et les buts recherchés par cette mesure.
Ce jour dans Libération, Bruno Palier, économiste au centre de
recherches de Sciences-Po, poursuit cette ligne critique : «On
nous dit qu’il y aura des mesures d’accompagnement pour les plus
pauvres, mais le problème ne concerne pas seulement les plus
pauvres, mais ceux qui sont juste au-dessus des seuils. Ce sont
ces fameux 7 % des Français qui ne sont pas à la CMU, mais qui
ne sont pas assez aisés pour avoir des mutuelles. Ces gens-là,
avec les franchises, vont retarder leur entrée dans le système
de soins. Ils vont devoir attendre avant d’aller se faire
soigner. Et ce sera catastrophique car ils se feront soigner
quand ils seront encore plus malades.»
Plusieurs acteurs de la santé, parmi lesquels les médecins et
écrivains Christian Lehmann et Martin Winckler, ont lancé une
pétition, qui a recueilli à ce jour plus de 52.000 signatures,
indiquent-ils sur leur site (www.appelcontrelafranchise.org).
Des réserves se sont exprimées au sein du gouvernement même,
Martin Hirsch, Haut commissaire aux solidarités actives, ayant
proposé, pour atténuer les injustices qui pourraient en
découler, la création d'un "bouclier sanitaire" qui permettrait
que les sommes restant à la charge du patient ne puissent
dépasser de 3 à 5% de son revenu brut. C'est pourquoi le
ministère de la Santé a mis en place une mission d'étude
(confiée à Raoul Briet et Bertrand Fragonard) sur ce bouclier
sanitaire, mais la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) a
d'ores-et-déjà précisé qu'elle n'était pas en mesure pour
l'instant de plafonner les franchises médicales en fonction du
revenu des assurés sociaux.
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31 juillet 2007
- Sécurité Sociale : Nicolas Sarkozy annonce la création de 3
franchises médicales pour financer un plan Alzheimer
Lors d'une visite ce jour au centre de gériatrie de l'hôpital de
Dax (réputé pour ses travaux liés à la maladie d'Alzheimer,
ndlr), le président de la République a annoncé la création de
franchises médicales destinées à abonder des fonds pour financer
la recherche et l'amélioration des traitements liés aux maladies
de la vieillesse, en particulier la maladie d'Alzheimer : "Cette
franchise sur les dépenses de santé sera de 0,5 euro sur chaque
boîte de médicament, de 0,5 euro sur tous les actes paramédicaux
et de deux euros sur tous les transports médicaux (Cette
franchise médicale, créée dès cette année, sera plafonnée à 50
euros par an et par assuré social) Les foyers les plus modestes,
les enfants et les femmes enceintes en seront dispensés. Je
souhaite que cette franchise puisse être prise en charge par les
assurances complémentaires de santé. De toute façon, il faudra
parler, négocier, discuter (...) La maladie d'Alzheimer est un
véritable drame national. Pour lutter contre ce drame, pour
parler familièrement, on va mettre le paquet, comme on dit, pour
trouver les causes et des remèdes".
Le chef de l'Etat a expliqué qu'il ne voulait pas que le
lancement de ce plan "se traduise par un creusement du déficit
de la Sécurité sociale, par une baisse des remboursements ou une
augmentation des cotisations".
Parallèlement à cette annonce, Nicolas Sarkozy a dit avoir
demandé au ministre du Travail, Xavier Bertrand, "la création
d'une cinquième branche de la protection sociale exclusivement
tournée vers la prise en charge de la dépendance des personnes
âgées et handicapées (...) J'ai demandé que cette cinquième
branche soit créée au tout début de l'année 2008".
Revenant sur la mise en place du plan de lutte contre la maladie
d'Alzheimer, le Président de la République a déclaré : "Lutter
contre cette maladie est un défi, ce n'est pas une histoire de
gauche ou de droite. Tous les gouvernements, dans les 30 ans à
venir, y seront confrontés (...) Chaque année, il y a 225.000
cas nouveaux. Près de trois millions de personnes sont
directement concernées par ce drame (...) dont le seul coût
financier annuel est de 10 milliards d'euros par an. Alors, je
vous le dis, cet effort financier demandé aux assurés, il faut
le faire (...) Une société qui ne respecte pas ses personnes
âgées, qui les cache, est une société qui se renie. C'est un
objectif de civilisation (...) Dans un pays où il y a 8% de
chômeurs, ca ne doit pas être difficile de former des personnes
pour soutenir à domicile les personnes atteintes de ce mal (...)
Il y a 350.000 postes à pourvoir d'ici 2015. C'est un gisement
d'emplois aussi, afin de lutter contre ce fléau qui peut arriver
dans toutes les familles et qui n'est pas seulement lié au grand
âge".
Le président de la République a aussi déclaré avoir chargé le
professeur Joël Menard (scientifique respecté et personnalité
apolitique, ancien directeur général de la Santé entre octobre
1997 et août 1999) de présider un commission chargée d'établir
des premières orientations pour ce plan. Cette commission devra
rendre ses travaux le 21 septembre, date de la journée mondiale
de lutte contre cette maladie. Une chose est déjà acquise à
propos de ce plan : la création d'un institut dédié, du type
Institut national du cancer (INCa), n'est pas d'actualité.
L'idée serait plutôt de s'appuyer sur les plans réalisés au
cours de la précédente législature, en renforçant
considérablement les moyens. Le label « grande cause nationale »
vient d'être attribué pour 2007 au collectif Alzheimer, qui
regroupe 29 organisations, selon une décision du Premier
ministre publiée samedi au « Journal officiel ». Ce label permet
à l'association d'obtenir des diffusions gratuites et des tarifs
préférentiels pour des spots de publicité. Reçue hier par
François Fillon, Arlette Meyrieux, présidente de
France-Alzheimer, a souligné le « retard pris dans tous les
domaines : soins, recherche, accompagnement ». Reçue à l'Elysée,
l'AD-PA (directeurs de maisons de retraite) a rappelé que, dans
l'immédiat, « l'enjeu essentiel » était l'évolution des crédits
consacrés aux personnes âgées dans le budget 2008 de la Sécurité
sociale, et que ce choix « engagerait la crédibilité des
pouvoirs publics ».
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25 juillet 2007
- Sécurité Sociale : L'Etat annonce le remboursement de 5,1
milliards d'euros à la Sécurité sociale
Eric Woerth, ministre des Comptes publics, annonce dans Le Monde
daté de ce jour que "l'Etat transfèrera à l'Acoss (la banque de
la sécu, ndlr) avant octobre 5,1 milliards d'euros, provenant
des recettes déjà enregistrées de privatisation, soit
l'équivalent de sa dette au régime général au 31 décembre 2006".
Si ce gain en trésorerie ne change rien au déficit 2007 de la
Sécu, il permettra tout de même à l'Acoss d'éviter de dépasser
le plafond d'emprunt fixé à 28 milliards d'euros. Et il
occasionnera de moindres intérêts financiers à verser (200
millions) l'année prochaine. Pour l'année 2007, Eric Woerth
assure que l'Etat compensera "les allègements de charges à
l'euro près, quitte à modifier nos règles de gouvernance (...)
Les gestionnaires de l'Etat doivent cesser d'utiliser, comme
cela a encore été fait en 2006, les sommes destinées à la
compensation des exonérations pour d'autres dépenses". Cet
engagement de principe du ministre est d'autant plus important
que les allégements de charges vont considérablement augmenter
l'année prochaine avec les exonérations prévues sur les heures
supplémentaires...
- Médicament : Un chercheur de la FDA aurait été écarté des
travaux sur l'Avandia ®
Deux sénateurs étatsuniens ont fait savoir qu'un chercheur de la
Food and Drug Administration (FDA) a déclaré devant une
commission d'enquête parlementaire que la FDA l'avait écarté des
travaux sur l'Avandia, après qu'il eut fait part de ses doutes
quant à son innocuité. Ce chercheur a, à un moment donné, piloté
l'étude de l'agence américaine du médicament sur Avandia, selon
une lettre envoyée à la FDA par le président de la commission
des Finances du Sénat, Max Baucus (démocrate) et le sénateur
républicain Charles Grassley. Le chercheur pensait depuis 2005
qu'il y avait suffisamment de preuves de la nécessité d'assortir
Avandia d'un fort avertissement quant au risque d'attaques
cardiaques, ont déclaré les sénateurs. Dans un communiqué
intitulé "Les sénateurs révèlent les efforts de la FDA pour
étouffer les divergences scientifiques et minimiser les risques
pour la sécurité", accompagnant leur lettre, ils affirment que
le chercheur a été "marginalisé après avoir fait part de ses
préoccupations" concernant Avandia. Ce chercheur "a reçu
l'instruction de cesser de participer à l'étude des problèmes de
sécurité cardiovasculaire potentiels associés à Avandia",
peut-on lire dans la lettre des sénateurs. "Cette nouvelle
accusation est particulièrement importante et accroît notre
préoccupation concernant des interventions de la FDA dans des
décisions concernant la sécurité d'Avandia", poursuit la lettre.
Une porte-parole de la FDA, Julie Zawisza, a déclaré que
l'agence avait reçu la lettre des sénateurs et qu'elle allait y
répondre.
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24 juillet 2007
- Vaccinations : publication du nouveau calendrier vaccinal
Le comité technique des vaccinations publie ce jour le
nouveau calendrier vaccinal, cuvée 2007. Suite à la publication
au JO de la fin de l'obligation vaccinale contre la tuberculose
et du remboursement conditionnel du vaccin Gardasil (vaccin
contre le papilloma virus), de nombreux changements
interviennent cette année :
- Le fameux vaccin BCG contre la tuberculose n'est plus
obligatoire. Mais il reste conseillé pour les enfants à risque,
notamment ceux d'Ile-de-France et de Guyane, ou ceux ayant
séjourné dans des pays concernés par la tuberculose,
- Le vaccin contre le papillomavirus est recommandé chez les
filles de 14 ans. Un rappel est proposé a toutes les jeunes
femmes de 15 à 23 n'ayant pas eu de rapports sexuels, ou au plus
tard dans l'année de leurs premiers rapports. Le vaccin, assez
cher (300 Euros), est remboursé à 65 % dans cette indication (NB
: Cette vaccination doit être faite en complément du dépistage
des lésions précancéreuses du col dont la pratique doit être
renforcée) ,
- Le vaccin contre les infections à pneumocoque est généralisé à
tous les enfants de moins de deux ans. La procédure est de trois
injections (2 mois, 12 mois et 15 mois),
- Le vaccin contre l'hépatite B est fortement recommandé chez
tous les enfants de moins de 13 ans. Il peut être fait dès l'âge
de deux mois,
- le rappel contre la coqueluche est recommandé chez les adultes
« qui sont ou vont être en contact avec des nouveau-nés non
encore vaccinés ».
Enfin, le comité rappelle l'obligation du vaccin Rougeole
Oreillons Rubéole (ROR) et du DTPolio. En revanche, les vaccins
contre la varicelle et le rotavirus gardent des indications
restreintes.
Pour en savoir plus : Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire n°
31 et 32. juillet 2007
http://www.invs.sante.fr/beh/2007/31_32/index.htm
►Haut de page
23 juillet 2007
- Médicament : Agréal ® retiré du marché
Indiqué dans le traitement des bouffées de chaleur de la
ménopause, le neuroleptique Agréal ® a récemment fait l'objet
d'une réévaluation au niveau européen suite au signalement
d'effets secondaires indésirables, essentiellement
psychiatriques (anxiété, dépression et réactions à l'arrêt du
médicament) et neurologiques (mouvements anormaux dans de rares
cas irréversibles). Cette étude conduit ce jour à prévoir le
retrait de l'Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) d'Agréal ®
dans tous les Etats européens et un rappel des lots à compter du
30 septembre 2007.
Les traitement en cours devront progressivement arrétés (1
comprimé un jour sur deux pendant 1 semaine, puis 1 comprimé un
jour sur 3 pendant 1 semaine) avant l'arrêt complet.
Pour en savoir plus : Afssaps, Prescrire
►Haut de page
20 juillet 2007
- Médicament : L'EMEA interdit l'Acomplia ® pour les patients
dépressifs
En juin 2007, l'Emea a engagé une réévaluation de l'ensemble des
données disponibles portant sur les effets psychiatriques d'Acomplia
® depuis sa mise sur le marché européenne. L'Agence européenne a
conclu que la balance bénéfice/risque reste positive mais
recommande aujourd'hui de contre-indiquer ce médicament chez les
patients souffrant de dépression caractérisée ou traités par un
antidépresseur, en raison de risques d'effets secondaires
psychiatriques.
L'Afssaps rappelle que tout effet indésirable grave ou inattendu
susceptible d'être lié à la prise d'Acomplia ® doit
obligatoirement être déclaré par les professionnels de santé aux
centres régionaux de pharmacovigilance.
Pour en savoir plus : Communiqué de l'Afssaps du 20 juillet 2007
(www.afssaps.sante.fr)
►Haut de page
16 juillet 2007
- Sécurité sociale : Eric Woerth fixe à 2 % en volume la
progression de l'ONDAM pour la période 2008-2012
A l'occasion du débat d'orientation budgétaire (DOB), Eric
Woerth ,ministre du budget, a précisé la stratégie
d'assainissement des finances publiques. Sur la législature,
l'objectif est de "diviser par deux la progression de la dépense
publique", soit une hausse moyenne un peu en dessous de 1 % en
volume sur l'ensemble de la sphère publique – État, sphère
sociale et collectivités territoriales – contre 2,25 % en
moyenne sur les dix dernières années. Cela permettra l'an
prochain d'économiser 10 milliards d'euros dès l'an prochain,
selon le ministre. Ce résultat ne peut être obtenu sans le
concours de tous les acteurs, notamment la Sécurité sociale.
Eric Woerth a indiqué que "la croissance de l'objectif national
de dépenses de santé ne devrait pas dépasser en moyenne 2 % en
volume (hors inflation) par an sur la période 2008-2012, soit
environ 3,5 % en euros courants. Dans ces conditions, le taux
qui sera soumis au Parlement lors de l'examen du PLFSS pour 2008
devrait probablement se situer aux alentours de 3,3 % ou 3,5 %
au lieu des 2,6 % fixés pour 2007, chiffre qui sera largement
dépassé. Reste à savoir si ce taux s'appliquera sur les dépenses
effectivement constatées en 2008 ou sur les dépenses prévues qui
seront inférieures à la réalité. Dans ce dernier cas, cela
amputerait d'autant l'augmentation réelle de l´Ondam pour 2008.
Le ministre des comptes publics a reconnu que cet objectif était
"ambitieux (impliquait) que le gouvernement examine et renforce
dès maintenant les leviers de la maîtrise médicalisée avec
l'ensemble des acteurs (...) C'est aussi un objectif réaliste,
car il est inutile d'afficher des cibles hors d'atteinte" (comme
en 2007) l'instauration de la franchise devrait permettre, quant
à elle, de financer les nouveaux besoins (..) La maîtrise des
dépenses d'assurance maladie est d'autant plus nécessaire que
nous devons faire face à la dégradation des comptes de la
branche vieillesse".
Pour en savoir plus : Débat d'orientation budgétaire - séance du
16 juillet :
http://www.assemblee-nationale.fr/13/dossiers/debat_orientation_budgetaire_comptes_2008.asp
►Haut de page
03 juillet 2007
- Franchise sur les dépenses de santé : « une solution purement
financière qui ne résoudrait rien » pour le président de la
Mutualité Française
Dans un entretien publié ce jour dans les Echos, Jean-Pierre
Davant, président de la Mutualité Française, dresse un constat
d'échec de la réforme de 2004. Quant à la proposition de «
bouclier sanitaire » de Martin Hirsch, qui ferait varier les
remboursements en fonction des revenus, le président de la
Mutualité Française estime que "c'est le type même de la fausse
bonne idée. C'est même le projet le plus dangereux à l'heure
actuelle pour l'avenir de l'assurance-maladie. Si on demande aux
classes moyennes et aux cadres de financer toujours plus et de
recevoir toujours moins, on remet en cause le principe de
solidarité nationale. Martin Hirsch confond solidarité et
assistance. Nous ne sommes plus au XIXe siècle." Enfin, il
estime que les franchises constituent un simple
"déremboursement. Cela ne peut donc pas être considéré comme une
ressource nouvelle. La franchise est une solution purement
financière qui ne change rien à l'organisation du système de
santé. Et même sur le plan financier, elle ne résoudrait rien :
il faudrait une franchise de 400 à 500 euros par an et par
personne, ne serait-ce que pour remettre les comptes à zéro.
C'est impensable !"
►Haut de page
29 juin 2007
- Franchise sur les dépenses de santé : Martin Hirch formule des
propositions alternatives
Quelques jours après sa nomination au gouvernement, Martin
Hirsch avait jugé fin mai que les franchises sur les soins, une
des propositions les plus impopulaires du programme de Nicolas
Sarkozy, n'étaient "pas une bonne mesure", mais s'était dit
ensuite "rassuré" par l'assurance que les personnes en
difficulté seraient prises en compte. Dans une "contribution aux
réflexions sur l'assurance maladie", transmise aux ministères de
la Santé et des Comptes publics, et révélé ce vendredi par Les
Echos, l'ancien président d'Emmaüs France propose notamment
l'instauration d'une franchise "non pas sur les consultations ou
les médicaments, mais d'abord sur ce qui est peut-être le plus
source d'abus et d'inégalités, à savoir les indemnités
journalières". Le texte propose ainsi la non prise en charge des
indemnités journalières, versées en cas d'arrêts de travail, par
l'assurance maladie ou les complémentaires santé (mutuelles,
assurances, instituts de prévoyance). Ce mécanisme, qui
permettrait une économie annuelle d'un montant de 180 millions
d'euros au moment où l'assurance maladie intensifie sa lutte
contre les arrêts de travail abusifs, pourrait par ailleurs être
assorti d'une obligation pour l'employeur d'accepter que ce
premier jour d'arrêt maladie soit décompté comme une RTT.
M. Hirsch propose en outre l'instauration d'une "taxe
nutritionnelle", déjà en vigueur au Canada et dans "18 Etats
américains" ciblant quelques aliments jugés non satisfaisants
sur le plan nutritionnel (boissons sucrées, gazéifiées, snacks
salés ou sucrés) Selon le scénario retenu, le produit de cette
mesure pourrait être compris entre 200 millions d'euros et 1
milliard d'euros".
Enfin, M. Hirsch propose l'instauration d'un "bouclier
sanitaire" qui permettrait que les sommes restant à la charge du
patient ne puissent dépasser de 3 à 5% de son revenu brut. Un
dispositif semblable est déjà mis en oeuvre depuis 2004 en
Allemagne où le reste à charge est plafonné à 2% du revenu.
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27 juin 2007
- Les complémentaires santé se généralisent, sans effacer des
inégalités, selon une étude de l'INSEE
Plus de neuf personnes sur dix disposaient en 2003 d'une
couverture maladie complémentaire. Mais cette généralisation
n'efface pas les inégalités, observe l'INSEE dans une étude
publiée ce mercredi, soulignant que les plus pauvres, les
chômeurs et les étrangers sont les moins couverts.
En 2003, 99,6% de la population de France métropolitaine était
couverte par l'assurance-maladie. Alors que les assurés étaient
69% en 1981 à bénéficier d'une couverture complémentaire, leur
proportion est désormais de plus de 90%. Au total, 83% des
dépenses de santé ont été financées par la Sécurité sociale en
2003, 10% par les couvertures complémentaires (hors couverture
maladie universelle, créée en 2000) et 7% par les patients
eux-mêmes. Le nombre de personnes bénéficiant d'une
complémentaire a augmenté à tous les âges : la part des
individus non couverts parmi les 18-29 ans est ainsi passée de
33% en 1981 à 14% en 2003. Chez les plus de 70 ans, cette part
atteint désormais 10%, contre 54% il y a 25 ans. Plus le niveau
de vie de leur ménage est faible, plus les individus se trouvent
sans complémentaire santé. Ainsi, en 2003, 21% des individus
appartenant aux 20% des ménages ayant le niveau de vie le plus
faible déclaraient ne pas avoir de complémentaire, contre 4%
pour les 20% de foyers ayant le niveau le plus élevé.
Alors que la couverture maladie universelle (CMU) destinée aux
foyers les plus pauvres devrait assurer une couverture à
l'ensemble de la population, ce dispositif "souffre d'un
non-recours important (entre 14 et 15% en 2003), pour des
problèmes d'information d'une part, mais aussi parce que
certains des bénéficiaires potentiels, notamment les plus
jeunes, éprouvent moins de besoins de soins", note l'INSEE.
Les populations "les plus vulnérables" sont les moins couvertes,
poursuit l'Institut national de la statistique et des études
économiques. Treize pour cent des personnes appartenant à une
famille monoparentale n'ont pas de complémentaire, contre 5% des
individus vivant dans un ménage composé d'un couple et de deux
enfants. C'est aussi le cas des étrangers: 46% des Africains non
maghrébins, 42% des Maghrébins vivant en France, 33% des
ressortissants des pays européens hors UE et 21% des
ressortissants de l'Union européenne n'étaient pas couverts en
2003, contre 8% des Français de naissance.
Ces différences ne sont pas sans lien avec le recours aux soins,
constate l'INSEE. En effet, 7% des adultes bénéficiant d'une
complémentaire n'avaient pas consulté de médecin, généraliste ou
spécialiste, au cours des douze mois précédant l'enquête. Cette
proportion grimpait à 17% pour les personnes non couvertes. Or,
parmi elles, 14% disaient par exemple avoir des caries non
soignées, soit deux fois plus que le reste de la population.
- Médecins du Monde interpelle les nouveaux députés sur
l'accès aux soins des plus démunis
Le bus de Médecins du Monde, qui a sillonné depuis le 9 mars
quinze villes de France pour débattre de l'accès à la santé des
plus faibles, a été installé mercredi place du président
Edouard-Herriot, à Paris, à proximité de l'Assemblée nationale
pour "demander aux nouveaux élus que les lois garantissent
l'accès aux soins des personnes les plus vulnérables", a
expliqué Françoise Jeanson, ancienne présidente de MDM.
Au cours de la campagne, plus de 10.000 personnes ont signé les
cinq propositions de MDM (intégration de l'AME - aide médicale
d'Etat - dans la CMU, ouverture d'une permanence d'accès aux
soins dans chaque hôpital, campagne nationale de dépistage des
enfants intoxiqués au plomb, développement d'unités mobiles de
psychiatrie, non-expulsion et accès aux soins sans restriction
des étrangers gravement malades). Quatre-vingts élus de tou