actualités générales du monde de la Santé

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ANNEE 2004

23 décembre 2004

- La FDA recommande une "utilisation limitée" des AINS (Cox 2 inclus)

L'agence américaine de réglementation des médicaments (FDA) a recommandé ce jeudi dans un communiqué une "utilisation limitée (des anti-inflammatoires non stéroïdiens) y compris ceux de type Cox-2". Cette recommandation est "une mesure temporaire, jusqu'à examen de données qui continuent d'être collectées".
L'agence a également demandé une évaluation "de toutes les études concernant les agents Cox-2 de type Celebrex et Bextra". La FDA a expliqué ces mesures par les résultats d'études cliniques "montrant que les agents de type Cox-2 (Vioxx, Celebrex, Bextra) peuvent être associés à un risque cardio-vasculaire accru".
L'agence a précisé qu'elle déterminerait "s'il faut une réglementation supplémentaire" à l'issue de son analyse. Un comité d'experts a été formé et il se réunira en février 2005.
La FDA avait laissé entendre précédemment qu'elle pourrait décider un retrait du marché des anti-inflammatoires de type Cox-2 avant sa réunion publique, et l'agence a recommandé aux médecins de bien peser le rapport risque/bénéfice dans leur prescription d'anti-inflammatoires type Cox-2.
 L'agence du médicament a également mis en garde sur l'utilisation des anti-douleurs vendus sans ordonnance : "Nous avertissons les consommateurs que tous les anti-douleurs vendus sans ordonnance, y compris les anti-inflammatoires non-stéroïdiens, doivent être utilisés dans le strict respect des indications".

 


 

22 décembre 2004

- Dynastat/Bextra : Effets indésirables cutanés graves en plus des effets cardiovasculaires
A la suite de deux études, l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a souhaité faire connaître ce mercredi de "nouvelles informations importantes concernant la sécurité d'emploi" de deux molécules de Pfizer, le parécoxib (nom commercial : Dynastat) et le valdécoxib (Bextra, non commercialisé en France mais disponible dans certains Etats européens), des anti-inflammatoires inhibiteurs de l'enzyme dite Cox-2 (cyclo-oxygénase de type 2).
Ces deux molécules ont été évaluées dans deux études portant sur le traitement des douleurs après pontages des coronaires.

Un taux supérieur d'infarctus du myocarde et d'accidents vasculaires cérébraux a été ainsi relevé parmi les patients traités par parécoxib/valdécoxib, comparés à ceux sous placebo. En conséquence, le Dynastat est désormais "contre-indiqué après pontage coronaire dans le traitement des douleurs post-opératoires".
Par ailleurs, des "effets indésirables cutanés graves (épidermolyses bulleuses, type syndrome de Lyell) d'évolution parfois mortelle, ont été rapportés chez des patients traités par du valdécoxib (survenant) dans la majorité des cas, au cours des deux premières semaines de traitement (…) La fréquence des effets indésirables cutanés graves, rapportés en Europe, semble être plus élevée avec le valdécoxib" qu'avec les autres médicaments anti-inflammatoire de la même famille des anti-Cox-2. La fiche officielle ou "Résumé des Caractéristiques du Produit" (RCP) du Dynastat a donc été modifiée en conséquence.
 



21 decembre 2004

- Vioxx/Celebrex ® : la presse s’intéresse au « dérapage » de l’industrie pharmaceutique

Citant le Dr Carmen Kreft-Jaïs, responsable de la pharmaco-vigilance à l'Afssaps, le journaliste Marc Payet indique dans Le Parisien de ce jour que le Celebrex ® « a provoqué 400 effets secondaires graves en France (…) les plus fréquents sont les effets cutanés. Mais les enquêtes nous apprennent que le Celebrex ® a provoqué aussi des accidents vasculaires cérébraux et de nombreux cas d'hypertension artérielle (…) L'information est d'autant plus inquiétante que ces effets secondaires graves se sont produits «dans des conditions normales d'utilisation du médicament» et pas en surdosage ou en dehors des indications. Plus grave encore, «il y a des décès signalés avec des personnes qui prenaient entre autre du Celebrex ®», ajoute la médecin de l'Afssaps, mais aucun lien de causalité n'a encore été formellement établi entre la prise unique de ce médicament et la survenue d'un décès ». Marc Payet note enfin que l'Association des victimes d'accidents de médicaments « envisage une plainte commune des patients ».

De son coté, Le Monde parle en Une de « tempête sur l’industrie pharmaceutique mondiale ». Les journalistes Paul Benkimoun et Sandrine Blanchard notent en effet que « les affaires du Vioxx ® et du Celebrex ®, deux anti-inflammatoires vedettes accusés d'augmenter les risques cardio-vasculaires, nourrissent les soupçons sur l'indépendance et la rigueur des autorisations de mise sur le marché, face à la puissance de l'industrie pharmaceutique ».
Le journal livre un entretien avec Bernard Debré, chef de service d'urologie à l'hôpital Cochin, et Philippe Even, président de l'Institut Necker. Bernard Debré déclare que « beaucoup d'essais sont mal conçus, biaisés, voire falsifiés et souvent trop dispersés sur la planète, dans le seul but d'élargir les marchés ». Philippe Even estime qu’« un des problèmes vient de ce qu'il y a eu, jusqu'en 1984-1985, des avancées thérapeutiques formidables permettant de contrôler assez bien une grande partie des maladies. Mais l'industrie pharmaceutique a mangé son pain blanc. La biologie est devenue si complexe qu'on ne découvre plus de médicaments d'action large, capables de conquérir de vastes marchés (…)
Les grands laboratoires essaient donc de faire du chiffre par le nombre de boîtes vendues, ce qui amène parfois au dérapage ».

Les journalistes Paul Benkimoun et Sandrine Blanchard posent enfin la question : « La faute revient-elle aux prescripteurs ? "Le médecin français n'a pas beaucoup d'analyse critique sur l'AMM", constate le professeur Bergman. Sans doute parce que, comme le rappelle M. Toussaint (directeur de la rédaction de la revue Prescrire, indépendante de l'industrie pharmaceutique), "l'information sur le médicament est aux mains, directement ou indirectement, de l'industrie
pharmaceutique" ».
 


 

20 décembre 2004
- La publicité sur le Celebrex suspendue aux USA

Le quotidien New York Times annonce, dans son édition de ce lundi, que le groupe pharmaceutique Pfizer a décidé d'arrêter immédiatement toute publicité sur son anti-inflammatoire Celebrex. Toutes les publicités visant le grand public vont être arrêtées, que ce soit à la télévision, à la radio ou dans la presse, a indiqué au quotidien une porte-parole du groupe pharmaceutique, Mariann Caprino : "Nous en avons discuté avec la FDA et nous sommes tombés d'accord pour dire qu'il fallait le faire". La suspension a été décidée sine die mais certains magazines pourraient encore publier des publicités pour le Celebrex, compte-tenu des délais d'impression, a précisé la porte-parole.
 



17 décembre 2004

- Appel de médecins américains pour ne plus prescrire Bextra

Dans une tribune sur le site en ligne du "New England Journal of Medicine", les Dr. Wayne Ray, Marie Griffin et Michael Stein,de l'école de médecine Vanderbilt (Tennessee) ont lancé ce vendredi un appel à leurs confrères pour ne plus prescrire l'anti-inflammatoire de type COX-2 Bextra, comme le Vioxx et le Celebrex, tant que des études supplémentaires n'auront pas été faites pour mieux évaluer ses risques cardio-vasculaires : "Les inquiétudes pour la santé suscitées par le Bextra sont identiques à celles provoquées par le Vioxx (…) Dans le but de protéger la santé publique nous publions cette lettre pour recommander aux médecins d'arrêter de prescrire le Bextra (valdecoxib) sauf dans des circonstances exceptionnelles (…) Nous pensons que ces restrictions devraient rester en place jusqu'à ce que nous disposions de meilleures informations sur la sûreté de Bextra".

Cette recommandation est basée sur le long délai entre les premières indications des dangers pour le coeur du Vioxx (2002) et son retrait du marché le 20 septembre 2004 ainsi que sur de récentes études ayant montré les dangers du Bextra pour le système cardio-vasculaire et la peau, ont expliqué ces médecins. Ils ont rappelé une récente étude sur 1.500 personnes qui a montré un quasi triplement des risques de graves accidents cardiovasculaires pour les personnes traitées avec du Bextra et venant de subir un pontage coronarien.

Pfizer, qui commercialise également le Celebrex, dont une étude publiée vendredi a montré ses risques pour le coeur, avait décidé de ne plus conduire des essais cliniques avec du Bextra sur des patients à haut risque cardiaques.

Une étude présentée en novembre lors du dernier congrès annuel de la société américaine de cardiologie "American Heart Association", montrait que les personnes prenant du Bextra avaient deux fois plus de risques d'avoir une crise cardiaque et d'autres problèmes cardio-vasculaires comparé à un groupe traité avec un placebo.

La FDA (Food and Drug Administration), l'agence de réglementation des médicaments, avait annoncé le 9 décembre un renforcement de l'avertissement initial pour le Bextra concernant spécifiquement les personnes venant de subir une pontage coronarien pour lesquelles ce médicament est contre-indiqué.
 



17 décembre 2004
- Célécoxib : suspension d‘un essai clinique

L'Afssaps a émis un communiqué de presse ce jour suite à la décision des laboratoires Pfizer de suspendre, après la mise en évidence d'une augmentation du risque cardiovasculaire, un essai clinique ayant pour but d'évaluer l'efficacité du célécoxib (Célébrex®) dans la prévention de la polypose colique.
Dans l'attente des données qui ont motivé l'arrêt de l'étude clinique en cause, l'Afssaps rappelle qu'il convient de :
- respecter les indications et la posologie : la prescription du célécoxib doit se limiter au traitement des poussées douloureuses de l'arthrose ou des manifestations inflammatoires de la polyarthrite rhumatoïde ;
- ne pas donner de traitement dont la durée excèderait celle des manifestations symptomatiques ;
- d'évaluer le risque cardiovasculaire avant toute prescription et pendant le traitement, tout particulièrement chez les patients présentant des antécédents cardiovasculaires récents (infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral) ;
- ne pas arrêter les traitements concomitants avec l'aspirine à faible dose (ou d'autres anti-agrégants plaquettaires) pour la prévention du risque cardiovasculaire.
L'Agence recommande aux patients de se conformer strictement aux prescriptions de leur médecin, de ne pas prolonger leur traitement au delà de la durée prescrite et, en cas de doute ou de questions, de prendre l'avis de leur médecin.

NB : Suite à l’annonce de cette suspension, l'action Pfizer était incotable au NYSE.

 


 

24 novembre 2004

- L'Espagne veut réduire l'influence des laboratoires sur les médecins

Le gouvernement socialiste espagnol veut réduire l'influence des laboratoires sur les médecins dans le cadre d'un plan de choc destiné à diminuer la facture pharmaceutique qui a augmenté de 12,5% en 2003, a indiqué ce mercredi un porte-parole du ministère de la Santé.

Ce plan, dont la disposition sur la réduction des prix a provoqué la colère du patronat de l'industrie pharmaceutique, entrera en vigueur dans les trois prochaines années.

Le texte prévoit notamment qu'à partir de 2005, l'Agence nationale pour les médicaments fournira elle-même aux praticiens des informations sur les produits pharmaceutiques. Un vade-mecum officiel des médicaments leur sera également distribué (NB : Toutes ces informations sont actuellement fournies par les laboratoires).

Le ministère de la Santé va également organiser l'an prochain des séances de travail avec l'industrie pharmaceutique et les administrations régionales sanitaires pour "mener une réflexion (...) éthique et scientifique surla publicité et la promotion des médicaments".

Il s'agit de restructurer l'actuel modèle de démarchage des représentants des laboratoires auprès des médecins afin que cette activité "commerciale légitime entrave le moins possible" leur travail.

Le plan prévoit également une diminution du prix d'une grande partie des médicaments (-4% en 2005 et -2% en 2006), qui permettra une économie de 400 millions d'euros. L'exécutif veut également donner une impulsion aux médicaments génériques qui ne représentent que 6% des produits pharmaceutiques vendus. La marge des pharmacies sur ces produits sera diminuée et le ministère de la Santé favorisera des campagnes de promotion des génériques.

Le patronat de l'industrie pharmaceutique, Farma industria, a exprimé dans un communiqué son rejet "radical et absolu" d'une diminution du prix des médicaments qui "mettrait sérieusement en danger" les investissements en matière de recherche et développement du secteur.

L'an passé, les dépenses pharmaceutiques en Espagne ont augmenté de 12,5% par rapport à 2002, pour atteindre 9 milliards d'euros, alors que les autorités tablaient sur une progression de 6,5%.

 


 

05 novembre 2004

- Selon le Lancet, le Vioxx aurait dû être retiré du marché il y a 4 ans (information démentie par Merck)

Le médicament anti-inflammatoire Vioxx aurait dû être retiré du marché il y a quatre ans car il existait déjà assez de preuves qu'il augmentait le risque d'infarctus du myocarde, selon une étude publiée ce vendredi en ligne par la revue médicale britannique The Lancet.

Selon l'étude du Lancet, "les données montrent une augmentation du risque d'infarctus du myocarde après seulement quelques mois de traitement, et que ce risque est indépendant de la dose". L'équipe de Peter Jüni et de Matthias Egger de l'université de Berne (Suisse) a ré-analysé 29 études : "Notre analyse confirme ce que nous suspections, à savoir que l'on disposait dès la fin 2000 de données prouvant un risque accru de maladies cardio-vasculaire sous Vioxx". A l'époque, on dénombrait sur 20.742 patients observés, 52 cas d'infarctus dont 41 chez les patients traités par Vioxx, soit une "importante différence statistique à l'encontre du Vioxx", notent les auteurs.

Une augmentation du risque cardiaque mise à jour par l'étude Vigor de 2000 a été attribuée par les responsables de l'étude à un effet protecteur "supposé" du médicament naproxène (noms de commerce : Apranax, Aleve...) et non à un effet secondaire indésirable du Vioxx auquel il était comparé, critiquent les auteurs.

Pour éviter les analyses trop favorables aux produits étudiés, les auteurs "recommandent que les données et les résultats de ce type d'études fassent l'objet, à l'avenir, d'un évaluation indépendante". Les coxibs avaient déjà fait l'objet de critiques, pour avoir été présentés abusivement comme dénués de risques digestifs (ulcères, saignements...).

"Il n'est pas du tout certain que Merck survive à ce scandale grandissant", commente dans Lancet son rédacteur en chef, Richard Horton. Il reproche surtout à Merck et la FDA (l'agence américaine du médicament) d'avoir agi de façon intéressée et irresponsable.

De son coté, le groupe pharmaceutique américain Merck, fabricant de l'anti-inflammatoire Vioxx, a rejeté le jour même dans un communiqué les accusations de la revue médicale britannique The Lancet. "Merck redit avoir été vigilant" concernant l'innocuité du Vioxx en matière cardio-vasculaire et se dit "en total désaccord" avec toute affirmation contraire : Aucune différence significative entre le Vioxx et d'autres placebos en termes de risques cardio-vasculaires n'a été démontrée par les études cliniques menées par Merck, répète le groupe.

 


 

04 novembre 2004

- La FDA suspecte le Vioxx ® dans 27 785 décès

Pour la Food and Drug Administration (FDA), l'utilisation de l'anti-inflammatoire Vioxx ® pourrait avoir provoqué aux Etats-Unis 27 785 infarctus du myocarde ou décès par crise cardiaque entre 1999 et 2003.

Selon une étude du Dr David J. Graham, la prise d'une dose standard de Vioxx ® augmenterait les risques d'une fois et demie, et la prise de fortes doses de 3,7 fois, précise l'étude menée entre 1999 et 2001 sur des patients californiens âgés de 18 à 84 ans .

 

- Le Celebrex ® (Pfizer) serait lié à 14 décès au Canada

Selon un journal canadien, le Celebrex ® « serait lié à au moins 14 décès au Canada et suspecté d’avoir provoqué, en plus de ces décès, de nombreux effets secondaires cardiovasculaires ».

 


 

03 novembre 2004

- Publication d’un livre sur les dessous de l'industrie pharmaceutique

Le quotidien Le Figaro annonce ce jour la sortie d’un « brûlot (relatant) les excès de l'industrie pharmaceutique » (The Truth About Drug Companies,Random House, Dr Marcia Angell) :  « Vioxx, Cholstat, Redux, Ponderal... : la liste des médicaments retirés du marché en raison de leurs effets secondaires ne cesse de s'allonger., Marcia Angell dénonce dans un ouvrage qui vient de sortir aux Etats-Unis l'évolution récente de l'industrie pharmaceutique. Selon l'auteur de cette enquête sans concession, l'industrie pharmaceutique qui influence le pouvoir politique et tient la plume du législateur et des prescripteurs, aurait réussi à mettre dans sa poche la quasi-totalité des experts ». En préambule de son ouvrage, le Dr Angell (ancienne rédactrice en chef du NewEngland Journal of Medicine, NEJM)  annonce : «Il était une fois une industrie qui présentait des médicaments pour soigner les maladies. Aujourd'hui, elle fait la promotion de maladies censées être la cible de ses molécules. »

Elle révèle aussi que « Désormais, l'industrie pilote en direct tous les essais des médicaments : elle paie les experts, elle leur tient la plume, elle censure les mauvaises nouvelles ».

 


 

01 novembre 2004

- Merck aurait tenté de dissimuler les problèmes du Vioxx ®

Selon le Wall Street Journal, des documents émanant de Merck montrent que le laboratoire américain aurait tenté de cacher les préoccupations liées au effets secondaires du Vioxx ®. Un avocat du laboratoire a indiqué que les documents mentionnés avaient été «sortis de leur contexte» et «ne représentaient pas correctement la conduite de Merck» ».

 


 

30 septembre 2004

- Merck annonce le retrait mondial du Vioxx ®

Le groupe pharmaceutique américain Merck, qui a vendu pour 2,5 milliards de dollars de Vioxx en 2003, a décidé son retrait du marché mondial ce jour, à la suite d'une étude montrant une augmentation des risques d'accidents cardiovasculaires et de crise cardiaque chez les patients après 18 mois de traitement.

Le Vioxx (principe actif : rofecoxib) est un anti-inflammatoire de la famille des coxibs (inhibiteur sélectif d'une enzyme appelée cyclo-oxygénase-2), essentiellement prescrit pour les symptômes d'affections rhumatismales comme l'arthrose.

 


 

19 février 2004

Brutal remplacement du directeur de l'agence du médicament
Un énarque, Jean Marimbert, 47 ans, succède à un médecin de santé publique, Philippe Duneton, à la tête de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps).
Selon le ministère, l'arrivée d'un "gestionnaire" à la tête de l'Afssaps s'inscrit dans l'idée qu'elle doit évoluer et s'intégrer dans la future agence de bio-médecine, prévue par la loi de bioéthique et qui doit regrouper les activités de l'Afssaps, de l'Etablissement français des greffes (EFG) et celles concernant l'assistance médicale à la procréation, la médecine embryonnaire et foetale et la génétique humaine.
L'Afssaps a récemment fait l'objet d'un rapport critique de la commission des finances du Sénat, mené par Adrien Gouteyron, qui relève les "problèmes de croissance" auxquels elle est confrontée.
M. Marimbert a été directeur général de l'Agence nationale pour l'emploi (ANPE) en 1990 et 1991, président de l'Agence française du sang (AFS) de 1993 à 1995, directeur des Relations du travail au Ministère de l'Emploi et de la Solidarité de 1995 à 2001, puis a dirigé l'Autorité de régulation des télécommunications (ART) de 2001 à 2003.
Conseiller technique au cabinet du ministère de Philippe Seguin (Affaires Sociales et Emploi) de 1987 à 1988, puis directeur adjoint de celui de Jean-Pierre Soisson (Travail, Emploi, Formation professionelle), M. Marimbert est, souligne le ministère, un "expert reconnu des questions sociales et du monde du travail et aussi un spécialiste des questions sanitaires".
De son coté, Philippe Duneton "sera chargé des questions européennes et internationales en matière de médicaments et de dispositifs médicaux pour le Ministère de la santé". Parallèlement, il "continuera d'exercer son mandat de président de l'Agence européenne du médicament (EMEA)".
Alain Claeys, secrétaire national à la Santé et à la Recherche du Parti socialiste, a exprimé son "émotion" et sa "surprise" après l'annonce du remplacement, qu'il qualifie d'"éviction brutale" de Philippe Duneton : "Sur la forme, il est choquant de voir le directeur d'une agence indépendante " démissionné " sans aucune explication, alors même qu'il a été nommé pour une durée de trois ans par le président de la République, en mars 2002 (…) Cette décision révèle une conception troublante du rôle et de la fonction d'une agence comme celle du médicament : celle-ci a en effet pour objet d'éclairer scientifiquement, objectivement et dans la transparence, le gouvernement comme les Français dans un domaine particulièrement sensible pour la santé publique".
 



16 février 2004

Légionellose : fin officielle de l’épidémie dans le Pas de Calais
La coordinatrice de la cellule interrégionale d’épidémiologie, le docteur Danièle Ilef, a considéré aujourd’hui "que l’épidémie est terminée", tandis que le docteur Cécile Guitard, de la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales renchérissait : "Il n’y a pas de raison qu’il y ait de nouveaux cas ".
Quelque 85 personnes auront été touchées par la légionellose dont treize personnes sont mortes et huit sont encore hospitalisées aujourd’hui. Les conséquences industrielles sont également importantes pour l’usine Noroxo, qui après avoir fermé ses portes une première fois entre le 3 et le 20 décembre, n’a pas connu d’activité depuis le 4 janvier. Un nouveau nettoyage des tours est prévu mais n’aurait toujours pas eu lieu selon des proches de la direction de l’usine.
 



12 février 2004

La commission santé-environnement formule 14 recommandations
La commission d'experts chargée par le gouvernement d'établir un diagnostic des enjeux de santé liés à l'environnement a remis ses conclusions ce jour au Premier ministre.
Les 22 experts jugent parfaitement "évitables" les milliers de décès liés chaque année en France aux infections ou intoxications aiguës, aux conditions climatiques extrêmes et à la pollution.
La commission préconise une politique active de prévention, avec la diminution des émissions polluantes des véhicules (généralisation du filtre à particules sur les moteurs diesel), et une alerte renforcée des populations en cas de pollution, de grand froid ou de canicule.
Elle recommande aussi de réduire l'exposition à certains pesticides et produits chimiques, et d'accentuer l'évaluation de tous les produits.
Les scientifiques soupçonnent en effet de plus en plus les produits chimiques présents à l'état diffus dans l'environnement d'être responsables de la multiplication depuis 20 ans de certains cancers, de la croissance foudroyante des maladies allergiques et de l'asthme.
Les captages d'eau, dont certains sont contaminés par les nitrates et les pesticides, doivent être mieux protégés.
La commission juge également prioritaire la formation des professionnels du bâtiment face aux risques liés à l'habitat, où les matériaux peuvent libérer des produits toxiques.
Elle est sévère sur la faiblesse de la recherche française en santé-environnement et le peu d'intérêt des professionnels de santé, et réclame la création d'une discipline spécialisée en santé environnementale.
Le Premier ministre a demandé aux ministres de la Santé, de l'Ecologie et du Travail d'élaborer pour juin un plan d'action qui doit se situer "au plus haut niveau de ce qui existe déjà au plan international".


 

30 janvier 2004

L égionellose : la CGT dénonce la recherche de profits aux dépens de la santé
Selon la fédération nationale agroalimentaire FNAF-CGT, "le gouvernement doit obliger les entreprises à faire les dépenses nécessaires pour garantir les conditions de travail pour les salariés, éliminant tout risques pour leur santé et donc pour celle des riverains des sites industriels (…) il faut condamner toute recherche de profits au détriment de la sécurité et de la santé des populations (et) doter les salariés de droits nouveaux en matière de respect des réglementations (…) la recherche du profit maximum amène le patronat à rogner sans cesse sur toutes les dépenses, notamment sur le nettoyage des outils et des équipements industriels, foyer de propagation de la bactérie".
NB : En près de trois mois, l'épidémie a touché 84 personnes, dont dix sont décédées. Seize patients sont encore hospitalisés, dont quatre en réanimation.

- Légionellose : Questions sur des boues chez Noroxo
Depuis mercredi, les autorités portent leur attention sur les boues biologiques présentes dans le bassin de rétention (lagune) de l'usine pétrochimique Noroxo à Harnes (Pas-de-Calais), provenant de la station d'épuration de l'usine chimique SEAC à Beuvry-la-Forêt (Nord), située à une trentaine de kilomètres de Harnes.
Des analyses ont en effet révélé que des souches de légionelles retrouvées chez 23 patients atteints de légionellose avaient le même profil que des bactéries trouvées en grande quantité dans les boues biologiques de Noroxo (ExxonMobil).
Les teneurs en légionelloses ont été mesurées à 210 millions d'unités formant colonie (UFC) par litre d'eau.Selon la direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (Drire), ces chiffres "sont élevées mais il n'y a rien de choquant (…) Les lagunes ont des eaux assez stagnantes, tièdes, propices à la prolifération des bactéries qui permettent de transformer une eau polluée en eau propre. C'est un traitement biologique (Maintenant,) il s'agit de savoir comment des légionelles ont pu aller de la lagune vers les tours aéroréfrigérantes" de Noroxo.
L'usine Noroxo affrète des camions-citernes pour aller chercher les boues à l'usine SEAC, et les véhicules sont nettoyés à Noroxo. L'une des hypothèses de la Drire est que le transfert de légionelles vers les tours se soit produit lors du nettoyage de ces camions.
"Il y a de la legionella dans nos boues, comme dans toutes les boues, ce n'est pas un scoop. Par contre, ce qui déclenche l'épidémie, c'est la diffusion, or je vois mal comment on pourrait diffuser à plus de 30 km de notre site (…) Après la découverte de légionelles dans des boues provenant de SEAC à Noroxo, nous avons cessé l'envoi des boues (le 22 janvier, NDLR), et de nouveaux tests ont été effectués, dont les résultats ne seront connus que la semaine prochaine" a déclaré Jean-Pierre Diehl, directeur de SEAC (Des contrôles ont été effectués dans les trois tours aéroréfrigérantes de SEAC en décembre et ces tests ont été négatifs, NDLR).
NB : Seac, filiale du groupe australien Nufarm, emploie 143 salariés et fabrique des produits chimiques organiques pour l'industrie pharmaceutique.


 

29 janvier 2004

Légionellose : les ministres de la Santé et de l´Environnement annoncent un programme de prévention
Les ministères de la Santé et de l´Environnement ont présenté ce jour les «axes d´un programme de prévention de la légionellose». Dans un communiqué de presse commun, Jean-François Mattéi et Roselyne Bachelot précisent que ce programme «couvrira l´ensemble des installations susceptibles de favoriser la prolifération des légionelles comme les tours aéroréfrigérantes ou les réseaux d´eau chaude sanitaire et concernera notamment les établissements recevant du public dont les hôpitaux et l´habitat collectif. Il inclura également un renforcement des actions de recherche et d´expertise des phénomènes de prolifération et de diffusion de la bactérie Legionella». Par ailleurs, la réglementation, qui date de 1999, sera modernisée par voie de décret et d´arrêté tandis qu´un guide technique «détaillant les mesures d´entretien» sera également actualisé et diffusé aux sociétés de maintenance avant l´été prochain. Enfin, les DRIRE et les DDASS intensifieront leurs contrôles.
 



28 janvier 2004

Le Vatican attaque l’industrie pharmaceutique
Lors du message papal à l’occasion du Carême, le père Angelo d’Agostino, missionnaire au Kenya s’est insurgé contre l’attitude de l’industrie pharmaceutique en Afrique : «C’est à cause de l'action génocidaire des cartels pharmaceutiques qui refusent de baisser les prix pour l'Afrique que 400 personnes meurent chaque jour du sida au Kenya, alors qu'en Europe et en Amérique du Nord la maladie est de moins en moins mortelle».


 

21 janvier 2004

Légionellose : cinq nouveaux cas
Cinq nouveaux cas de légionellose ont été recensés dans le Pas-de-Calais depuis le début de la semaine. L'épidémie qui a frappé en deux vagues, avant et après la mi-décembre, a touché 80 personnes, dont 10 sont décédées. Dix-neuf patients sont encore hospitalisés, dont cinq en réanimation, et 51 personnes ont regagné leur domicile, a précisé la préfecture.
Par ailleurs, le nettoyage de l'usine de surgelés Mc Cain à Harnes (Pas-de-Calais) a débuté ce jour. Elle avait été arrêtée lundi à la demande du préfet après la découverte dans une tour aéroréfrigérante de légionelles en très faible quantité mais de souche déjà identifiée sur des patients. Jusqu'à présent, l'usine pétrochimique Noroxo (groupe Exxonmobil) également à Harnes, reste la seule source de contamination identifiée de l'épidémie. Dix-sept cas de légionellose appartenant aux deux vagues lui ont été imputés par les analyses scientifiques. L'entreprise a été arrêtée une première fois du 3 au 20 décembre pour un nettoyage complet de ses tours aéroréfrigérantes. Depuis le 4 janvier, elle est de nouveau arrêtée pour nettoyage.
 



18 janvier 2004

Légionellose: Mattei à Lens, ne croit pas à une 3e vague de contamination
Le ministre de la Santé Jean-François Mattei s'est voulu rassurant dimanche à Lens, alors que 1 nouveau décès et 6 nouveau cas de légionellose ont été enregistré cette dernière semaine : "Je ne crois pas que l'on puisse parler d'une nouvelle vague de contamination. Je crois qu'il y a plutôt un peu moins de cas (…) Mais on ne doit jamais oublier que l'usine (Noroxo de Harnes, ndlr) qui est à l'origine de la souche épidémique a été fermée le 5 et qu'il est des incubations de l'infection qui durent jusqu'à 15 jours et même au-delà (…) Je ne peux donc pas parler de fin d'épidémie (...) Les explorations continuent, nous attendons de nouveaux résultats, nous serons probablement amenés à désinfecter, nettoyer d'autres établissements".
Le ministre a assisté à la sous-préfecture à une réunion de travail avec les membres de la cellule opérationnelle et les experts de la mission nationale d'appui. Il s'est ensuite entretenu avec une quarantaine de maires et d'élus de l'ancien bassin minier lensois ainsi qu'avec plusieurs responsables politiques de la région. M. Mattei a souligné que "la région du Pas-de-Calais n'a pas à être montrée du doigt". Il a rappelé qu'une autre épidémie de légionellose avait "touché le sud-est au début de l'été" et qu'"il y a à peu près 1.000 cas de légionellose en France par an". Selon M. Mattéi, l'ampleur de l'épidémie est liée à une souche "particulièrement virulente", au "très important taux de concentration de la bactérie" (découvert à l'usine Noroxo, seule source d'épidémie identifiée jusqu'à présent, ndlr) et à des "facteurs climatiques comme le brouillard, des vents tourbillonnants et l'absence de relief".
NB : Le préfet du Pas-de-Calais Cyrille Schott a d'ailleurs demandé dimanche l'arrêt d'une tour aéroréfrigérante de l'usine Mac Cain de Harnes, dans laquelle une faible quantité de légionelles de même souche que Noroxo a été découverte.


 

12 janvier 2004

Légionellose : 2 nouveaux décès
7 nouveaux cas de légionellose ont été recensés dans le Pas-de-Calais et deux nouvelles personnes en sont mortes ces 3 derniers jours, mais l'ensemble des cas découverts récemment se rattachent à la "deuxième vague" de contamination, a annoncé ce jour la préfecture du Pas de Calais. Vendredi 9, la Ddass déclarait s'attendre à voir apparaître au plus "quatre ou cinq cas" qui correspondraient à "la queue de comète de l'épidémie, les malades qui ont mis plus de temps à incuber la maladie ou qui ont tardé à consulter".
Sur les 69 patients recensés, neuf sont morts, 20 restent hospitalisés, et 40 ont pu regagner leur domicile.
 



10 janvier 2004

Légionellose : Annonce d’un plan gouvernemental
Le ministre de la Santé Jean-François Mattei présentera la semaine prochaine au Sénat, dans le cadre du projet de loi sur la santé publique, un amendement visant à lutter contre la légionellose, en renforçant notamment les contrôles sur les tours aéroréfrigérantes.
L'objectif de cet amendement est de "compléter, préciser et renforcer la prévention des légionelloses dans un certain nombre d'installations", a déclaré M. Mattei samedi à l'issue d'une réunion interministérielle de deux heures à Matignon sur les maladies infectieuses.
Dans un communiqué, le service de presse du Premier ministre a précisé que le gouvernement allait "renforcer les contrôles sur les tours aéroréfrigérantes qui ne sont pas actuellement soumises à la législation sur les installations classées pour la protection de l'environnement" et d’ajouter que "le plan national santé-environnement sera présenté en avril".
NB : Deux nouveaux cas de légionellose ont été recensés ce jour dans la région de Lens, portant le total à 64 cas, mais la date de contamination de ces deux patients confirme l'hypothèse d'une fin de l'épidémie, a annoncé la préfecture. Sur les 64 personnes contaminées, sept sont décédées, 17 sont hospitalisées, dont quatre en réanimation, et 40 ont regagné leur domicile.


 

8 janvier 2004

Légionellose : pas de chantage à l’emploi chez Noroxo selon Roseline Bachelot
Les employés de Noroxo se sont inquiétés pour la survie de l’activité de leur usine après les propos de la ministre de l'Ecologie, Roseline Bachelot lors de sa conférence de presse de mardi : "Nous avons transmis un rapport à la justice qui jugera des procédures à mener" (NDLR : rapport rédigé par la Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement - Drire). Dans la crainte d’un rapport de force entre le groupe industriel et les pouvoirs publics, une délégation des représentants du personnel de l’usine Noroxo a été reçue dans la matinée à Lens par la ministre de l'Ecologie, Roseline Bachelot. La ministre leur a affirmé avoir "reçu des assurances très fermes qu'ExxonMobil (dont fait partie Noroxo, NDLR) n'exercerait pas de chantage à l'emploi".
L'usine pétrochimique Noroxo, classée Seveso, a été arrêtée dimanche 4 en vue d'une nouvelle désinfection et d'expertises de son mode de fonctionnement. Elle avait déjà été fermée une première fois du 3 au 20 décembre pour un nettoyage de ses tours aéroréfrigérantes après avoir été identifiée comme source de contamination de la première vague de cas dans l’épidémie de légionellose qui a touché 62 personnes dans le Pas-de-Calais (3 nouveaux cas ont été recensés depuis le 6 janvier, NDLR). Selon la ministre de l'Ecologie, Roselyne Bachelot, l'usine Noroxo de Harnes n'a pas respecté les réglementations sur les tours aéroréfrigérantes : l'entreprise a "transmis tardivement à la Drire les analyses réalisées le 15 octobre qui révélaient une contamination par la bactérie". Ces analyses montraient une présence de la bactérie à l'origine de la légionellose sept fois supérieure au seuil qui entraîne obligatoirement un arrêt de l'installation, a précisé, mardi 6, Thierry Trouvé, directeur de la prévention de la pollution et des risques au ministère de l'Ecologie. Le taux de concentration de cette bactérie était au 15 octobre de 730.000 unités formant colonie (UFC)/litre, alors que le seuil est fixé à 1.000 UFC/l pour un traitement obligatoire des installations et à 100.000 UFC/l pour un arrêt complet. Noroxo s'est contentée d'un traitement de désinfection, "quand elle aurait dû arrêter l'installation", selon Mme Bachelot (NDLR : si le ministère a été informé rapidement de ces résultats d’octobre, on peut s’étonner qu’il eut fallu attendre les premiers signalement de légionellose fin novembre pour voir les pouvoirs publics décider l’arrêt de l’usine le 3 décembre !)
Pour en savoir plus: Le contexte médico-social et socio-économique


 

6 janvier 2004

Légionellose: Roselyne Bachelot privilégie la piste Noroxo
Deux hypothèses sont envisagées pour expliquer cette épidémie de légionellose, qui a touché 59 personnes dans le Pas-de-Calais, dont 7 sont mortes (un décès et 4 nouveaux cas ont été recensés depuis le début de l’année, NDLR). La première est que l'usine Noroxo soit la source unique de contamination : "Les derniers résultats plaident en faveur de cette hypothèse puisque 14 patients présentent la même souche", a indiqué Mme Bachelot dans une conférence de presse à Paris ce jour. La deuxième hypothèse est qu'il y ait en plus une deuxième source de contamination : "Les résultats des analyses à ce stade n'ont pas permis d'identifier d'autres sources", a expliqué la ministre.
Mme Bachelot a indiqué par ailleurs que les investigations allaient être étendues à toutes les communes situées dans un rayon de 10 kilomètres autour de Noroxo, dans l'ancien bassin minier lensois, soit 23 communes en plus des 22 qui font déjà l'objet d'investigations.
Dix agents supplémentaires vont également être envoyés à la Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (Drire) du Pas-de-Calais, pour conduire l'enquête.
 



1 janvier 2004

Légionellose : J.F. Mattei, en visite à l'hôpital de Lens, met en cause l’usine Noroxo dans les cas de la première vague de contamination
Le ministre de la Santé Jean-François Mattei est arrivé à l'hôpital de Lens (Pas-de-Calais) à 15H40 en compagnie de Jean-Paul Delevoye, ministre de la Fonction publique et du directeur général de la santé, William Dab. Il s'est aussitôt rendu au chevet de deux patients hospitalisés dans le service de réanimation et dont l'état est jugé "stable". Au total, dix patients atteints de légionellose sont soignés à l'hôpital de Lens, un en médecine, sept dans le service de pneumologie et les deux autres en service de réanimation. Une réunion avec les élus locaux a eu lieu, après la visite à l'hôpital, à la sous-préfecture de Lens.
A la sous-préfecture, le ministre a déclaré devant la presse : "Selon toute vraisemblance, les cas de la première vague jusqu'à mi-décembre sont à rapporter à la source Noroxo".
Jusqu'à présent, les autorités avaient identifié la tour aéroréfrigérante de l'usine pétrochimique Noroxo (groupe Exxon Mobil) comme première source de contamination mais seulement dans deux cas de la première vague. Lundi, la préfecture du Pas-de-Calais a évoqué l'existence d'une deuxième source possible de contamination qui serait à l'origine d'une seconde vague de la maladie, localisée autour d'Hénin-Beaumont.
NB : Trois experts, dont deux de l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris) et une représentante de l'entreprise spécialisée Climespace (maintenance de tours aéroréfrigérantes), sont arrivés mercredi dans le Pas-de-Calais à la demande du gouvernement.


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